{{Déclaration du 24 juillet 2004}} Le DARFOUR ne fait pas les gros titres… Pourtant, en dépit des engagements pris par le gouvernement soudanais le 3 juillet, {{la situation de la population civile du Darfour demeure dramatique}}. Les cris d’alarme poussés par les rares ONG qui se préoccupent d’elle ne rencontrent guère d’écho. Lire à ce sujet -le communiqué de presse publié {{par Amnesty International le 14 juillet “SOUDAN : le CONSEIL de Sécurité doit assumer ses responsabilités”}} ainsi que leur {{rapport du 19 juillet “SOUDAN : le viol comme arme de guerre dans le Darfour”}} qui témoigne des violences sexuelles subies par femmes et fillettes et de leurs conséquences. -{{les nouveaux documents sur le Darfour rendus publics le 20 juillet par Human Rights Watch “SOUDAN : Liens confirmés entre le gouvernement et les milices Janjawids”}} qui apportent la preuve de l’appui fourni par les forces gouvernementales aux massacres et exactions commises par ces milices. -{{l’information donnée par Médecins du Monde le 16 juillet sur la situation alarmante de plus d’un million de personnes déplacées}}, en majorité des femmes et des enfants, dont le nombre ne cesse d’augmenter alors que l’approche de la saison des pluies risque d’ajouter les épidémies à la malnutrition. La population du seul camp de Kalma (Sud Darfour) pourrait atteindre bientôt 80 000 personnes. Le Directeur Exécutif à la Division Afrique de Human Rights Watch déclare : {{«Jusqu’à présent, le gouvernement soudanais n’a utilisé le temps dont il dispose que pour intensifier la purification ethnique au Darfour.}}» Ce temps, il peut en disposer parce que l’ONU, malgré les craintes exprimées par Kofi Annan, lui a laissé les mains libres . La résolution du Conseil de Sécurité reste en souffrance. Dans l’immédiat tout au plus une commission mixte onusienne et soudanaise – donc sans garantie d’indépendance – se rendra-t-elle au Darfour la semaine prochaine pour évaluer la situation. Loin de désarmer les milices Janjawids, le gouvernement de Khartoum tente de les absorber dans les forces de police chargées de “protéger” les civils ! {{L’ Assemblée Générale de l’ONU}} est sans doute trop occupée par la condamnation du “mur” israélien pour se soucier des violations massives des droits humains, des crimes racistes, crimes de guerre et crimes contre l’humanité subis par des populations noires d’Afrique. “Détruisez ce Mur que nous ne saurions voir ” a dit en substance l’ Assemblée Générale-Tartuffe de l’ONU invoquant le droit international, forte de l’avis rendu par la Cour Internationale de Justice. L’ONU réserve ses condamnations aux mesures sécuritaires anti-terroristes – il n’y a pas de bonne réponse au terrorisme et il en va du ” mur” comme des autres mesures sécuritaires, il entraîne de nombreux problèmes – en laissant les mains libres aux terroristes et en ignorant la douleur des victimes civiles israéliennes d’attentats que la Cour Internationale de Justice a refusé d’entendre. Le nettoyage ethnique perpétré au Darfour ne trouble pas d’avantage l’Assemblée Générale. L’impunité des crimes les plus graves commis contre des civils semble s’imposer comme règle . {{{Alors que pouvons-nous faire dans la torpeur des vacances estivales pour dire notre indignation devant l’abandon des populations du Darfour ?}}} Peu de choses peut-être mais ce minimum, nous nous devons de le faire, pour n’être pas complices du silence et de l’indifférence, pour que la référence aux droits imprescriptibles de la personne humaine ait encore un sens, et que l’on ne commémore pas dans dix ans un nouveau génocide que l’on n’aurait même pas tenté d’ empêcher. – soutenir les missions humanitaires d’aide au Darfour telle celle de Médecins du Monde qui a envoyé 27 tonnes d’aide humanitaire et recherche du personnel médical d’urgence {{- signer et faire signer la pétition d’Amnesty International sur le Darfour [[ [http://web.amnesty.org->http://web.amnesty.org] ]] – intervenir auprès des médias et de tous ceux qui se réclament de paix et de solidarité internationale pour qu’ils se mobilisent enfin pour les populations du Darfour – apostropher nos gouvernants et les instances de l’ONU}} La France qui a été mise en cause dans le génocide Rwandais, qui siège au Conseil de Sécurité de l’ONU et dont la diplomatie se veut active, a à cet égard une responsabilité particulière. Les citoyens français sont en droit de s’adresser en ce sens au Président de la République, au Quai d’Orsay et à l’Ambassadeur de France à l’ONU pour qu’ils exigent non pas simplement “un cessez le feu” mais {{la protection effective et le sauvetage des civils du Darfour le désarmement immédiat des milices Janjawids le jugement des dirigeants de ces milices et leurs complices au sein du gouvernement soudanais}}.
Auteur/autrice : MPCT
Pour la paix , contre la haine : non à l’autorisation de diffusion de la chaîne al-Manar (communiqué Mpct 22 novembre 2004)
«Mes enfants, mon espoir, ma promesse, Sion l’oppresseur maudit sera exterminée. Nous les enfants, ton espoir, ta promesse, Sion la traîtresse sera exterminée. Jérusalem est à nous les Arabes, ceux qui l’occupent sont exterminés. Exterminés, exterminés, Jérusalem est à nous» Ces paroles sont extraites de l’un des innombrables clips musicaux destinés aux enfants qui sont diffusés en boucle par la télévision du Hezbollah émettant à partir du Liban. Le clip est d’ailleurs mignon tout plein, mettant en scène des élèves charmants et leur vieux maître. C’est cette même télévision que le CSA vient d’autoriser à diffuser en France et dans toute l’Europe. Pour tous ceux qui sont attachés à une information rigoureuse et indépendante, tous ceux qui souhaitent la Paix au Proche-Orient, tous ceux qui désirent protéger les enfants de l’embrigadement, de la violence et de la haine, la décision du CSA n’est pas acceptable. On ne peut que saluer la réaction de la LICRA qui demande l’annulation de l’autorisation d’AL Manar et souhaiter que toute la société civile s’y associe ! Mais c’est le Conseil d’État qui a engagé le CSA à proposer un conventionnement à la chaîne Al Manar au lieu de l’interdire de diffusion. Or le contenu des émissions, notamment des innombrables clips et émissions à destination des enfants, est en totale contradiction avec les sages stipulations de la convention quant aux obligations déontologiques et à la protection des enfants. Le CSA avait d’ailleurs accompagné le texte de la Convention d’une lettre datée du 16 novembre dans laquelle il relevait les incompatibilités observées dans les émissions du 2 novembre. Qu’importe, le PDG d’Al Manar a signé la vertueuse convention le 19 novembre mais le jour même le communiqué triomphal de la chaîne était accompagné des habituels clips ! Une officialisation des programmmes d’AL Manar, même en liberté surveillée, favoriserait les violences antisémites et accroîtrait les tensions dans notre pays comme dans d’autres pays européens. Pour la pérennité de nos libertés démocratiques, il faut empêcher cette reculade du CSA qui consacrerait l’intimidation de la République française et pourrait encourager à de nouvelles pressions, voire à de nouvelles prises d’otages. le 22 novembre 2004
Plus jamais ça ! Et le Darfour ? (déclaration du mpct le 3 décembre 2004
{{Declaration du 3 décembre 2004}} Il y a quelques jours le bouleversant reportage « Tuez les tous » montrait comment, à l’ère de l’hypermédiatisation en temps réel, un génocide méticuleux s’était déroulé sans entraves au Rwanda, la part de responsabilité de la France et des instances internationales étant indéniable dans ce laissez-faire. Avons-nous pour autant tiré tous les enseignements des errements qui eurent ces conséquences effroyables il y dix ans ou bien préparons-nous la matière d’une nouvelle commémoration dans 10 ans ? On peut se poser la question et s’étonner que le Darfour soit aussi absent des campagnes de solidarité internationale puisque, en-dehors de quelques organisations humanitaires personne n’a jugé nécessaire de lancer une mobilisation populaire ni même une campagne de sensibilisation de l’opinion publique en faveur des populations du Darfour. Et pourtant il y urgence et leur tragédie continue, alors que le Conseil de Sécurité de l’ONU a desserré la pression sur les autorités de Khartoum en écartant dans sa dernière résolution du 19 novembre les menaces de sanctions et l’exigence du désarmement et du jugement des milices Janjawid pro-gouvernementales. entiers ont été détruits, les récoltes brûlées, le bétail et les biens pillés. Les exactions, les massacres de civils, les viols, les assassinats et les tortures sont avérés. Comme est avérée l’association des bombardements aériens par les forces gouvernementales et des raids terrestres menés par les milices Janjawids dans l’attaque de villageois. Les revenus du pétrole sont utilisés pour financer l’armement et les milices. Sans embargo total sur les armes, les massacres de civils pourront se poursuivre. L’appel du représentant de Human Rights Watch « Si le Conseil n’accompagne pas ses ultimatums d’actes forts, la purification ethnique au Darfour s’intensifiera. Et des centaines d’employés de l’ONU assisteront impuissants aux événements. » n’a pas été entendu par le Conseil de Sécurité! Le commissaire européen Louis Michel a annoncé une augmentation du montant de l’aide humanitaire apporté par l’UE en avertissant d’une « crise alimentaire majeure à l’horizon ». Mais, on le sait l’aide humanitaire ne suffit pas si on ne met pas un terme au nettoyage ethnique en cours depuis février 2003. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, hommes , femmes et enfants ont été tués. Plus de 1 Million 400 000 personnes sont été déplacées dont 200 000 sont réfugiées au Tchad. Des villages L’impunité des responsables de ces actes demeure totale alors que les victimes ne connaissent pas de répit. Il faut prendre connaissance des derniers rapports de Human Rights Watch If we return we will be killed ( Si nous retournons chez nous, nous serons tués”) Peace Deal Must Tackle Past Abuses (Les accords de paix doivent prendre en compte les exactions commises) ainsi que des Photos “Darfur in flames” (Darfour en feu). Site http://hrw.orgIl faut aussi lire le dernier Communiqué d’Amnesty International Pas de paix sans justice qui accompagne le rapport ” Personne auprès de qui porter plainte” avec des témoignages sur des violences et tortures récentes et l’impossibilité pour les victimes d’obtenir justice. site [http://web.amnesty.org->http://web.amnesty.org] Après le vote du Conseil de Sécurité, Jerama Rone, Responsable de Human Rights Watch pour le Soudan déclarait « Nous craignons que le gouvernement soudanais prenne cette résolution comme un chèque en blanc pour continuer ses atrocités contre la population civile du Darfour. » Et il concluait : « Ne laissez pas les habitants de Darfour sans protection. » Cet appel, il faut l’entendre et le prendre eau sérieux. L’oubli et le silence permettent le nettoyage ethnique. Une campagne de solidarité avec la population du Darfour peut et doit s’organiser, c’est notre responsabilité à tous. Elle peut faire une énorme différence pour son sort.
Actualité du Manifeste « Ensemble Contre la Terreur »
Déclaration du 13 janvier 2005Le 8 novembre 2004, aboutissement d’une campagne engagée le 11 septembre 2004, ce Manifeste était lancé par des responsables associatifs (1) et soutenu par des personnalités du monde de la culture, de l’humanitaire, de la politique, de la défense des droits de l’homme de tous horizons rassemblés pour dire leur condamnation inconditionnelle du terrorisme, des attentats suicides, des prises d’otages. Le bilan, deux mois plus tard, est d’environ 500 signataires. C’est à la fois peu et beaucoup. Ce Manifeste a-t-il perdu de son actualité et de sa pertinence ? Nous ne le pensons pas, même si le drame de l’Asie du Sud a un temps relativisé ce combat et mobilisé nos forces pour le secours d’urgence aux populations si horriblement frappées. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Beaucoup de questions sont restées en suspens après la libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Outre les interrogations sur la face cachée de l’affaire, nous avons ressenti un malaise, associé au soulagement de voir Chesnot et Malbrunot bien vivants, devant le triomphalisme à la française, l’auto-congratulation sur la « petite musique libératrice » de la diplomatie française et de ses bienfaits protecteurs mettant nos concitoyens à l’abri, sinon de l’enlèvement du moins de l’assassinat. Nos otages à nous, à la différence donc des civils américains, italiens, britanniques ou népalais, étaient victimes d’une erreur parce qu’ « innocents » pour reprendre le mot d’un des ex-otages, la France n’ayant ni troupes ni entreprises présentes en Irak. Nous ne pouvons accepter une liberté surveillée, ni plier au diktat des baassistes et des islamistes coalisés. Nous ne pouvons nommer ces derniers « résistants » alors qu’ils font quotidiennement subir aux Irakiens des attentats suicides meurtriers qui visent à terroriser la population, à empêcher la tenue d’un scrutin démocratique et la reconstruction du pays. Aujourd’hui la journaliste Florence Aubenas et son interprète irakien ont à leur tour disparu. N’en déplaise à ceux qui ne veulent pas prononcer le mot « enlèvement », il faut agir pour leur libération. Mais comment faut-il agir? {{En exigeant leur libération inconditionnelle !}}La méthode de Reporter sans Frontières qui conduit son Secrétaire Général à participer à une réunion de solidarité avec la chaîne du Hezbollah Al Manar et à demander en même temps, en liant les deux démarches au nom de la liberté de la presse, la solidarité avec Florence Aubenas ne peut être la nôtre ! Elle est étrangère aux valeurs et aux principes qui sont les nôtres : universalité des droits de l’homme et condamnation du terrorisme. Pour nous la vie d’un Daniel Pearl avait la même valeur que celle d’un journaliste français. Et la vie d’un journaliste français a la même valeur que celle d’un travailleur népalais, d’une humanitaire irlandaise ou d’un employé irakien. {{Alors oui, au moment où le procès Beghal se poursuit discrètement, au moment où les attentats, les enlèvements et les assassinats meurtrissent l’Irak mais où un espoir de paix renaît timidement au Proche-Orient, au moment où les millions de réfugiés d’Asie comme d’Afrique ont besoin que toutes les énergies se rassemblent pour les secourir, il est nécessaire de réaffirmer le message de Camus ! Nécessaire de rappeler que les civils doivent être protégés quelle que soit leur nationalité. Nécessaire de dire qu’aucune cause ne justifie le recours à l’attentat suicide. Nécessaire de dire que Florence Aubenas et son interprète doivent être libérés, non en fonction de considérations diplomatico-politiques, mais tout simplement parce qu’ils sont des êtres humains.Nous appelons tous les citoyens épris de justice et attachés aux valeurs démocratiques à nous rejoindre autour de cet appel , et à le signer sur www.mpctasso.org}}
Nos actions
Le Mouvement pour la Paix et Contre le Terrorisme :-Mène campagne, par l’organisation de réunions, conférences et manifestations pour que la société civile se mobilise contre les attentats.-Informe l’opinion publique sur le sort des victimes du terrorisme, françaises et étrangères.-Soutient, dans le respect de leur indépendance, les associations de victimes du terrorisme et mobilise en leur faveur.-Appuie les prises de position de personnalités, d’organisations humanitaires ou de défense de droits de l’homme qui qualifient de crimes contre l’humanité les attentats contre les civils et les attentats « suicides ».(Rapports d’Amnesty International, juillet 2002, Human Rights Watch, novembre 2002, Médecins du Monde, juillet 2003) -S’adresse aux organisations humanitaires et démocratiques comme aux pouvoirs publics, aux organismes internationaux et aux médias pour faire condamner sans appel tous les attentats terroristes visant des civils.
Nos objectifs
-La condamnation, par les instances nationales et internationales, comme crimes contre l’humanité, des attentats terroristes visant des civils, dans quelque pays que ce soit, de quelque nationalité qu’ils soient et pour quelque cause que ce soit.-La dénonciation inconditionnelle par l’ensemble des organisations, associations et ONG, de tous les attentats visant des civils comme des crimes injustifiables qui ne peuvent en aucun cas être considérés comme une forme de résistance.-La condamnation absolue du recours aux attentats dits « suicide » par l’utilisation d’êtres humains (homme, femme, enfant) comme bombes.-La solidarité avec les victimes du terrorisme partout dans le monde, la reconnaissance du mal indicible fait aux victimes d’attentats et de leur droit légitime à obtenir reconnaissance et justice.-La poursuite, le jugement et la condamnation des auteurs et des commanditaires d’attentats visant des civils.-L’arrêt de tout enseignement de la haine, de l’embrigadement des enfants, de la glorification des auteurs d’attentats et l’arrêt de l’incitation au culte de la mort.-Le droit pour tous les enfants, filles et garçons, à une véritable instruction dans le respect de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.-La fin de toute terreur exercée contre les femmes pour leur imposer inégalité, soumission et ségrégation.
Non à la venue annoncée du Hamas au Conseil de l’Europe ! (communiqué du MPCT)
Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme s’élève contre l’invitation à la session du 10 au 13 avril d’ un membre du Hamas, au sein d’une délégation du Conseil Législatif palestinien, par la sous commission sur le Proche-Orient de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’EuropeComment le Conseil de l’Europe pourrait-il ouvrir son parlement à une organisation placée à juste titre par l’Union Européenne sur la liste des organisations terroristes ? L’initiative de cet organe du Conseil de l’Europe est à rapprocher de l’attitude conciliante envers le Hamas qui s’est esquissée à la dernière session de l’Assemblée Parlementaire Euro-Méditerranéenne. Ceci pose un problème de fond : un résultat électoral ne change pas la nature d’un parti. Le terrorisme menace tous les civils européens.Nous Français avons été les premières victimes européennes du terrorisme islamiste, frappées dès 1995 dans les transports publics.Madrid et Londres ont annoncé le chantage à grande échelle des islamistes contre l’Europe.Londres surtout, si proche encore, nous alarme car la méthode de l’attentat dit “suicide” y a été utilisée. C’est le Hamas qui a introduit cette “technique”, que l’on ne parvient même pas à nommer tant elle est monstrueuse, contre les civils israéliens dès 1995. Les attentats du Hamas ont fait des centaines de victimes civiles en Israël et dans les territoires de l’Autorité Palestinienne, et parmi elles de nombreux citoyens français et d’autres ressortissants européens. Trois rapports d’ONG (Amnesty International, Human Rights Watch et Médecins du Monde) ont qualifié en 2002 et 2003 les attentats systématiques contre les civils israéliens de crimes contre l’humanité. Aujourd’hui ce sont les civils irakiens qui subissent cet enfer quotidien. La réception dans le cadre d’institutions européennes de représentants du Hamas ou d’autres organisations ayant commandité, financé et revendiqué de tels actes, et qui plus est, refusant d’y renoncer, est inconcevable sur le plan éthique ! Toute dérogation à la condamnation universelle du terrorisme renforcerait celui-ci et nous exposerait d’avantage à ses frappes. Elle enlèverait tout sens à l’engagement contre le terrorisme de l’Union Européenne, matérialisé par l’organisation de la Journée Européenne des Victimes du Terrorisme. L’Europe a longtemps fermé les yeux sur le détournement des fonds alloués à l’Autorité Palestinienne. Au lieu de bénéficier à une population palestinienne en grande détresse, ils ont alimenté la corruption qui a entraîné le succès du Hamas. L’Europe ne doit pas fermer les yeux à présent sur la nature de cette organisation. Certes le Hamas peut se prévaloir d’un succès électoral mais n’était-ce pas le cas du Parti Nazi en 1933 en Allemagne ? La volonté déterminée de défendre les droits humains sans discrimination, de favoriser la paix et de venir en aide à la population palestinienne interdit d’ abandonner cette dernière au Hamas, organisation antidémocratique, violente, terroriste, islamiste, sexiste et antisémite.Nous appelons tous les démocrates, partis, associations, ONG et personnalités à unir leurs voix pour dire NON à la réception d’un membre du Hamas à Strasbourg, non à la venue de représentants du Hamas en Europe !
Le Choc des philosophies , à lire un article d’André Glucksman
{{Un article d’André GlucksmannLe Choc des philosophies}} Signe des temps, douze caricatures dans un journal suffirent à plonger les 25 pays de l’Union Européenne dans une confusion intellectuelle et politique rare. Faut-il condamner le Danemark ou s’affirmer solidaires ? Convient-il de « comprendre », voire de faire les yeux doux aux Islamistes criant : « à mort ! » ? L’Union Européenne parie sur la désunion. Pratiquement chaque gouvernement tente de tirer son épingle du jeu, Paris ou Londres n’est pas Copenhague, que diable ! Théoriquement, le désarroi mental est à son comble : où commence le respect dû aux opinions d’autrui, où s’arrête la liberté de critiquer ? Les chancelleries se satisfont du plus petit dénominateur commun et suggèrent qu’il n’est pas convenable de brûler les ambassades. En face le manifestant fanatique, torche à la main, réplique : qui a commencé ? Vous avez incendié ma cervelle, je me contente de mettre le feu à vos résidences, à vos bureaux et à vos drapeaux, admirez ma mansuétude ! L’embarras et la cacophonie des Européens encourage les surenchères. 56 nations de la « conférence islamique » ont tenté d’imposer à l’ONU, au titre des droits de l’homme, une legislation contre « la diffamation des religions et des prophètes ». L’en jeu est de taille, le droit d’exprimer son opinion, fut-elle choquante, de discuter les tabous religieux, sexuels et sociaux, fussent-ils majoritaires, est un acquis très cher payé de l’humanisme classique et de la démocratie moderne. Une censure supra étatique, au bon plaisir des multiples autorités morales et religieuses, signifie une régression décisive. Elle ne peut s’imposer que sous la menace, elle serait acceptée par volonté d’apaisement et de soumission.L’escalade suit son cours. La campagne anti-caricature a commencé contre un journal, puis a visé le Danemark qui se réclame de la liberté de la presse et désormais prend pour cible l’Europe accusée de pratiquer deux poids, deux mesures. L’U.E. n’admet-elle pas qu’on dénigre impunément le prophète alors qu’elle interdit et condamne d’autres « opinions » comme le nazisme et le négationnisme ? Pourquoi est-il permis de plaisanter sur Mahomet et non sur le génocide des juifs ? ,interrogent à corps et à cris les intégristes en lançant un concours de dessins humoristiques sur Auschwitz. Donnant, donnant – ou bien tout doit être autorisé au nom du « free speech », ou bien censurons équitablement ce qui choque les uns comme ce qui hérisse les autres. Beaucoup de défenseurs du droit à la caricature se sentent piégés. Au nom de la liberté d’expression vont-il publier des quolibets sur les chambres à gaz ?Irrespect pour irrespect ? Transgression pour transgression ? Faut-il mettre sur le même plan la négation d’Auschwitz et la désacralisation de Mahomet ? C’est ici que deux philosophies irréductiblement s’opposent. L’une dit oui, il s’agit de deux « croyances » équivalentes, également bafouées ; il n’existe pas de différence entre vérité de fait et profession de foi ; la conviction que le génocide a eu lieu et la certitude que Mahomet fut éclairé par l’ange Gabriel sont du même registre. L’autre dit non, la réalité des camps de la mort est de l’ordre du constat, pas la sacralité des prophètes, qui relève de l’engagement des fidèles. Pareille distinction entre le factuel et la croyance est au fondement de la pensée occidentale. Déjà Aristote sépare d’une part le discours indicatif (« apophantique ») susceptible d’être discuté afin d’aboutir à une affirmation ou une négation, d’autre part les prières. Ces dernières échappent à la discussion parce qu’elles ne constatent pas , elles implorent, promettent, jurent, décrètent ; elles ne visent pas une information mais une performance (de interpretatione IV). Lorsque l’islamiste fanatique affirme que les Européens pratiquent la « religion de la Shoah », comme lui celle de Mahomet, il abolit la distinction du fait et de la croyance ; pour lui, il n’existe que des croyances, donc l’Europe favorise hypocritement les unes contre les autres.Le discours civilisé, sans distinction de race ou de confession, analyse et circonscrit des vérités scientifiques, des vérités historiques et des états de fait qui ne relèvent pas de la foi, mais de la connaissance. On peut les tenir pour profanes et d’une dignité inférieure, n’empêche qu’elles ne se confondent pas avec les vérités de la religion, que l’on soit chiite, sunnite, chrétien, juif , bouddhiste ou agnostique. Notre planète n’est pas la proie d’un choc de civilisations ou de cultures, elle est le haut lieu d’une bataille décisive entre deux méthodes de pensée. Il y a ceux qui décrètent qu’il n’existe pas de faits mais seulement des interprétations qui sont autant d’actes de foi. Ceux là versent ou bien dans le fanatisme (« je suis la vérité ») ou bien tombent dans le nihilisme (« rien n’est vrai, rien n’est faux »). En face il y a ceux pour qui la libre discussion en vue de séparer le faux du vrai a un sens, de sorte que le politique comme le scientifique ou le simple jugement peuvent se régler sur des données profanes indépendantes des opinions arbitraires et préétablies.Une pensée totalitaire ne supporte pas d’être contestée. Dogmatique, elle affirme en brandissant le petit livre rouge, noir ou vert. Obscurantiste, elle fusionne politique et religion. Au contraire, les pensées antitotalitaires tiennent les faits pour des faits et reconnaissent même les plus hideux, ceux là mêmes que par angoisse ou commodité on préfèrerait occulter. La mise en lumière du Goulag a permis la critique et le rejet du « socialisme réel ». La considération des abominations nazies et l’ouverture très réelle des camps d’extermination ont converti l’ Européen à la démocratie après 1945. En revanche, le refus de l’histoire dans ses vérités les plus cruelles annonce le retour des cruautés. N’en déplaise aux Islamistes – qui sont loin de représenter les musulmans – il n’y a pas de commune mesure entre la négation de faits avérés comme tels et la critique verbale ou dessinée des multiples croyances que chaque Européen a le droit de cultiver ou de moquer.Depuis des siècles, Jupiter ou le Christ, Jehovah et Allah ont essuyé force plaisanteries et marques d’irrespect. A ce jeu du reste les Juifs sont les meilleurs critiques de Yaveh, ils en ont même fait une spécialité. Cela n’empêche pas le vrai croyant de toute confession de croire et de consentir à laisser vivre ceux qui ne croient pas comme lui. La paix religieuse s’instaure à ce prix. Par contre, plaisanter des chambres à gaz, s’amuser des femmes violées et des bébés éventrés, sanctifier les décollations télévisées et les bombes humaines annonce un avenir insupportable.Il est grand temps que les démocrates retrouvent leur esprit et les états de droit leurs principes ; il faut qu’ils rappellent solennellement et solidairement qu’il n’est pas question qu’une, deux, trois religions, quatre ou cinq idéologies décident ce que le citoyen est en droit de dire ou de penser. Il n’en va pas seulement de la liberté de la presse, mais de la permission de nommer un chat un chat et une chambre à gaz un fait abominable , abominable quelle que soient nos croyances et nos fois. Il en va du principe de toute morale : sur cette terre, le respect dû à chaque individu commence par la mise en évidence universelle et le rejet commun des plus flagrants exemples d’inhumanité.André Glucksmann (26 février 06) publié dans Corriere della Sera, El Pais, Le Monde, Perlentaucher, Die Welt, Standard (Wien)
Les caricatures danoises peuvent être un hommage indirect à l’islam ou un dommage salutaire un article de Pascal Bruckner
{{LibérationRebondsLes caricatures danoises peuvent être un hommage indirect à l’islam ou un dommage salutaire.Les deux blasphèmesPar Pascal BRUCKNER}}lundi 06 mars 2006 En apparence, les extrémistes ont gagné. De Djakarta à Téhéran, sans oublier Gaza, Beyrouth, Damas, des foules furieuses, prêtes à tuer, ont exprimé leur colère, brisant les symboles de l’Occident honni, dans un mimétisme comparable aux déferlements de masse des années 30. A Londres, des manifestants, voulant témoigner sans doute de la tolérance de l’islam, brandissaient des pancartes qui proclamaient : «La liberté en enfer», «Préparez-vous au vrai Holocauste», «Exterminez ceux qui se moquent de l’islam», «Europe, ton 11 septembre va venir». A Strasbourg, un Mohammed Latrèche réclamait l’union de tous les terroristes, intégristes, islamistes. A Bangkok, un imam interviewé sur CNN réclamait la mise à mort du caricaturiste félon ou, à défaut, l’amputation de sa main pécheresse, condition d’un possible pardon. Au Pakistan, une confrérie religieuse a proposé un million de dollars plus une voiture à qui tuerait l’un des dessinateurs incriminés.On aurait attendu de l’Europe un minimum de dignité, un beau geste : qu’elle rappelle ses ambassadeurs, suspende provisoirement toute aide aux Palestiniens qui promettaient la mort à nos diplomates, qu’elle expulse les imams factieux qui ont attisé la colère en propageant partout les dessins litigieux, qu’elle adresse un avertissement solennel aux Etats qui ont autorisé le saccage des bâtiments officiels du Danemark et de Norvège. L’Europe a choisi de s’incliner : les Danois, lâchés par tous, se sont embrouillés dans de pénibles excuses ; nos dirigeants ont joué les Ponce Pilate ; les Eglises ont condamné le sacrilège ; des entreprises françaises dans les supermarchés du Moyen-Orient ont mis des affichettes «Nous ne sommes pas danois», et Javier Solana, qu’on avait connu jadis plus fringant face aux Serbes, s’est transformé auprès des gouvernements arabes en commis voyageur de l’expiation. Partout la sainte alliance de la trouille, du goupillon et du croissant a fait merveille. Curieusement, hormis quelques organes de presse chez nous, les seuls actes de courage sont venus du Maghreb, du Machrek ou d’Asie du Sud-Est, de ces journalistes jordaniens, yéménites, malais, algériens, jetés en prison pour avoir osé publier dans leur quotidien les douze caricatures du prophète, ou encore du professeur à l’université de Tunis Hamadi Redissi avertissant : «Vous ne devez pas renoncer à la libre critique. Si vous cédez, ce sera fini.»Dans ces meutes vociférantes, par ailleurs manipulées (on le sait maintenant, le scandale a été forgé de toutes pièces), on sentait pourtant comme un vent de panique, un vacillement de terreur. La rage n’est que le symptôme d’une évidence intolérable : même les tueurs veulent se présenter sous le masque de la vertu. Cette affaire est un formidable révélateur. Car les caricatures en question, loin d’être médiocres, ont frappé juste. Il existe deux sortes de blasphème : l’un est un hommage indirect à la foi qu’on prétend piétiner, l’autre un dommage salutaire. «Fouler aux pieds la chimère divine» (Sade), insulter le nom de Dieu pendant l’acte amoureux, «prononcer des mots forts ou sales dans l’ivresse du plaisir», représenter comme l’Autrichien Oskar Panizza, dans le Concile d’Amour (1894), le pape et les cardinaux perdus dans l’orgie et la fornication, c’est encore s’incliner devant le culte qu’on vomit, même si c’est au prix de sa liberté, de sa vie ou de sa santé mentale. La profanation est une reconnaissance négative comme la messe noire n’est que l’envers satanique de la messe ordinaire. Il est une autre forme d’impiété qui suscite un ébranlement salubre, soulève des questions dérangeantes.La seule chose qu’on puisse reprocher à ces dessins, ça n’est pas leur mauvais goût, c’est hélas leur vérité, et qu’ils sont moins des caricatures que des portraits très ressemblants d’un prophète qui fut aussi un chef de guerre sanglant et tua sans scrupule au nom de la vraie foi. Dans leur brutalité, ces croquis insistent sur l’ambiguïté du message du Coran et posent un vrai problème : jusqu’à quel point a-t-on le droit d’instrumentaliser une confession pour la mettre au service d’une politique de violence, de meurtre, d’extermination ? Si tous les musulmans ne sont pas terroristes, une majorité de terroristes se réclament de l’islam, entachent la réputation de leurs coreligionnaires, traînent leur religion dans la boue, le sang, les massacres : terrible confusion. Le «blasphème», en l’occurrence, dans sa brutalité, oblige les croyants à dégager leur piété de la gangue impure du fanatisme et à réinterpréter les écritures canoniques. Un tabou a sauté, l’offense n’a pas été inutile. Dieu bénisse le royaume du Danemark et Charlie Hebdo !S’offusquer de ces dessins en invoquant le respect des cultes n’a aucun sens : pour être respecté, il faut d’abord être respectable. Pourquoi, en Europe, a-t-on le droit de critiquer le judéo-christianisme (c’est même devenu en France un sport national), de se moquer du bouddhisme, voire de l’hindouisme, mais jamais de l’islam, sous peine d’être accusé de racisme ? Pourquoi ces deux poids, deux mesures ? Pourquoi une religion et une seule échapperait-elle au climat d’examen, de pluralisme, d’ironie, de sarcasme, d’anticléricalisme qui caractérise notre nation ? Le christianisme n’avait rien de respectable quand, au nom de l’amour et du Christ-Roi, il pendait, brûlait, trucidait, anéantissait les hérétiques, les sorcières, les païens, les Indiens, les mahométans. Il a fallu des siècles de combats, y compris à l’intérieur des Eglises, et le concile de Vatican II pour qu’il se mette en conformité avec le message des Evangiles et regagne ses lettres de noblesse. L’islam, pour retrouver sa grandeur perdue, doit être d’abord réformé, purgé de ses versets douteux contre les juifs, les chrétiens, les infidèles, les homosexuels, il doit proscrire les coutumes barbares de la lapidation, de la répudiation, de la polygamie. C’est un gigantesque chantier qui concerne l’humanité entière : cela, de nombreux intellectuels et religieux musulmans éclairés le savent, le proclament. Mais ces hommes et ces femmes de toutes professions, toutes nationalités, sont minoritaires : isolés, tracassés, voire condamnés à mort comme l’écrivain bangladaise Taslima Nasreen ou la députée néerlandaise d’origine somalienne Hayaan Hirsi Ali, ils ont besoin de notre aide comme avaient besoin de notre aide les dissidents d’Europe de l’Est au temps de l’empire soviétique.Il est urgent de former une grande chaîne d’assistance à tous les rebelles du monde arabo-musulman, modérés, incroyants, libertins, athées, apostats, indifférents, schismatiques. L’Europe, si elle veut construire un islam laïque à l’intérieur de ses frontières, devrait encourager ces voix divergentes, leur apporter ses talents, son soutien financier, moral, politique. Il n’est pas de cause plus sacrée, plus grave et qui n’engage la concorde des générations futures. Mais avec une inconscience suicidaire, notre continent s’agenouille devant les fous de Dieu et bâillonne ou ignore les libres-penseurs. Combien de temps l’esprit de pénitence étouffera-t-il chez nous l’esprit de résistance ? Pascla Bruvckner, ÉcrivainDernier ouvrage paru : l’Amour du prochain (Grasset). © Copyright Libération
Soutien du Mpct à la manifestation appelée par la Licra et Sos Racisme le dimanche 26 février 2006
{{Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme}}
Tous dans la rue dimanche ! Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme apporte son plein soutien à la manifestation organisée par la LICRA et SOS Racisme et militera pour que s’exprime la solidarité républicaine la plus large envers la famille d’Ilan, victime d’un acte inhumain, antisémite, aux relents monstrueux d’enlèvement terroriste “à l’Irakienne”.
Au départ de la Place de la République vers la Place de la Nation via le boulevard Voltaire où travaillait Ilan.

