{{Lettre ouverte au Président de la République Française}}« Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés. » Nicolas Sarkozy. Monsieur le Président de la République Française, c’est le moment où jamais !Deux femmes sont aujourd’hui en danger de mort ; Deux femmes qui symbolisent la lutte contre le totalitarisme ; Deux femmes qui se sont dressées contre l’intégrisme ; Deux femmes qui mettent en garde l’Occident contre les périls qui le menacent et qu’il n’ose pas affronter. Chacune de ces deux femmes, Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen, d’origine musulmane, athées et laïques engagées, condamnées à mort, ont cru trouver refuge dans des pays démocratiques. Or, la Hollande d’Ayaan et l’Inde de Taslima refusent d’assurer désormais leur sécurité. Ne pensez-vous pas, Monsieur le Président, que la France se doit d’accueillir ces deux femmes d’exception et de les élire citoyennes d’honneur de notre République ? Ne devrions-nous pas, nous, enfants de la Déclaration des Droits de l’Homme, protéger ces deux femmes persécutées et menacées, et les placer sous la protection du drapeau de la France, ou de l’Europe, elles qui sont le symbole du vrai nouveau combat pour la liberté et la résistance au fanatisme. Nous vous demandons de financer leur sécurité et de les assister civilement, elles que leurs démocraties respectives ont abandonnées. Nous ne doutons pas que vous entendrez notre appel. Nous ne doutons pas non plus que vous saurez joindre l’acte à la parole, et que les mots que vous avez prononcés le 6 avril 2007 , vous et nous engagent à protéger par tous les moyens ces deux héroïnes de nos combats d’aujourd’hui. {{Signatures à adresser à citoyenne@wanadoo.fr }} PREMIERS SIGNATAIRES : Sophie ChauveauBertrand LebeauAnne Zelinski Robert Redeker Michèle Tribalat Claire Brière Lorraine Tournyol du Clos Betty Koeppel, psychanalysteAlain Vincenot, journaliste écrivain Michel Louis Lévy Dr Michel A. Calvo Evelyne Tschirhart André Grjebine, directeur de recherche à Sciences PoGilbert Corniglion Bernice Dubois Anne-Elisabeth Moutet Jeanne Assouly Francis P. BlakeJérôme Lévy (journaliste BFMTV). Malka Marcovich Sylvain GouguenheimDenis GreinerHuguette Chomski Magnis….{{Signatures à adresser à citoyenne@wanadoo.fr }}
Auteur/autrice : MPCT
Actualités : Justice à Madrid ?
Après la condamnation de Rachid Ramda à la réclusion criminelle à perpétuité pour les attentats commis à Paris en 1995, on attendait le verdict du procès des 28 inculpés des attentats de Madrid (191 morts et 1821 blessés le 11 mars 2004 dans quatre trains de banlieue bondés.)A la surprise générale celui qui était présenté comme le cerveau présumé de ces attentats, Rabei Ousmane Sayed Ahmed, dit “Mohamed l’Égyptien”, a été acquitté. Seuls trois des huit principaux accusés ont écopé des peines maximales (près de …40. 000 ans d’ emprisonnement, limités dans les faits à 40 ans) Un verdict qui a été diversement accueilli par les familles de victimes représentées par les associations 11-M Afectados de Terrorismo et AVT, Asociacion Victimas del Terrorismo. La déception était indéniable car nul n’a été en définitive condamné comme organisateur de ces attentats. Des familles devraient faire appel. En France, c’est Rachid Ramda qui devait faire appel de sa condamnation …(V.W.)
Actualités : Arche de Zoe , un révélateur de la tragédie du Darfour
{{{Communiqué du Collectif Urgence Darfour}}}Le Collectif Urgence Darfour n’a rien à voir avec l’opération menée au Tchad, par l’Arche de Zoé. Cette malheureuse initiative, apparemment menée sans la rigueur éthique nécessaire, est avant tout un symptôme de la situation humanitaire dramatique et des difficultés d’accès aux populations du Darfour. Elle est surtout emblématique des carences de la communauté internationale à protéger efficacement les populations du Darfour, notamment les femmes et les enfants. Quels que soient les griefs du gouvernement tchadien , toutes les personnes arrêtées ont droit à un traitement conforme au droit, et ne doivent en aucune façon être maltraitées. Rappelons que les autorités tchadiennes ont plus de 200 000 déplacés nationaux qui survivent dans des conditions catastrophiques, dans l’est du pays : elles sont particulièrement malvenues de s’ériger en donneuses de leçons sur le champ de la protection humanitaire. {{Collectif Urgence Darfour}}, le samedi 27 octobre 2007.[www.urgencedarfour.info->xxx]{«Les violations des droits de l’homme se poursuivent de la même manière et pratiquement à la même échelle… Les civils qui se sont réfugiés dans des camps restent la cible d’exactions, notamment les femmes, victimes d’agressions sexuelles»,} déclarait le 17 septembre Louise Arbour, la haut-commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU.Si la détresse des populations continue, la ferme volonté internationale manque d’arriver à un accord équitable. La mobilisation internationale n’est-elle pas utile pour sauver ce qu’il reste des populations du Darfour?
Tribune : Il y a 50 ans, Albert Camus, prix Nobel de littérature .
{ {{{ ” Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente…” Albert Camus}}} }Le 16 Octobre 1957, Albert Camus, grand écrivain français né du petit peuple pied-noir d’Algérie, recevait à 44 ans le Prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre , débutée en 1936, dont les célébrissimes ouvrages «L’Etranger» en (1942), «La Peste» (1947), ” «Actuelles I et II, Chroniques» (1950, 1953)….De Mondovi (aujourd’hui Dréan, Est algérien, région où naquit en 354 le futur Saint-Augustin) qui le vit naître en 1913 d’un père commis de ferme tué en octobre 1914 lors de la bataille de la Marne et d’une mère employée de maison analphabète, à Alger ville- lumière source d’inspiration et d’aspirations, en passant par Paris ville des Lumières où il fut de tous les combats empreints d’humanisme, il aura été une des grandes Consciences universelles du 20 ième siècle, un Juste parmi les Justes dont la voix si moderne ne cesse de résonner. Sujet de très nombreuses recherches, il est notre contemporain.Quel destin, quelle ligne de vie !Sans l’opiniâtreté de son instituteur Louis Germain qui lui permit d’accéder au lycée Bugeaud d’Alger (il n’eut de cesse de lui rendre hommage pour l’avoir ainsi aidé, lui, le fils de pauvres), sans l’attention fraternelle de son professeur Jean Grenier, le monde n’aurait pas vu éclore l’œuvre d’Albert Camus, connaître la beauté de ses textes. Il reste un des écrivains les plus lus sur la planète, une référence morale, l’un des plus thèsè par les étudiants des 4 coins du monde. Ce n’est que mérite quand d’autres illustres, qui surent se montrer parfois cruels (jaloux ?) à son égard, sont quelque peu passés aux oubliettes.Sa disparition lors d’un accident le 4 janvier 1960 sur une route de l’Yonne, avec son ami éditeur Michel Gallimard, fût à l’image de sa vie. Telle une tragédie grecque pour cet enfant de la Méditerranée qu’il a si bien louée (notamment «Noces» en 1939), il mourut comme il vécut, intensément.En souvenir du 50 ème anniversaire du Nobel, Monaco rend hommage à Camus en 2007 en éditant un timbre commémoratif à son effigie.Et sa Patrie française? Et sa Patrie algérienne ? direz-vous à juste raison ! Silence à ce jour…Du côté français entre les résultats d’un match de foot et de rugby, calé entre les mauvaises nouvelles du monde, peut-être aura-t-il droit, le Grand homme authentique, à un petit entrefilet pour s’en rappeler au moment de décerner les Prix Nobel 2007. Mais en Algérie dont il est l’un des illustres enfants, alors que la plus grande part du pays réel cherche (en résistance à la nomenklatura au pouvoir depuis 45 ans s’arc-boutant sur ses privilèges) à renouer avec tous les pans de sa mémoire collective, dont celle pied-noire, qu’en sera-t-il… ?Si Camus dans sa quête de l’Universel posa la question de «l’absurde» (Le Mythe de Sisyphe – 1942), du pourquoi de l’Homme en ce monde, c’est bien l’absurde au sens de ce qui peut relever de la plus franche absurdité (du point de vue de sa reconnaissance officielle, du bout des lèvres, mais rien n’empêchant de rêver qu’il en soit autrement demain. Le rêve est-il encore possible en Algérie ?) qui frappe Camus sur sa terre natale. Cette terre d’Algérie qu’il a vantée avec tant de ferveur, d’ardeur, exprimant également avec foi ardente et sans ambages son amour fraternel envers tous ceux qui peuplaient alors cette terre de tous les métissages, de toutes les histoires aux couches de sédimentations profondes et successives.Au nom de quoi ? De la sempiternelle et infondée attaque dont il est l’objet depuis le discours de Stockholm le 10/12/57 au moment du Nobel.De quoi s’agit-il ?En réponse à la question d’un étudiant algérien d’origine musulmane adressée à Albert Camus, algérien d’origine européenne, quant à sa position et ses sentiments (à lui qui toujours combattit l’injustice où qu’elle se trouve, en Algérie également, défendant le haut principe moral qui est que de lutter contre l’injustice en se rendant coupable en retour d’une autre injustice n’avait aucun Sens ni fondement) au moment des terribles évènements de la bataille d’Alger (cycle infernal terrorisme urbain, répression, contre-terrorisme), celui-ci répondit en substance : «…je crois à la justice, mais je défendrais ma mère avant la justice..». Cette phrase tronquée à «juste» (dé)raison est celle qu’ont voulu retenir ses éternels détracteurs, dont le pouvoir de nuisance de part et d’autre de la Méditerranée est inversement proportionnel à leur réelle importance. elle est claironnée et entendue par qui veut ne l’entendre qu’ainsi. Bêtise quand tu nous tiens!Haro sur «le petit blanc algérois raciste», soutien de l’oppresseur colonial ! Totale contradiction avec ce qu’était Camus au plus profond de lui-même, ses engagements et ses écrits en faisant foi.Faux procès des falsificateurs les plus retors mais que ne trompe pas ses fidèles lecteurs et ses compatriotes. Camus faisait référence aux attentats aveugles quotidiens aux milliers de victimes dans les villes et villages d’Algérie (prémices du terrorisme moderne) des terribles années 56 et 57 («la bataille d’Alger») visant à toucher la population civile européenne innocente, à la briser physiquement, émotivement (sans qu’elle soit aidée par des cellules de soutien psychologique), sans distinction d’âge, de sexe, de qualités par des bombes «non sélectives» meurtrissant également des musulmans. Agissant ainsi, un des objectifs du FLN était de déclencher une terrible répression militaire au marteau pilon (la torture y pris malheureusement place) contre une population musulmane alors «suspecte». La stratégie FLéniste était de voir se grossir ses rangs disparates (notamment ceux de la ligne dure de la fracture totale avec la France) en contraignant de la sorte les récalcitrants, les indécis, les hésitants, les attentistes (ou bien encore ceux, nombreux, attachés à la Nation française) parmi ceux «d’origine autochtone» comme on le disait aussi alors, sujets des brimades et violences françaises en boomerang. Je précise ma pensée en affirmant qu’on ne peut pas faire abstraction d’avoir à se poser honnêtement la question des origines des violences afin de décrypter cette guerre qui fut aussi une guerre civile. Cela marcha en partie. Il y avait aussi la volonté calculée, aux dramatiques et tragiques conséquences, de creuser un irréductible fossé de sang entre les communautés (mais dont l’espoir existait encore parmi les populations de le combler comme le démontrèrent les fraternisations de mai 58 desquelles naquit la IV République). Quand il est aisé de trouver de quoi remonter les ressorts de la haine, la violence démesurée en étant un des terribles leviers à la force incontrôlable, comment résister à une telle horrible pression quotidienne? Certainement faut-il pour cela être éclairé afin de ne pas tomber dans la bestialité mâtinée aux slogans de «résistance ». Intervient alors le rôle majeur éveilleur de Conscience de Camus, parfois incompris des siens, comme lors de son appel à «la trêve civile» en 1956 où il enjoignait tous les protagonistes d’épargner les populations civiles objet de toutes les «convoitises», de tous les chantages. De tels hommes sont alors indispensables et c’est pour cela que tout est tenté pour les museler, les faire taire.En agissant sciemment de la sorte, les poseurs de bombes des réseaux de Yacef Saadi pouvaient par leurs engins de mort, dans un bus ou dans la rue, tuer la mère de Camus, innocente parmi les innocents, seulement coupable «d’être». C’est cette peur là d’un fils pour sa mère (tous les fils, toutes les mères), cette douleur là ressentie par une population apeurée mais refusant d’abdiquer en continuant de vivre malgré tout (le peuple algérien des années 90 sait de quoi il s’agit et a, en tant que peuple frère du peuple pied-noir, tous les éléments pour comprendre) que Camus voulut exprimer, amener à en saisir toute la dimension tragique.Après la décennie sanglante en Algérie, et au moment du procès de Rachid Ramda s’y rapportant, responsable des attentats du GIA à Paris en 1995, chacun est capable de saisir le sens profond de la réponse de Camus en réaction, dignement, au terrorisme aveugle pouvant nous faire perdre d’horrible manière un être cher. Sachons entendre les victimes, être compatissants eu égard à leurs douleurs.Aujourd’hui, alors que le terrorisme est devenu «L’Arme» (comment en sommes-nous arrivés là ?), avec Camus nous ne pouvons que tous nous interroger sur le «que ferions-nous si nous étions confrontés à de telles situations» ainsi que dénoncer la perversité intellectuelle et active de ceux cautionnant «la fin justifiant les moyens», tous les moyens, pour toutes les fins, même les plus funestes pourvu qu’elles satisfassent à leurs horribles desseins. La liste est longue. Camus est là encore un éveilleur de notre conscience d’Homme, un grand parmi les grands.Faudrait-il se retrancher derrière un mur d’idéologie aveuglante et confortable ne tolérant aucune remise en question pour ne point comprendre à leurs justes et dignes portées ces mots du cœur que l’on retourne contre Camus pour le salir.Il était d’autant plus libre, trop au goût de ses adversaires, qu’il n’avait pas une analyse caricaturale de cette guerre fratricide où la légitimité des uns s’opposait à la légitimité des autres face à un pouvoir politique défaillant, incapable de proposer ce qui pouvait unir, rassembler dans un projet commun d’avenir toutes les composantes algériennes (ce sera pire après 58 et bien plus encore après son décès en1960 – mensonges, manipulations, intoxications, manigances, enlèvements et disparitions, violences extrêmes – où Camus manqua face aux enjeux dont on connait les drames qui en découlèrent et dont les témoins souffrent encore aujourd’hui au plus profond de leur être). La fraternité n’était pas pour lui un vain mot.Il n’avait pas une vision simpliste, réductrice et manichéenne des évènements dramatiques en cours. Il ne se réfugiait pas dans le confort intellectuel visant à classer «les bons» d’un côté (ceux luttant pour leur émancipation, leur indépendance dont nombre souhaitait qu’elle se fasse dans un cadre fédéraliste avec la France), de l’autre «les mauvais» (s’y opposant, «bien sûr»!). En conscience, très justement, il dénonçait avec force les méthodes musclées et la torture pratiquées par des militaires sous les ordres du général Massu auquel le gouvernement avait donné, se défaussant, tous les pouvoirs civils et militaires.Discrètement, Camus agissait, notamment avec Germaine Tillion la célèbre ethnologue (100 ans cette année), pour sauver de la guillotine des activistes algériens (lire de G.Tillion «les ennemis complémentaires», éditions Tirésias 2005) tout en ayant fait le choix de rester publiquement silencieux au sujet de cette sale guerre : «le terrorisme tel qu’il est pratiqué en Algérie a beaucoup influencé mon attitude (sur l’Algérie). Quand le destin des hommes et des femmes de son propre sang se trouve lié, directement ou non, à ces articles que l’on écrit si facilement dans le confort du bureau, on a le devoir d’hésiter et de peser le pour et le contre. Pour moi, si je reste sensible au risque où je suis, critiquant les développements de la rébellion, de donner une mortelle bonne conscience aux plus anciens et aux plus insolents responsables du drame algérien, je ne cesse pas de craindre, en faisant état des longues erreurs françaises, de donner un alibi, sans aucun risque pour moi, au fou criminel qui jettera sa bombe sur une foule innocente où se trouvent les miens» (cf «Avec Camus. Comment résister à l’air du temps» Jean Daniel Gallimard 2006).Quelle belle leçon d’humanisme, de journalisme. Ce propos me fait penser au titre et à l’objet du livre de André Rossfelder, ami de Camus (concepteur de la COMEX, un des découvreurs de pétrole en Algérie en 1947 âgé de 82 ans il vit aux USA) «le Onzième Commandement» Gallimard 2000, « tu seras fidèle aux tiens, surtout quand la nation les oublie ou les diffame»… A méditer !Est donc assassinable, aux yeux d’un terroriste (notre semblable ? Quelles Valeurs nous en protègent ?) celui qui a le seul tort d’ «être», entrave physique à son délire ethnicide!En réalité, la phrase complète de Camus à son interrogateur/interlocuteur, lui donnant ainsi tout son sens, est la suivante: {« En ce moment on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela, la justice, je préfère ma mère ».} Tout homme, qui plus est méditerranéen quand on connait la place qu’occupe la Mère dans nos cultures de toutes les rives de la Méditerranée, ne peut pas ne pas comprendre, sans a priori, ce que dit Camus. En 2005, un colloque sur Camus est organisé à Alger. Une première, perle rare! Le Président algérien A. Bouteflika y fit une visite et à Jean Daniel, présent, il dit ceci qui ne peut pas manquer de nous surprendre : «Vous savez comment je vérifie que Camus est un véritable enfant de l’Algérie? C’est lorsqu’il dit que si sa mère était attaquée, il préférerait la défendre plutôt que la justice. Et bien, c’est exactement ce que je sens, ce que je ferais, et je ne vois pas pourquoi Camus n’aurait pas eu le droit de le dire».Bravo Monsieur le Président! Alors, qu’attend l’Algérie officielle pour honorer un de ses illustres enfants???Pas une rue, pas une place, pas un lieu en Algérie, aujourd’hui ne porte son nom. Quel comble pour ne pas dire plus!En 1960, après sa mort, le Conseil Municipal de Mondovi (Dréan de nos jours), son village natal, souhaita baptiser la rue centrale de son nom. L’exode des Français d’Algérie et l’Histoire en voulut autrement. Peut-être qu’aujourd’hui, Dréan (ancien Mondovi) pourrait le reprendre à son compte….?Ah si, un lieu, un seul sur la terre algérienne pour honorer symboliquement Camus: une stèle sur le merveilleux site romain de Tipasa, ancien comptoir punique, patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982 (l’Algérie regorge de ces site merveilleux : Djemilla, Lambèse, Hippone, Tiddis, Timgad, Guelma…) déposée avant l’indépendance par un de ses amis, artiste, reprenant une des phrases de son livre, Noces, «ici on comprend ce qu’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure».(*) A méditer! Quelle ode à la Méditerranée, à l’algérianité, à l’amour de la terre algérienne.L’exilé Camus repose en terre de France, à Lourmarin dans le Vaucluse où il avait acquis une demeure. Alors, chère Algérie, à quand une «rue Albert Camus, écrivain, Prix Nobel de littérature, enfant d’Algérie» à Alger qu’il chérissait tant et/ou ailleurs en ce beau pays?Nous sommes très, très nombreux à l’espérer. {{ {{Eric-Hubert Wagner}} © mpctasso.org}} Notes de lecture : Albert Camus, Gallimard 1994 «le premier homme» ; Olivier Tood «Albert Camus, une vie» Gallimard 1996 ; Herbert R. Lottman «Albert Camus» Seuil 1978 ; Daniel Rondeau «Camus ou les promesses de la vie» éditions Mengès 2005….. (*)venant d’avoir cette information par un camusien – vive internet – je vous l’offre : il s’agit de son ami Louis Bénisti (écrivain, peintre, sculpteur né à Alger en 1903 – 1995 Evian) qui a gravé et érigé cette stèle à Tipasa en 1961
L’AVT (Espagne) a annoncé son adhésion à l’Alliance Internationale contre le Terrorisme en cours de constitution
{{{Il s’agit d’une manifestation concrète de l’engagement de cette association qui avait participé à la Conférence de Paris le 11 septembre 2007 .}}}Un des moments forts du Rassemblement du 11 septembre 2007 au Mur de la Paix a été l’intervention de Gabriel Moris vice-président de l’AVT (Association de Victimes du Terrorisme , Espagne) . Lui-même et son épouse , María Pilar Crespo, ont perdu leur fils Juan Pablo, 32 ans , dans l’attentat du 11 mars 2004 à Madrid . Aujourd’hui , Gabriel Moris a fait de la défense des victimes du terrorisme la priorité de son existence .Au moment où se dessine les contours d’une association internationale , il nous paraît important de nous remémorer les termes de son intervention (à suivre , celle qu’il a effectuée à la Conférence) {{Gabriel Moris :}}{{ {«Ce rassemblement est à mon avis une bonne manière deconclure notre réflexion commune sur les actions à mener contre la guerre sans front que représente le terrorisme.Nous avons tenu à nous faire remplacer à un rassemblement qui se tient au même moment en Espagne, simultanément moment dans plusieurs villes espagnoles en mémoire des attentats du 11 Septembre et du 11 Mars …. pour être ici aux côtés de victimes du monde entier .Nous sommes convaincus que le terrorisme est un phénomène international et c’est pour cela que la lutte contre celui-ci doit être menée par l’action et la solidarité internationale.L’AVT se place aux côtés de toutes les associations présentes et elle manifeste sa volonté de lutter avec vous contre l’ennemi commun, le terrorisme international».} }}———————————————————–{{Concentración en el Campo de Marte- Paris 11-09-2007Intervención del representante de la AVT (España)}}{{“Esta concentración es a mi juicio una buena forma de poner el punto y final a la sesión de reflexión sobre las diferentes acciones a emprender contra la guerra sin frente que representa el terrorismo.Nosotros hemos cambiado nuestra presencia en una concentración que sobre el 11-S y el 11-M está manteniéndose en diversas ciudades de España a esta misma hora, a cambio de nuestra participación junto a víctimas internacionales.Estamos convencidos de que el terrorismo es un fenómeno de ámbito internacional y, por lo tanto, la lucha contra el mismo debe ser abordada desde la acción y la solidaridad internacional.La AVT se une a las asociaciones presentes y manifiesta su voluntad de luchar junto a todas ellas contra el enemigo común, el terrorismo internacional.”}}{Gabriel Moris y su mujer, María Pilar Crespo, perdieron a su hijo Juan Pablo, que por entonces contaba 32 años, en el atentado del 11 de marzo de 2004. Juan Pablo, que estaba terminando Ingeniería de Caminos y alternaba sus estudios con el trabajo, viajaba a Madrid en el tren que explotó en la calle Téllez. El 11-M cambió su vida. Ahora, la defensa de los intereses de las víctimas es una de sus principales prioridades.}{{{A noter : l’AVT organise le 24 novembre prochain un grand rassemblement à Madrid contre le terrorisme de l’ETA}}}
Après la Conférence Internationale contre le Terrorisme MOHAMED SIFAOUI nous accorde une longue interview
{D’après les responsables du renseignement et de la sécurité, le France fait face à une menace terroriste élevée. Alors que s’achève, le procès en assises de Rachid Ramda, comment faut-il selon vous apprécier le danger représenté par Al Qaida au Maghreb ?} La France est ciblée par les islamistes depuis une vingtaine d’années. La première fois que j’ai entendu des islamistes proférer des menaces contre la France, c’était, en Algérie, au milieu des années 1980, bien avant l’arrêt du processus électoral de 1992. Mustapha Bouali disait dans ses prêches qu’il fallait s’attaquer au pouvoir algérien, parce qu’il ne respectait pas la charia, et aux autorités françaises, pour leur soutien à ce gouvernement.Depuis, ces menaces n’ont pas cessé, venant d’islamistes algériens , puis cela s’est élargi à des islamistes maghrébins puis à des islamistes à vocation internationale.Pourquoi la France ?Il faut revenir à l’idéologie islamiste. La France représente tout ce que les islamistes détestent.La France est le pays qui propage l’idée de laïcité alors que, pour eux, religion et État ne doivent faire qu’un.La France symbolise aussi cette démocratie qu’ils honnissent tant et qui donne la souveraineté au peuple. Or, là aussi, selon les islamistes, la souveraineté ne doit revenir qu’à Dieu et à Dieu seul. La France est le pays des Droits de l’Homme alors que pour ces fanatiques, il n’existe d’autres Droits pour l’Homme que ceux que Dieu lui a donnés. Il y a bien sûr aussi des raisons historiques, le statut d’ancienne puissance coloniale. Et puis des raisons politiques : la France entretient de bonnes relations avec des régimes considérés, très souvent à juste titre, comme corrompus. Il faut donc sanctionner le soutien apporté à ces régimes arabo-musulmans. Enfin la France lutte contre le terrorisme, traque les terroristes, sanctionne sur le plan judiciaire ceux qui font des séjours en Irak, en Afghanistan, en Tchétchénie. Et il y a la participation de la France à la guerre en Afghanistan. Il serait donc erroné de minimiser cette menace, tout comme il serait erroné d’être alarmiste. Il faut en être conscient, demeurer vigilant tout en restant serein. Il faut essayer d’anticiper sur la démarche des terroristes. {Mohamed Sifaoui, des rumeurs sont colportées sur votre compte, on cherche à vous présenter comme un agent des services secrets algériens. Pouvez-vous nous éclairer sur la bataille qui se poursuit entre vous, François Gèze(1) et Habib Souaïdia ?}Pour moi, elle ne se poursuit pas. La bataille a été réglée devant les tribunaux français, au pénal et au civil. Elle a été tranchée en première instance et en appel. Au pénal, François Gèze m’avait poursuivi, ainsi que l’hebdomadaire Marianne, pour diffamation, après l’interview dans laquelle je déclarais en substance qu’il était un menteur et un manipulateur qui avait bâti des mensonges sur un socle de vérité. Il a été débouté en première instance et en appel par la 17 ° Chambre correctionnelle. Les documents et les témoignages que j’ai versés au débat on permis de clarifier les choses. Au civil, j’ai poursuivi la Découverte et Habib Souaïdia. Pourquoi ? J’ai été l’initiateur, le concepteur et le rédacteur du livre « La sale Guerre » auquel j’ai donné son titre. J’ai passé un contrat avec cette maison d’édition qui me considérait comme co-auteur ainsi que Habib Souaïdia de ce qui allait devenir « la sale guerre ».C’est moi qui ai sollicité François Gèze et qui lui ai présenté Habib Souaïdia. Il existe, selon vous, beaucoup d’agents des services algériens qui aident des déserteurs ou des dissidents – c’est ainsi que se présente Souaïdia – à faire entendre leur voix ? C’est moi qui ai présenté cet ancien militaire à une multitude de journalistes français alors que personne ne le connaissait. Un agent aurait participé à le faire taire non pas à le médiatiser.En réalité, l’affaire est simple à comprendre lorsqu’on est intellectuellement honnête. A la fin de la rédaction du livre, que j’ai écrit tout seul dans sa version initiale, je me suis rendu compte que François Gèze voulait apporter des modifications pour évacuer les crimes des islamistes et grossir le trait pour décrire les exactions commises par les services de sécurité. Je me suis opposé à cela. C’était malhonnête, contraire à tout ce que représente pour moi le journalisme.Un exemple : l’attentat de l’aéroport d’Alger. Il a fait des victimes civiles, il y a eu des corps mutilés, déchirés. J’ai suivi le procès. Le Directeur de cabinet du n° 1 du FIS a reconnu être l’instigateur de cet attentat, il a été condamné à mort. Mais François Gèze considère que cet attentat a été commis par les services secrets algériens. Pour lui, les islamistes sont de vaillants révolutionnaires. Les coupables des actes terroristes ne pouvaient être que les militaires. Relisez « La Sale Guerre ». Rien n’y indique que les islamistes ont tué des civils. Or ce n’est pas ce que j’ai vécu, Moi je voulais dénoncer à la fois les exactions des services de sécurité et les crimes des islamistes. Je me suis opposé à cette aventure propagandiste qui dédouanait les islamistes y compris idéologiquement. Pour le courant représenté par François Gèze, l’islamisme n’existe pas, c’est une création des services secrets algériens. C’est une démarche qui rappelle celle de Thierry Meyssan.D’ailleurs observez la dernière sortie de Gèze. Il affirmait récemment que la récente reprise des attentats en Algérie est le fait des services algériens et des…Américains. C’est pour dire que Gèze – Meyssan : même combat, même objectif. Ils cherchent à tout prix à dédouaner les islamistes.Ceux qui cherchent à me discréditer par la rumeur ont une approche idéologique. Ils ont une haine terrible contre moi en raison de mon engagement contre l’intégrisme musulman. Ils détestent mes enquêtes journalistiques qui mettent la lumière sur le vrai visage de ces fascistes intégristes qu’ils ne cessent de dédouaner. Pour moi, les alliés non-musulmans des islamistes sont les pires de tous, ils sont des alliés objectifs du terrorisme. Et moi je serais un agent des services secrets algériens ! Un agent est par définition secret, discret, il évite de se distinguer. Quand on est agent des services secrets on ne défend pas un général ! Moi je l’ai fait, pour une raison de principe : on voulait utiliser le procès contre ce général Nezzar pour remettre en cause l’arrêt du processus électoral. Alors que pour le courant démocratique auquel j’appartiens, une Algérie dirigée par les islamistes était le plus grave danger. On a demandé que l’armée intervienne. J’ai commencé mon témoignage en disant à l’adresse du général « J’appartiens à une génération qui vous a toujours combattu »J’avais participé, en tant que jeune sympathisant de « l’Avant Garde » socialiste, aux émeutes de 1988 et c’est ce même général qui avait fait tirer sur nous !Mohamed Sifaoui agent du pouvoir algérien ! Ce pouvoir a condamné les caricatures, moi je les ai défendues. Il excuse les attentats commis contre les civils israéliens, moi je les condamne ! Le pouvoir algérien amnistie les islamistes alors que j’appelle à leur condamnation. Il fait la promotion d’un premier ministre islamiste alors que je ne cesse de le fustiger. Agent des services algériens ? Alors que le système algérien récompense ceux qui le servent, je ne peux même mettre les pieds dans mon pays d’origine et rendre visite à ma famille. Agent des services algériens ? Le pouvoir algérien a installé à la tête de l’État un président que je ne cesse de qualifier de salaud alors que tous ceux qui servent ce régime ne cessent de lui faire courbette.Enfin, je vous rappelle que j’ai témoigné, dans le cadre du procès des caricatures contre la mosquée de Paris, elle-même dirigée par ce pouvoir algérien auquel je serais censé appartenir. Je vous laisse trouver l’erreur !{Et maintenant, comment poursuivez-vous votre travail de journaliste ?}Je suis un journaliste engagé mais pas un journaliste malhonnête. Si je n’ai pas de preuves accablantes contre un islamiste je m’abstiens de l’accabler.J’ai de nombreuses interventions et mon blog est très visité mais j’aimerais créer un vrai média alternatif qui parle vrai sur le terrorisme. Pas facile mais il est important de libérer la parole, donc la riposte. {Justement, dans le cadre de la discussion qui a préparé la Conférence Internationale Contre le Terrorisme, vous avez comme nous, défendu la nécessité de nommer l’islamisme.}Oui, le phénomène existe, il faut le nommer. Ce que vous faîtes vous, MPCT, c’est très bien. Pour la Paix, c’est très bien. Contre le terrorisme, c’est très bien, toute personne sensée doit y souscrire. Mais c’est insuffisant. Il faut prendre le phénomène bien en amont, au niveau de l’idéologie islamiste. Certes, le terrorisme islamiste n’est pas le seul mais c’est celui qui présente le plus grand danger.Le terrorisme est toujours condamnable. Son utilisation par des courants politiques pour leur lutte est contraire au droit et à la morale. Le terrorisme basque ou corse est injustifiable et inexcusable. Mais le terrorisme islamiste, lui, a vocation à être un terrorisme de nihilisme, un terrorisme de négation de l’autre. Il n’a rien à voir avec une quelconque revendication. Sa particularité est d’être nourri par l’idéologie islamiste qui est la maladie de l’Islam et dont les premières victimes sont musulmanes. Cela commence au niveau de la menace. Pour effrayer, instaurer un climat de peur, parfois en visant l’ensemble d’une population, parfois en visant des personnes déterminées. Ce que vit Taslima Nasrren, c’est du terrorisme. Devoir regarder toujours derrière soi pour voir si on n’est pas suivi, se savoir traqué(e) …Moi, j’ai dû faire un travail sur moi-même , me fabriquer une carapace avant de me lancer dans la surexposition. Ceux qui parlent du terrorisme comme « arme du pauvre » devraient se demander pourquoi il n’a pas été utilisé par les Africains. {Certains de nos partenaires auraient préféré désigner « l’islamisme radical »} Pourquoi couper les cheveux en quatre ? D’ailleurs la radicalité n’est pas un concept dangereux. Le parti radical n’est pas considéré comme dangereux ! L’islamisme, le salafisme, c’est l’islam politique, l’instrumentalisation politique de l’Islam. Elle transforme la religion en arme de destruction massive. La bataille contre l’islamisme ne se terminera pas par une négociation autour d’une table. Sa fin devra être scellée comme l’a été celle du nazisme. Ceux qui pensent protéger les Musulmans en n’étant pas clairs dans la désignation de l’islamisme se trompent. S’ils se donnent la peine d’écouter parler des victimes musulmanes comme Cherifa Kheddar, ils entendront qu’elles ne mettent pas de gants. Nous, on parle de fascisme ! En d’autres termes, il ne faut pas chercher à comprendre avant de condamner. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas vécu quelques chose soi même qu’il faut hésiter à le condamner. Je ne viens pas en Europe en disant que je vais essayer de comprendre l’extrême droite. Je n’attends pas que le nazisme me touche moi pour le condamner. J’ai d’abord un point de vue d’être humain. C’est cela l’universalité. Considérer que les Musulmans ou les Arabes ne sont pas aptes à accéder à la modernité et que l’islamisme peut-être bon pour eux c’est une forme de racisme.{Cette année pas mal d’organisations se sont associées le 11 septembre à l’appel au rassemblement en hommage à toutes les victimes du terrorisme. Pensez-vous qu’il y ait un début de prise de conscience des enjeux ?}Peut-être. C’et aussi la première fois que le Parti Socialiste m’invite à donner une conférence lors de son université d’été. Mais il reste encore beaucoup de pédagogie à faire ! Et il y a des erreurs à éviter. Il ne faut pas utiliser des démarches contraires aux valeurs que nous sommes censés défendre. {Qu’attendez-vous de « l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme » que nous avons décidé de constituer avec nos partenaires de la Conférence du 11 septembre ?}C’est important de donner naissance à quelque chose de solide.Je pense que pour être efficace, il faut effectivement créer un réseau international de la société civile pour combattre le terrorisme islamiste qui, lui, est international. Un réseau de veille, de dénonciation, de condamnation, de barrage intellectuel. Non pour traquer les terroristes, ce n’est pas notre rôle, mais pour traquer les idées qui aident à sa propagation : la justification, la légitimation, l’illusion que l’islamisme serait un projet à même de rétablir la justice dans un monde devenu très inégalitaire. C’est très important de constituer cette avant-garde de la société civile pour interpeller les pouvoir publics face à certains laxismes. Nous devons en faire un sujet d’actualité en permanence et apporter la contradiction aux idéologues du terrorisme. Il faut redoubler d’efforts. Ce n’est pas facile d’essayer de concurrencer des gens qui font parler d’eux quand ils tuent et menacent. Il faudra organiser des manifestations, des rassemblements, des colloques, des débats pour sensibiliser le médias et les élites avec clarté et pédagogie. C’est la vocation du Bureau International d’une telle Alliance. Même si je reste un électron libre, je suis partie prenante de ce combat. 1 Directeur des éditions La Découverte. Il a témoigné au procès de Rachid Ramda, cité par la défense. (NDLR)Propos recueillis par Huguette Chomski Magnis
A voir : Fabrication d’un “martyr”
{{Sortie aux États-Unis de “The making of a martyr” (Fabrication d’un martyr), un documentaire réalisé par Brooke Goldstein, avocate et Directrice de l’Institut des Droits de l’Enfant}}.Le sujet : l’embrigadement des enfants palestiniens au service de l’enseignement de la haine et du culte du “martyre”. Le film se penche sur le cas d’ Hussam Abdu, un jeune Palestinien de 15 ans, très petit pour son âge, qui fut recruté par les “Brigades des Martyrs Al Aqsa”, (liées au Fatah) pour une “mission” criminelle suicidaire en Israël. Bardé d’explosifs qu’il renonça heureusement à actionner, il fut arrêté à un checkpoint et purge une peine de 8 ans dans une prison israélienne pour tentative de meurtre.Brooke Goldstein, considérant que Hussam est une victime innocente au même titre que les civils qu’il devait faire exploser, affirme qu’il ne mérite pas de passer sa jeunesse en prison.Elle veut que ceux qui décident d’envoyer des mineurs à la mort soient poursuivis en justice par des avocats au nom de ces enfants. Et que les télévisions satellitaires qui diffusent les émissions enfantines de l’Autorité Palestinienne et du Hamas, glorifiant le “martyre” rendent des comptes devant la justice.Une affaire strictement israélo-palestinienne ? Pas vraiment : en Algérie, c’est un garçon de 15 ans, Nabil, qui fut recruté par “Al Qaida au Maghreb” pour commettre l’attentat “suicide” contre la caserne de Dellys en septembre dernier. Chez la mère de Nabil, pas de monstrueuse fierté d’avoir un fils “martyr”. Seulement un chagrin immense et la colère contre les islamistes : ” Ils tuent nos enfants !” C’est elle qui dit vrai.{{Victoria Wilson © mpctasso.org}}
A lire :
« Un risque de récidive terroriste par rapport à 1995 ». Avant la fusion de leurs deux services en 2008, les directeurs des RG et de la DST font le point pour « Libération » sur les menaces que la mouvance Al-Qaeda fait peser sur la France.8 octobre 2007 – Entretien exclusif. Par Patricia Tourancheau | LibérationInterviewés pour la première fois ensemble, à l’initiative de Libération, les patrons de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Bernard Squarcini, et des Renseignements généraux (RG), Joël Bouchité, mettent fin aux rivalités entre ces deux services de police pour soutenir la « fusion », dans une même direction, du renseignement intérieur, afin de contrer le terrorisme islamiste de plus en plus menaçant.LireLire l’article sur : http://www.liberation.fr
Birmanie : Nouvelle manifestation
Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorismeappelle à nouveau à manifester contre la répression par la dictature birmane des manifestations pacifiques de Rangoon, pour la défense des droits et des libertés démocratiques, d’expression, de presse et de réunion, du peuple birman et se joint à la manifestation organisée devant l’ambassade de Chine, pays qui protège la junte militaire birmane.{{MANIFESTATION CE SAMEDI 6 OCTOBRE à 15 h.DEVANT L’AMBASSADE DE CHINE}} Angle de la rue Boccador et de l’avenue Georges V 75008 ParisMÉTRO : Georges V ou Alma Marceau.L’appel est lancé par de nombreuses organisations : “La Communauté birmane de France, les Amis de la Terre, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), France Tibet, Info Birmanie, la Ligue communiste révolutionnaire, le Modem, le Parti Socialiste français, Reporters sans frontières et les Verts appellent à manifester et demandent à la Chine de cesser d’octroyer un soutien politique, financier et militaire à la junte …”
“Pour que la voix de Malki puisse être entendue par ceux qui ont à cœur de stopper les terroristes “, le message d’Arnold Roth à la Conférence de Paris
{{{Malki Chana Roth avait de longs cheveux, des yeux en amande pétillants d’intelligence, la fraîcheur de ses quinze ans et un beau sourire généreux. Proche de sa petite soeur lourdement handicapée, Malki s’était, toute jeune, engagée dans l’accompagnement des enfants handicapés. C’était aussi une musicienne brillante. Le 9 août 2001 , elle était allée déguster une pizza avec sa meilleure amie. Elles moururent ensemble, en même temps qu’une petite franco-israélienne de 9 ans, et douze autres personnes dans l’attentat “suicide” de la pizzeria Sbarro à Jerusalem, qui annonçait déjà le 11 septembre par sa barbarie .}}} Pour perpétuer son souvenir et son engagement, les parents de Malki, Arnold et Frimet Roth ont créé “Keren (fondation en hébreu) Malki” – association qui vient en aide aux enfants handicapés.Ils témoignent sans haine, en Israël et dans le monde entier, pour les victimes du terrorisme et militent pour la condamnation du terrorisme. Arnold Roth a participé , au nom de la Fondation Malki à la Conférence Internationale Contre le Terrorisme le 11 septembre 2007 à Paris . Voici le texte de son intervention dans son intégralité, d’abord dans la version traduite en français , et ensuite dans sa version originale en anglais .(A. H.) {{{Connaître l’ennemi :Observations à l’occasion du 6ème anniversaire du 11 septembre}}} Au début de l’été, ma femme et moi fûmes abasourdis par une photo d’une jeune femme qui nous fixait sur le site Web du New York Times. Il y avait aussi un article — critique d’un film sur les terroristes Arabes palestiniens qui sont dans les prisons Israéliennes. Il était illustré par la photo séduisante d’une jeune femme d’une beauté singulièrement attirante, vêtue avec goût et au sourire doux et charmant. C’est une jeune femme de 27 ans au doux visage. Elle se trouve dans l’image car c’est l’initiatrice d’un massacre dans lequel un homme avec un étui à guitare sur le dos a pénétré dans un restaurant au centre de la capitale de mon pays et s’est fait exploser. Cet étui, qu’elle avait acquis pour lui, n’était pas pour faire de la musique mais pour donner la mort. Il était plein d’explosifs. Le jeune s’en est allé retrouver ses 72 vierges plus heureux qu’en aucun autre moment de sa vie. Et la jeune femme qui avait 21 ans, a quitté la scène du massacre dans lequel 15 personnes sont mortes, surtout des enfants et des bébés et s’est précipitée à son travail de présentatrice du journal de la télévision palestinienne. Là, calmement, elle a fait le compte-rendu du carnage et de la destruction à Jérusalem sans mentionner son rôle.Elle est l’assassin de ma fille. Aujourd’hui, elle purge de multiples condamnations à vie en prison, et comme le signifie clairement l’article elle a confiance en une libération rapide comme partie d’un marché entre l’autorité palestinienne et le gouvernement d’Israël. Elle a peut-être bien raison.Ma femme et moi avons trouvé l’image, le sourire et cette séduction insupportable. Nous avons tenté d’expliquer nos sentiments au New York Times et à la compagnie qui produisait le film mais ils n’ont pas été très intéressés. Nous avons écrit des lettres à nos amis et des articles sur des blogs. Nous disions qu’il est impossible de voir son visage et de comprendre que c’est un monstre, mais c’est un fait. Le visage de ma fille — le visage d’une très belle jeune fille de 15 ans à l’âme pleine de musique, qui jouait de la flûte classique dans l’orchestre des jeunes de Jérusalem et qui composait des chansons, qui passait tout son temps libre à entraîner les jeunes filles des voisinages défavorisés, qui était volontaire pour aider les enfants ayant de sérieux handicaps — le visage de ma fille, lui, n’est pas apparu sur le New York Times.{{ {Quand on transforme les victimes en statistiques} }} Il est quelque chose que j’aimerais bien que les éditeurs du New York Times comprennent c’est que lorsque l’on humanise les terroristes ont provoque une réaction en chaîne qui conduit au doute, à l’ambivalence sur des sujets qui demandent une très grande détermination. De plus on transforme les victimes en statistiques. On les déshumanise et on marginalise leurs familles et leur société.La lutte pour inverser les succès mondiaux de la terreur inclut bien des facteurs. Les défis sont complexes. Ils ont un grand nombre de composantes politiques, sociologiques, économiques et culturelles. La chose est encore plus difficile lorsque l’on fait cas de la confusion qui existe chez nos voisins et leurs chefs sur les éléments de base du problème. Des questions qui méritent des réponses simples — comme qui sont les terroristes et que peut-on faire pour les stopper — demeurent sans réponse. On en débat dans les centres commerciaux et les écoles dans les parlements, à la télévision et aux Nations Unies. Bien que ce débat soit littéralement une question de vie ou de mort, il reste des désaccords substantiels sur les objectifs et la méthodologie.{ {{Répondre aux failles de la communauté internationale}} } Le manifeste proposé à cette conférence dit que la condamnation du terrorisme doit être « absolue, universelle et inconditionnelle », quelque soit la justesse de la cause, quelque soit l’importance de la provocation.Nous pouvons admettre volontiers que ceux qui manipulent, promeuvent et organisent des actes de terrorisme doivent être condamnés. Leurs paroles et leurs actes ne méritent aucune place dans la société des nations civilisées, cultivées et libres.Cependant il est nécessaire, lors de rassemblements comme celui-ci, de gens en colère, épouvantés et profondément inquiets devant les failles de la communauté internationale, d’appeler à des avancées qui répondent de façon adéquate et effective au terrorisme. Certains d’entre nous sommes ici parce que nous avons subi l’expérience du terrorisme dans notre chair. Les vies de nos familles ont été profondément affectées par les terroristes et leurs supporters. Nous sommes motivés pour l’action. Mais nous nous trouvons non seulement impuissants mais en grande partie sans voix. Ces trois dernières années, j’ai personnellement pris part à différents meetings consacrés à la terreur et à ses victimes. J’ai appris à apprécier les éléments qui connectent les victimes de la terreur les uns aux autres. Il est frappant de voir combien les différences entre nous sont nombreuses, y compris des éléments tels que le langage la religion et la façon de voir. Et pourtant nous avons beaucoup en commun – et ,plus frappant encore, un sens profond de l’ injustice et de la frustration.J’ai aussi rencontré des officiels de plusieurs gouvernements ainsi que des organismes publics afin de leur parler de ce que les victimes de la terreur ont appris. Il y a bien des choses que nous voudrions que nos chefs entendent de nous et qu’ils en tirent un enseignement pour le bénéfice des communautés dans lesquelles nous vivons. Nos vies personnelles ont été profondément blessées par ces praticiens de la terreur. Notre proximité avec ces sujets nous en permet une connaissance (pénétration) que l’on doit faire entendre et sur laquelle agir.{ {{La réponse des “officiels”}} } Il y a quelques mois j’étais assis dans une petite pièce, fermée, avec un homme qui a un titre professionnel inhabituellement long et sérieux. En français on l’appelle « Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste ». En anglais: “Special rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism”.Il y a quelques mois, il est venu à Jérusalem où je demeure. Je me suis informé sur le titre qui est sur sa carte professionnelle puisque — comme je le lui ai dit franchement — il m’a paru si étrange. Il m’a répondu que la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies avait créé cette situation de haut niveau en 2005 et qu’il l’a tenu depuis. Cet emploi est prévu pour une durée de trois ans, ce qui signifie qu’il en a déjà accompli les deux tiers.Il m’a déclaré que ces derniers temps il s’occupait surtout de la première partie de son rôle : la promotion et la protection des droits humains et des libertés fondamentales. La seconde partie, contrer le terrorisme n’est pas présentement son objectif. Ce n’est pas vraiment surprenant étant donné que les Nations Unies n’ont pas été capables jusqu’à présent d’arriver à un accord sur une définition du terrorisme après avoir essayé pendant des années. Malheureusement, le même groupe de membres des Nations Unies, année après année, bloque toute tentative d’une définition agréée.Pourquoi ma rencontre avec cet officiel m’a – t’elle tellement dérangé ? Il est agréable et intelligent. Il a accès à des ressources, à du personnel, à un budget de voyages. Il peut rendre publiques ses découvertes et parler avec les chefs des pays de tous les continents. Sa situation est une position de grande influence potentielle. Cependant il a un titre qui résonne comme une résolution des Nations Unies — fruit du travail de quelque comité et probablement décision d’un quelconque compromis. C’est triste et inquiétant parce que cela signifie que la solution s’éloigne au lieu de s’approcher.{ {{Ce que nous devrions défendre}} } Quand des mesures de contre-terrorisme seront mises en place par des organisations internationales, nous qui sommes tellement concernés devrons défendre plusieurs éléments :-Qu’elles ne deviennent pas un moyen de collecter des rapports ou des études de « bonnes pratiques ». Il y a un besoin urgent d’action concrète .-Les blocs fondamentaux, tels une définition du terrorisme, ne doivent pas être édulcorés par une recherche de consensus. Ceci est est surtout vrai dans la lutte pour développer une convention compréhensible et globale contre le terrorisme.-Des avancées intelligentes et déterminées doivent être adoptées pour que les processus démocratiques, qui sont fondamentaux à nos vies ne soient pas et ne puissent pas être détournés par les terroristes et leurs avocats rusés. Aujourd’hui ils utilisent la démocratie pour attaquer nos sociétés de l’intérieur. Ils se jouent de notre dévotion aux droits humains afin de protéger leurs actions inhumaines. Il est impératif de que nous trouvions des moyens de rendre sûrs nos principes démocratiques essentiels et de protéger nos vies et celles de nos enfants.{ {{Les dilemmes qu’on nous envoie ne sont pas simples}} } Rien de ceci n’est facile. Le terrorisme nous envoie des dilemmes et des défis qui ne sont pas simples. Lorsque l’on réfléchit à ce qui doit être fait, on peut aussi tirer des leçons d’autres situations. Je désire en livrer une aujourd’hui.Il y a une étude célèbre dans laquelle il fallait persuader les étudiants de l’université de Yale aux États-Unis de se rendre volontaires pour une vaccination antitétanique. Un psychologue, Howard Leventhal, divisa les étudiants en deux groupes. Une brochure fut remise aux deux groupes, elle expliquait combien le tétanos est dangereux pour leur santé et leur notifiait la possibilité d’une vaccination gratuite dans une clinique proche.La brochure se présenta alors de deux façons différentes. Une version présenta la vaccination en utilisant le langage de la grande frayeur. Elle montrait des images effrayantes d’un enfant atteint du tétanos, des photographies de victimes du tétanos à l’hôpital, de leurs plaies et de tubes qui sortaient de leurs nez. Une seconde version contenait les mêmes faits mais utilisait un langage scientifique et médical sans émotion. Elle laissait de côté les images et utilisait des mots moins durs.L’étude montra l’efficacité des deux brochures dans la présentation des faits et l’explication du danger. Mais les étudiants qui reçurent la version “Grande frayeur” avaient une compréhension nettement plus claire. Ils étaient davantage convaincus qu’il était nécessaire d’aller se faire vacciner. On peut comprendre ce procédé. Il est raisonnable.Les chercheurs poussèrent plus loin et s’enquirent de savoir combien d’étudiants avaient agi – en d’autres termes , combien de membres des deux groupes étaient réellement allés à la clinique pour se faire vacciner. Et c’est là qu’on constate quelque chose d’intéressant. Dans les 30 jours qui ont suivi la remise des brochures et la campagne de promotion de la vaccination, les étudiants les plus convaincus qui avait été exposés à l’explication dite “grande frayeur” s’étaient rendus à la clinique et avait été vaccinés dans exactement le même pourcentage que ceux à qui l’on avait montré la version basse frayeur. Ce pourcentage avoisinait zéro à 3 % pour être précis.Le langage de la brochure et son ton étaient inadéquats. Le message n’était tout simplement pas passé.Si nous avions été là pour suivre cette étude, bon nombre d’entre nous aurait pensé que la brochure était inutile. Nous aurions compris que l’urgence pour convaincre les étudiants d’agir pour se protéger devait s’exprimer d’une façon différente. Mais l’important de cette étude est ce qui est arrivé ensuite.Les chercheurs créèrent une nouvelle version des brochures. La nouvelle version avait le même contenu mais ajoutait des informations supplémentaires. Elle incluait une carte du campus avec un cercle autour du centre médical. Elle incluait les horaires auxquels les étudiants pouvaient se rendre pour se faire vacciner. C’était un petit et subtil changement qui n’expliquait pas et ne persuadait pas . Ce n’était pas nécessaire car chacun connaît les dangers d’une maladie sérieuse et personne n’en veut. L’information n’était pas vraiment pratique puisque la plupart des étudiants savaient où se trouvait le centre médical , même sans la carte.Voici ce qui se passa. Les étudiants qui reçurent cette version plus orientée vers l’action de la brochure, répondirent en se faisant vacciner au taux de 28 %. C’était neuf fois plus important parce qu’elle permettait aux étudiants de comprendre comment intégrer cette information dans leur vie ; cela ne faisait aucune différence de savoir si le langage était de ” basse frayeur” ou de “grande frayeur”. Les dangers passèrent de l’abstraction et de l’impersonnalité au pratique et au mémorisable. C’est ce qui s’est passé.{ {{Prendre des mesures pour nous protéger}} } Que le terrorisme soit dangereux pour nous et nos sociétés est une chose que tout le monde sait. Mais tout le monde ne semble pas comprendre que nous pouvons prendre des mesures pour nous protéger. Et il savent encore moins qu’il peuvent aider dans ce processus par leurs propres actions. L’écrivain américain Malcom Gladwell décrit cette expérience de Yale dans un livre récent et remarque que les étudiants étaient intelligents et relativement bien informés. Mais ils n’ont agi que lorsque le message a été personnalisé et orienté vers l’action, même s’ils n’avaient pas vraiment besoin de cette information. Il a écrit :« Il y a un moyen très simple de faire passer l’information qui, si les circonstances sont correctes, peut la rendre irrésistible. Tout ce que vous avez à faire, c’est de le trouver. » { {{Comprendre la cruauté de l’ennemi}} } Il est clair pour moi que l’on ne raisonne pas avec le terrorisme. On n’engage pas le dialogue avec ses praticiens pour la même raison qu’il n’y a pas de dialogue avec le tétanos ou avec le cancer. On identifie les pas qu’il faut faire pour les stopper, pour les empêcher de détruire le corps, et on calcule intelligemment pour savoir comment atteindre le but stratégique avec le moins possible de dommages. L’organisme que nous défendons est en bonne santé. Nous ne désirons pas compromettre ses bonnes parties. Mais si on n’attaque pas et n’enlevons pas les parties malades, la pathologie, alors on court le risque de perdre tout. Pour réussir, il faut comprendre la dimension du danger, la cruauté de l’ennemi, et le prix de la défaite. On sait qu’il y aura des dommages, même si nous ne le voulons pas. Ceci est vrai dans mon pays, dans votre pays et dans tous les pays. { {{Pourquoi et comment agit la Fondation Malki}} } Aujourd’hui, nous sommes le 11 septembre ,soit le sixième anniversaire du jour où ma famille et moi avons créé la Fondation Malki en mémoire de notre fille. Le document légal qui certifie son enregistrement a été enregistré le matin de ce jour en 2001, quelques heures avant l’attaque jihadiste aux États-Unis. Aujourd’hui, au nom de Malki, nous recueillons de l’argent de donneurs du monde entier afin apporter une aide concrète aux familles de mon pays qui ont un enfant avec des besoins particuliers. Il y a des milliers de familles dans ce cas en Israël et la fondation Malki les aide parce que nous sommes déterminés à contrer la haine et la cruauté de ceux qui ont le culte de la mort, par des actions constructives qui affirment la vie.Un tiers des familles que nous aidons est musulman ou arabe chrétien. Ceci est un facteur qui surprend surtout les gens qui ne vivent pas dans notre pays. La plupart des Israéliens ont appris qu’une société ouverte et démocratique peut et doit trouver des moyens de combattre la noirceur de ses praticiens de la terreur tout en protégeant et en défendant son âme. C’est un combat à la vie et à la mort.Le nom de ma femme est Frimet. Elle est aujourd’hui à la maison à Jérusalem, à s’occuper de notre plus jeune enfant qui soufre de cécité et d’importants problèmes de développement. Frimet a écrit un article qu’elle publiera aujourd’hui en connexion avec les leçons du 11 septembre . Elle l’a appelé « les Dangers de l’Amnésie Historique ». Elle y écrit comment les sociétés, peut-être pour faire face au profond traumatisme, ont effacé le souvenir du terrorisme de leur conscience collective. C’est un phénomène qui semble affecter ceux qui n’ont pas eux-mêmes ,personnellement, ou à travers ceux qu’ils aiment, été affectés. La mémoire est beaucoup plus puissante lorsqu’il y a personnalisation.Je lui ai dit que j’en ferai mention dans mon discours devant vous aujourd’hui, afin que sa voix aussi puisse être entendue par ceux qui ont à cœur la nécessité de stopper les terroristes.Merci.{{Arnold RothFondation Malki – Jerusalem}}{Nos vifs remerciements à D.L (et à Monique) pour leur traduction .} ———————————————————–{{{To Know The Enemy: Observations on the Sixth Anniversary of 9/11}}}Earlier this summer, my wife and I were stunned to see a photograph of a young woman staring at us from the website of the New York Times. There was an article – a review of a film about Palestinian Arab terrorists who are in Israeli jails. It was illustrated by a glamorous picture of an unusually attractive young woman, nicely dressed and with a gentle, lovely smile. She is a sweet-faced woman of 27. She is in the picture because she was the engineer of a massacre in which a man with a guitar case on his back walked into a restaurant in the center of the capital city of my country and exploded. His guitar case, which she acquired for him, was not for music but for death. It was filled with explosives. The young man went to his 72 virgins happier than at any other moment in his life. And the young woman, who was 21 years old, went from the scene of the massacre in which fifteen people died, mostly children and babies, and rushed back to her job as a news reader for Palestinian television. There, she calmly reported on the carnage and destruction in Jerusalem without mentioning her role. She is the murderer of my daughter. She is today serving multiple life-sentences in jail and, as the article makes clear, she is confident she will be released soon as part of a deal between the Palestinian Authority and the government of Israel. She may be right.My wife and I found the picture, the smile, the glamour to be unbearable. We tried to explain our feelings to the New York Times and to the company which produced the film but they were not very interested. We wrote letters to our friends and articles in blogs. We said that it is not possible to see her face and then understand that she is a monster, but she is. My daughter’s face – the face of a beautiful girl of fifteen with music in her soul, who played classical flute in the Jerusalem Youth Orchestra and composed songs, who devoted all her free time to being a youth leader for girls in disadvantaged neighbourhoods, who volunteered as a helper for children with serious disabilities – the face of my daughter was not shown in the New York Times.Something I wish the editors of the New York Times would understand is that when you humanize the terrorists, you cause a chain reaction which leads to doubt and ambivalence about matters that require great determination. In addition, you turn the victims into statistics. You dehumanize them and you marginalize their families and their society.The struggle to reverse the global successes of terror involves many factors. The challenges are complex. They have a large number of political, sociological, economic and cultural components. This matter is even more difficult when we take account of the confusion existing among our neighbours and leaders on the very basic elements of the problem. Questions which deserve simple answers – like who are the terrorists and what is to be done to stop them – remain unanswered. They are debated in our shopping centers and schools, in parliaments, on television and at the United Nations. Although this debate is literally a matter of life and death, there remains very substantial disagreement about the objectives and the methodology.The draft manifesto of this conference says that the condemnation of terrorism must be “absolute, universal and unconditional”, no matter how just the cause, no matter how severe the provocation. We can readily agree that those who mastermind, perpetrate and promote acts of terrorism have to be condemned. Their voices and their actions deserve no place in the society of civilized, cultured and free nations.Yet it is necessary for gatherings like this one, of people who are angry, appalled and deeply worried about the failures of the international community, to call for steps that deal adequately and effectively with terrorism. Some of us are here because we have experienced terrorism in our flesh. The lives of our families have become profoundly affected by the terrorists and their supporters. We are motivated to act. But we find ourselves not only powerless but, to a very great extent, voiceless.In the last three years, I have personally taken part in several meetings related to terror and its victims. I have learned to appreciate the elements which connect victims of terror to each other. It is striking to see how the differences among us are many, including such matters as language, religion and outlook. And yet we have much in common – most strikingly, a deep sense of injustice and frustration. I have also met with officials from various governments and public bodies to talk about the things which terror victims have learned. There are many matters that we wish our leaders would hear from us and learn from them for the benefit of the communities in which we live. Our own lives have been profoundly hurt by the practitioners of terror. Our closeness to these issues gives us insights that need to be heard and acted upon. I sat some months ago in a small, closed room with a man who has an unusually long and serious job title. In French, he is called “Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste. In English: Special rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism. Some months ago, he came to Jerusalem where I live. I asked him about the title on his business card, because – as I told him in a frank way – it seemed so odd to me. He told me the Commission on Human Rights of the United Nations had created his job in 2005 and he has held the top role since then. His position is intended to have a life of three years, which means he has been doing this job for more than two-thirds of the life-span allocated to it.He told me he is mainly busy these days with the first part of his role: the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms. The second part, countering terrorism, is not yet his focus. This is not entirely surprising, given that the United Nations has so far been unable to come up with an agreed definition of terrorism after many years of trying. Unfortunately the same group of member countries of the United Nations, year after year, keeps blocking every attempt at an agreed definition.Why was my meeting with this public official so upsetting to me? He is pleasant and intelligent. He has access to resources, to a staff, to a traveling budget. He can publicize his findings and speak with leaders of countries from every continent. His is a position of potentially great influence. Yet he has a job title which sounds like a United Nations resolution – the fruit of some committee’s work, and probably a compromise decision of some kind. This is sad and worrying because it means a solution is further away and not closer.When counter-terrorism measures are put in place by international organizations, we who are so concerned, must advocate for several outcomes.• They must not turn into a process for collecting reports or for studying “best practices”. There is an urgent need for practical action.• Fundamental building blocks, like a definition of terrorism, must not be permitted to be watered down in a search for consensus. This is especially true in the struggle to develop a comprehensive global convention against terrorism.• Intelligent and determined steps have to be adopted so that the democratic processes which are fundamental to our lives are not, and cannot be, abused by terrorists and their sophisticated advocates. Today they use democracy to attack our societies from inside. They abuse our devotion to human rights in order to protect their inhuman actions. It is imperative that we find ways to safeguard our core democratic principles and protect our lives and those of our children. None of this is easy. Terrorism throws dilemmas and challenges at us which are not simple. In thinking about what needs to be done, we can consider lessons that have been learned from other situations. I want to offer one today.There is a famous study in which students at Yale University in the United States had to be persuaded to volunteer for a tetanus inoculation. A social psychologist divided the students into two groups. Both groups were given a booklet which explained how dangerous tetanus is to their health, and notified them of the possibility of free inoculation at a nearby clinic. The booklet came in two different forms. One version presented the case for inoculation by using the language of high fear. It showed frightening pictures of a child having a tetanus seizure, photographs of tetanus victims in hospital with surgical wounds and with tubes coming out of their noses. A second version contained the same facts but used scientific and medical language without emotion. It left out the pictures and used milder words. The research showed that both booklets were effective in conveying the facts and explaining the danger. But the students who were given the high fear version had a clearly deeper understanding. They were more convinced that they should go and get the injection. We can understand this process – it makes sense.But the researchers went further and investigated how many of the students took action – in other words, how many members of the two groups actually turned up at the clinic to get inoculated. And here we see something interesting. Within thirty days of receiving the booklets and being exposed to the education campaign promoting inoculation, the more deeply convinced students who had been exposed to the high fear explanation went to the clinic and got the injection in exactly the same percentage as those who were shown the low fear version. That percentage was close to zero – 3% to be precise. The language of the booklet and its tone was irrelevant. The message simply did not get through. If we had been there to watch this study, most of us would think that the booklet was not effective. We would have understood that the urgent need to convince students to take active steps to protect their health needed to be expressed in a different way. But the point of this study is in what happened next. The researchers created a new version of the booklets. The new version had the same content but had some additional information. It included a map of the campus with a circle around the health building. It listed the times when a student could go there and get the injection. This is a subtle and small change which did not persuade or explain. Those were not needed because almost everyone knows the dangers of serious illness, and no one wants it. The information was probably not very practical since most students knew where to find the health center even without the map. Here is what happened. The students who got this action-oriented version of the booklet responded by going and getting the inoculation at a rate of 28 percent. It was nine times more effective because it helped the students understand how to fit the information into their lives, and it made no difference whether the language was low fear or high fear. The dangers went from being abstract and impersonal to being practical and memorable. That was what it took.That terrorism is dangerous to us and our societies is known to everyone. But not everyone seems to understand that we can take measures to protect ourselves. Even fewer know that they can help this process by their own actions. The American writer Malcolm Gladwell describes this Yale experiment in a recent book, and points out that the students were intelligent and relatively well informed. But they acted only when the message was personalized and action-oriented, even if they did not actually need the information. He wrote:“There is a simple way to package information that, under the right circumstances, can make it irresistible. All you have to do is find it.”It is clear to me that you do not reason with terrorism. You do not engage in dialogue with its practitioners for the same reason that you do not have a dialogue with tetanus or with cancer. You identify the steps that have to be taken to stop them, to prevent them from destroying the body, and you make intelligent calculations about how to achieve your strategic goal with the smallest possible damage. The organism which is being defended is healthy. We do not wish to compromise its good aspects. But if we do not attack and remove the sickness, the pathology, then we run the risk that we will lose everything. To succeed, we must understand the size of the danger, the viciousness of the enemy, and the price of defeat. We must also know there will be some damage, even if we do not want it. This is true in my country, in your country and in every country.Today, 9/11, is the sixth anniversary of the day on which my family and I created the Malki Foundation in our daughter’s memory. The legal document which certifies its registration was issued on the morning of that day in 2001, some hours before the jihadist attacks in the United States. Today, in Malki’s name, we raise money from donors all over the world in order to give practical help to families in my country who have a child with special needs. There are thousands of such families in Israel and the Malki Foundation supports them because we are determined to counter the hatred and viciousness of the death-cultists through constructive and life-affirming actions. One third of the families who get this support are Moslem and Christian Arabs. This is a factor which is surprising mainly to people who do not live in my country. Most Israelis have learned that an open and democratic society can and must find ways to fight the darkness of the practitioners of terror while protecting and defending its own soul. It is a life-and-death fight. My wife’s name is Frimet. She is at home today in Jerusalem, caring for our youngest child who suffers from blindness and severe developmental problems. Frimet wrote an article which she will publish today in connection with the lessons of 9/11. She calls it “The Dangers of Historical Amnesia”. In it, she writes how societies, perhaps as a way of coping with deep trauma, have wiped the recollection of terrorism from their collective consciousness. This is a phenomenon that seems to affect people who were not themselves, personally, or via their loved ones, affected. Memory is much more powerful when it is personalized.I told her that I will mention this in my speech to you today so that her voice, too, can be heard among those who care deeply about the imperative of stopping the terrorists. Thank you.{{Arnold Roth The Malki Foundation – Jerusalem}}-arnold.roth@kerenmalki.org PO Box 23637 Jerusalem 91236 srael. Phone +972-2-586-4323-www.kerenmalki.org PO Box 2151 Jerusalem 91023 Israel. Phone +972-2-567-0602

