L’assassinat de Benazir Bhutto est un événement qui indigne et bouleverse, sans surprendre, tant la vie de l’ex-Premier Ministre, candidate du Parti Populaire du Pakistan aux prochaines élections, était constamment menacée depuis son retour d’exil. Non qu’il faille faire d’elle une icône.Non qu’il faille estimer sa mise à mort plus scandaleuse et plus condamnable que celles des centaines de civils tombés au Pakistan, comme partout ailleurs, dans les attentats commis sur ordre par des êtres qu’on s’obstine à nommer improprement “kamikazes”. L’assassinat politique est vieux comme le pouvoir. Mais celui de Benazir Bhutto a sa spécificité : le contexte de la montée en puissance depuis des années de l’islamisme au Pakistan, balisée par la mise à mort barbare de Daniel Pearl. En assassinant Benazir Bhutto, c’est d’abord la femme qu’on a voulu tuer, la femme coupable de décider, d’agir et de paraître au lieu de se dissimuler. C’est ensuite la démocratie qu’on a voulu tuer ou plutôt empêcher de naître. Les islamistes avaient juré de tout faire pour que les élections n’aient pas lieu et pour éliminer Benazir Bhutto. Il faut toujours prendre au sérieux les menaces proférées par les islamistes, qu’ils soient au pouvoir ou dans une insaisissable nébuleuse terroriste. Une enquête indépendante pemettra-t-elle jamais de déterminer le degré de responsabilité du pourvoir pakistanais dans la mort de Benazir Bhutto ? Faut-il croire le clan du très antidémocratique Musharraf quand il affirme avoir vainement mis en garde Benazir Bhutto contre le danger imminent ? Ou bien l’entourage de la candidate qui dénonce le refus par la police, étroitement dépendante de Musharraf, de fournir à Madame Bhutto une escorte à la hauteur de la menace qui planait sur elle ? Quel est le degré de pénétration des services secrets et de l’armée par les islamistes ? Quels liens existent entre les uns et les autres ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre. Mais force est de constater que la protection de Benazir Bhutto était bien mal assurée. L’histoire retiendra le courage de Benazir Bhutto, son refus de plier devant le chantage.Et ses paroles, en guise de testament politique : {”Je n’ai pas vécu jusqu’à mon âge pour me laisser intimider par des kamikazes. Une bataille fait rage pour l’avenir du Pakistan en tant que nation démocratique. La nouvelle génération choisira la modération ou l’extrémisme, l’éducation ou l’illettrisme, la dictature ou la démocratie, la tolérance ou la bigoterie, la paix ou la guerre”.} (1) Et si le Pakistan était le paradigme des choix qui sont devant l’humanité ? Huguette Chomski Magnis (1) Le Figaro (24 octobre 2007)
Auteur/autrice : MPCT
Noël à la mode
En vente cette année à Bethléem des versions relookées de la Nativité, qui représentent LE mur, objet de toutes les condamnations. {Very trendy}, très mode, il faut vivre avec son temps. Allez savoir pourquoi, on n’avait pourtant jamais eu l’idée d’y commercialiser des crèches ornées d’un terroriste prêt à se faire exploser près de l’enfant Jésus. (V.W.)
Les victimes algériennes du terrrorisme islamiste se mobilisent contre Al Jazeera
La Fédération Internationaledes Associations de Victimes du TerrorismeAppel Les victimes algériennes du terrorisme islamiste membres de la fédération internationale des associations de victimes du terrorisme, choquées par le sondage proposé par la chaîne arabe d’information El Djezira condamnent ces agissements qui font l’apologie du terrorisme islamiste, au moment où la communauté internationale a saisi son l’ampleur et le condamne sans ambiguïté partout où il se manifeste.Les victimes se réservent le droit d’entamer les procédures nécessaires, auprès des institutions nationales, régionales, et internationales pour mettre cette chaîne devant ses responsabilités pénales financières et d’éthiqueLes victimes exhortent la ligue des pays arabes, l’union africaine, la commission africaine des droits de l’homme, la commission onusienne des droits de l’homme, et les ONG nationales et internationales à les soutenir dans leurs démarches légitimes, afin de faire cesser l’apologie du terrorisme islamiste que cette chaîne a encouragé depuis la décennie rouge, vécue par les algériens dans la douleur et dans le sang ; en donnant la parole aux marchands de la mort au nom de l’islam, ces criminels de la pire espèce, auteurs entre autres, d’éventrements et de viols collectifs subis par les femmes.Signataires :Fatma Zohra Flici présidente de l’ONVTCherifa kheddar présidente de l’association DjazairounaAli Merabet président de l’association SOMOUDEl Far Lakhdar président de l’ONVITAD
A lire absolument après la visite de Kadhafi : L’éditorial de SOS Attentats ” Entre indemnisation et Justice”
Après le tumulte de la visite de Kadhafi à Paris, on lira avec profit ce document de SOS attentats (1) qui prend du recul et traite le sujet au fond, avec dignité, du point de vue du droit des victimes et de la défense des droits humains en général. Il dénonçe “l’indignation sélective”, la compréhension dont des “bien-pensants” font preuve vis-à-vis du terrorisme et questionne la politique d’accommodement menée au nom du réalisme. Indemnisation élément de la justice ou indemnisation contre la justice ? Telle est la question que l’on peut se poser à propos du versement par la Libye d’un million de dollars en 2004 “en contrepartie d’un renoncement à toute nouvelle action judiciaire”. On saisit l’importance de la question de l’exécution des mandats d’arrêt internationaux. Dans onze ans ils auront expiré. Or c’est à ce jour la seule décision de justice sur laquelle les victimes puissent s’appuyer.Pour le reste SOS attentats souligne l’insupportable paradoxe -d’une justice internationale qui exclut le terrorisme du champ de compétence de la Cour Pénale Internationale-d’une Cour Européenne des Droits de l’Homme qui refuse d’examiner sa plainte au prétexte que les victimes ont été indemnisées.-d’une justice française qui a refusé en 2001 de recevoir la plainte contre Kadhafi déposée par SOS Attentats. {” Les victimes en Algérie, à Karachi, au Maroc, à Djerba, à Bali, aux États-Unis, en Israël, au Liban, en Turquie, en Inde, en Irlande, en Amérique du Sud, en Russie, en Afghanistan, à Djibouti, en Espagne, de nombreux Français victimes en France ou à l’étranger et bien d’autres sont oubliés par la justice”.} Nous ne considérons pas, nous, que la justice puisse constituer le seul rempart contre le terrorisme. C’est dans la mobilisation d’une société civile qui se solidarisera avec les victimes d’attentats que nous fondons nos espoirs. La visite de Kadhafi a montré à quel point on en est loin ! Refuser toute instrumentalisation politicienne est une condition absolue de ce combat. SOS attentats rappelle à juste titre que, bien avant Nicolas Sarkozy, Roland Dumas invitait dès 1990 les victimes “à tourner la page”. Et après Sarkozy, c’est Zapatero qui a reçu Kadhafi, soulevant moins de protestations. Il reste que la France aura été le premier pays d’Europe à recevoir officiellement ce toujours défenseur de “l’arme des faibles”. Laquelle aura frappé entre-temps beaucoup de nouveaux civils de par le monde. Des forts sans aucun doute. Huguette Chomski Magnis (1) http://www.sos-attentats.org
Conférence-Débat le 9 janvier 2008 : ONU, quelle stratégie face au terrorisme ? avec Malka Marcovich
{{Conférence-débat}} organisée par le {{Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme}} Membre de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme avec {{Malka Marcovich}} {{historienne, consultante internationale}}{{ONU : QUELLE STRATEGIE FACE AU TERRORISME ?LUTTE OU COMPROMIS ?}}{{Mercredi 9 janvier 2008 à 19 h}}dans le 3° arrondissement de Paris * L’ONU est directement, physiquement, visée par le terrorisme d’Al Qaida. En août 2003 l’attentat contre le Bâtiment de l’ONU à Bagdad tua 22 membres du personnel onusien dont Sergio Vieira de Mello, Haut Commissaire pour les Droits de l’Homme. Le 11 décembre dernier à Alger, deux agences de l’ONU, le Haut Commissariat aux Réfugiés et le PNUD, ont été visées par les attentats. Mais l’ONU subit une autre forme d’attaque, qui se développe en son sein : l’attaque politique des relativistes, défenseurs ou alliés objectifs des terroristes.En septembre 2006, l’Assemblée Générale de l’ONU adoptait une stratégie mondiale contre le terrorisme, aboutissement d’un processus initié par le prétendument modéré président de la république islamique d’Iran, Seyyed Mohammad Khatami au lendemain du 11 septembre 2001.La stratégie mondiale de 2006 dont les résultats devront être mesurés en septembre 2008, est en réalité une stratégie de compromis en raison de l’absence de consensus sur la définition du terrorisme.La communauté internationale, que ce soit à l’Assemblée générale ou au Conseil de droits de l’homme, dominés aujourd’hui par une majorité de pays totalitaires, s’achemine à nouveau vers une définition relativiste du terrorisme qui valorise l’idée de martyre et légitime – au nom des droits de l’homme – les passages à l’acte de demain.Sombres perspectives pour l’humanité…A moins que ne se dresse du sein même de la société civile un mouvement citoyen pour refuser ce compromis !C’est l’objectif que notre association s’est fixé.Nous sommes maintenant engagés dans un mouvement international de la société civile, l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, avec des partenaires algériens, britanniques, espagnols et israéliens.Encore embryonnaire, il ambitionne de devenir un pôle citoyen international contre le terrorisme, unissant associations de victimes et associations de défense des droits humains.* {{Entrée sur invitation. Réservation obligatoire.}} Par courriel : mpctasso@aol.comPar téléphone : 06 66 26 42 23
Actualité : Al-Jazeera et le terrorisme. Incroyable mais vrai !
Sous le titre “Le scandaleux sondage d’Al-Jazeera ” le quotidien algérien Liberté explique que la chaîne qatarie avait organisé un sondage après les attentats d’Alger. Question posée : “Êtes-vous en faveur des attentats d’Al-Qaïda en Algérie ?” La réponse comportait tout simplement un “oui” et un “non”.Résultat : 54% des sondés affirmaient soutenir les actions terroristes en Algérie ! On imagine que pour les attentats en Israël le score aurait été bien meilleur.Devant les critiques, Al-Jazeera a été contrainte de retirer le sondage. Conséquence : protestations des islamistes salafistes qui accusent la chaîne d’avoir “censuré les résultats de l’enquête d’opinion” ! Dame, on est démocrate ou on ne l’est pas !(V.W)
Tribune :10 mesures pour enrayer le terrorisme islamiste
Non seulement le terrorisme devient récurrent dans les pays arabes et musulmans, mais on est étonné de voir les islamistes, responsables de ces attentats, gagner ci et là des élections. Pour couper l’herbe sous les pieds du terrorisme, les sociétés musulmanes doivent créer un contexte qui ne permet pas le développement de l’islamisme radical.Hélas, les islamistes se disent propriétaires du Coran et de ses interprétations. Les contredire, ce serait contredire le Coran. Ils prennent des postures d’hommes pieux, alors qu’en réalité ils sont des fascistes se servant de la religion comme façade. Le fascisme islamiste est d’ailleurs imprégné de nombre d’idées et de concepts nazis.Pour tenter de contrer la propagande islamiste, les gouvernants des pays arabes ou musulmans jouent la surenchère, en s’en prenant aux minorités et aux Juifs. Voir Paul Foster, islamisme et nazisme http://www.ripostelaique.com/spip.php?article315) Il existe des alternatives. Cela passe par l’instauration d’une véritable laïcité dans les pays arabo-musulmans. Voici 10 mesures pour lutter contre l’intégrisme et le terrorisme.Premier domaine : réformer le contenu de l’enseignement, qui doit devenir séculier et laïque. Il faut extirper de l’enseignement les thèmes qui font le succès de l’islamisme. Second domaine : une vraie politique sociale : les pauvres ne doivent pas rester condamnés à la misère. Les 10 mesures suivantes sont donc indissociables. Mesures pour l’éducation. Dans les écoles, les enfants doivent apprendre1) qu’un Musulman n’est pas supérieur aux autres êtres humains, quelle que soit leur religion ; qu’il est légitime d’avoir une autre religion ou de ne pas en avoir, et que la laïcité de la société garantit l’équilibre entre les religions, qu’un chiite vaut un sunnite et vice versa,2) que l’homosexualité n’est ni un délit ni un crime3) que la femme a autant de droits que l’homme et que l’homme a autant de devoirs que la femme. 4) que la mise en esclavage d’un individu (non musulman ou noir) est un crime 5) que la colonisation et la décolonisation sont l’affaire de toutes les composantes du pays colonisé, ainsi que des démocrates des pays colonisateurs ; toutes les personnalités, tous les courants qui ont animé les luttes pour l’indépendance, y compris les communistes et les laïcs doivent être enseignés de la même façon, sans caricaturer quiconque. Toutes les composantes des mouvements nationaux (les islamistes comme les autres) doivent être présentées. 6) La condamnation de la colonisation ne doit pas servir à justifier une haine envers les occidentaux, ni à masquer la question des minorités non arabes dans les pays arabes ou musulmans (kabyles, coptes, juifs …). 7) Il faut extirper de tout l’enseignement le racisme anti-juif, interdire les manuels scolaires enseignant la double haine anti-juive, reposant à la fois sur les passages rétrogrades du Coran (haine religieuse) et sur des ouvrages racistes laïques et nazis comme les « protocoles des Sages de Sion » et « mein Kampf » 8) Il faut interdire la diffusion de ces ouvrages racistes dans la société civile9) Il faut proposer aux enseignants des stages d’initiation au respect des non-musulmans et à l’exercice de la laïcité, les aider à démasquer et à enrayer la propagande fondamentaliste.10) Mesures sur le plan social : les gouvernements ne doivent plus abandonner leurs populations aux organisations caritatives fondamentalistes qui se servent des aides sociales pour asseoir leur autorité. Il faut pratiquer une véritable politique de développement, résorber la misère et les énormes disparités sociales. Il n’est pas tolérable que les pauvres soient misérables et que les riches gaspillent des fortunes colossales.Ces réformes peuvent paraître une vraie révolution. Mais seules elles permettront de faire sortir « le monde musulman » de l’emprise de l’islamisme et assècheront le terrain sur lequel pousse le terrorisme islamiste. Alexandre Feigenbaum(membre fondateur du MPCT)
A lire : La liberté d’expression n’est pas négociable.
{{Par Claude MONIQUET, Président de l’ESISC}}Le 12 septembre 2004, à la sortie d’un plateau de télévision à Bruxelles, Claude Moniquet était violemment agressé. Motif : ses propos avaient offensé son détracteur qui l’accusait d’ être raciste et d’ insulter l’Islam en attaquant l’islamisme. Nous avons une bonne raison de nous en souvenir : la veille Claude Moniquet avait participé au premier Rassemblement du 11 septembre organisé à Paris par le MPCT. On lira l’éditorial de Claude Moniquet rédigé à l’occasion du procès qui vient d’avoir lieu.(HCM)Editorial en ligne sur http://www.esisc.org/
A lire : Marc Sageman
Etude sur les terroristes-suicide (Source : National Review Online 16/9/03)Le 16 septembre, la National Review Online a publié une étude de Robert Pape, de l’Université de Chicago. M. Pape a analysé toutes les attaques des terroristes-suicide dans le monde de 1980 à 2001. Il démontre que dans 95% des cas, ces attaques ont été exécutées dans le cadre d’un plan politique organisé à l’avance, afin d’atteindre des objectifs stratégiques déterminés et non comme une action désespérée.Il démontre également que toutes ces attaques ont été dirigées contre des régimes démocratiques :- Le Hezbollah contre les Etats-Unis et la France, au Liban en 1983.- Le Hezbollah et le Hamas contre Israël.- Les terroristes Tamoul contre le Gouvernement du Sri Lanka.- Les Kurdes contre la Turquie.- Les rebelles Tchétchènes contre la Russie- Les rebelles du Cachemire contre l’Inde.- Al Qaeda contre les Etats-Unis le 11 septembre 2001. Marc Sageman est un chercheur indépendant qui se spécialise dans l’étude du terrorisme. Il est aussi président du cabinet d’experts-conseils Sageman Consulting LLC, qu’il a fondé à Rockville (Maryland). Chargé de recherche à l’Institut de recherche sur la politique étrangère sis à Philadelphie (Pennsylvanie) et attaché au Centre d’études stratégiques et internationales, sis à Washington, M. Sageman est titulaire d’une licence de l’université Harvard (1973) ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat en sociologie politique décernés par la New York University.M. Sageman est l’auteur d’un ouvrage publié en 2004 par University of Pennsylvania Press intitulé Understanding Terror Networks (Comprendre les réseaux terroristes) et dans lequel il livre ses observations sur un échantillon de militants d’Al-Qaïda issus du Moyen-Orient, d’Asie du Sud-Est, d’Afrique du Nord et d’Europe. Il a également présenté le fruit de ses travaux à la Commission nationale d’enquête sur les attentats du 11 septembre et il fournit à divers organismes publics des services de consultance en matière de terrorisme.La vague actuelle d’attentats-suicides liés à Al-Qaïda ne s’explique pas facilement. Dès lors, il circule toutes sortes d’idées reçues au sujet de cette forme de terrorisme. Les remarques ci-après, qui battent en brèche ces stéréotypes, se fondent sur des données biographiques recueillies au sujet de plus de quatre cents militants d’Al-Qaïda.Mythe – La pauvreté engendre le terrorisme.Réalité – La grande majorité des terroristes étudiés dans cet échantillon faisaient résolument partie de la classe moyenne, et ceux qui occupaient une position dirigeante étaient issus de la classe supérieure. C’est le cas de la plupart des mouvements politiques, y compris des mouvements terroristes, et Al-Qaïda n’échappe pas à la règle. Al-Qaïda a beau justifier ses opérations en prétendant agir au nom de ses frères démunis, le fait est que ce réseau est loin d’avoir une expérience directe de la pauvreté.Mythe – Les terroristes sont des jeunes gens naïfs.Réalité – La moyenne d’âge des adhérents aux organisations terroristes est d’environ 26 ans. Ces jeunes adultes, de sexe masculin, sont pleinement responsables de leurs actions. Toutefois, peut-être en raison de l’importance croissante de l’internet qui séduit tant les jeunes, la moyenne d’âge évolue à la baisse. Sur internet, ils sont exposés aux mythes entretenus par Al-Qaïda et qui inspirent certains d’entre eux à commettre des actes en son nom, même sans avoir jamais été en contact direct avec des membres de ce réseau ou sous leur direction. Au cours des deux dernières années, la moyenne d’âge des terroristes affiliés à Al-Qaïda est passée à 22 ans environ.Mythe -Les madrassas, ces écoles coraniques qui prêchent la haine de l’Occident à leurs élèves, pensionnaires, font subir un véritable lavage de cerveau aux jeunes musulmans et les poussent à devenir des terroristes. Réalité – Dans mon échantillon, 13 % seulement des terroristes avaient fréquenté une madrassa, et cette pratique était propre à l’Asie du Sud-Est, où deux maîtres, Abdullah Sungkar et Abu Bakar Baasyir, recrutaient leurs meilleurs élèves pour former la clé de voûte de la Jamaah Islamiyah, le mouvement affilié à Al-Qaïda en Indonésie. Autrement dit, 87 % des terroristes qui faisaient partie de mon échantillon avait suivi un enseignement laïc.Mythe – L’islam radicalise les jeunes musulmans pour faire d’eux des terroristes et les pousser à exporter la violence dans les pays occidentaux.Réalité – Dans mon échantillon, la vaste majorité des terroristes d’Al-Qaïda étaient issus de familles aux convictions religieuses très modérées, voire de familles résolument laïques. De fait, 84 % des terroristes avaient été radicalisés dans des pays occidentaux, et non dans leur pays natal. La plupart étaient venus en Occident pour y faire des études et, à leur arrivée, ils n’avaient aucune intention de devenir terroristes. En outre, 8 % étaient des chrétiens qui s’étaient convertis à l’islam : ce n’est donc pas à leur culture que l’on peut imputer le lavage de cerveau qui pousse à la violence.Mythe – Les terroristes d’Al-Qaïda sont peu instruits, et c’est l’ignorance qui fait d’eux des militants.Réalité – Environ les deux tiers des terroristes de mon échantillon avaient fait des études supérieures, alors que c’était le cas de moins de 10 % des jeunes de la collectivité dont ils étaient issus. Bien qu’instruits, ils ne possédaient pas beaucoup de connaissances en matière de religion ; par contre, un grand nombre d’entre eux avaient fait des études d’ingénieur, ce qui les rendait deux fois plus dangereux. Le caractère sommaire de leur instruction religieuse les rendait particulièrement sensibles à une version extrême de l’islam, et ils savaient fabriquer des bombes.Mythe – Les terroristes d’Al-Qaïda candidats au suicide sont des hommes célibataires sans responsabilités familiales.Réalité – D’aucuns arguent que la frustration sexuelle des jeunes musulmans liée au manque d’occasions dans ce domaine débouche sur le terrorisme kamikaze, qui promet des récompenses célestes, dont 72 vierges. En fait, les trois quarts des terroristes d’Al-Qaïda sont mariés, et les deux tiers d’entre eux ont des enfants (beaucoup d’enfants, même). Ce paradoxe s’explique par leur volonté d’avoir beaucoup d’enfants qui poursuivront le djihad, alors qu’eux-mêmes se sacrifient pour leur cause et leurs camarades.Mythe – Les terroristes qui se rallient à Al-Qaïda agissent sous l’effet du désespoir, n’ayant pas de compétences monnayables sur le marché du travail.Réalité – Environ 60 % des terroristes d’Al-Qaïda dans mon échantillon exerçaient une profession libérale ou para-professionnelle. La situation commence à changer, les terroristes de la nouvelle génération étant plus jeunes et moins qualifiés que leurs aînés.Mythe – Les terroristes d’Al-Qaïda sont des criminels avérés.Réalité – Très peu de terroristes d’Al-Qaïda avaient un casier judiciaire. Les dix-neuf terroristes qui ont pris part aux attentats du 11 septembre aux États-Unis avaient tous un casier judiciaire vierge, ici comme à l’étranger. La situation commence à changer, en particulier en Europe occidentale, où les nouvelles recrues d’Al-Qaïda sont issues de la génération des exclus, ces jeunes qui se tournent vers la petite délinquance ou la vente de stupéfiants pour joindre les deux bouts.Mythe – Les terroristes d’Al-Qaïda, en particulier ceux qui commettent un attentat-suicide, sont tout simplement désaxés, ou alors ils souffrent d’un trouble de la personnalité.Réalité – L’échantillon n’a révélé quasiment aucun déséquilibre mental. Cela se comprend dans la mesure où les personnes atteintes de troubles mentaux sont généralement exclues des organisations clandestines pour des raisons de sécurité.Mythe – Les terroristes d’Al-Qaïda sont recrutés par des cadres charismatiques qui recherchent des personnes solitaires et vulnérables, des victimes par excellence.Réalité – Les terroristes sont plus souvent recrutés par des amis et des parents que par des agents de recrutement spécialisés en la matière. Environ les deux tiers de l’échantillon étaient liés par des liens d’amitié avant même d’envisager d’adhérer à une organisation terroriste. Ils se sont radicalisés dans un groupe et c’est ensemble qu’ils ont décidé de devenir membres d’Al-Qaïda. Le meilleur exemple est celui du groupe de Hambourg, qui a dirigé l’opération du 11 septembre. Huit amis ont fait cause commune et se sont rendus en Afghanistan en deux vagues. Les terroristes de la première vague sont devenus les pilotes, et ceux de la deuxième vague leur ont servi d’appui. Le cinquième des terroristes de l’échantillon avaient été recrutés par des membres de leur famille. Ils avaient des parents proches – un père, des frères ou des cousins – qui faisaient partie d’Al-Qaïda. Ils avaient tout simplement rejoint des membres de leur famille.Qu’est ce qui motive le terroriste global et nihiliste ?” “On ne peut pas comprendre le terrorisme de façon individuelle : c’est un phénomène de groupe.La stratégie-utopie est toujours la même depuis dix ans : créer un Etat islamiste salafiste dans les pays arabes pour rétablir la communauté originelle musulmane du temps du prophète. Ne parvenant pas à renverser les régimes locaux parce que l’ennemi lointain les supportait, les leaders ont opté au début des années 90 pour l’expulsion des Américains du Moyen-Orient.J’ai identifié ainsi 400 personnes, leurs points communs et découvert que tous les clichés véhiculés ne fonctionnent pas. Ils ne sont pas pauvres mais viennent de classes moyennes ou hautes. Ils sont issus de familles unies, souvent mariés et pères de famille. Ils joignent le djihad vers ans. 26Ce ne sont pas de jeunes naïfs, ils ont souvent fait des études supérieures. Ils ont des responsabilités professionnelles et les trois quarts sont qualifiés. Ce ne sont pas des gens vulnérables au lavage de cerveau. Je n’ai pas détecté de maladies mentales. Ce ne sont pas des criminels.”

