Tribune libre : Point de vue de Jean-Pierre Lledo

Jean-Pierre Lledo est un cinéaste algérien pour lequel l’expression consacrée “cinéaste engagé” n’est pas usurpée. Depuis “Algérie, histoires à ne pas dire”, nous sommes admiratifs de son talent et de son courage. Jean-Pierre Lledo a été partenaire artistique de la première Journée internationale Contre le Terrorisme le 11 septembre 2008. Il est également intervenu à la Conférence internationale du 23 novembre pour traiter du déni du terrorisme. Le texte que nous publions ci-dessous est sa réflexion sur Gaza au 15 janvier dernier. Notre mouvement n’a pas vocation à prendre parti dans le conflit du Proche-Orient ni à proposer des solutions politiques à ce dernier. Nous ignorons bien des choses sur la réalité des faits, la propagande du Hamas tenant souvent lieu d’information. Mais Gaza illustre assurément, tragiquement, une chose : si un mouvement massif, international, n’émerge pas pour contrer le soutien au terrorisme, on reste pris au piège du seul choix restant, soumission aux terroristes ou guerre aux terroristes, inévitablement meurtrière pour des civils. Jean-Pierre Lledo essaye de prendre du recul et développe, à partir de son expérience algérienne, un point de vue original, celui d’un humaniste, non-violent, fondamentalement opposé à l’usage des armes, en bousculant au passage quelques tabous. Son texte n’a pourtant été retenu par aucune des rédactions auxquelles il a été adressé. Pensant qu’il serait dommage que le public ne puisse le lire, nous le remercions de nous autoriser à le publier en tribune libre. Nous lui transmettrons les commentaires éventuels de nos lecteurs. HCM {{Qu’en ce début de l’AN Neuf du Siècle Nouveau…}}des hommes continuent à penser que la force des armes est le moyen le plus rapide pour changer une situation ou une pensée, dit suffisamment que notre humanité n’est pas encore sortie de sa préhistoire. Mais puisque, miracle, le vieux réflexe de compassion et de solidarité vis-à-vis de ceux qui souffrent, n’a pas encore disparu, je me demande comment faire pour être le plus utile, hormis dire que 1000 morts c’est mille raisons que la guerre ne doive pas continuer un jour de plus. Défiler dans la rue aux côtés des islamistes palestiniens et d’autres nationalités ? Non, je ne défilerai jamais avec ceux qui prônent une culture de la soumission et de la mort, et pratiquent le meurtre de leurs opposants, les islamistes de par le monde étant à peu près les seuls à faire ce qu’ils disent et à dire ce qu’ils font.Non, je ne défilerai jamais avec ceux qui ont soutenu les assassins de centaines d’intellectuels algériens dont mes amis l’écrivain Djaout, le dramaturge Alloula, le médecin Belkhenchir, le poète Sebti, le professeur Guenzet, etc… etc…, dont près de 100 journalistes, sans parler des autres, ces dizaines de milliers de simples citoyens algériens, qui eurent le tort de ne pas accepter l’ordre nouveau du « fascisme vert ». Pratiquer la surenchère des mots, pour compenser ma culpabilité d’être impuissant à sauver ces vies qui chaque jour disparaissent devant mes yeux de téléspectateur?Non, je ne m’associerai pas avec ces universitaires qui évoquent déjà Hitler, car alors {qui} aurait-on dû évoquer pour qualifier ce que firent les islamistes algériens tuant {avec de simples couteaux et haches, en une seule nuit, autant} qu’une des plus puissantes armées, dotées des armes les plus modernes, après 3 semaines de guerre… Comme ni « Hitler », ni « la boucherie » ne furent évoqués, alors qu’à l’époque c’eût été {vraiment approprié}, puisque des milliers de personnes furent égorgées, étêtées, éviscérées, défoetusées… comment dissimulerai-je d’abord que cette {sélectivité} me pose problème ?N’étant pas prêt à manifester avec n’importe qui, ou à crier n’importe quoi, peut-être puis-je exercer le seul pouvoir à ma disposition, celui d’utiliser ce qui m’a été donné de conserver jusqu’à présent, ma tête, en me demandant comment être utile à ceux qui souffrent d’une injustice historique, à partir de ma propre expérience, celle que je connais le mieux, l’expérience algérienne… Israel est un Etat-Nation qui s’est constitué par la violence. Mais quel Etat-Nation aujourd’hui existant y a fait exception ? Réponses à des injustices historiques, ces Etats ont suscité de nouvelles injustices. L’Algérie indépendante, par exemple, s’est constituée sur le massacre de dizaines de milliers de musulmans considérés comme des traitres, les messalistes, d’abord, les harkis ensuite, et sur le départ forcé d’un dixième de la population : un million de {non-musulmans}, d’origine juive et chrétienne, situation que le nouveau pouvoir s’empressa d’entériner en adoptant un Code de la nationalité décrétant que {seuls} {les citoyens musulmans} étaient automatiquement Algériens…Serait-il donc impossible de remédier aux injustices historiques, sans en générer de nouvelles ? L’expérience sud-africaine, permet heureusement une lueur d’optimisme.Les Palestiniens ont droit à un Etat-Nation viable, qui ne soit pas bantoustanisée. Mais y arriveront-ils avec des kamikazes ? Avec des armes dirigées essentiellement contre des civils ? Au nom de dieu ? Avec une armée d’enfants-soldats ? Avec la haine anti-juive pour seule « pensée » ? Au nom de cette idéologie fasciste qu’est l’islamisme qui n’offre comme horizon qu’un système sans liberté, infiniment pire que le monde injuste qu’il est censé remettre en cause ? Si tel était le cas, alors il faudrait souffrir doublement pour les Palestiniens, pour leurs malheurs d’aujourd’hui et pour ceux qui les attendent.L’expérience algérienne a bien montré qu’une « cause juste » pouvait très vite devenir « injuste » dès lors qu’elle recourait à un terrorisme contre les civils, fondé sur une pensée ethno-religieuse (dite « arabo-musulmane »), le nationalisme… Elle a montré aussi que du nationalisme qui fait partir un million de non-musulmans, en 62, à l’islamisme, une fois l’indépendance acquise, qui en chasse un autre million, cette fois des “musulmans”, il n’y a qu’un pas…L’expérience de notre FLN, qui se constitue dès 1954, en forçant tous les autres partis et mouvements, à disparaitre, ne nous enseigne-t-elle pas également que la contestation militarisée, loin d’être « la seule voie possible », comme certains ne cessent de le ressasser, est d’abord l’expression d’un mouvement autoritaire, qui se refuse à la démocratie, ou qui en est incapable, soit par tribalisme, soit par nationalisme, soit par islamisme, idéologies et mentalités où la contradiction se gère par l’élimination physique des contradicteurs….J’en suis donc arrivé à la conviction, que la seule forme de contestation qui peut préparer des lendemains qui ne déchantent pas, est la contestation pacifique. Celle qui fait appel à la raison politique et non à l’irrationnel religieux. Celle qui refuse de diaboliser l’Autre et tisse des liens avec lui. Celle qui lutte autant contre l’oppression extérieure, que contre l’oppression intérieure, encore plus aliénante. Les révolutionnaires ont longtemps pensé qu’il fallait d’abord détruire l’obstacle principal, et qu’après on verrait. Eh, bien on a vu ! Peut-on préparer un avenir pacifique, et démocratique, avec des soldats et des « chefs historiques », avec une pensée fondée sur l’exclusion raciale ou religieuse, ou encore avec cette haine immémoriale anti-juive, dont tous ceux qui on vécu ou vivent dans des pays musulmans aujourd’hui, connaissent les formes “banales”… N’est-ce pas notre Ministre de la culture qui peut dire tranquillement à la presse, qu’elle travaille à la « déjudaïsation » de la musique andalouse, patrimoine pourtant inextricablement judéo-arabe !!! De l’Algérie au Pakistan, le monde musulman, pourtant décolonisé depuis des décennies, d’où émane l’essentiel de la violence contemporaine, aura fort à faire pour assumer son passage à la démocratie. Les femmes, les laïques, les démocrates, les minorités religieuses, les intellectuels, et les artistes, y sont persécutés, lapidés, assassinés, et n’ont d’autre alternative pour penser librement et ne pas disparaitre prématurément, que de s’exiler quand ils le peuvent. Les religieux et les militaires ne cèderont pas facilement leur pouvoir.L’Europe occidentale est arrivée à la modernité politique, à la rationalité, et la démocratie, et à une certaine paix, après plusieurs siècles de lutte contre le pouvoir totalitaire de la religion, et de ses dignitaires, et je ne vois pas comment le monde musulman pourrait éviter ce passage obligé. Comme chaque peuple de cette sphère civilisationnelle, les Palestiniens ont donc du pain sur la planche, ayant quant à eux à assumer le lourd passif de la longue tradition d’exclusion, qui va de l’allégeance à Hitler du Grand Muphti de Jérusalem (de la principale tribu des Husseini), jusqu’à l’orientation des organisations de résistance nationaliste depuis Choukeïri, laquelle, jamais complètement récusée, peut aussi expliquer sa résurgence violente aujourd’hui avec le Hamas. Si l’expérience algérienne peut servir aux Palestiniens, le parcours de « notre » Mohammédi Saïd pourrait les édifier : soldat de l’Armée d’Hitler, il devint 10 ans plus tard, officier de l’ALN, ordonnant les massacres à l’arme blanche de milliers d’Algériens ayant refusé de se soumettre au FLN, puis deux années plus tard, membre de l’Etat Major de l’ALN aux cotés de Boumedienne, puis 3eme homme de l’Etat après l’indépendance, puis enfin en 1991, député islamiste du FIS, élu au 1er tour !N’ayant d’autre contre-exemple en tête, que celui de l’ANC de Mandela, je me dis que, oui, la contestation ne peut mériter son label de « juste » et de « légitime » que si elle fait le deuil de l’arsenal fantasmatique du nationalisme et de l’islamisme, que si elle se fonde sur la rationalité et le pluralisme politique, en respectant le droit à la vie et à l’expression de toutes les « sensibilités ».Des Palestiniens ont entamé ce travail, qui leur permettra un jour de construire enfin la force politique capable d’exprimer et de mener à terme {pacifiquement} leurs justes aspirations à vivre dans un Etat viable.Dans l’immédiat, les gouvernants actuels d’Israël ayant opté pour la meilleure stratégie qui renforce l’islamisme, la guerre, et les civils palestiniens en étant les principales victimes, j’espère que les diplomaties l’arrêteront le plus vite possible.Dans tous les cas, les démocrates qui en Europe bénéficient de la liberté de parole, ne devraient jamais jouer avec le feu, même si, pour l’instant, il brûle ailleurs… Jean-Pierre Lledo, cinéaste algérien. Paris, le 15 Janvier 2009

Actualité : Christine Tasin menacée de mort

Christine Tasin, du Mouvement Républicain et Citoyen, collaboratrice du site Riposte Laïque, vient de recevoir sur son blog (1), en guise de commentaire à son billet, un message signé “Ezzedine EL Kassem” (2) se terminant par une menace de mort. Paroles creuses ? Il faut l’espérer ! Mais peut-on hausser les épaules devant l’inadmissible ?Et peut-on ignorer que le verbe des islamistes est souvent performatif ? Christine Tasin a porté plainte et réagi avec grand courage. La solidarité envers elle doit être totale.Un soutien inconditionnel, indépendant de l’accord avec les positions qu’elle exprime, doit lui être apporté. Défendre la liberté d’expression est crucial. Dénoncer le Hamas est non seulement un droit mais un devoir pour tout démocrate. Huguette Chomski Magnis. Présidente du MPCT (1) http://christinetasin.over-blog.fr/article-26991345.html(2) Nom de la branche armée du Hamas

Théâtre : “Les Justes” de Camus

Superbe soirée de théâtre (1) que ces Justes mis en scène par Diastème, jeune metteur en scène véritablement habité par la pièce. On avait remarqué au dernier Festival d’Avignon ce spectacle, magnifiquement interprété par les jeunes comédiens de la Compagnie de la Main Gauche.Camus présente des terroristes russes socialistes-révolutionnaires de 1905. Attention aux nuances du sens des mots : justiciers violents, ces terroristes-là sont à des années-lumières des terroristes du 21° siècle.Qui sont vraiment ces “Justes”, unis dans la violence mais opposés, dissemblables dans leur rapport à la vie, au monde et à l’honneur ?Justice/injustice, innocence/culpabilité, amour/haine, violence/tendresse, altruisme/égoisme, Camus questionne toutes ces notions, explore les contradictions en fouillant avec gravité et délicatesse les tourments de l’âme humaine. Guettez les représentations de ce spectacle qui donne tellement à penser. (2)En attendant, on peut lire ou relire Les Justes. Marlène Jason(1) Salle Jacques Brel à Fontenay-sous-Bois (94) les 16 et 17 janvier. (2) site http://www.lamaingauche.eu/lesjustes.htmlProchaine représentation : Théâtre Le Nickel à Rambouillet le 24 janvier.

Communiqué de presse : Ne pas importer l’instrumentalisation des enfants !

{{Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme Paroles de Femmes Communiqué de presse Ne pas importer l’instrumentalisation des enfants !}}Le 11 janvier lors de la manifestation bruxelloise de solidarité avec Gaza, on a pu constater une alarmante instrumentalisation d’enfants. Regroupés en tête de manifestation, ils étaient incités à répéter des slogans et à porter des pancartes au message haineux, à brandir des drapeaux d’organisations terroristes comme le Hezbollah, à brûler celui d’Israël etc …Cette manipulation d’enfants est-elle compatible avec les articles 19 et 29 (alinéas B et C) de la Convention internationale des Droits de l’Enfant ? Est-elle compatible avec les valeurs d’une démocratie ?Des scènes similaires ont eu lieu à Oslo.En France, avoir vu dès le 3 janvier lors d’une manifestation parisienne une toute petite fille juchée sur une voiture haut-parleur à qui on faisait lancer un slogan aussi pacifique que “Israël assassin” doit interpeller toute citoyenne, tout citoyen, indépendamment de ses positions sur le conflit du Proche-Orient.Il s’agit d’un endoctrinement infligé à une enfant que la solidarité affichée avec les enfants de Gaza ne saurait justifier.De tels procédés risquent de détruire irrémédiablement le vivre ensemble républicain alors que les agressions antisémites se sont déjà multipliées.Semer la haine chez des enfants cause des ravages durables, on ne l’a que trop vu au Proche-Orient.Il est de la responsabilité de l’ensemble des organisations démocratiques, des associations de défense de l’enfance, des ONG de défense des droits humains, des associations de parents d’élèves et des syndicats enseignants de s’élever contre toute instrumentalisation des enfants. Paris, le 16 janvier 2009

Extraits de la Conférence internationale “Le terrorisme contre les droits humains universels” (II) : Interventions de Lise Haddad et Luca Guglielminetti

{{Nous poursuivons la publication des extraits de la Conférence Internationale du 23 novembre 2008 avec l’introduction faite au nom du MPCT par Lise Haddad, philosophe, présidente de la table ronde {“Quelles attaques de l’universel ?”} et l’intervention de Luca Guglielminetti au nom de notre partenaire Associazione Italiana Vittime del Terrorismo (AIVITER) dans la table ronde {“Des victimes prennent la parole”,} présidée par le Dr Richard Rossin.}} {{Le terrorisme et les droits de l’homme Lise Haddad, philosophe}}- La simple expression « droits de l’homme » véhicule au moins deux idées. D’abord celle de l’homme, c’est-à-dire celle de l’humanité au sens extensif : tous les hommes et toutes les femmes quels que soient leur âge, leur nationalité, leur religion, leurs choix. Et puis l’idée de droit, c’est-à-dire l’idée que les relations intersubjectives soient médiatisées par une norme établie au nom de principes universels donc vrais partout et tout le temps. Et dés lors une question se pose, comment en effet imaginer un système juridique qui vaille partout alors que les systèmes de valeurs des groupes humains diffèrent selon les lieux et selon les époques ? Ce n’est pas un droit qui peut l’emporter sur les autres mais l’idée même de droit et c’est là que l’on voit que ces deux idées, celle d’humanité et celle de droit sont liées. L’humanité et cette fois plus seulement au sens extensif de l’ensemble des êtres humains mais au sens d’une qualité qui exige de chacun qu’il soit un peu plus que lui-même afin de rendre possible une vie sociale dans le respect de soi et dans le respect d’autrui a besoin de l’établissement de conventions pour réguler les interactions. Et là, quels que soient les choix de chacun, les valeurs auxquelles il adhère, les coutumes qui sont les siennes, il doit maintenir la possibilité d’un échange avec l’autre dans des procédure éthiques de discussion, dans l’idée que quelques soient les différents, les divergences, la confrontation des idées aura pour objectif de faire progresser chacun des interlocuteurs. – Les droits de l’homme, c’est la possibilité de réunir l’humanité dans le respect réciproque et dans l’idée que l’humanité se forge et se maintient grâce à ce respect de normes de discussion et dans l’échange constant. Ce projet n’est réalisable que grâce au préalable que tous les individus sont solidaires dans l’espoir de parvenir à un accord ou au moins à un compromis rendant la coexistence possible. Que se passe-t-il quand un individu ou un groupe a recours au terrorisme pour faire prévaloir sa position ? D’emblée il apparaît que le terrorisme fait exploser l’idée même de droits de l’homme. D’abord parce qu’il assassine des être humains dont le premier droit consiste à pouvoir vivre, et à pouvoir vivre en sécurité. Mais pas seulement pour cette raison. Le terrorisme essaie de s’imposer par la terreur, il nie donc le principe évoqué plus tôt de libre adhésion à une discussion, à un échange dans lequel chaque partie pourrait affiner son point de vue et s’enrichir de celui de l’autre. En tuant ses interlocuteurs, au propre comme au figuré puisqu’il s’agit de modifier l’équilibre des forces par la violence et par la terreur, le terrorisme essaie d’annihiler l’autre dans son existence et même dans son principe. Au lieu de la rencontre de deux univers que constitue chaque véritable échange humain, il impose la défiguration, dans ce déchaînement de violence aveugle, comme la tête de gorgone, il pétrifie ses adversaires en offrant à chacun l’image anticipée de sa propre mort. Il importe de bien comprendre que quelle que soit l’idée défendue par les terroristes, elle ne peut pas être considérée comme un point de vue possible puisqu’elle nie les conditions mêmes d’un débat dans lequel des points de vue différents seraient exposés . – Toute cette journée, différents spécialistes, psychologues, psychanalystes, analystes politiques, juristes représentants d’associations des droits de l’homme, ou du droit des victimes ou de la lutte contre les ségrégations et j’en oublie, vont se succéder pour tenter d’analyser des situations complexes, des échanges auront lieu entre eux et avec la salle toujours dans cette idée de respect et d’écoute des différentes positions et pour mettre en œuvre ce principe de discussion qui établit et fortifie le lien social, le seul capable de résister à toutes les barbaries. _________________________________________________________ENGLISH http://www.vittimeterrorismo.it/iniziative/conf-int-aiviter-eng.htmITALIANOhttp://www.vittimeterrorismo.it/iniziative/conf-int-aiviter-08.htm {{Intervention de Luca Guglielminetti Responsable des Relations Internationales de AIVITER}}- Au nom de l’association italienne des victimes du terrorisme et de son président, Dante Notaristefano, j’apporte les vœux et les remerciements reconnaissants au « Mouvement pour la paix et contre le terrorisme » pour cette invitation à participer à cette conférence, et à Huguette Chomski Magnis pour l’énorme travail dans lequel elle s’est investie dans le but de tisser et de lancer un réseau d’associations sous le commun dénominateur de la lutte contre le terrorisme.Je dois dire, tout d’abord que bien que m’exprimant en cette séance dédiée à la voix des victimes, je ne suis personnellement ni une victime ni de la famille d’une victime du terrorisme. Pourtant depuis 2002 j’ai activement participé à l’association que je représente ici pour la communication, la pédagogie et les relations internationales. Ce que je soumet ici à votre attention, ne ressort que d’une évaluation toute personnelle, qui cependant a mûri au contact des victimes et de leurs problèmes et avec les dirigeants de l’Association.- La voix des victimes a le droit de faire entendre ses griefs qui sont d’une nature autrement plus profonde que celle qui émane de tout citoyen en tout pays libre. Une profondeur qui résulte d’un fait simple et manifeste: Les victimes n’ont pas accès à la parole, et la voix des survivants blessés et de leur famille est brouillée en raison d’un dommage presque impossible à surmonter, comme cela arrive aussi parfois aux lésions infligées à leurs corps et à leur âmeEn vérité, c’est de cette constatation qu’émane l’interrogation que je veux soumettre à notre réflexion collective. Comment est-il possible de trouver un équilibre entre le souvenir des crimes des ex-terroristes, qui sont vivants et libres d’écrire, et celui de leurs victimes, si ceux-ci sont morts ou si leur voix a été affaiblie ou rendue muette par ce méfait. Il est probable que cette question concerne surtout les pays qui tels l’Espagne et l’Irlande qui, en plus de l’Italie ont fait l’expérience d’un certain type de terrorisme: celui qui peut compter sur une plus ou moins large sympathie idéologique de la part de l’opinion publique et de l’intelligentsia. Mais, l’augmentation des communautés arabes en Europe font de ce problème une question immédiate dans le contexte du terrorisme d’inspiration islamiste. – Afin de mieux expliquer le problème du souvenir, je vais faire référence à la pensée d’un philologue de l’Université de Turin qui a récemment édité des lettres de prison des terroristes qui ont attaqué Aldo Moro, Président de Démocratie Chrétienne, plusieurs fois Premier Ministre, enlevé et tué ensuite par les Brigades Rouges en 1978.Miguel Gotor dans Lettere dalla prigiona écrit: Le système de la mémoire (des ex-terroristes)co-existe avec le désagréable privilège qui consiste dans le fait que le « témoin intégral», Aldo Moro , est bien incapable d’exprimer ses propres souvenirs, puisqu’il n’a pas survécu à l’abîme dans lequel il s’est trouvé projeté, perdant ainsi tous ses droits à s’exprimer. C’est pour cette raison que ses ex-geôliers sont en position de le maintenir en prison aujourd’hui au moyen d’une utilisation instrumentalisée de la mémoire. Utilisation qui est nécessairement fonctionnelle pour les besoins courants (judiciaires, politiques, moraux, psychologiques et religieux) d’hommes libres ou en recherche de liberté, mais ne l’est en aucun cas pour une reconstruction historique de ce qui s’est passé, d’un passé sur lequel ils vont exercer une dictature monopolistique et paradoxale du témoignage. Cette dictature a une conséquence néfaste pour les survivants et leurs familles, car aujourd’hui il se trouvent dans la condition de prisonniers, et pas les ex-terroristes. Prisonniers d’autant plus marqués par la souffrance d’une reprise régulière de la fausse représentation des faits à l’occasion de l’édition de chaque article de presse ou de livre par les terroristes d’hier ou par leurs idéologues.- Le fondateur et président de notre association , Maurizio Puddu, qui a été blessé à la jambe par les Brigades Rouges à l’entrée de sa maison à Turin en 1977 a écrit: « Il est vraiment désagréable d’entendre aujourd’hui de nouvelles interprétations qui en vérité ne font qu’altérer les faits et leur incontestable valeur. »De là il ressort que les victimes du terrorisme et leurs familles ne peuvent jouir de la possibilité d’imaginer l’avenir: trop de choses restées dans l’ombre pèsent sur leurs épaules et voilent une vérité comprimée par la dictature du témoignage.Cette époque, commodément dénommée « années de plomb » se voit ainsi empêchée d’entrer dans l’Histoire, « par le fait que tant de vérités lui font défaut, trop de responsabilités n’ont pas été établies clairement, trop de gens attendent encore que justice soit faite; et le débat reste pollué par les convenances et les auto-défenses y compris celles relatives aux générations, » c’est-ce qu’écrit Mario Calabrese, fils de Luigi, qui fut assassiné à Milan en 1972. Cette dictature de la mémoire a de plus été amplifiée par la logique des groupes de médias. Mario Calabrese observe encore, dans son livre, Spingendo la notte più in là, que « l’inégalité de traitement entre celui qui tue et celui qui est tué est irrémédiable, car elle augmente continuellement avec les années par le fait que l’assassin écrit ses mémoires, est interviewé par les télévisions, participe à certains films, se retrouve à des postes à responsabilité, alors que personne ne demandera à la veuve d’un caporal comment elle vit privée de son mari, si des enfants ont fait l’expérience d’une enfance d’orphelin, si le passage du temps a calmé les blessures, la douleur, la peine.- Pour comprendre la dictature de la mémoire, il faut se pencher sur la genèse du terrorisme dans notre pays et tenter de cerner l’origine de cette large sympathie idéologique de l’opinion publique et de l’intelligentsia pour la subversion de l’ordre constitutionnel de l’état que j’ai esquissé au début de ce discours. « Il ne faut pas oublier le milieu culturel de l’époque, ses enseignements et ceux qui les enseignaient . Laissez moi rappeler encore ce qui a pu être dit à ce propos, notamment dans ces années terribles, lors d’un meeting de juristes italiens et allemands , par un sociologue allemand, Kielmansegg. Le sujet de ce meeting était la RAF en Allemagne et les BR (Brigades Rouges) en Italie, et l’une des estimations issues des débats a été que le phénomène des Brigades Rouges était plus isolé en Allemagne qu’en Italie, à tel point qu’en Italie, autour de la terreur rouge, une atmosphère culturelle assez favorable ou tout moins propice a pris forme: une « mode » ou « tendance » culturelle, largement répandue surtout dans les cercles intellectuello-bourgeois, qui a permis au discours terroriste de prendre racine et de prospérer. Le noyau de tout cela devait être recherché – selon Kielmansegg – dans un concept, non seulement non refusé, mais au contraire assez largement partagé, et selon lequel tout besoin personnel doit être satisfait; et tout besoin « injustement » non satisfait pouvant légitimer une réaction y compris hors les limites de la loi, réaction violente, en fait; alors que, précisément, le premier enseignement d’une saine démocratie devrait être que la démocratie elle-même est basée sur la règle « des citoyens qui vivent ensemble » même dans un contexte de besoins personnels insatisfaits.- Par conséquent c’est à cause de la culture hégémonique de cette période des années 60/70 du siècle passé que, dans notre pays le phénomène terroriste a pu atteindre une taille incomparable, en tenant compte, par exemple, de ce qui s’est produit en France et en Allemagne. Nous faisons allusion en fait aux 200 morts et milliers de blessés, aux kidnappings et aux attaques, sans prendre en compte les massacres fascistes ni ceux du terrorisme arabe international.C’est cette culture qui a permis aux groupes terroristes de s’appuyer sur un vaste réseau de sympathisants, en plus de son noyau opérationnel: On pense qu’ils ont eu jusqu’à 20 000 supporters à comparer avec les 7000 individus jugés et les 4000 qui ont été définitivement condamnés pour des actions de subversion « rouge ». C’est encore cette culture, qui en facilitant les opportunités d’expression des ex-terroristes à la dictature du témoignage, a imposé au peuple italien, qui a clairement et avec force exprimé sa solidarité envers les victimes des nombreuses circonstances tragiques inhérentes aux évènements nationaux et internationaux du siècle passé, une attitude de lâcheté embarrassée et même un silence ambigu lorsqu’il s ’est trouvé face aux victimes du terrorisme intérieur de ces terribles années – Sans doute, alors que je me trouve à Paris maintenant, je ne peux m’empêcher de me demander si des éléments de cette culture ont pu produire tant de pitié charitable et de compréhension envers nos terroristes fugitifs. Aussi je vous pose une de mes interrogations, en paraphrasant et synthétisant l’article de notre homme de lettres Guido Ceronetti: Comment est-il possible qu’un pays civilisé et laïque comme la France ait pu offrir et offre encore sa protection à des terroristes italiens, même s’ils ont été condamnés pour crimes de sang, par trois niveaux de cours de justice et qu’il apparaisse ainsi en Europe aujourd’hui comme un énorme sanctuaire qui accueille les meurtriers et leur assure impunité, opportunités et brevets d’intellectuels?J’en arrive à ma conclusion avec l’observation que l’examen attentif de cette culture par le sociologue allemand, et cité par le juge Maddalena, qui affirme que tout besoin « injustement » non satisfait peut légitimer une réaction qui va même au-delà des limites de la loi, nous rappelle un thème, qui en termes non judiciaires, déclare que « toute rébellion est sans limites et par conséquent peut légitimement tuer », ce qui veut dire l’exact opposé de la pensée d’Albert Camus, auteur que je sais cher à votre mouvement et dont les paroles apparaissent sur tous les documents publiés par l’Alliance Internationale contre le terrorisme.Ainsi, aujourd’hui je crois qu’il est bon de souligner que la première lutte culturelle contre le terrorisme passe par le concept que nulle rébellion ne doit ignorer le sens de la modération,, la limite infranchissable que constitue la vie des autres, car c’est le manque de modération qui génère la terreur: « Le bien et le mal absolus, si on y inclut la logique nécessaire requièrent la même rage » .- Il n’est pas certain que l’ONU et la déclaration Universelle des Droits de l’Homme, dont nous célébrons le 60ème anniversaire aujourd’hui, mais certainement cette part de la culture politique qui aujourd’hui encore idéalise – en en faisant des valeurs absolues – droits humains et citoyens, aient compris que tuer par idéologie est moralement aussi répréhensible que tuer pour des raisons futiles. On n’est pas conscient que la « bonne » cause du terroriste ou son droit d’avoir un procès « équitable » et un traitement pénal sont en train de constituer des éléments dont la valeur éthique est inférieure à celle de l’assassinat au nom de la réalité ou d’un droit qui, lorsqu’il est idéalisé et rendu absolu, ne prend vraiment sa place qu’en dehors des deux autres.A la dimension tragique de la mort due à un délinquant dela route ou à un mari jaloux, on peut dire, paraphrasant Hanna Arendt, que le terrorisme – tout comme l’état totalitaire- par idéologie ou religion, tour à tour, transforme la victime en un banal rouage de la machine constitué par sa fausse réalité qui le ou la prive non seulement de sa vie, mais aussi – aux yeux de celui ou celle qui croît en cette réalité factice – de la dimension tragique qui appartient à sa mort.- La conséquence c’est qu’il n’existe pas de distinction entre ces deux catégories de victimes. Quelque soit le supposé coupable, la victime n’aura jamais la possibilité de se défendre de quelque manière que ce soit : c’est l’emprise de la dictature du témoignage.Je pense que les rôle et but principaux de notre union internationale, sont de réclamer pleine et entière valeur pour la souffrance des victimes, sans réduction externe possible. Je pense aux paroles d’encouragement prononcées par Vicence Villatoro à l’occasion de la Première Journée Européenne des Victimes du Terrorisme: {« les victimes de terrorismes idéologiquement considérés comme les plus proches de nos positions ou plus compréhensibles à notre culture ne sont pas considérées comme moins victimes que celles qui ont été touchées par des terrorismes générés par des idéologies plus éloignées de nous.L’idéologie des terroristes n’est pas une base pour un jugement moral du terrorisme ni de la souffrance des victimes ».}(Traduction : Danielle Lévy)

Ne pas importer l’instrumentalisation des enfants !

L’ESISC (1) s’émeut à juste titre de l’instrumentalisation d’enfants constatée le 11 janvier lors de la manifestation bruxelloise de solidarité avec Gaza : Enfants regroupés en tête de manifestation, poussés à répéter des slogans et à porter des pancartes aux messages haineux, à brandir des drapeaux d’organisations terroristes comme le Hezbollah, à brûler celui d’Israël etc …On ne peut que s’interroger avec l’ESISC ” sur la compatibilité de cette manipulation d’enfants avec les articles 19 et 29 (alinéas B et C) de la Convention internationale des Droits de l’Enfant et, plus généralement, avec les valeurs d’une démocratie” !Des scènes similaires ont eu lieu à Oslo. Et en France ?Voir dès le 3 janvier lors d’une manifestation parisienne une toute petite fille juchée sur une voiture haut-parleur à qui on faisait lancer un slogan aussi pacifique que “Israël assassin” doit révulser toute citoyenne, tout citoyen, indépendamment de ses positions sur le conflit du Proche-Orient. Il s’agit de maltraitance infligée à une enfant que la solidarité affichée avec les enfants de Gaza ne saurait justifier. De tels procédés risquent de détruire irrémédiablement le vivre ensemble républicain alors que les agressions antisémites se sont déjà multipliées. Semer la haine chez des enfants cause des ravages durables, on ne l’a que trop vu au Proche-Orient. Il est de la responsabilité des associations de défense de l’enfance, des ONG de défense des droits humains, des associations de parents d’élèves et des syndicats enseignants de s’élever contre toute instrumentalisation des enfants. Il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’y mettre un terme. Huguette Chomski Magnis (1) European Strategic Intelligence & Security Center http://www.esisc.org/

Extraits de la Conférence internationale “Le terrorisme contre les droits humains universels” (I) : Exposé de Jacques Tarnero

{{Si le 60° anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a donné lieu à d’innombrables manifestations, une seule a été consacrée à la violation majeure des droits humains qu’est le terrorisme : la Conférence internationale réunie à Paris le 23 novembre 2008 à l’initiative du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme et de ses partenaires de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme (1). Notre Communiqué du 10 décembre 2008 en a rendu compte. Nous entamons maintenant la publication sur ce site des principales interventions qui y furent faites. Toutes ne reflètent pas nécessairement le point de vue de notre association mais toutes participent de l’indispensable débat démocratique.}}Que cette publication commence en pleine guerre entre Israël et le Hamas à Gaza ne fait que souligner l’urgence de l’émergence d’un mouvement de mobilisation de la société civile contre le terrorisme. Comme menace majeure contre l’universalité des droits humains, le terrorisme est resté un objet non identifié. L’encouragement de fait apporté au Hamas, organisation islamiste, terroriste, raciste ayant pour programme la destruction des Juifs et pour méthode l’utilisation de la population civile palestinienne comme “bouclier humain”, est responsable du désastre présent à Gaza. Donner raison au terrorisme pour avoir la paix ne peut mener qu’à la guerre.{{Nous ouvrons cette série par l’exposé du journaliste Jacques Tarnero dans la table ronde {“Quelles attaques de l’universel ?”} présidée par notre amie, la philosophe Lise Haddad.}} – Il est des coïncidences qui ne doivent rien au hasard: la sortie d’un film qui renvoie aux années de plomb en Allemagne, le retour d’une ultra gauche révolutionnaire sur les lignes de TGV autant que le congrès du Parti Socialiste français, clignotent comme des signaux annonciateurs que quelque chose va bouger dans le paysage idéologique. C’est une voie royale qui s’ouvre pour la radicalité, pour l’extrême gauche, pour l’ultra gauche autant que pour ses méthodes avec son cortège rêves dont fait bien sur partie la nostalgie de la violence révolutionnaire.- Une voie royale, et pour cause : si la gauche parlementaire, en l’occurrence le parti socialiste, voulait donner d’elle même de bonnes raisons d’être repoussante, elle ne s’y prendrait pas autrement. Jamais les mots ont à ce point été démentis par les faits : le PS invoque souvent ses « valeurs », clame qu’il ne saurait perdre son « âme». On cherche désespérément l’incarnation de ces beaux mots dans les élans fraternels qui unissent les héritiers de François Mitterrand, grand expert en vices privés et vertus publiques. Mais lui au moins avait du style. C’est donc de la gauche qu’il s’agit, de ce que signifie ce mot, des espoirs qu’il est supposé porter. Depuis Robespierre en passant par Béria et Georges Marchais nous savons que le spectre de ce mot est extensible jusqu’à son contraire. Un certain nombre de paramètres existent pour distinguer et préférer Marc Bloch à Georges Habache.- La crise financière est du pain béni pour la pensée magique de tout poil et le désastre social qui l’accompagne va permettre de nommer les coupables à peu de frais. Le champ politique est désormais fertile pour la radicalité et c’est pourquoi ce retour en arrière sur les années 70, proposé par le film allemand « la bande à Baader » est une opportunité pour conjurer le retour des utopies meurtrières qui avaient nourri l’imaginaire idéologique d’une partie de la jeunesse allemande et européenne. Même si les moments diffèrent profondément, des constantes demeurent, reconduisant les mêmes trous noirs de la pensée européenne : pourquoi le roman « les bienveillantes » eut il en Europe le succès que l’on sait ? Pourquoi le film « la chute » a t il fasciné un public européen ? Il faut croire que l’Europe n’a pas encore exploré suffisamment sa part maudite pour sans cesse la revisiter.- La violence de la bande à Baader fut à la hauteur du crime dont elle se voulait la rédemption. A vouloir anéantir le mal dont elle était la génération héritière, les amis de Baader visaient tout ce qui selon eux, en représentait le legs. Confondant social démocratie et nazisme, la RAF mettait cependant en pleine lumière la présence d’anciens nazis dans l’appareil du pouvoir en Allemagne fédérale. Ce que Beate Klarsfeld avait mis en scène par une gifle au chancelier Kiesinger, la RAF le pratiquait par l’assassinat de Hans Martin Schleyer. La dénazification n’avait pu éliminer la génération qui avait porté Hitler au pouvoir et pour cause : ce furent bien des bataillons entiers de gens ordinaires qui l’avaient fait élire, démocratiquement. En France, ce furent probablement les mêmes qui chantèrent « Maréchal nous voilà » pour ensuite applaudir De Gaulle sur les Champs Elysées et le préfet Papon fut reconduit dans ces œuvres par le pouvoir issu de la Résistance. Comment quitter les mythologies pour entrer dans le récit peu élégant des lâchetés collectives et des courages solitaires ? Soixante ans plus tard cette histoire n’a pas fini de s’écrire.- A-t-on seulement remarqué que les terrorismes d’extrême gauche furent d’autant plus meurtriers qu’ils s’inscrivaient dans l’héritage dialectique du fascisme italien, du nazisme allemand, ou de l’impérialisme nationaliste japonais. Fraction Armée Rouge allemande, Brigades Rouges italiennes ou Armée Rouge japonaise ont eu cette pratique commune : la rédemption du crime fasciste passait par le meurtre révolutionnaire ou la destruction de ce qui en représentait la forme substitutive. Il faut souligner cette particularité schizophrène : ces révolutionnaires vont avoir une cible privilégiée : leur radicalité purificatrice va viser Israël quand leurs aînés avaient visé les juifs d’Europe. Ce sont des allemands d’extrême gauche membres d’un commando germano palestinien qui vont reconduire les gestes de nazis en triant et séparant les otages juifs des non juifs lors du détournement d’un avion d’Air France sur Entebbe en juillet 1976. Ce sont des japonais révolutionnaires qui mitraillent à tout va à l’aéroport de Tel Aviv en 1972. Ce sont des brigadistes italiens qui vont aider à la pose d’une bombe du FPLP devant la grande synagogue de Rome en 1982 . Pour ces jeunes européens la figure achevée du mal fasciste se nommait Israël tandis pour la génération d’avant la figure du mal se nommait les juifs. – Cette centralité de la cible juive-Israël au cœur de la détestation commune de l’extrême droite ou de l’extrême gauche devrait inciter à réfléchir. C’est une des grandes caractéristiques de l’inflation commémorative à propos de la shoah : on ne dénonce jamais tant Auschwitz que l’on ne développe simultanément l’accablement radical de l’Etat juif et ce ci n’a strictement rien à voir avec la légitime critique de la politique des gouvernements d’Israël. On n’honore les juifs morts que pour mieux déshonorer les juifs vivants. Que ceux ci soient désormais israéliens ne change rien à l’affaire : l’imprescriptibilité de la matrice du crime majeur du XXeme siècle rend fous ceux qui sont incapables d’en assumer la charge. – Ce renversement de la raison aurait du engendrer des cauchemars rétrospectifs que n’ont eu ni Toni Negri, ni Horst Malher, ni Jean Genet, ni Kozo Okamoto. Seul Joshka Fischer, l’ancien ministre allemand des affaires étrangères, posséda cette lucidité : pour l’ancien leader d’extrême gauche, les révolutionnaires allemands ne pouvaient reconduire au nom de l’émancipation des peuples des gestes identiques à ceux de l’asservissement des peuples ou de l’antisémitisme nazi. Est il nécessaire d’ajouter que l’exhumation des archives de la STASI a révélé que ces groupes étaient manipulés par les services secrets d’Allemagne de l’Est et que Klaus Croissant, l’avocat de la RAF, en avait été l’agent rémunéré. A l’époque, à gauche, on ne voulait pas croire à cette « vie des autres ». En France, Action Directe, pauvre petit descendant de la radicalité rédemptrice du fascisme à la française ne commit que quelques assassinats à la mesure de ce que la Collaboration avait commis. Pétain n’avait fait que suivre l’occupant, parfois en devançant ses désirs. Le gauchisme français fit l’économie du terrorisme sans doute parce qu’aussi au bureau politique de la LCR le yiddish était la langue dominante. Il y restait encore de la mémoire. On se souviendra des saillies antisémites de la branche lyonnaise d’Action directe, elles annonçaient celles qui affichaient un signe = entre la Svastika et l’étoile juive au cours des grands rassemblements anti israéliens et anti américains des années 2000. – La confusion du sens des mots est bien l’autre raison des malheur du monde. Elle est suffisamment grande pour que ceux qui le commentent ne se trompent pas afin de pouvoir en dire la réalité. Comment peut on continuer à qualifier de « suicide » ces attentats commis par hommes-bombes qui se font sauter pour tuer le plus grand nombre. Il n’y a pas l’ombre d’un désespoir suicidaire dans ces gestes mais au contraire une exaltation morbide, une jubilation sensée ouvrir les voies du paradis dans le fait de donner la mort en y perdant la vie. Or qu’est ce qu’évoque le mot « suicide » sinon le passage à l’acte de celui qui par désespoir ne supporte plus sa vie et préfère la quitter en se donnant la mort. Le suicidé attire la compassion de son entourage, il attire la sympathie culpabilisée de ceux qui n’ont su que faire pour l’aider à vivre. Tout ce registre d’attitudes et de sentiments fonctionne dans un monde qui cherche à protéger la vie et ne propose pas le salut par la mort d’autrui. Si le mot « civilisation » a un sens c’est bien ce qui distingue le choix de la vie, du choix de la mort. « Nous chérissons la mort autant que les américains aiment la vie » semble constituer la matrice philosophique des Hezbollah, Hamas et autres GIA. La mise en pratique de ce principe abominable fascine cet Occident avide de gore autant que d’humanitaire. Réduits à n’être qu’un spectacle télévisuel de plus, ces massacres banalisent l’horreur qui ne trouve d’autres dénomination, dans nos catégories culturelles, que celle d’ « attentats suicides ». -La « bombe humaine » ne constitue pas seulement une arme de destruction. Nommée « attentat suicide » en Occident, elle peut susciter de la compassion pour son auteur dans une lecture sommaire du geste. La stratégie apocalyptique présente un double avantage : elle terrorise autant qu’elle culpabilise. Elle engendre chez ceux qu’elle vise un doute déstabilisateur. Quel désespoir peut conduire à de tels actes ? Elle transforme la victime en coupable. Elle amène les victimes à s’interroger sur la raison de la haine dont elles sont l’objet. Comment peut on choisir de se sacrifier ? Comment peut on accomplir ce geste sans de bonnes raisons de le faire ? La victime vient à considérer que la bombe humaine pourrait être autre chose que le geste apocalyptique d’un terroriste fanatisé. « Si ces gens font le sacrifice de leur vie, peut être ont-ils de bonnes raisons de nous haïr ? » Or il n’y a aucune pertinence pour cette interrogation. Quand le journal télévisé commente en ces termes l’attentat de Dimona en mai 2008: « il a fait trois victimes, dont deux kamikazes » ce propos met sur le même plan l’assassin et sa victime. Mais, bien sur, dans le cas d’Israël, les terroristes sont des « activistes »…- La bombe humaine est le moyen et la fin. Elle est emblématique de la vision du monde de l’islamisme. L’apocalypse fait partie de son projet. Le registre psychologique du tueur est radicalement différent de celui qu’il va tuer. Il n’y a ni désespoir, ni pitié, ni douleur pour celui qui va se faire exploser mais bien plutôt une jubilation mortifère ouvrant les portes du paradis. Sur quels ressorts psychiques (ressentiment, refoulement, détournement pulsionnel) s’appuient les projets totalitaires ? Pourquoi séduisent-ils ? Comme le fascisme avant lui et comme le nazisme ou le communisme, le totalitarisme, ici islamiste, propose une vision globale du monde. Hors d’elle et quel qu’en soit le prix, point de salut. La religion a déjà en son temps, en Europe, fait la preuve de son talent pour brûler vif au nom de la foi, couper des têtes ou torturer au nom de la Sainte Inquisition. L’idéologie révolutionnaire a agi de même pour construire l’homme nouveau. De Saint Just en Béria, de la prison du Temple à la Loubianka, la Terreur sans dieu ressemblait fort dans ses méthodes à celle qui invoquait dieu dans ses jugements. Avec l’islamisme, c’est un aboutissement encore plus féroce qui s’annonce : hormis la décapitation ou la lapidation des apostats, des homosexuels, des femmes infidèles, des Juifs et des croisés, Dieu ajoute le sacrifice de ses enfants pour arriver à ses fins. Pendant la guerre Iran Irak des milliers d’enfants iraniens furent envoyés sur les lignes de front pour faire exploser les mines irakiennes qui freinaient les offensives. Tous portaient autour du cou une petite clef en plastique sensée leur ouvrir les portes du paradis. La bombe humaine participe de la même logique.- Le matin du 11 septembre 2001, 19 hommes connaissaient le jour de leur mort programmée. Aucun d’eux n’a manifesté l’ombre d’une hésitation, d’une défaillance comportementale. Leurs sacs contenaient des cutters car “il te faut aiguiser le couteau et ne pas faire souffrir l’animal que tu abats”. Cette consigne hallucinante faisait partie de la “feuille de route”, trouvée en cinq exemplaires, appartenant aux terroristes. Elle révèle leur conditionnement psychologique et leur isolement sectaire du monde. “Ne croyez pas que ceux qui sont tués pour l’amour de Dieu sont morts. Ils sont vivants… Sache que les jardins et les femmes du paradis t’attendent dans toute leur beauté. Elles sont parées de leurs plus beaux atours… Si Dieu décide que certains d’entre vous doivent se livrer au carnage, vous dédierez ce carnage à vos pères… Fais le serment de mourir et renouvelle ton intention . Rase ton corps et passe le à l’eau de Cologne. Douche toi…. Quand l’affrontement commencera crie “Allah Akbar”, car ces mots saisissent d’effroi le cœur de ceux qui ne croient pas”.- Nommer « suicides » ces gestes abominables, c’est entrer dans le jeu du terrorisme, c’est lui trouver des alibis. Le sens de « la dignité humaine », la « certaine place de l’homme dans l’univers » vus par Mahmoud Ahmadinejad doivent d’urgence être dénoncés, au nom de l’universalité des droits de l’homme, au nom de l’idée même de civilisation. Cette version du jihad qui conditionne et fabrique, souvent à partir d’adolescents, d’enfants, de femmes ou de malades mentaux, des futures bombes humaines, relève de la notion de crime contre l’humanité. C’est à Genève, en avril 2009, à l’occasion de la future conférence de l’ONU, organisée par le Conseil des droits de l’homme de cette même ONU, que nous pourrons vérifier qui l’emporte de l’obscurantisme apocalyptique ou de l’universalité des droits humains. Or tout indique (à travers les séances préparatoires du CDH) que la réécriture islamiste de ces droits a le vent en poupe. – Des exemples il y en a mille, faisant l’inépuisable démonstration des masques vertueux du mensonge, des cécités idéologiques, des lectures borgnes du réel, des exaltations meurtrières supposées libératrices. Il faudrait citer aussi la préface de JP Sartre au livre de Franz Fanon, les « damnés de la terre », quand l’auteur des « mains sales », fait l’éloge de la violence meurtrière aveugle pour peu qu’elle ait pour cible, le colon, lui sa femme et ses enfants. Ce que je mets en cause ici c’est le discours de Sartre pas la lutte des algériens pour leur liberté. A l’époque une autre voix, réformiste, moins radicale, moins violente mais plus intimement torturée, je veux dire celle d’Albert Camus était raillée, moquée, dénoncée par les porteurs de valises par procuration. Aurais je tort de dire ici que si les méthodes de guerre révolutionnaires pouvaient faire l’économie du terrorisme, le produit victorieux de ces guerres, en l’occurrence la liberté acquise, le recouvrement de droits nationaux ne serait plus affecté par cette terrible génétique : le fin ne justifie pas les moyens, les moyens sont dans la fin et ceci est vrai pour 1793, pour l’attentat contre l’hotel King David ou pour l’attentat de Munich en 1972.- Aujourd’hui Olivier Besancenot ouvre la porte de son nouveau parti à la débilité politique des assassins de Georges Besse. Loin d’exprimer une défiance à l’égard du passé d’Action Directe, le porte parole de l’anticapitalisme radical estime que « Françoise Besse à des comptes à régler avec Action Directe » ! Ayant déjà qualifié dans son discours d’hommage à Joelle Aubron, « d’héritière des Communards », Besancenot persiste et signe à propos de Jean Marc Rouillan. Lamentable commentaire qui disqualifie toute prétention de son auteur à une quelconque morale en politique. Plus étrange et plus grave est l’avis d’Henri Weber : « avec Besancenot, nous partageons les mêmes valeurs » (le Figaro 3/11/2008). Une telle appréciation de la part d’un dirigeant du PS traduit-il une certaine nostalgie pour la radicalité ? De quelles valeurs s’agit-il ? Quel est le monde commun partagé avec la LCR ou le NPA ? Si au PS on estime que seuls les moyens diffèrent avec Besancenot, alors il y a de quoi être inquiet. On ne peut partager la fin sans partager les moyens. La fin est toujours dans les moyens. Besancenot et ses nouveaux amis devraient être pour la gauche que ce que fut le FN pour la droite : un faux ami, une idéologie détestable.- Ce que révèle le mot de Weber, c’est que ce registre psycho-politique a toujours en France ses adeptes sectaires: à l’école Normale Supérieure, ce temple de la fabrication des élites françaises qui forma en son temps Sartre et Althusser, Alain Badiou semble en assumer l’héritage théorique, lui qui n’hésite pas à voir dans le Hamas et le Hezbollah l’avant garde du prolétariat en lutte. Ces sectes possèdent un pouvoir de séduction toujours vif. Par la fascination qu’exerce la radicalité sur la petite bourgeoisie intellectuelle, c’est une nouvelle esthétique qui s’est mise en place chez ces désormais soixantenaires. A défaut de Révolution les bonnes âmes cultivent la pose et la prose hargneuse. « De quoi Sarkozy est-il le nom » questionne ce faux disciple de Platon. Allez donc regarder les sites internet « Tout sauf Sarkozy », vous verrez aisément de quel bois se chauffe la nouvelle radicalité. Il suffit de regarder l’émission « ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéi pour mesurer le potentiel de ces haines toutes du plus radical-chic qui soit: des « indigènes de la République » en passant par Alain Soral, c’est tout ce ressentiment propre à la France qui s’exprime. Jamais une parole ne vient y dire un regret politique: « excusez moi, j’ai dit des bêtises » pourrait y dire la pape de la complexité Edgard Morin qui n’avait pas su distinguer entre l’article défini et l’article indéfini dans l’article du Monde « Israël, Palestine, le cancer » cosigné avec Sami Naïr et Danièle Sallenave quand il y écrivait « les juifs victimes de la plus grande inhumanité, font à leur tour preuve d’inhumanité à l’égard des palestiniens ». Dans une interview du Point (6/11/2008) Edgard Morin avoue rétrospectivement avoir eu des formulations abusives. – La France est la terre d’asile de ces comportements et la gauche française son champion, elle qui adore Obama parce qu’elle pense qu’il est un héritier des Black Panthers. C’est tout un aggiornamento idéologique qui s’impose. C’est tout un rêve qui doit se défaire avant qu’il ne se transforme à nouveau en cauchemar. Ce qu’Obama révèle c’est justement cette formidable capacité à aller ailleurs, au delà des modèles idéologiques usés. Le ressentiment français à l’égard des USA n’était jamais aussi fort qu’il exprimait, au delà de Bush, la revanche d’une humiliation : d’abord celle d’avoir été libéré, par deux fois, par des soldats américains. Ce que la gauche déteste des Etats Unis, c’est l’image en retour de sa propre impuissance. Le premier ennemi que la gauche doit combattre est d’abord un « ennemi intime », à l’intérieur de sa propre histoire, à l’intérieur de ses propres mythologies car on le sait bien, le retour du « grand soir » annonce toujours des « petits matins ».- Etre « progressiste » aujourd’hui c’est d’abord être capable de cet examen critique. Jacques Tarnero Paris , le 23 novembre 2008

Presse : Lire l’article d’ André Glucksmann dans le Monde publié le 6 janvier

Enfin une vraie réflexion, sage, dépassionnée, sur l’affrontement Israël/ Hamas et ses terribles implications pour les civils palestiniens. (1) {{“Gaza, une riposte excessive ?”}} {Quelle serait la juste proportion qu’il lui faudrait respecter pour qu’Israël mérite la faveur des opinions ? L’armée israélienne devrait-elle ne pas user de sa suprématie technique et se borner à utiliser les mêmes armes que le Hamas, c’est-à-dire la guerre des roquettes imprécises, celle des pierres, voire à son libre gré la stratégie des attentats-suicides, des bombes humaines et du ciblage délibéré des populations civiles ? Ou, mieux, conviendrait-il qu’Israël patiente sagement jusqu’à ce que le Hamas, par la grâce de l’Iran et de la Syrie, “équilibre” sa puissance de feu ? A moins qu’il ne faille mettre à niveau non seulement les moyens militaires, mais les fins poursuivies. Puisque le Hamas – à l’encontre de l’Autorité palestinienne – s’obstine à ne pas reconnaître le droit d’exister de l’Etat hébreu et rêve de l’annihilation de ses citoyens, voudrait-on qu’Israël imite tant de radicalité et procède à une gigantesque purification ethnique ? Désire-t-on vraiment qu’Israël en miroir se “proportionne” aux désirs exterminateurs du Hamas ?}{{André Glucksmann interroge le sens de mots rabâchés et nous interroge. Au contraire d’Esther Benbassa qui dans le même numéro assène}} {{” Il faudra toujours parler avec le Hamas”. }} A lire la conclusion de cette dernière{“C’est à la communauté internationale de donner l’exemple d’une} {reconnaissance qui ne reviendrait nullement à légitimer l’idéologie du Hamas, mais simplement à le prendre pour ce qu’il est : un acteur qui pèse sur l’avenir de la région et auquel s’identifie une partie de la nation palestinienne}”, on se demande quels arguments elle aurait employé en d’autres temps pour contrer la reconnaissance du régime nazi. Car on veut supposer qu’elle eut milité contre. HCM (1) http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/06/gaza-une-riposte-excessive-par-andre-glucksmann_1138303_3232.html

Ouverture à Paris du procès de trois hommes accusés de complicité dans l’attentat de Djerba, en Tunisie.

L’attentat contre la synagogue de Djerba en avril 2002 avait fait 21 morts – 14 Allemands, 5 Tunisiens et 2 Français. Le procès s’est ouvert le 5 janvier devant la cour d’assises spéciale de Paris. Seuls comparaissent Christian Ganczarski et Walid Nawar, le troisième homme, Khalid Cheikh Mohammed, accusé d’être le cerveau des attentats du 11 septembre, étant toujours détenu à Guantanamo. Christian Ganczarski, de nationalité allemande, est considéré par les enquêteurs et juges antiterroristes français et allemands comme un membre important du réseau Al Qaïda et le personnage central de ce dossier. Converti à l’Islam, ce qui est son droit le plus strict, il semble l’être aussi à l’islamisme et au terrorisme. Il est accusé d’avoir donné le feu vert à l’attentat lors d’un coup de fil à Nizar Nawar, le jeune Tunisien qui s’est fait exploser devnt la synagogue de Djerba.Walid Nawar est le frère de ce dernier. Il est soupçonné de lui avoir fourni une une aide matérielle.Le procès doit durer jusqu’au 6 février 2009. Victoria Wilson