{{ {{New York ou Bagdad, le même terrorisme}} }} L’Alliance Internationale Contre le Terrorisme se réjouit que les attentats planifiés à New York aient pu être déjoués. Si la politique internationale connaît des changements d’orientation , le terrorisme, lui, persévère dans le même objectif: frapper indifféremment au cœur des populations civiles en essayant toujours de toucher des cibles symboliquement chargées, des lieux de cultes, des capitales internationales et des avions. Il faut souligner qu’une fois de plus les Juifs étaient particulièrement visés puisqu’une synagogue devait être attaquée en même temps que des avions militaires américains dont la chute aurait provoqué encore des morts civils. L’Alliance Internationale Contre le Terrorisme condamne avec horreur les derniers attentats commis en Irak, principalement à Bagdad, sur un marché et dans un restaurant, qui ont fait des dizaines de morts et encore plus de blessés. La vague sanglante d’attentats principalement « suicides » qui vise depuis des semaines en Irak des femmes, des enfants, des pèlerins sans défense, se poursuit. Attentats déjoués, attentats perpétrés : le terrorisme reste bien un des problèmes majeurs auxquels est confrontée l’humanité. Face à cette réalité, la réponse des forces démocratiques est singulièrement insuffisante. Si la prévention est de la responsabilité des états, la lutte contre l’idéologie qui essaie de substituer la violence à l’action politique, la haine à la réflexion politique, le racisme à la revendication de sa propre identité, incombe à toute la société civile. La condamnation inconditionnelle et universelle des attaques terroristes qui visent les civils est un préalable au débat démocratique. L’Alliance Internationale Contre le Terrorisme encourage les citoyens de tous pays à prendre acte de cette activité criminelle incessante qu’est le terrorisme et à lutter contre elle avec tous les moyens que nous proposent les lois de nos pays respectifs et la société civile avec ce qu’elle offre de possibilité d’échanges et de réflexion commune. Chaque citoyen peut exprimer auprès des autorités de son pays et auprès de l’ONU son rejet du terrorisme en signant la pétition internationale NON AU TERRORISME [http://www.petitionnonaut.org->undefined] Communiqué du 26 mai 2009Contact : alliance.against.terrorism@gmail.comTél: + 33-6-626-4223
Auteur/autrice : MPCT
Actualité : Libye, mort d’un dissident
Alors que l’inquiétude est grande pour le sort de la dissidente birmane emprisonnée et soumise à une parodie de procès, l’ONG Human Rights Watch nous a appris la mort survenue le 20 mai au soir du dissident libyen emprisonné Fathi al-Jahmi. Six ans et demi de détention dont des périodes d’isolement et d’internement abusif en hôpital psychiatrique ont eu raison de sa santé. Le crime de Fathi al-Jahmi était grave en effet : il avait réclamé la liberté de la presse, des élections libres et des réformes démocratiques. Il avait même dénoncé la dictature de Kadhafi, de quoi passer pour un fou en effet au pays de notre nouvel ami. Pays qui a présidé en toute logique le Comité préparatoire de Durban II. On n’est pas fou au Conseil des Droits de l’Homme ! V. W.
Attentat du Caire : communiqué de l’AFVT
Dans un communiqué publié le 24 mai, l’Association Française des Victimes du Terrorisme souligne que les déclarations du Ministre égyptien des Affaires Juridiques « permettent aux familles d’envisager un procès en France. »Elle relève aussi les inexactitudes et les informations contradictoires qui ajoutent au tourment des victimes et de leurs familles, soucieuses de vérité et de justice, solidaires des autres victimes de l’attentat, de toutes nationalités. Lire l’intégralité du Communiqué :[http://www.afvt.org->undefined]
Attentat du Caire : une Française parmi les suspects arrêtés
Selon le Ministère de l’intérieur égyptien, les suspects arrêtés dans le cadre de l’enquête sur l’attentat du Caire sont de nationalités diverses et il y aurait une Française parmi eux ! L’attentat qui a tué la jeune Cécile Vannier et blessé plusieurs de ses camarades avait été revendiqué par un groupe inconnu « L’Armée Palestinienne pour l’Islam » qui serait en fait une cellule d’Al Qaida. Un Belgo-Tunisien membre du groupe aurait avoué qu’il s’apprêtait à rentrer en Europe et prévoyait de commettre un attentat en France. (Source : ESISC)
Actualité : Attentats terroristes déjoués aux Etats-Unis
Si la politique internationale connaît des changements d’orientation et des rebondissements, le terrorisme, lui, persévère dans le même objectif : frapper indifféremment au coeur des populations civiles ou militaires en essayant toujours de toucher des cibles symboliquement chargées : des lieux de cultes, des capitales internationales et des avions. Les victimes aussi sont des victimes de choix : les Juifs – ce sont des synagogues qui étaient visées en plein New York pour tuer en outre et de préférence des Américains, qu’ils soient chez eux ou en vol puisque des avions militaires américains aussi devaient être abattus par des missiles, leur chute provoquant encore des morts là où ils tomberaient. Cela nous rappelle que la vigilance doit demeurer permanente au plan de la prévention -et là on peut rendre hommage au FBI- mais aussi au plan de la lutte contre l’idéologie qui essaie de substituer la violence à l’action politique, la haine à la réflexion politique, le racisme à la revendication de sa propre identité. Le MPCT encourage tout le monde à prendre acte de cette activité criminelle incessante qu’est le terrorisme et à lutter contre elle avec tous les moyens que nous proposent les lois de nos pays respectifs et la société civile avec ce qu’elle offre de possibilité d’échanges et de réflexion commune. “Lise Haddad
ATTENTAT DU CAIRE : SELON LES AUTORITES EGYPTIENNES, ARRESTATION DES AUTEURS PRÉSUMÉS
Une information à suivre avec attention : le ministre égyptien des Affaires juridiques a annoncé l’arrestation des auteurs présumés de l’attentat commis le 22 février près du bazar du Caire. Cet attentat avait tué une jeune lycéenne de Levallois et blessé 17 enfants et adolescents qui participaient au même séjour qu’elle, ainsi que des Égyptiens, des Saoudiens et un Allemand.
PARIS – MARDI 26 MAI 2009 “Les victimes du terrorisme en Amérique Latine”
{{“Les victimes du terrorisme en Amérique Latine” Rencontre avec Victoria Villaruel}} notre partenaire argentinePrésidente du CELTYV – Centro de Estudios Legales sobre el Terrorismo y sus VíctimasMembre de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme et de la Fédération Latino-américaine des Victimes du Terrorisme {{Avec la participation de David Ruzié}} Professeur Émérite des universités, spécialiste de Droit International. {{PARIS – MARDI 26 MAI 2009 à 19 h}} {{Réunion du MPCT ouverte aux non-adhérents sur invitation.}} Nombre de places limité.
Turin 21-22 mai : Deux journées consacrées aux victimes du terrorisme
Deux journées consacrées aux victimes du terrorisme sous l’égide de AIVITER, association italienne des victimes du terrorisme, membre de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, et du Réseau Européen des Victimes du Terrorisme, soutenu par la commission européenne, dont le représentant en France est Guillaume Denoix de Saint Marc (AFVT, Collectif des Familles du DC10 d’UTA.) {{ Jeudi 21}} {{Les cérémonies seront suivies d’une conférence internationale sur les droits des victimes du terrorisme.}} {{1° partie : La voix des victimes}} sous la présidence de Luca Guglielminetti, Directeur des Relations internationales d’AIVITERtémoignages, législation italienne, désordres post-traumatiques des victimes du terrorisme. {{2° partie : Terrorisme crime contre l’humanité}}table ronde présidée par Mario Calabresi, Directeur de “La Stampa”avec une présentation par la Présidente de COVITE, Collectif des victimes du terrorisme au Pays Basque qui milite pour faire inclure les crimes de terrorisme dans le statut de la Cour Pénale Internationale. {{Vendredi 22}} {{Vers une “Charte des Victimes” européenne}}un groupe de travail animé par des juristes comparera les législations des différents pays européens en matière de droits des victimes du terrorisme. Le MPCT sera représenté par le Professeur David Ruzié et Alex Feigenbaum.
Nouvel article
Voici en intégralité l’intervention d’Huguette Chomski Magnis à la Conférence du 7 mai 2009 organisée par le MPCT .Une intense activité a précédé la Conférence d’examen de Durban, nous nous avons préféré prendre date pour après DURBAN 2, pour en tirer des enseignements avec Bernice Dubois, Malka Marcovich et Fodé Sylla, trois acteurs, depuis Durban I, de la résistance aux dérives de l’ONU.Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme n’a pas fait le voyage de Genève. Nous n’avons pas le statut d’ONG accréditée auprès de l’ONU. Et notre association ne s’est pas créée spécifiquement contre le racisme puisque existent dans notre pays des organisations anti-racistes comme la LICRA (Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme) et SOS Racisme, mais bien contre le terrorisme.Entre racisme et terrorisme existe une relation perverse.Le terrorisme sape la confiance, distille la suspicion au quotidien. Plus que tout autre, le monstrueux mode opératoire du terrorisme dit « suicide » fait s’insinuer la méfiance. Ce n’est plus sous son siège que le passager va regarder, mais vers ses voisins. Alors, si la menace est prégnante, si les attentats se succèdent, si le terrorisme s’installe dans une société, quelque chose y est irrémédiablement rompu pour le ‘vivre ensemble’.Le terrorisme islamiste nourrit le racisme antiarabe.Je me souviens d’un reportage réalisé tout de suite après les attentats de Madrid. Des jeunes d’origine maghrébine de la région parisienne disaient leur révolte de sentir peser sur eux dans les trains de banlieue des regards lourds de suspicion. Etre soupçonné injustement quand on est innocent est intolérable ! En la matière, la suspicion au faciès est stupide puisque, on vient de le voir à nouveau en Allemagne, les terroristes peuvent être recrutés par les islamistes parmi des convertis.Avant que Bernice, Malka et Fodé ne nous montrent comment l’ONU s’occupe ou ne s’occupe pas du racisme et discriminations, on peut essayer de voir comment elle s’occupe du terrorisme.En allant sur le site de l’ONU on trouve le terrorisme évoqué dans deux des cinq grandes rubriques, « Paix et Sécurité » et « Droits de l’Homme. » Dans la première, on nous rappelle que le terrorisme figure à l’ordre du jour de l’ONU depuis des décennies, que 13 conventions ont été élaborées, qu’un Comité Contre le Terrorisme existe et que le rapport de Kofi Annan pour une stratégie anti terroriste mondiale, qui porte le nom magnifique « S’unir contre le terrorisme » a été adopté en septembre 2006.Tout ceci est vrai.Mais quand l’ONU dit pourvoir s’appuyer sur un CONSENSUS auquel les dirigeants du monde sont parvenus pour condamner le T sous toutes ses formes, elle ne dit pas vrai. Il n’y a pas de consensus.C’est la raison pour laquelle les crimes de terrorisme sont exclus du champ de compétence de la Cour Pénale Internationale.Il n’y a pas de consensus sur une définition universelle du terrorisme.Non pas parce qu’il serait difficile de définir le terrorisme.L’obstacle est idéologique : la majorité des pays membres de l’ONU penche pour une approche relativiste du terrorisme, c’est à dire qu’on ne se déterminera pas selon la nature objective d’un acte, un attentat visant des civils, un attentat dit suicide, une prise d’otages mais selon le contexte.Autrement dit, un même acte sera caractérisé différemment, acte de terrorisme ou au contraire acte de résistance, selon l’identité des victimes et selon la cause qu’il prétend servir.C’est donc bien du refus d’une réprobation universelle qu’il s’agit. Refus terrible et paralysant.Notre condamnation universelle du terrorisme se fonde sur l’attachement à des droits universels de la personne, le refus de cette condamnation marque l’abandon des valeurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.Or, l’avenir de l’humanité est en jeu.Il faut savoir par ex que dans la récente vague, sanglante, d’attentats en Irak une femme a été envoyée se faire exploser le 23 avril au milieu d’une foule de femmes et d’enfants qui faisaient la queue pour recevoir une aide alimentaire. Selon des témoignages rapportés par le New York Times, cette femme, sans doute convaincue par ses commanditaires de laver ainsi son honneur, tenait un enfant par la main.On est là !A l’ONU le seul point positif, à mon sens , c’est que la parole ait enfin été donnée aux victimes du terrorisme lors d’un symposium en septembre dernier.Un vidéo a été récemment postée sur la page « action de l’ONU contre le terrorisme. »Elle permet d’entendre la parole de 18 victimes de toutes nationalités, de ts les continents. Il faut la visionner .On peut entendre notamment le témoignage de Françoise Rudetzki et celui de notre partenaire israélien dans la construction de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, Arnold Roth, père d’une jeune victime de 15 ans.Je le souligne d’autant plus que de très fortes pressions s’étaient exercées pour l’interdire de parole, en raison de sa nationalité, comme si sa fille n’était pas une victime du terrorisme comme les autres. . La deuxième mention du terrorisme par l’ONU on la trouve ds la rubrique “Droits de l’Homme”.De multiples rapports ont été consacrés à la protection des droits humains et des libertés fondamentales dans la lutte anti terroriste.Ce sont des préoccupations légitimes. Et dans le rapport que le Rapporteur spécial sur ces questions, Martin Scheinin a présenté au Conseil des Droits de l’Homme en févier, il n’y a rien de scandaleux. Il aborde les questions de détention administrative , de détention préventive indéfinie, de torture, tous sujets graves.Mais ce qui frappe c’est qu’à aucun moment le Conseil des Droits de l’Homme, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme ne se penchent sur la violation majeure des droits humains qu’est le terrorisme.Il y a là une dichotomie stupéfiante.D’un côté le terrorisme et les préoccupations sécuritaires des états, avec les victimes réifiées, figées dans leur rôle de victimes.De l’autre, les Droits de l’Homme qui ne seraient concernés que par les dérives de la lutte anti terroriste.Des droits humains des victimes du terrorisme, le premier des ces droit étant le droit à la vie, il n’est jamais question.Il me semble que c’est révélateur d’une inversion des valeurs qui ronge l’ONU.Huguette Chomski Magnis Présidente du Mouvement pour la Paix et Contre le TerrorismeCette intervention a servi d’introduction à la conférence« Après Durban II, où va l’ONU ? »avec Bernice Dubois, Malka Marcovich et Fodé Syllaet modérée par Bertrand Lebeau
La Conférence d’examen de Durban
{{Intervention de Bernice Dubois, déléguée du MAPP}} {{(Mouvement Pour l’Abolition de la Prostitution, la Pornographie et toutes formes de discriminations sexistes) à la conférence organisée le 7 mai 2009 par le MPCT}} Nous avions très bien compris que cette Conférence ne ressemblerait pas du tout dans sa forme à celle de Durban 2001 et nous avions raison. D’abord, le choix de l’ONU à Genève était une garantie qu’il n’y aurait ni violence physique ni affiches ou littérature haineuses. Ensuite, le fait que la tenue d’un Forum officiel des ONG n’ait pas été autorisée en était une autre. Finalement le refus de l’ONU de subventionner largement la venue de milliers d’ONG, comme elle l’avait fait il y a 8 ans, en était la troisième. Nous savions donc que cette Conférence ne comporterait pas les mêmes violences que celles que nous avions vécu à Dπurban. Par contre, nous avions compris très tôt que les dangers y seraient beaucoup plus subtils et beaucoup plus graves. Là aussi nous avions malheureusement raison. Le document gouvernemental de Durban comporta déjà toutes les dérives : – les atteintes aux Droits Humains universels, – l’incitation à changer les normes selon lesquelles les Etats jugent ces Droits, – le refus de reconnaître quelque forme de racisme ou de discrimination que ce soit dans les pays les plus racistes et les plus discriminatoires, – la volonté de ne stigmatiser le racisme et la discrimination QUE dans des pays démocratiques, ouverts à la critique par définition,- le refus de faire la moindre avance, ni même de confirmer des positions déjà intégrées par l’ONU, concernant les droits des femmes,- l’introduction de termes comme « l’islamophobie » afin d’empêcher toute critique de l’islam, et j’aimerais faire remarquer que ce terme est introduit officiellement avant le 11 septembre, alors que l’on nous explique qu’il est une réponse aux attaques contre des musulmans qui sont une conséquence de ce terrorisme.- l’affirmation du rôle central de la religion. Tout cela est bien consigné dans la Déclaration et le Programme d’Action de Durban. Il suffisait donc de « réaffirmer » ces documents, ce qui est fait dans le § 1 et renforcé par le § 52 du nouveau document. Qu’a-t-on donc fait pendant les deux années de réunions préparatoires ? Nous avons assisté à une tactique intelligente et efficace que nos démocraties n’ont ni vu ni su contrer. Les 57 Etats de l’OIC (l’Organisation de la Conférence Islamique), soutenus par la Chine, Cuba, la Russie et d’autres, ont inséré des § plus inacceptables aux démocraties les uns que les autres. Ce furent autant de points de marchandage. Les démocraties, n’ayant pas compris la tactique, se sont épuisées à s’opposer à ces §. Au bout de deux ans, lorsque plusieurs pays avaient décidé qu’il n’y avait pas moyen d’obtenir un document réellement efficace pour combattre le racisme et fidèle aussi aux principes fondateurs des Nations Unies, les Etats islamiques ont prétendu « faire d’immenses sacrifices », comme l’a dit la Syrie, en acceptant de supprimer certains de ces §. « L’arbre est nu ; il n’y a plus de feuilles », a crié la Syrie, l’air exaspéré. Les pays de l’OIC avaient ensuite beau jeu de clamer leur « souplesse exemplaire » et de condamner l’intransigeance « incompréhensible » des démocraties. La partie était gagnée. Toute lutte réelle contre le racisme était sacrifiée, une fois de plus. Le mot de « mascarade », lancé par quelques étudiants juifs de France était, hélas, le mot exact. À quelques exceptions près, le document n’aidera pas plus à combattre le racisme dans le monde que celui de Durban. Parmi les exceptions est la mention spécifique des Roms. La raison en est que les Roms sont discriminés essentiellement en Europe, puisque c’est là qu’ils habitent, et il est donc permis d’en parler, comme ce fut déjà le cas dans le Programme d’Action de Durban. Autre exception, de même qu’à Durban, les populations autochtones sont soutenues contre des discriminations, mais là il y a encore et toujours une supercherie. Le § 71 déplore « la violence dont sont victimes les jeunes autochtones et les jeunes d’origine africaine, en particulier dans les zones périurbaines des grandes villes ». Il semble se référer donc à des populations ayant migré en Europe, mais non de la situation des minorités autochtones chez eux en Afrique et en Asie. On y loue la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, mais on ne tient jamais compte de leur existence dans un pays musulman, en Chine ou en Afrique. C’est pourquoi nous avons assisté au harcèlement systématique des ONG qui prenaient la parole au nom des populations amazighs au Maghreb et en Libye, des Tibétains, des Baha’is. D’autres n’étaient même pas là, n’ayant pas les moyens du déplacement ou sachant que leur accréditation serait bloquée par l’Etat dont elles étaient citoyennes, ou encore redoutant les terribles représailles qu’elles subiraient par la suite. Ne sont donc pas venus les Coptes d’Egypte, les Chrétiens d’Orient, les Kurdes du Moyen-Orient, les Pygmées d’Afrique, les ethnies noires du Soudan et bien d’autres. Lors de l’une des réunions préparatoires, le délégué algérien avait demandé que chaque pays demande formellement pardon aux populations autochtones qu’il avait discriminées. Je suis allée lui demander à quelle date l’Algérie comptait demander pardon aux Amazighs (leur représentant n’a pu venir que pour la Conférence elle-même). Rare moment de plaisir ! Il faut apprendre à goûter quelques moments de satisfaction, même à l’ONU. J’ai parlé du harcèlement systématique de certaines ONG, voire parfois leur mise à silence. Par contre, au cours de toutes les réunions préparatoires, ainsi qu’à la Conférence elle-même, certains Etats s’exprimaient souvent avec une violence inouïe. Certaines ONG aussi, pourvu que leur discours était celui de la majorité des Etats. Le harcèlement était toujours ouvertement sélectif. En fait, et contrairement à Durban, j’ai trouvé plus stressante, plus difficile à supporter, l’ambiance qui a prévalu dans la salle plénière pendant la Conférence et, du reste, lors des interventions des Etats tout au long du processus. Comme je l’ai dit, la violence verbale de certains Etats, leur agressivité, leur volonté de ne pas supporter quelque expression de diversité que ce soit de la part d’ONGs, qui ne fut pas la « diversité » que l’on voulait entendre, c’est-à-dire, celle qui doit exister dans des sociétés démocratiques mais aucunement chez eux… Pendant l’une des réunions préparatoires, la Présidente libyenne s’est acharnée pour refuser la parole aux ONG. Il a fallu une journée entière de pressions de la part de l’UE, plus une réunion spéciale du Bureau pendant le déjeuner (mais qui a duré 4 heures !) pour qu’elle change enfin d’avis Je dois décrire cela comme une ambiance totalitaire. C’est pourquoi, une fois que j’avais pu faire notre Déclaration orale à nous (malheureusement le dernier jour), j’ai dû sortir, ne supportant plus cette oppression. Pour revenir aux minorités, les Dalits constituent un cas à part. Leurs ONG ont été accréditées, après des protestations de l’Inde, parce que les pays islamiques s’accordent pour que l’on attaque l’Inde, du moins verbalement, et les pays démocratiques s’accordent pour que des victimes prennent la parole. Par contre, la cause des Dalits n’est pas plus mentionnée dans le nouveau document que dans celui de Durban. En effet, l’Inde soutient toujours les positions de l’OIC, et il ne faut donc pas aller trop loin, n’est-ce pas ? Quant au reste, les § qui mentionnent les femmes sont d’un vide désespérant. Aucune mention d’une possibilité de droit des femmes à l’égalité, aucune ! Ce mot d’égalité est proscrit pour elles. On se déclare contre les violences faites aux femmes, mais en restant assez vague. Peu de droits spécifiques sont nommés, à fortiori pas celui du libre choix de l’orientation sexuelle. Petite anecdote : au cours de l’une des réunions préparatoires, le délégué égyptien, tout rouge, avait littéralement hurlé de rage lorsque l’Union Européenne avait voulu insérer ce droit. Il a clamé que l’on ne pouvait pas le mettre « puisque cela constituait un crime dans tous les pays musulmans ». Outre la faiblesse de sa logique, il se trompait et je me suis offert un autre moment de plaisir en allant le lui dire après. En lui expliquant que cela ne fut pas le cas en Tunisie, je l’ai rendu encore plus apoplectique. Un diplomate arabe a exprimé sa satisfaction que le nouveau document spécifiait bien la lutte contre « l’incitation à la haine religieuse » ainsi que contre les « nouvelles formes de stéréotypes [§ 12] et de profilage raciaux [§ 102] ». Il avait raison. Il faut être diplomate français pour feindre de croire que la liberté d’expression y est sauvegardée. Les § 13 et 69 lui règlent son compte en assimilant une apologie de la haine religieuse à une incitation à la discrimination. J’ai été un peu réconfortée en lisant dans le journal britannique, {The} {Independent}, deux articles par Johann Hari, un journaliste et écrivain écossais de gauche. Il n’a pas écrit sur la Conférence d’examen de Durban mais, des mois auparavant, sur la manière dont l’ONU avait totalement inversé le mandat du Rapporteur spécial sur la liberté d’expression. Au lieu d’exposer ceux qui empêchent la liberté d’expression, y compris les religions, il doit maintenant rechercher et condamner « les abus de la liberté d’expression », y compris « la diffamation des religions et des prophètes ». Malka explique cela de façon plus approfondie dans son livre mais, étant donné l’omerta sur le sujet dans les médias en France, j’ai été réconfortée de voir la place importante accordée aux 2 articles de Hari (une page entière chaque fois) à Londres. Particulièrement insupportables sont les remerciements proférés dans le document (§ 30) au Rapporteur spécial, Doudou Diène, pour « son rôle important sur les formes contemporaines de racisme ». Il a en effet fait bien avancer le dossier sur le blasphème et la diffamation des religions et, en particulier, l’islam. C’est l’un des principaux fossoyeurs à l’ONU de la liberté d’expression. La suite logique à son travail est la confirmation, dans le § 125, de la poursuite de « l’élaboration de normes internationales complémentaires ». On y constate que « le Comité spécial sur l’élaboration de normes internationales complémentaires a tenu sa première session et a adopté une feuille de route en vue de l’application intégrale du § 199 du Programme d’Action de Durban ». Dans son travail, entre autres, ce Comité avait déterminé que l’antisémitisme contemporain signifiait la discrimination contre les Arabes, voire contre les musulmans. Ce travail sert surtout à justifier la transformation de la Déclaration Universelle des Droits Humains en une série de droits plus conformes à la charia et à la Déclaration des droits de l’homme en Islam, élaborée au Caire le 5 août 1990. Le processus de sape de la Déclaration Universelle est en marche à l’ONU. Des décisions concernant la critique de religions et, « en particulier, l’Islam » ont pu être exprimées de façon moins évidente dans le document final de Genève, mais elles avaient déjà été adoptées au Conseil des Droits Humains et à l’Assemblée Générale de l’ONU et, peu de pays ont émis des objections formelles. On peut signaler le Canada, qui le fait régulièrement. Un dernier mot sur ce document de Genève : beaucoup plus que celui de Durban, il prévoit tous les mécanismes et les instruments juridiques par lesquels les deux documents sont assurés de vivre et de servir, au sein des structures de l’ONU, les buts, non pas du combat antiraciste, mais ceux de leurs auteurs. Entre autres, les § 126, 130, 136 sont clairs à ce sujet. La « victoire » dont se targuait la France à Genève (et depuis) est une défaite écrasante pour les sociétés démocratiques, pour l’égalité de genre, pour l’égalité entre les peuples et donc pour la lutte antiraciste. Merci. Bernice Dubois

