Tribune : Kadhafi bientôt en visite officielle en France ?

{{{La plus sûre façon d’aider un pays à rompre avec son passé terroriste n’est-elle pas d’assurer que les décisions de justice s’appliquent pour mettre un terme à l’impunité des terroristes ?}}}{{ {Une réaction d’Huguette Chomki Magnis à la visite annoncée de Kadhafi en France } }} Selon la presse, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi effectuerait une visite officielle en France début décembre. Dans le sillage de la libération des infirmières bulgares et du voyage du Président Sarkozy en Libye en juillet dernier, dans un contexte de tractations économico-politiques et de normalisation avec un dirigeant qui serait devenu fréquentable, l’annonce ne surprend guère. Pourtant, le régime libyen est connu pour les violations de droits humains commis envers ses citoyens comme envers les migrants africains et pour son interventionnisme dans les affaires des pays voisins. Un brin prosélyte, le Colonel Kadhafi déclarait encore sans ambages en 2006 : « Tous les peuples doivent être musulmans. » (1) Enfin et surtout, on ne peut occulter la responsabilité avérée du régime libyen dans le terrorisme sanglant des années 80.Mais les temps changent… et la Libye a été supplantée par d’autres pays comme pourvoyeur du terrorisme.Kadhafi est dénoncé comme traître par les terroristes islamistes d’Al Qaida auquel un mouvement islamiste libyen se serait rallié.(2) Oui, les temps changent. Au point que la présence de la Libye au Conseil de Sécurité de l’ONU est envisagée et qu’inviter Kadhafi semble presque normal ! La real politik y trouve peut-être son compte. Et après tout des personnages aussi troubles que Kadhafi ont bien été reçus en France dans le passé. On nous invite donc à tourner la page et à tendre la main à la Libye. Soit. On nous dit qu’il faut aider ce pays à rompre avec son passé terroriste. Soit. Mais il reste un fait intangible : la décision rendue le 10 mars 1999 par la Cour d’assises de Paris spécialement composée. Elle a condamné par contumace six ressortissants libyens à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’attentat du DC 10 d’UTA commis le 19 septembre 1989. Cinq des six condamnés sont membres des services secrets libyens. Parmi eux le beau-frère du colonel Kadhafi, responsable de ces services secrets. La peine n’a jamais été exécutée, les Libyens condamnés n’ayant pas été extradés.Les familles des victimes du DC 10 ont droit à la justice.Aussi, il semble conforme à l’éthique et au droit de demander au Colonel Kadhafi l’extradition des six condamnés. La plus sûre façon d’aider un pays à rompre avec son passé terroriste n’est-elle pas d’assurer que les décisions de justice s’appliquent pour mettre un terme à l’impunité des terroristes ? {{Huguette Chomski Magnis © mpctasso.org}} (1) Discours du 10 avril 2006 prononcé à Tombouctou au Mali, diffusé par Al-Jazeera. (2) Dans un message, non encore authentifié, Al Zawahiri vient d’appeler à renverser Kadhafi, qualifié, comme les autres chefs d’état du Maghreb et Mahmoud Abbas,d’ {esclave des ennemis} auxquels il aurait vendu son peuple

Pour Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen

{{Lettre ouverte au Président de la République Française}}« Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés. » Nicolas Sarkozy. Monsieur le Président de la République Française, c’est le moment où jamais !Deux femmes sont aujourd’hui en danger de mort ; Deux femmes qui symbolisent la lutte contre le totalitarisme ; Deux femmes qui se sont dressées contre l’intégrisme ; Deux femmes qui mettent en garde l’Occident contre les périls qui le menacent et qu’il n’ose pas affronter. Chacune de ces deux femmes, Ayaan Hirsi Ali et Taslima Nasreen, d’origine musulmane, athées et laïques engagées, condamnées à mort, ont cru trouver refuge dans des pays démocratiques. Or, la Hollande d’Ayaan et l’Inde de Taslima refusent d’assurer désormais leur sécurité. Ne pensez-vous pas, Monsieur le Président, que la France se doit d’accueillir ces deux femmes d’exception et de les élire citoyennes d’honneur de notre République ? Ne devrions-nous pas, nous, enfants de la Déclaration des Droits de l’Homme, protéger ces deux femmes persécutées et menacées, et les placer sous la protection du drapeau de la France, ou de l’Europe, elles qui sont le symbole du vrai nouveau combat pour la liberté et la résistance au fanatisme. Nous vous demandons de financer leur sécurité et de les assister civilement, elles que leurs démocraties respectives ont abandonnées. Nous ne doutons pas que vous entendrez notre appel. Nous ne doutons pas non plus que vous saurez joindre l’acte à la parole, et que les mots que vous avez prononcés le 6 avril 2007 , vous et nous engagent à protéger par tous les moyens ces deux héroïnes de nos combats d’aujourd’hui. {{Signatures à adresser à citoyenne@wanadoo.fr }} PREMIERS SIGNATAIRES : Sophie ChauveauBertrand LebeauAnne Zelinski Robert Redeker Michèle Tribalat Claire Brière Lorraine Tournyol du Clos Betty Koeppel, psychanalysteAlain Vincenot, journaliste écrivain Michel Louis Lévy Dr Michel A. Calvo Evelyne Tschirhart André Grjebine, directeur de recherche à Sciences PoGilbert Corniglion Bernice Dubois Anne-Elisabeth Moutet Jeanne Assouly Francis P. BlakeJérôme Lévy (journaliste BFMTV). Malka Marcovich Sylvain GouguenheimDenis GreinerHuguette Chomski Magnis….{{Signatures à adresser à citoyenne@wanadoo.fr }}

Actualités : Justice à Madrid ?

Après la condamnation de Rachid Ramda à la réclusion criminelle à perpétuité pour les attentats commis à Paris en 1995, on attendait le verdict du procès des 28 inculpés des attentats de Madrid (191 morts et 1821 blessés le 11 mars 2004 dans quatre trains de banlieue bondés.)A la surprise générale celui qui était présenté comme le cerveau présumé de ces attentats, Rabei Ousmane Sayed Ahmed, dit “Mohamed l’Égyptien”, a été acquitté. Seuls trois des huit principaux accusés ont écopé des peines maximales (près de …40. 000 ans d’ emprisonnement, limités dans les faits à 40 ans) Un verdict qui a été diversement accueilli par les familles de victimes représentées par les associations 11-M Afectados de Terrorismo et AVT, Asociacion Victimas del Terrorismo. La déception était indéniable car nul n’a été en définitive condamné comme organisateur de ces attentats. Des familles devraient faire appel. En France, c’est Rachid Ramda qui devait faire appel de sa condamnation …(V.W.)

Actualités : Arche de Zoe , un révélateur de la tragédie du Darfour

{{{Communiqué du Collectif Urgence Darfour}}}Le Collectif Urgence Darfour n’a rien à voir avec l’opération menée au Tchad, par l’Arche de Zoé. Cette malheureuse initiative, apparemment menée sans la rigueur éthique nécessaire, est avant tout un symptôme de la situation humanitaire dramatique et des difficultés d’accès aux populations du Darfour. Elle est surtout emblématique des carences de la communauté internationale à protéger efficacement les populations du Darfour, notamment les femmes et les enfants. Quels que soient les griefs du gouvernement tchadien , toutes les personnes arrêtées ont droit à un traitement conforme au droit, et ne doivent en aucune façon être maltraitées. Rappelons que les autorités tchadiennes ont plus de 200 000 déplacés nationaux qui survivent dans des conditions catastrophiques, dans l’est du pays : elles sont particulièrement malvenues de s’ériger en donneuses de leçons sur le champ de la protection humanitaire. {{Collectif Urgence Darfour}}, le samedi 27 octobre 2007.[www.urgencedarfour.info->xxx]{«Les violations des droits de l’homme se poursuivent de la même manière et pratiquement à la même échelle… Les civils qui se sont réfugiés dans des camps restent la cible d’exactions, notamment les femmes, victimes d’agressions sexuelles»,} déclarait le 17 septembre Louise Arbour, la haut-commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU.Si la détresse des populations continue, la ferme volonté internationale manque d’arriver à un accord équitable. La mobilisation internationale n’est-elle pas utile pour sauver ce qu’il reste des populations du Darfour?

Tribune : Il y a 50 ans, Albert Camus, prix Nobel de littérature .

{ {{{ ” Quelle que soit la cause que l’on défend, elle restera toujours déshonorée par le massacre aveugle d’une foule innocente…” Albert Camus}}} }Le 16 Octobre 1957, Albert Camus, grand écrivain français né du petit peuple pied-noir d’Algérie, recevait à 44 ans le Prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son œuvre , débutée en 1936, dont les célébrissimes ouvrages «L’Etranger» en (1942), «La Peste» (1947), ” «Actuelles I et II, Chroniques» (1950, 1953)….De Mondovi (aujourd’hui Dréan, Est algérien, région où naquit en 354 le futur Saint-Augustin) qui le vit naître en 1913 d’un père commis de ferme tué en octobre 1914 lors de la bataille de la Marne et d’une mère employée de maison analphabète, à Alger ville- lumière source d’inspiration et d’aspirations, en passant par Paris ville des Lumières où il fut de tous les combats empreints d’humanisme, il aura été une des grandes Consciences universelles du 20 ième siècle, un Juste parmi les Justes dont la voix si moderne ne cesse de résonner. Sujet de très nombreuses recherches, il est notre contemporain.Quel destin, quelle ligne de vie !Sans l’opiniâtreté de son instituteur Louis Germain qui lui permit d’accéder au lycée Bugeaud d’Alger (il n’eut de cesse de lui rendre hommage pour l’avoir ainsi aidé, lui, le fils de pauvres), sans l’attention fraternelle de son professeur Jean Grenier, le monde n’aurait pas vu éclore l’œuvre d’Albert Camus, connaître la beauté de ses textes. Il reste un des écrivains les plus lus sur la planète, une référence morale, l’un des plus thèsè par les étudiants des 4 coins du monde. Ce n’est que mérite quand d’autres illustres, qui surent se montrer parfois cruels (jaloux ?) à son égard, sont quelque peu passés aux oubliettes.Sa disparition lors d’un accident le 4 janvier 1960 sur une route de l’Yonne, avec son ami éditeur Michel Gallimard, fût à l’image de sa vie. Telle une tragédie grecque pour cet enfant de la Méditerranée qu’il a si bien louée (notamment «Noces» en 1939), il mourut comme il vécut, intensément.En souvenir du 50 ème anniversaire du Nobel, Monaco rend hommage à Camus en 2007 en éditant un timbre commémoratif à son effigie.Et sa Patrie française? Et sa Patrie algérienne ? direz-vous à juste raison ! Silence à ce jour…Du côté français entre les résultats d’un match de foot et de rugby, calé entre les mauvaises nouvelles du monde, peut-être aura-t-il droit, le Grand homme authentique, à un petit entrefilet pour s’en rappeler au moment de décerner les Prix Nobel 2007. Mais en Algérie dont il est l’un des illustres enfants, alors que la plus grande part du pays réel cherche (en résistance à la nomenklatura au pouvoir depuis 45 ans s’arc-boutant sur ses privilèges) à renouer avec tous les pans de sa mémoire collective, dont celle pied-noire, qu’en sera-t-il… ?Si Camus dans sa quête de l’Universel posa la question de «l’absurde» (Le Mythe de Sisyphe – 1942), du pourquoi de l’Homme en ce monde, c’est bien l’absurde au sens de ce qui peut relever de la plus franche absurdité (du point de vue de sa reconnaissance officielle, du bout des lèvres, mais rien n’empêchant de rêver qu’il en soit autrement demain. Le rêve est-il encore possible en Algérie ?) qui frappe Camus sur sa terre natale. Cette terre d’Algérie qu’il a vantée avec tant de ferveur, d’ardeur, exprimant également avec foi ardente et sans ambages son amour fraternel envers tous ceux qui peuplaient alors cette terre de tous les métissages, de toutes les histoires aux couches de sédimentations profondes et successives.Au nom de quoi ? De la sempiternelle et infondée attaque dont il est l’objet depuis le discours de Stockholm le 10/12/57 au moment du Nobel.De quoi s’agit-il ?En réponse à la question d’un étudiant algérien d’origine musulmane adressée à Albert Camus, algérien d’origine européenne, quant à sa position et ses sentiments (à lui qui toujours combattit l’injustice où qu’elle se trouve, en Algérie également, défendant le haut principe moral qui est que de lutter contre l’injustice en se rendant coupable en retour d’une autre injustice n’avait aucun Sens ni fondement) au moment des terribles évènements de la bataille d’Alger (cycle infernal terrorisme urbain, répression, contre-terrorisme), celui-ci répondit en substance : «…je crois à la justice, mais je défendrais ma mère avant la justice..». Cette phrase tronquée à «juste» (dé)raison est celle qu’ont voulu retenir ses éternels détracteurs, dont le pouvoir de nuisance de part et d’autre de la Méditerranée est inversement proportionnel à leur réelle importance. elle est claironnée et entendue par qui veut ne l’entendre qu’ainsi. Bêtise quand tu nous tiens!Haro sur «le petit blanc algérois raciste», soutien de l’oppresseur colonial ! Totale contradiction avec ce qu’était Camus au plus profond de lui-même, ses engagements et ses écrits en faisant foi.Faux procès des falsificateurs les plus retors mais que ne trompe pas ses fidèles lecteurs et ses compatriotes. Camus faisait référence aux attentats aveugles quotidiens aux milliers de victimes dans les villes et villages d’Algérie (prémices du terrorisme moderne) des terribles années 56 et 57 («la bataille d’Alger») visant à toucher la population civile européenne innocente, à la briser physiquement, émotivement (sans qu’elle soit aidée par des cellules de soutien psychologique), sans distinction d’âge, de sexe, de qualités par des bombes «non sélectives» meurtrissant également des musulmans. Agissant ainsi, un des objectifs du FLN était de déclencher une terrible répression militaire au marteau pilon (la torture y pris malheureusement place) contre une population musulmane alors «suspecte». La stratégie FLéniste était de voir se grossir ses rangs disparates (notamment ceux de la ligne dure de la fracture totale avec la France) en contraignant de la sorte les récalcitrants, les indécis, les hésitants, les attentistes (ou bien encore ceux, nombreux, attachés à la Nation française) parmi ceux «d’origine autochtone» comme on le disait aussi alors, sujets des brimades et violences françaises en boomerang. Je précise ma pensée en affirmant qu’on ne peut pas faire abstraction d’avoir à se poser honnêtement la question des origines des violences afin de décrypter cette guerre qui fut aussi une guerre civile. Cela marcha en partie. Il y avait aussi la volonté calculée, aux dramatiques et tragiques conséquences, de creuser un irréductible fossé de sang entre les communautés (mais dont l’espoir existait encore parmi les populations de le combler comme le démontrèrent les fraternisations de mai 58 desquelles naquit la IV République). Quand il est aisé de trouver de quoi remonter les ressorts de la haine, la violence démesurée en étant un des terribles leviers à la force incontrôlable, comment résister à une telle horrible pression quotidienne? Certainement faut-il pour cela être éclairé afin de ne pas tomber dans la bestialité mâtinée aux slogans de «résistance ». Intervient alors le rôle majeur éveilleur de Conscience de Camus, parfois incompris des siens, comme lors de son appel à «la trêve civile» en 1956 où il enjoignait tous les protagonistes d’épargner les populations civiles objet de toutes les «convoitises», de tous les chantages. De tels hommes sont alors indispensables et c’est pour cela que tout est tenté pour les museler, les faire taire.En agissant sciemment de la sorte, les poseurs de bombes des réseaux de Yacef Saadi pouvaient par leurs engins de mort, dans un bus ou dans la rue, tuer la mère de Camus, innocente parmi les innocents, seulement coupable «d’être». C’est cette peur là d’un fils pour sa mère (tous les fils, toutes les mères), cette douleur là ressentie par une population apeurée mais refusant d’abdiquer en continuant de vivre malgré tout (le peuple algérien des années 90 sait de quoi il s’agit et a, en tant que peuple frère du peuple pied-noir, tous les éléments pour comprendre) que Camus voulut exprimer, amener à en saisir toute la dimension tragique.Après la décennie sanglante en Algérie, et au moment du procès de Rachid Ramda s’y rapportant, responsable des attentats du GIA à Paris en 1995, chacun est capable de saisir le sens profond de la réponse de Camus en réaction, dignement, au terrorisme aveugle pouvant nous faire perdre d’horrible manière un être cher. Sachons entendre les victimes, être compatissants eu égard à leurs douleurs.Aujourd’hui, alors que le terrorisme est devenu «L’Arme» (comment en sommes-nous arrivés là ?), avec Camus nous ne pouvons que tous nous interroger sur le «que ferions-nous si nous étions confrontés à de telles situations» ainsi que dénoncer la perversité intellectuelle et active de ceux cautionnant «la fin justifiant les moyens», tous les moyens, pour toutes les fins, même les plus funestes pourvu qu’elles satisfassent à leurs horribles desseins. La liste est longue. Camus est là encore un éveilleur de notre conscience d’Homme, un grand parmi les grands.Faudrait-il se retrancher derrière un mur d’idéologie aveuglante et confortable ne tolérant aucune remise en question pour ne point comprendre à leurs justes et dignes portées ces mots du cœur que l’on retourne contre Camus pour le salir.Il était d’autant plus libre, trop au goût de ses adversaires, qu’il n’avait pas une analyse caricaturale de cette guerre fratricide où la légitimité des uns s’opposait à la légitimité des autres face à un pouvoir politique défaillant, incapable de proposer ce qui pouvait unir, rassembler dans un projet commun d’avenir toutes les composantes algériennes (ce sera pire après 58 et bien plus encore après son décès en1960 – mensonges, manipulations, intoxications, manigances, enlèvements et disparitions, violences extrêmes – où Camus manqua face aux enjeux dont on connait les drames qui en découlèrent et dont les témoins souffrent encore aujourd’hui au plus profond de leur être). La fraternité n’était pas pour lui un vain mot.Il n’avait pas une vision simpliste, réductrice et manichéenne des évènements dramatiques en cours. Il ne se réfugiait pas dans le confort intellectuel visant à classer «les bons» d’un côté (ceux luttant pour leur émancipation, leur indépendance dont nombre souhaitait qu’elle se fasse dans un cadre fédéraliste avec la France), de l’autre «les mauvais» (s’y opposant, «bien sûr»!). En conscience, très justement, il dénonçait avec force les méthodes musclées et la torture pratiquées par des militaires sous les ordres du général Massu auquel le gouvernement avait donné, se défaussant, tous les pouvoirs civils et militaires.Discrètement, Camus agissait, notamment avec Germaine Tillion la célèbre ethnologue (100 ans cette année), pour sauver de la guillotine des activistes algériens (lire de G.Tillion «les ennemis complémentaires», éditions Tirésias 2005) tout en ayant fait le choix de rester publiquement silencieux au sujet de cette sale guerre : «le terrorisme tel qu’il est pratiqué en Algérie a beaucoup influencé mon attitude (sur l’Algérie). Quand le destin des hommes et des femmes de son propre sang se trouve lié, directement ou non, à ces articles que l’on écrit si facilement dans le confort du bureau, on a le devoir d’hésiter et de peser le pour et le contre. Pour moi, si je reste sensible au risque où je suis, critiquant les développements de la rébellion, de donner une mortelle bonne conscience aux plus anciens et aux plus insolents responsables du drame algérien, je ne cesse pas de craindre, en faisant état des longues erreurs françaises, de donner un alibi, sans aucun risque pour moi, au fou criminel qui jettera sa bombe sur une foule innocente où se trouvent les miens» (cf «Avec Camus. Comment résister à l’air du temps» Jean Daniel Gallimard 2006).Quelle belle leçon d’humanisme, de journalisme. Ce propos me fait penser au titre et à l’objet du livre de André Rossfelder, ami de Camus (concepteur de la COMEX, un des découvreurs de pétrole en Algérie en 1947 âgé de 82 ans il vit aux USA) «le Onzième Commandement» Gallimard 2000, « tu seras fidèle aux tiens, surtout quand la nation les oublie ou les diffame»… A méditer !Est donc assassinable, aux yeux d’un terroriste (notre semblable ? Quelles Valeurs nous en protègent ?) celui qui a le seul tort d’ «être», entrave physique à son délire ethnicide!En réalité, la phrase complète de Camus à son interrogateur/interlocuteur, lui donnant ainsi tout son sens, est la suivante: {« En ce moment on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela, la justice, je préfère ma mère ».} Tout homme, qui plus est méditerranéen quand on connait la place qu’occupe la Mère dans nos cultures de toutes les rives de la Méditerranée, ne peut pas ne pas comprendre, sans a priori, ce que dit Camus. En 2005, un colloque sur Camus est organisé à Alger. Une première, perle rare! Le Président algérien A. Bouteflika y fit une visite et à Jean Daniel, présent, il dit ceci qui ne peut pas manquer de nous surprendre : «Vous savez comment je vérifie que Camus est un véritable enfant de l’Algérie? C’est lorsqu’il dit que si sa mère était attaquée, il préférerait la défendre plutôt que la justice. Et bien, c’est exactement ce que je sens, ce que je ferais, et je ne vois pas pourquoi Camus n’aurait pas eu le droit de le dire».Bravo Monsieur le Président! Alors, qu’attend l’Algérie officielle pour honorer un de ses illustres enfants???Pas une rue, pas une place, pas un lieu en Algérie, aujourd’hui ne porte son nom. Quel comble pour ne pas dire plus!En 1960, après sa mort, le Conseil Municipal de Mondovi (Dréan de nos jours), son village natal, souhaita baptiser la rue centrale de son nom. L’exode des Français d’Algérie et l’Histoire en voulut autrement. Peut-être qu’aujourd’hui, Dréan (ancien Mondovi) pourrait le reprendre à son compte….?Ah si, un lieu, un seul sur la terre algérienne pour honorer symboliquement Camus: une stèle sur le merveilleux site romain de Tipasa, ancien comptoir punique, patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1982 (l’Algérie regorge de ces site merveilleux : Djemilla, Lambèse, Hippone, Tiddis, Timgad, Guelma…) déposée avant l’indépendance par un de ses amis, artiste, reprenant une des phrases de son livre, Noces, «ici on comprend ce qu’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure».(*) A méditer! Quelle ode à la Méditerranée, à l’algérianité, à l’amour de la terre algérienne.L’exilé Camus repose en terre de France, à Lourmarin dans le Vaucluse où il avait acquis une demeure. Alors, chère Algérie, à quand une «rue Albert Camus, écrivain, Prix Nobel de littérature, enfant d’Algérie» à Alger qu’il chérissait tant et/ou ailleurs en ce beau pays?Nous sommes très, très nombreux à l’espérer. {{ {{Eric-Hubert Wagner}} © mpctasso.org}} Notes de lecture : Albert Camus, Gallimard 1994 «le premier homme» ; Olivier Tood «Albert Camus, une vie» Gallimard 1996 ; Herbert R. Lottman «Albert Camus» Seuil 1978 ; Daniel Rondeau «Camus ou les promesses de la vie» éditions Mengès 2005….. (*)venant d’avoir cette information par un camusien – vive internet – je vous l’offre : il s’agit de son ami Louis Bénisti (écrivain, peintre, sculpteur né à Alger en 1903 – 1995 Evian) qui a gravé et érigé cette stèle à Tipasa en 1961

L’AVT (Espagne) a annoncé son adhésion à l’Alliance Internationale contre le Terrorisme en cours de constitution

{{{Il s’agit d’une manifestation concrète de l’engagement de cette association qui avait participé à la Conférence de Paris le 11 septembre 2007 .}}}Un des moments forts du Rassemblement du 11 septembre 2007 au Mur de la Paix a été l’intervention de Gabriel Moris vice-président de l’AVT (Association de Victimes du Terrorisme , Espagne) . Lui-même et son épouse , María Pilar Crespo, ont perdu leur fils Juan Pablo, 32 ans , dans l’attentat du 11 mars 2004 à Madrid . Aujourd’hui , Gabriel Moris a fait de la défense des victimes du terrorisme la priorité de son existence .Au moment où se dessine les contours d’une association internationale , il nous paraît important de nous remémorer les termes de son intervention (à suivre , celle qu’il a effectuée à la Conférence) {{Gabriel Moris :}}{{ {«Ce rassemblement est à mon avis une bonne manière deconclure notre réflexion commune sur les actions à mener contre la guerre sans front que représente le terrorisme.Nous avons tenu à nous faire remplacer à un rassemblement qui se tient au même moment en Espagne, simultanément moment dans plusieurs villes espagnoles en mémoire des attentats du 11 Septembre et du 11 Mars …. pour être ici aux côtés de victimes du monde entier .Nous sommes convaincus que le terrorisme est un phénomène international et c’est pour cela que la lutte contre celui-ci doit être menée par l’action et la solidarité internationale.L’AVT se place aux côtés de toutes les associations présentes et elle manifeste sa volonté de lutter avec vous contre l’ennemi commun, le terrorisme international».} }}———————————————————–{{Concentración en el Campo de Marte- Paris 11-09-2007Intervención del representante de la AVT (España)}}{{“Esta concentración es a mi juicio una buena forma de poner el punto y final a la sesión de reflexión sobre las diferentes acciones a emprender contra la guerra sin frente que representa el terrorismo.Nosotros hemos cambiado nuestra presencia en una concentración que sobre el 11-S y el 11-M está manteniéndose en diversas ciudades de España a esta misma hora, a cambio de nuestra participación junto a víctimas internacionales.Estamos convencidos de que el terrorismo es un fenómeno de ámbito internacional y, por lo tanto, la lucha contra el mismo debe ser abordada desde la acción y la solidaridad internacional.La AVT se une a las asociaciones presentes y manifiesta su voluntad de luchar junto a todas ellas contra el enemigo común, el terrorismo internacional.”}}{Gabriel Moris y su mujer, María Pilar Crespo, perdieron a su hijo Juan Pablo, que por entonces contaba 32 años, en el atentado del 11 de marzo de 2004. Juan Pablo, que estaba terminando Ingeniería de Caminos y alternaba sus estudios con el trabajo, viajaba a Madrid en el tren que explotó en la calle Téllez. El 11-M cambió su vida. Ahora, la defensa de los intereses de las víctimas es una de sus principales prioridades.}{{{A noter : l’AVT organise le 24 novembre prochain un grand rassemblement à Madrid contre le terrorisme de l’ETA}}}

Après la Conférence Internationale contre le Terrorisme MOHAMED SIFAOUI nous accorde une longue interview

{D’après les responsables du renseignement et de la sécurité, le France fait face à une menace terroriste élevée. Alors que s’achève, le procès en assises de Rachid Ramda, comment faut-il selon vous apprécier le danger représenté par Al Qaida au Maghreb ?} La France est ciblée par les islamistes depuis une vingtaine d’années. La première fois que j’ai entendu des islamistes proférer des menaces contre la France, c’était, en Algérie, au milieu des années 1980, bien avant l’arrêt du processus électoral de 1992. Mustapha Bouali disait dans ses prêches qu’il fallait s’attaquer au pouvoir algérien, parce qu’il ne respectait pas la charia, et aux autorités françaises, pour leur soutien à ce gouvernement.Depuis, ces menaces n’ont pas cessé, venant d’islamistes algériens , puis cela s’est élargi à des islamistes maghrébins puis à des islamistes à vocation internationale.Pourquoi la France ?Il faut revenir à l’idéologie islamiste. La France représente tout ce que les islamistes détestent.La France est le pays qui propage l’idée de laïcité alors que, pour eux, religion et État ne doivent faire qu’un.La France symbolise aussi cette démocratie qu’ils honnissent tant et qui donne la souveraineté au peuple. Or, là aussi, selon les islamistes, la souveraineté ne doit revenir qu’à Dieu et à Dieu seul. La France est le pays des Droits de l’Homme alors que pour ces fanatiques, il n’existe d’autres Droits pour l’Homme que ceux que Dieu lui a donnés. Il y a bien sûr aussi des raisons historiques, le statut d’ancienne puissance coloniale. Et puis des raisons politiques : la France entretient de bonnes relations avec des régimes considérés, très souvent à juste titre, comme corrompus. Il faut donc sanctionner le soutien apporté à ces régimes arabo-musulmans. Enfin la France lutte contre le terrorisme, traque les terroristes, sanctionne sur le plan judiciaire ceux qui font des séjours en Irak, en Afghanistan, en Tchétchénie. Et il y a la participation de la France à la guerre en Afghanistan. Il serait donc erroné de minimiser cette menace, tout comme il serait erroné d’être alarmiste. Il faut en être conscient, demeurer vigilant tout en restant serein. Il faut essayer d’anticiper sur la démarche des terroristes. {Mohamed Sifaoui, des rumeurs sont colportées sur votre compte, on cherche à vous présenter comme un agent des services secrets algériens. Pouvez-vous nous éclairer sur la bataille qui se poursuit entre vous, François Gèze(1) et Habib Souaïdia ?}Pour moi, elle ne se poursuit pas. La bataille a été réglée devant les tribunaux français, au pénal et au civil. Elle a été tranchée en première instance et en appel. Au pénal, François Gèze m’avait poursuivi, ainsi que l’hebdomadaire Marianne, pour diffamation, après l’interview dans laquelle je déclarais en substance qu’il était un menteur et un manipulateur qui avait bâti des mensonges sur un socle de vérité. Il a été débouté en première instance et en appel par la 17 ° Chambre correctionnelle. Les documents et les témoignages que j’ai versés au débat on permis de clarifier les choses. Au civil, j’ai poursuivi la Découverte et Habib Souaïdia. Pourquoi ? J’ai été l’initiateur, le concepteur et le rédacteur du livre « La sale Guerre » auquel j’ai donné son titre. J’ai passé un contrat avec cette maison d’édition qui me considérait comme co-auteur ainsi que Habib Souaïdia de ce qui allait devenir « la sale guerre ».C’est moi qui ai sollicité François Gèze et qui lui ai présenté Habib Souaïdia. Il existe, selon vous, beaucoup d’agents des services algériens qui aident des déserteurs ou des dissidents – c’est ainsi que se présente Souaïdia – à faire entendre leur voix ? C’est moi qui ai présenté cet ancien militaire à une multitude de journalistes français alors que personne ne le connaissait. Un agent aurait participé à le faire taire non pas à le médiatiser.En réalité, l’affaire est simple à comprendre lorsqu’on est intellectuellement honnête. A la fin de la rédaction du livre, que j’ai écrit tout seul dans sa version initiale, je me suis rendu compte que François Gèze voulait apporter des modifications pour évacuer les crimes des islamistes et grossir le trait pour décrire les exactions commises par les services de sécurité. Je me suis opposé à cela. C’était malhonnête, contraire à tout ce que représente pour moi le journalisme.Un exemple : l’attentat de l’aéroport d’Alger. Il a fait des victimes civiles, il y a eu des corps mutilés, déchirés. J’ai suivi le procès. Le Directeur de cabinet du n° 1 du FIS a reconnu être l’instigateur de cet attentat, il a été condamné à mort. Mais François Gèze considère que cet attentat a été commis par les services secrets algériens. Pour lui, les islamistes sont de vaillants révolutionnaires. Les coupables des actes terroristes ne pouvaient être que les militaires. Relisez « La Sale Guerre ». Rien n’y indique que les islamistes ont tué des civils. Or ce n’est pas ce que j’ai vécu, Moi je voulais dénoncer à la fois les exactions des services de sécurité et les crimes des islamistes. Je me suis opposé à cette aventure propagandiste qui dédouanait les islamistes y compris idéologiquement. Pour le courant représenté par François Gèze, l’islamisme n’existe pas, c’est une création des services secrets algériens. C’est une démarche qui rappelle celle de Thierry Meyssan.D’ailleurs observez la dernière sortie de Gèze. Il affirmait récemment que la récente reprise des attentats en Algérie est le fait des services algériens et des…Américains. C’est pour dire que Gèze – Meyssan : même combat, même objectif. Ils cherchent à tout prix à dédouaner les islamistes.Ceux qui cherchent à me discréditer par la rumeur ont une approche idéologique. Ils ont une haine terrible contre moi en raison de mon engagement contre l’intégrisme musulman. Ils détestent mes enquêtes journalistiques qui mettent la lumière sur le vrai visage de ces fascistes intégristes qu’ils ne cessent de dédouaner. Pour moi, les alliés non-musulmans des islamistes sont les pires de tous, ils sont des alliés objectifs du terrorisme. Et moi je serais un agent des services secrets algériens ! Un agent est par définition secret, discret, il évite de se distinguer. Quand on est agent des services secrets on ne défend pas un général ! Moi je l’ai fait, pour une raison de principe : on voulait utiliser le procès contre ce général Nezzar pour remettre en cause l’arrêt du processus électoral. Alors que pour le courant démocratique auquel j’appartiens, une Algérie dirigée par les islamistes était le plus grave danger. On a demandé que l’armée intervienne. J’ai commencé mon témoignage en disant à l’adresse du général « J’appartiens à une génération qui vous a toujours combattu »J’avais participé, en tant que jeune sympathisant de « l’Avant Garde » socialiste, aux émeutes de 1988 et c’est ce même général qui avait fait tirer sur nous !Mohamed Sifaoui agent du pouvoir algérien ! Ce pouvoir a condamné les caricatures, moi je les ai défendues. Il excuse les attentats commis contre les civils israéliens, moi je les condamne ! Le pouvoir algérien amnistie les islamistes alors que j’appelle à leur condamnation. Il fait la promotion d’un premier ministre islamiste alors que je ne cesse de le fustiger. Agent des services algériens ? Alors que le système algérien récompense ceux qui le servent, je ne peux même mettre les pieds dans mon pays d’origine et rendre visite à ma famille. Agent des services algériens ? Le pouvoir algérien a installé à la tête de l’État un président que je ne cesse de qualifier de salaud alors que tous ceux qui servent ce régime ne cessent de lui faire courbette.Enfin, je vous rappelle que j’ai témoigné, dans le cadre du procès des caricatures contre la mosquée de Paris, elle-même dirigée par ce pouvoir algérien auquel je serais censé appartenir. Je vous laisse trouver l’erreur !{Et maintenant, comment poursuivez-vous votre travail de journaliste ?}Je suis un journaliste engagé mais pas un journaliste malhonnête. Si je n’ai pas de preuves accablantes contre un islamiste je m’abstiens de l’accabler.J’ai de nombreuses interventions et mon blog est très visité mais j’aimerais créer un vrai média alternatif qui parle vrai sur le terrorisme. Pas facile mais il est important de libérer la parole, donc la riposte. {Justement, dans le cadre de la discussion qui a préparé la Conférence Internationale Contre le Terrorisme, vous avez comme nous, défendu la nécessité de nommer l’islamisme.}Oui, le phénomène existe, il faut le nommer. Ce que vous faîtes vous, MPCT, c’est très bien. Pour la Paix, c’est très bien. Contre le terrorisme, c’est très bien, toute personne sensée doit y souscrire. Mais c’est insuffisant. Il faut prendre le phénomène bien en amont, au niveau de l’idéologie islamiste. Certes, le terrorisme islamiste n’est pas le seul mais c’est celui qui présente le plus grand danger.Le terrorisme est toujours condamnable. Son utilisation par des courants politiques pour leur lutte est contraire au droit et à la morale. Le terrorisme basque ou corse est injustifiable et inexcusable. Mais le terrorisme islamiste, lui, a vocation à être un terrorisme de nihilisme, un terrorisme de négation de l’autre. Il n’a rien à voir avec une quelconque revendication. Sa particularité est d’être nourri par l’idéologie islamiste qui est la maladie de l’Islam et dont les premières victimes sont musulmanes. Cela commence au niveau de la menace. Pour effrayer, instaurer un climat de peur, parfois en visant l’ensemble d’une population, parfois en visant des personnes déterminées. Ce que vit Taslima Nasrren, c’est du terrorisme. Devoir regarder toujours derrière soi pour voir si on n’est pas suivi, se savoir traqué(e) …Moi, j’ai dû faire un travail sur moi-même , me fabriquer une carapace avant de me lancer dans la surexposition. Ceux qui parlent du terrorisme comme « arme du pauvre » devraient se demander pourquoi il n’a pas été utilisé par les Africains. {Certains de nos partenaires auraient préféré désigner « l’islamisme radical »} Pourquoi couper les cheveux en quatre ? D’ailleurs la radicalité n’est pas un concept dangereux. Le parti radical n’est pas considéré comme dangereux ! L’islamisme, le salafisme, c’est l’islam politique, l’instrumentalisation politique de l’Islam. Elle transforme la religion en arme de destruction massive. La bataille contre l’islamisme ne se terminera pas par une négociation autour d’une table. Sa fin devra être scellée comme l’a été celle du nazisme. Ceux qui pensent protéger les Musulmans en n’étant pas clairs dans la désignation de l’islamisme se trompent. S’ils se donnent la peine d’écouter parler des victimes musulmanes comme Cherifa Kheddar, ils entendront qu’elles ne mettent pas de gants. Nous, on parle de fascisme ! En d’autres termes, il ne faut pas chercher à comprendre avant de condamner. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas vécu quelques chose soi même qu’il faut hésiter à le condamner. Je ne viens pas en Europe en disant que je vais essayer de comprendre l’extrême droite. Je n’attends pas que le nazisme me touche moi pour le condamner. J’ai d’abord un point de vue d’être humain. C’est cela l’universalité. Considérer que les Musulmans ou les Arabes ne sont pas aptes à accéder à la modernité et que l’islamisme peut-être bon pour eux c’est une forme de racisme.{Cette année pas mal d’organisations se sont associées le 11 septembre à l’appel au rassemblement en hommage à toutes les victimes du terrorisme. Pensez-vous qu’il y ait un début de prise de conscience des enjeux ?}Peut-être. C’et aussi la première fois que le Parti Socialiste m’invite à donner une conférence lors de son université d’été. Mais il reste encore beaucoup de pédagogie à faire ! Et il y a des erreurs à éviter. Il ne faut pas utiliser des démarches contraires aux valeurs que nous sommes censés défendre. {Qu’attendez-vous de « l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme » que nous avons décidé de constituer avec nos partenaires de la Conférence du 11 septembre ?}C’est important de donner naissance à quelque chose de solide.Je pense que pour être efficace, il faut effectivement créer un réseau international de la société civile pour combattre le terrorisme islamiste qui, lui, est international. Un réseau de veille, de dénonciation, de condamnation, de barrage intellectuel. Non pour traquer les terroristes, ce n’est pas notre rôle, mais pour traquer les idées qui aident à sa propagation : la justification, la légitimation, l’illusion que l’islamisme serait un projet à même de rétablir la justice dans un monde devenu très inégalitaire. C’est très important de constituer cette avant-garde de la société civile pour interpeller les pouvoir publics face à certains laxismes. Nous devons en faire un sujet d’actualité en permanence et apporter la contradiction aux idéologues du terrorisme. Il faut redoubler d’efforts. Ce n’est pas facile d’essayer de concurrencer des gens qui font parler d’eux quand ils tuent et menacent. Il faudra organiser des manifestations, des rassemblements, des colloques, des débats pour sensibiliser le médias et les élites avec clarté et pédagogie. C’est la vocation du Bureau International d’une telle Alliance. Même si je reste un électron libre, je suis partie prenante de ce combat. 1 Directeur des éditions La Découverte. Il a témoigné au procès de Rachid Ramda, cité par la défense. (NDLR)Propos recueillis par Huguette Chomski Magnis

A voir : Fabrication d’un “martyr”

{{Sortie aux États-Unis de “The making of a martyr” (Fabrication d’un martyr), un documentaire réalisé par Brooke Goldstein, avocate et Directrice de l’Institut des Droits de l’Enfant}}.Le sujet : l’embrigadement des enfants palestiniens au service de l’enseignement de la haine et du culte du “martyre”. Le film se penche sur le cas d’ Hussam Abdu, un jeune Palestinien de 15 ans, très petit pour son âge, qui fut recruté par les “Brigades des Martyrs Al Aqsa”, (liées au Fatah) pour une “mission” criminelle suicidaire en Israël. Bardé d’explosifs qu’il renonça heureusement à actionner, il fut arrêté à un checkpoint et purge une peine de 8 ans dans une prison israélienne pour tentative de meurtre.Brooke Goldstein, considérant que Hussam est une victime innocente au même titre que les civils qu’il devait faire exploser, affirme qu’il ne mérite pas de passer sa jeunesse en prison.Elle veut que ceux qui décident d’envoyer des mineurs à la mort soient poursuivis en justice par des avocats au nom de ces enfants. Et que les télévisions satellitaires qui diffusent les émissions enfantines de l’Autorité Palestinienne et du Hamas, glorifiant le “martyre” rendent des comptes devant la justice.Une affaire strictement israélo-palestinienne ? Pas vraiment : en Algérie, c’est un garçon de 15 ans, Nabil, qui fut recruté par “Al Qaida au Maghreb” pour commettre l’attentat “suicide” contre la caserne de Dellys en septembre dernier. Chez la mère de Nabil, pas de monstrueuse fierté d’avoir un fils “martyr”. Seulement un chagrin immense et la colère contre les islamistes : ” Ils tuent nos enfants !” C’est elle qui dit vrai.{{Victoria Wilson © mpctasso.org}}

A lire :

« Un risque de récidive terroriste par rapport à 1995 ». Avant la fusion de leurs deux services en 2008, les directeurs des RG et de la DST font le point pour « Libération » sur les menaces que la mouvance Al-Qaeda fait peser sur la France.8 octobre 2007 – Entretien exclusif. Par Patricia Tourancheau | LibérationInterviewés pour la première fois ensemble, à l’initiative de Libération, les patrons de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Bernard Squarcini, et des Renseignements généraux (RG), Joël Bouchité, mettent fin aux rivalités entre ces deux services de police pour soutenir la « fusion », dans une même direction, du renseignement intérieur, afin de contrer le terrorisme islamiste de plus en plus menaçant.LireLire l’article sur : http://www.liberation.fr

Birmanie : Nouvelle manifestation

Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorismeappelle à nouveau à manifester contre la répression par la dictature birmane des manifestations pacifiques de Rangoon, pour la défense des droits et des libertés démocratiques, d’expression, de presse et de réunion, du peuple birman et se joint à la manifestation organisée devant l’ambassade de Chine, pays qui protège la junte militaire birmane.{{MANIFESTATION CE SAMEDI 6 OCTOBRE à 15 h.DEVANT L’AMBASSADE DE CHINE}} Angle de la rue Boccador et de l’avenue Georges V 75008 ParisMÉTRO : Georges V ou Alma Marceau.L’appel est lancé par de nombreuses organisations : “La Communauté birmane de France, les Amis de la Terre, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), France Tibet, Info Birmanie, la Ligue communiste révolutionnaire, le Modem, le Parti Socialiste français, Reporters sans frontières et les Verts appellent à manifester et demandent à la Chine de cesser d’octroyer un soutien politique, financier et militaire à la junte …”