Un couple iranien – Mokarrameh Ebrahimi, une femme, et un homme dont le nom reste inconnu – devaient être lapidés en public dans le cimetière de la ville de Takestan, dans la province de Qazvin. Ils sont accusés d’adultère et ils ont été par conséquent condamnés à mort conformément à la loi islamique appliquée en Iran.Ils ont déjà passé 11 ans dans la prison de Choubin. Récemment, ils avaient fait appel auprès de la Commission juridique pour obtenir l’amnistie et la clémence des autorités. Leur demande a été rejetée. La lapidation, prévue pour le 17 juin, a été reportée au 21 juin à l’aube.{{Dernière nouvelle :}} La lapidation de Mokarrameh Ebrahimi et du père de son enfant illégitime, agé de 11 ans, a été suspendue par la décision du chef du Pouvoir judiciaire de Tehéran, adressée au responsable du pouvoir judiciaire à Takistan. Amnesty International et les militants impliqués dans la campagne {Stop aux lapidations pour toujours ! en Iran}, remercient toutes les personnes et toutes les organisations qui se sont mobilisées pour sauver la vie de ce couple en dépit du peu de temps à disposition.{{Amnesty International}} rappelle que la sentence de Mokarrameh Ebrahimi et de son partenaire reste légalement effective. C’est l’exécution de la sentence seulement qui a été suspendue.Une autre femme, Kobra Najjar, qui est aussi mère de quatre enfants et qui a été forcée à la prostitution par son mari, drogué, reste sous le coup d’une condamnation à mort par lapidation après que, la semaine passée, son appel à la Commission de Justice pour l’amnistie et la clémence ait été refusé pour la troisième fois. Il y a encore sept autres hommes et femmes qui sont condamnés à être lapidés pour avoir commis l’adultère.{{Continuez à agir, montrez votre indignation, demandez la vie sauve pour ces personnes, exigez l’arrêt immédiat de ces pratiques conclut Amnesty International :}}{{Afin de sauver les vies de Mokarrameh Ebrahimi, son partenaire, Kobra Najjar, et tous les autres hommes et femmes qui ont été condamnés à la lapidation, nous devons continuer à apporter notre soutien jusqu’à ce que le système légal iranien mette fin à la lapidation.}}
Auteur/autrice : MPCT
Forum : Un ministre pakistanais justifie les attentats suicides : faut-il être “désolé” de la décoration de Rushdie ?
{{Faut-il être “désolé” de la décoration de Salman Rushdie , citoyen britannique , par la reine d’Angeleterre ?}} L’affaire a débuté le 16 juin dernier lorsqu’un essayiste et romancier britannique d’origine indienne Ahmed Salman Rushdie , auteur de nombreux ouvrages , a reçu le titre de “chevalier” attribué par la Reine d’Angleterre pour sa contribution à la littérature .Rushdie avait déjà reçu de nombreuses distinctions dont le Prix littéraire de l’Union européenne. Il est aussi membre de la Royal Society of Literature et commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres. Son dernier livre, Shalimar le Clown, publié en septembre 2005, a été finaliste pour le Whitbread Book Awards.Mais plusieurs ministres …au Pakistan ne l’entendent pas ainsi et exigent un retrait de cette décoration ! Il évoquent “une offense aux musulmans” , allusion à la publication d’un livre écrit en… 1988 “Les Versets Sataniques” qui lui avait valu une “fatwa” de la part du fondateur de la République islamique iranienne, l’ayatollah Khomeiny, qui l’avait condamné à mort pour blasphème , et l’obligeant à vivre caché de nombreuses années .Le ministre pakistanais des affaires parlementaires Sher Afgan a exigé que {” la Grande-Bretagne s’abstienne de commettre de tels actes qui heurtent la sensibilité des musulmans”}Le ministre pakistanais des affaires religieuses, Mohammed Ijaz ul-Haq, a déclaré quant à lui que la décoration octroyée à l’écrivain justifiait les attentats-suicides. {“{{Si quelqu’un se fait exploser, il serait en droit de le faire, à moins que le gouvernement britannique présente ses excuses et retire le titre de “Sir”.”}} }Excités par ces propos , des manifestants ont brûlé des effigies de la reine d’Angleterre dans plusieurs villes au Pakistan et réclamé que S. Rushdie soit traduit {“devant un tribunal islamique sous le régime de la charia”.} Voici donc une nouvelle version de terrorisme contre nos libertés : la menace d”attentat suicide contre les civils au nom de la lutte contre le blasphème !What a wonderful world ! {{Ju Yi {{©}} mpctasso.org}}
Lu dans la presse : Au Darfour , il ne s’agit pas d’une guerre
{{{Extrait d’une tribune de Bernard-Henry Levy dans “Le Point”}}}Un mot que je ne supporte plus d’entendre, s’agissant du Darfour : le mot « guerre ». Car il ne s’agit pas d’une guerre. Ce ne sont pas des factions rivales en lutte, comme on le lit partout, pour le contrôle des richesses du pays. Il n’y a pas, encore moins, de forces « darfouries » s’opposant à l’armée régulière soudanaise et que celle-ci tenterait de réduire. La réalité – que j’ai vue – ce sont des pauvres gens bombardés par des Antonov. Ce sont d’humbles villages effacés, en entier, de la surface de la terre. Ce sont des femmes, des vieillards, des enfants, soit chassés de leurs maisons, soit éventrés, décapités, brûlés vifs, par ces terribles escadrons de la mort que l’on appelle les Janjawids. Le tout à l’initiative du gouvernement islamiste de Khartoum et avec la bénédiction, pour l’instant, de la communauté internationale… Le nouveau ministre français des Affaires étrangères a dit que mettre fin à ce carnage, peut-être ce génocide et, si l’on tient vraiment au mot, à cette guerre contre les civils , était sa « priorité » : soit – mais il faudra, pour cela, plus que des « corridors humanitaires »
A lire : Noces de Canaan de Richard Rossin
Jérusalem : deux familles… l’une est palestinienne, l’autre israélienne.Des vies se croisent et se mêlent, des êtres tentent de créer un avenir.Une jeune femme prépare son mariage… bonheur et insouciance.Son père, médecin urgentiste israélien, l’accompagne dans son rêve.Un jeune homme palestinien rêve lui aussi… de paix.Mais ils vont se heurter à la folie des hommes…Cette histoire est fondée sur des faits réels…{ {{Noces à Canaan}} } délivre, avec la pédagogie du romanesque, un message simple et terrible à la fois :Le terrorisme n’est pas un exotisme et peut nous toucher à tout moment.L’ignorance de la réalité historique et politique, la désinformation et les idées reçues contribuent aussi à sa propagation.{ {{Richard Rossin}} } est médecin, chirurgien, et surtout humanitaire de la première heure : il a été Secrétaire général de « Médecins sans frontières »,cofondateur de « Médecins du Monde » ; actuellement, Délégué général du Collectif Urgence Darfour.Mais il est aussi écrivain et poète : il a déjà publié de nombreux ouvrages comme {Aleph bet ; l’univers est une histoire d’amour} (Sens et Tonka, 2000), {ABCDélire} ; {entre pistil et pétales} (Alternatives, 2001), {Le Silence s’honore} (Sens et Tonka, 2002), plus récemment {Le Sérail ouvert ou bleu} (Sens et Tonka, 2005) et {Urgence Darfour} (Desidées et des hommes) ouvrage collectif, avec Bernard Kouchner, Bernard-Henri Lévy,Dominique Sopo,Morad El Attab,André Glucksmann, Philippe Val. {{ {{ {Dernière minute: }} }}: L’éditeur (Les Editions de Passy) , a accepté de faire une réduction “Associations” sur le prix. Un grand merci .{ {{Pour obtenir le bon de commande , veuillez nous écrire à mpct@aol.com }} }
Lu dans la presse : Comment les dés sont pipés à l’ONU
{{{Jean-Claude Bührer,ancien correspondant du journal «Le Monde» à l’ONU , analyse ,dans un article paru le 12 juin 2007 dans le journal suisse “Le Temps” ,le fonctionnement du nouveau Conseil des Droits de l’Homme à l’Onu . Il se demande , avec pertinence , si ce Conseil n’est pas pris en otage par les pays liberticides qui n’ont aucune intention de respecter les droits de l’homme . Ce qui ne les empêche d’ailleurs pas de donner des leçons aux démocraties , histoire de brouiller les cartes …Cet article remet les pendules à l’heure . A lire et à faire lire (R.D.)}}} {{«Conseil» ou «Commission», les droits de l’homme en otage à l’ONU}} {{par Jean-Claude Bührer}} Va-t-on regretter la défunte Commission des droits de l’homme qui avait sombré dans le discrédit après 60 ans d’existence? Le nouveau Conseil qui lui a succédé il y a un an est loin d’avoir répondu aux attentes. A en juger par le déroulement chaotique de ses quatre premières sessions et compte tenu des obstacles encore à surmonter dans la mise en place de ses règles de fonctionnement avant l’échéance du 18 juin, c’est à se demander si le remède n’est pas pire que le mal. Déjà le compromis adopté le 15 mars 2006 par l’Assemblée générale lors de la création du nouvel organe était en deçà du projet initial plus ambitieux de Kofi Annan, ce qui avait entraîné l’opposition des Etats-Unis qui d’ailleurs s’en tiennent toujours à l’écart. Au vu de la première donne, les dés apparaissaient d’emblée pipés: Algérie, Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Bangladesh, Chine, Cuba, Nigeria, Pakistan, Russie et Tunisie – autant de membres du Conseil qui ne sont pas précisément des parangons de vertu dans ce domaine. Comme naguère à la Commission, marchandages et manoeuvres de coulisses ont présidé à leur élection, si bien qu’un bon tiers d’entre eux sont affiliés à l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Alors que les candidats devaient s’engager à respecter «les normes les plus élevées en matière de droits de l’homme», près de 90% des exécutions capitales en 2005 enregistrées dans le monde l’ont été dans des pays membres du nouveau Conseil, avec la Chine nettement en tête du palmarès. Instrumentalisé dès le début par le groupe islamique (17 sièges sur 47) et d’autres pays répressifs, le Conseil n’a pas tardé à renouer avec les pires travers de feu la Commission: même indignation sélective, fixation tout aussi systématique sur Israël, obstruction récurrente sur le drame du Darfour et d’autres situations d’urgence, même travail de sape et tractations sur les procédures et mécanismes à mettre en place. Les Etats liberticides font désormais la loi et ont obtenu ce qu’ils voulaient: ne plus être nommément montrés du doigt, à l’exception bien sûr d’Israël qui se retrouve comme naguère seul au banc des accusés. En un an, aucun autre pays n’a été mis directement en cause, ni la Chine, ni Cuba, ni la Russie, ni la Birmanie, ni le Zimbabwe, ni la Biélorussie, ni la Corée du Nord, et encore moins un quelconque régime musulman. Ainsi l’Arabie saoudite continue impunément de discriminer les femmes et de recourir aux châtiments corporels, malgré son adhésion à la Convention contre la torture. En plus de la surenchère habituelle sur le Proche-Orient et sans faire avancer d’un pouce la recherche d’une solution politique, le groupe islamique a enfourché un autre cheval de bataille, «la diffamation des religions», en faisant approuver une nouvelle résolution anti-blasphème qui ne se réfère qu’à l’islam, avec pour corollaire la limitation des droits individuels et de la liberté d’expression. {{Lire la suite dans Le Temps :}}[http://www.letemps.ch/template/opinions.asp?page=6&article=209062->Le Temps]
Actualités: La population terrorisée à Gaza
La lutte des milices terroristes pour le pouvoir absolu est actuellement à son paroxysme dans la bande de Gaza gouvernée par une coalition dominée par le Hamas .On compte au moins 60 morts depuis le 7 juin et des centaines de blessés. Les agences de presse rapportent que de nombreux civils sont assassinés et que des prisonniers sont sommairement exécutés .Les violences se déroulent au sein même des quartiers résidentiels ainsi que le rapportent des témoins : {«{Des tireurs embusqués sur les toits et qui tuent des gens. Des corps mutilés jetés dans la rue de façon très humiliante. Des maisons bombardées et des civils tués. Qu’est-ce que c’est si ce n’est pas une guerre civile?}»}La population littéralement terrorisée assiste à des scènes d’une violence inouïe . L’organisation HRW cite notamment l’assassinat de Mohammed Swairki, 28 ans, un cuisinier du président Mahmoud Abbas. Swairki a été jeté du 15e étage d’un immeuble avec les pieds et les mains liés. Certains osent appeler ces terroristes des “résistants” ….Résistants à la paix serait plus exact ! Aveugles aux souffrances de leur peuple qu’ils instrumentalisent à des fins idéologiques . Sourds aux suppliques de la population qui crie : {“ne tirez pas! “} Ces actes de violence ont fait près de 700 morts depuis la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier 2006 .{{Roland Douglas-mpctasso.org}}
Actualités : Passer le bac à Gaza
A Gaza , 70 000 lycéens ont entamé courageusement ce lundi les épreuves du baccalauréat. Courageusement parce qu’ils doivent se rendre par des chemins détournés sur les lieux de l’examen , en évitant de recevoir des balles perdues en provenance du Hamas ou de toute autre organisation terroriste rivale. Depuis 3 jours , on compterait 13 morts et 59 blessés dans des affrontements inter-terroristes. Mais l’expérience a montré que des civils échappent rarement à des massacres , pour “l’exemple” .Les balles sifflent autour de carrefours routiers ou de toits d’immeubles , empêchant toute vie sociale de fonctionner .Des tirs sont entendus à l’hôpital de Bet Hanoun. Certains appellent cela “la trêve”.Les examens actuels des lycéens de la bande de Gaza peuvent être interrompus d’un moment à un autre en fonction de l’intensité des violences .On ne peut pas dire que les parents , en ayant voté pour un gouvernement de terroristes , aient bien préparé l’avenir de leurs enfants .{{Roland Douglas -Mpctasso.org}}
Evénement : Le Manifeste de Euston un an après (compte-rendu)
{{Le groupe du Manifeste de Euston réunit les principaux initiateurs de l’appel United Against Terror (Unis contre le terrorisme) lancé en réaction aux attentats de Londres en juillet 2005.}} {{Mercredi 30 mai, soit le jour-même du vote du Congrès de l’UCU (Syndicat des Universités et des Grandes Écoles) en faveur du boycott des institutions universitaires israéliennes, le groupe du Manifeste organisait dans une université londonienne une Conférence qui atteste de la vitalité intellectuelle des universitaires et syndicalistes britanniques réfractaires à la doxa !}} Des exposés passionnants et de très haut niveau présentés par des professeurs de renom ont permis au débat de s’engager sur des thèmes incontournables : « Déficit du droit international » (Norman Geras, Université de Manchester), « Multiculturalisme et démocratie » (Shalom Lappin, King’s College), « Solidarités simples et complexes » (Fred Halliday, London School of Economics) et, sujet d’une actualité immédiate, « Boycott universitaire » (Eve Garrard, Université de Keele). Une seule chose suffit à disqualifier la décision de boycott anti-israélien : son exclusivité. En effet, quelles que soient les exactions qui y sont commises et le nombre des personnes victimes de leurs gouvernements, aucun autre pays qu’Israël n’est jugé éligible pour un boycott universitaire ! Une discrimination qui rapproche la tonitruante démarche des pro-boycott du fonctionnement du tristement célèbre Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Il s’agit d’une offensive en règle dont l’un des enjeux est la mise sous tutelle idéologique des syndicats ou le maintien de leur indépendance au service de la défense des salariés qu’ils représentent. La décision de l’UCU faisait suite à celui de la NUJ (Union nationale des journalistes britanniques) prise alors que le journaliste Alan Johnston est aux mains de terroristes palestiniens. Le puissant syndicat de la fonction publique UNISON pourrait maintenant se joindre au concert… La bataille est donc engagée à l’université contre la motion de l’UCU adoptée à son Congrès par 158 voix pour, 99 contre et 17 abstentions. A noter que le président de la NUS (syndicat étudiant) a réagi en exprimant son opposition au boycott. Enfin, le dernier exposé de la Conférence, Terrorisme et guerre juste (Michael Walzer, Institute for Advanced Study, Princeton, USA) fut particulièrement important, d’une remarquable clarté quant au principe, fondamental pour le droit humanitaire, de distinction entre civils et militaires. {{ Conclusion : il faut vraiment saluer l’existence du Groupe du Manifeste de Euston et des réseaux d’intellectuels et de syndicalistes auxquels il est associé.}} Il reste à fédérer les forces de résistance à la confusion idéologique et à la soumission au nouveau totalitarisme qui émergent de par le monde. Un travail auquel le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme entend s’atteler de toutes ses forces avec ses partenaires britanniques, français et de tous pays. {{ Alors qu’une formidable pression s’exerce sur les esprits marqués par le chantage aux attentats et par les prise d’otages, une alliance internationale devra voir le jour pour permettre à la société civile de dire non au terrorisme et à l’obscurantisme islamiste.}} {{Huguette Chomski Magnis}} {{© mpctasso.org}}Pour en savoir plus : [http://www.eustonmanifesto.org/]
Forum : Y-a-t-il urgence à agir pour le Darfour ?
{{{Cette question pourrait paraître déplacée … Et pourtant , alors que le mur du silence commence à se lézarder , et que des voix arrivent enfin à se faire entendre pour dénoncer le massacre des populations civiles de cette région d’Afrique , d’autres voix s’élèvent pour …dénoncer les solutions de protection des civils !!!}}}Plusieurs ONG se déclarent opposées à l’idée d’un “corridor humanitaire” au Darfour afin de faciliter l’aide aux victimes du conflit. “Si ce projet se confirmait, cela nous semblerait préoccupant. La solution pourrait être pire que le mal”, déclare par exemple François Danel, directeur général d’Action contre la Faim (ACF) “La solution est de remettre les parties autour de la table de négociation”.”En attendant, il ne faut pas prendre de mesures qui seraient contre-productives et qui risquent de perturber nos actions à moyen et long termes, a fortiori si des militaires français sont impliqués” Nous reproduisons pour nos lecteurs qui ne l’auraient pas lu , cette tribune accordée par le Monde le 7 avril à quatre membres du Collectif Urgence Darfour . Cette tribune nous paraît tout à fait actuelle .Ceux qui considèrent qu’il y a urgence à agir pour le Darfour peuvent le dire en signant l’europétition sur le site [www.urgencedarfour.com->undefined], pour demander à l’Union Européenne de prendre toutes responsabilités . ————————————————————————{ {{La responsabilité de protéger les populations du Darfour}} }Louise Arbour, le Haut-commissaire aux droits de l’homme des NU, vient de lancer un appel à la mobilisation de l’opinion publique : «Pour le Darfour, elle est absolument essentielle». En France, en écho à cet appel, le Collectif Urgence Darfour mobilise et le 20 mars à la Mutualité un premier palier a été franchi : devant des Parisiens venus nombreux, pour la première fois les grands leaders politiques, gauche et droite confondues, sont passés des mots de compassion à un engagement pour l’action. Le président de la République y a envoyé un message et le ministre des Affaires étrangères a tenu à valoriser son bilan. Nous verrons comment ces paroles se concrétisent. Déjà l’écho de cette manifestation est allé jusqu’au Soudan. Mais une polémique étrange, et à vrai dire incompréhensible, s’est développée en France. Et pourtant. « L’inertie de la communauté internationale face au drame du Darfour est proprement écœurante », disait il y a quelques jours Jody Williams, prix Nobel de la paix, qui dirigeait la mission d’enquête (une de plus…) du Conseil des Droits de l’homme des Nations unies. Le rapport final accuse le gouvernement soudanais d’avoir «lui-même orchestré et participé [aux] crimes de guerre et crimes contre l’humanité » dans la région. Ce document s’ajoute à l’impressionnante liste des analyses qui vont toutes dans le même sens. Aussi faut-il s’étonner de la mansuétude de certains envers les écrasantes responsabilités du gouvernement soudanais, faisant de ceux qui militent pour une vigoureuse réaction de la communauté internationale, des démagogues. Une véritable guerre contre les civils, de mieux en mieux documentée, se déroule dans l’ouest du Soudan. Si le compteur de l’ONU est bloqué à « plus 200 000 morts » depuis 18 mois, des observateurs attentifs comme Eric Reeves estiment à près de 450 000 le nombre de victimes, en s’appuyant sur différentes études statistiques (Coalition for international justice, OMS, Lancet…). Le chiffre de 400 000 est retenu par Gérard Prunier, auteur de « Darfour :un génocide ambigu », et Africa Action mesure à la même hauteur l’effroyable bilan, dû pour une part aux morts violentes et pour l’autre aux maladies et à la dénutrition. Or le crime de génocide, selon la Convention internationale de 1948, s’entend de l’un quelconque des actes, commis dans l’intention de détruire, tout ou partie, d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Il peut s’agir de meurtres ou d’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ou encore de sa soumission intentionnelle à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle. Qui peut nier sérieusement que telle est la situation endurée par les groupes « noirs africaines » fours, massalit, zaghawa… du Darfour ? La litanie est affligeante : meurtres de masse, viols systématiques des femmes et des fillettes, déplacements de force de millions de personnes après destruction de leurs villages, empoisonnement des puits, pillages, vol des cheptels… Quant à l’aide humanitaire, Jan Egeland alors Secrétaire général adjoint de l’ONU avait colligé devant le Conseil de sécurité 14 moyens utilisés par Khartoum pour l’entraver. Cette aide vitale dont dépendent des millions de personnes est aussi pillée, détournée, attaquée par les milices janjawids et le groupe rebelle dirigé par Minawi qui a rallié le régime. L’insécurité oblige les secouristes à des évacuations répétées. D’autres, à l’instar de Médecins du monde, ont quitté la région. Selon les Nations unies 4,5 millions de personnes sont affectées par le conflit dont 1,5 million est hors d’atteinte. Le ministre soudanais en charge de… l’ l’humanitaire est désigné par la Cour Pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité pour avoir organisé les milices janjawids. La tactique de harcèlement des secours est au service d’une stratégie plus subtile que les massacres de la période antérieure : achever les rescapés par épuisement. La question de l’intentionnalité du gouvernement soudanais ne fait pas de doutes tant les preuves sont nombreuses du ciblage systématique des civils par son aviation et les Janjawids. Les survivants mentionnent avec insistance que les Janjawids les attaquent en criant « nous allons tuer tous les Noirs » ou encore « cette terre n’est pas celle des Noirs ». D’innombrables témoignages et analyses publiés par des organisations aussi diverses que Amnesty International, Human Rights Watch ou Africa Action, confirment que l’objectif est de vider la région de ses populations « noires africaines ». Il existe donc un consensus international sur le crime contre l’humanité au Darfour. Les arguments sérieux pour parler de génocide s’accumulent hélas aussi. Les colloques, les discussions avec les spécialistes de la région, les missions sur place ont conforté nos convictions. Nous avons écouté les paroles du sud-africain, Desmond Tutu: « Dans une course aux excuses pour justifier l’abandon du Darfour […] nous devrions nous méfier de ceux qui prétendent que le nettoyage ethnique des civils sans défense est en fait une guerre civile [ou] que la situation est bien plus compliquée que ce que vous autres, idéalistes, laissez entendre. » Nous connaissons trop la petite musique, la même qu’au temps du Rwanda, qui focalise sur la complexité des situations et qui justifie toutes les passivités, à commencer par celle des Etats. A en croire certains de nos détracteurs, Urgence Darfour serait le problème plus que les pratiques génocidaires de Khartoum. Pourquoi ne les avons-nous pas entendus quand le sujet n’était pas autant pris en compte par les médias ? Les arrestations accompagnées de tortures se sont multipliées ces derniers mois contre les avocats et les notables darfouris sur place mais aussi à Khartoum. Dans tout le pays, journalistes, défenseurs des droits de l’homme et opposants sont également visés. Tortures, traitements inhumains et dégradants sont fréquents et les restrictions à la liberté de presse et de réunion sont courantes. Se reposer sur la promesse d’élections libres dans deux ans, c’est se faire l’avocat de la propagande du régime et surtout faire baisser la pression sur Khartoum. Faire croire à un gouvernement d’union nationale, où les Sudistes auraient une partie du pouvoir n’est que tartuferie. Le vice-président soudanais, sudiste, qui s’oppose à Béchir en raison de la non-application de l’accord de paix au Sud, a brisé cette fiction en se déclarant favorable à l’intervention des casques bleus et de la CPI au Darfour. L’équipe dirigeante actuelle issue des Frères musulmans s’est emparée du pays par un putsch militaire en 1989 ; quelques mois auparavant ce courant avait obtenu moins de 10% aux élections. Sa première préoccupation a été de relancer la guerre aux populations noires du Sud, animistes et chrétiennes, au nom de la charia. Elles avaient le malheur de vivre dans des zones pétrolifères. Des millions de morts et des millions de déplacés s’en sont suivis. Le Soudan a une tradition d’esclavage de ses populations noires, les Sudistes en ont été des victimes jusqu’à récemment et comme le souligne JP Ngoupandé le mépris affiché pour la vie des populations « négro-africaines » est en lien avec ce passé. Au Darfour, les populations civiles ont droit au secours d’une force internationale de protection. Qui honnêtement peut dire le contraire ? Le droit d’être protégé en pareille circonstance, n’est-il pas l’impératif minimum? La résolution 1706 de l’ONU demande l’envoi de casques bleus, non pas dans tout le Soudan, mais au Darfour. La présence de 10 000 soldats de la paix au Sud n’a pas remis en cause la souveraineté du pays ni changé la nature du régime. Pourquoi, alors, Béchir la redoute-t-il au Darfour, sinon parce qu’il y estime inachevée sa sale besogne? Les Etats-Unis à l’unisson des Européens grondent mais n’agissent pas. Pire, Bush a obtenu de Khartoum une coopération dans sa « lutte contre le terrorisme », d’où la visite du chef des services secrets soudanais à Washington. Le Darfour n’est pas l’Irak… Le Parlement européen invite « les Nations unies, même en l’absence de consentement ou d’accord de la part du gouvernement soudanais, à fixer clairement une date pour le déploiement d’une force de maintien de la paix ». L’assemblée « demande aux gouvernements des États membres de l’Union européenne, au Conseil et à la Commission de prendre leurs responsabilités et de tout mettre en œuvre pour protéger effectivement les populations du Darfour d’un désastre humanitaire». Dès maintenant, l’Union européenne doit exercer des sanctions économiques et politiques, pour faire reculer le gouvernement de Khartoum. Oui il y a urgence à agir pour le Darfour ! {{-Dr Jacky Mamou ancien président de Médecins du monde-Dominique Sopo président de Sos-racisme-Yves-Jean Gallas vice-président du Mouvement de la paix-Armen Séropyan porte-parole de Nouvelle génération arménienne .Tous membres du Collectif Urgence Darfour}} [(www.urgencedarfour.com)->undefined]

