{{Cet article a été publié le 1° août 2011 par le site La Règle du Jeu.}} [ http://laregledujeu.org/2011/08/01/6875/alain-gresh-et-le%c2%a0terrorisme/->http://laregledujeu.org/2011/08/01/6875/alain-gresh-et-le%c2%a0terrorisme/]-Dans un article de son blog du Monde Diplomatique (1), Alain Gresh prend la responsabilité de parler “d’imposture” à propos du 7° Congrès International des Victimes du Terrorisme qui se tiendra prochainement à Paris, signant un article assez emblématique de l’idéologie qui a entravé jusqu’ici la résistance de la société civile au terrorisme. Celui-ci est pourtant bien un problème planétaire. Qu’on en juge par ces bilans terribles qui ne retiennent pas l’attention de Monsieur Gresh : d’avril à juin 2011, 1865 civils ont été tués dans le monde, délibérément visés par des actes terroristes et 3954 civils ont été blessés. La grande majorité de ces victimes sont musulmanes et la très grande majorité des attentats ont été commis par des islamistes. Le déni de cette double réalité et justification des actes terroristes sont porteurs du développement mortifère du terrorisme. La mansuétude envers les auteurs et commanditaires de tels actes suscite de nouvelles vocations, les attentats d’Oslo en sont l’illustration tragique. -Tout comme Alain Gresh, l’ONU a des difficultés à admettre une définition universelle du terrorisme. En vain le Comité Ad-Hoc mis en place en 1996 se réunit-il chaque année. Sa quinzième session en avril dernier à New York a échoué comme les précédentes. Non que la tâche soit difficile. Les choses sont fort simples au contraire : il s’agit de condamner de façon universelle et inconditionnelle tous les actes terroristes qui visent délibérément des civils, en particulier le recours aux attentats dits “suicides”. Pourquoi alors cette incapacité de l’ONU ? Parce que l’Organisation de la Conférence Islamique (57 pays) exige d’établir la distinction de principe entre le terrorisme et le combat pour l’auto-détermination des peuples sous occupation étrangère et domination coloniale. Toute définition objective basée sur la nature des actes commis est donc rejetée au profit d’une définition subjective entachée de choix idéologiques. Dans cette approche relativiste, les mêmes actes objectifs (attentats visant des civils) seront donc qualifiés, selon leur contexte, d’actes terroristes ou bien d’actes de résistance. C’est là une défaillance majeure face au terrorisme, à l’image de l’impuissance générale de l’ONU et dans laquelle des experts et des spécialistes comme Alain Gresh ont une grande part de responsabilité. -Comment Monsieur Gresh ose-t-il nous resservir l’argument éculé des nazis qui qualifiaient de terroristes la Résistance française ? Comparaison insultante si l’on s’en tient aux seuls faits ! Les Résistants français en lutte contre l’occupant nazi ont-il jamais envoyé des gens faire sauter des foules de femmes et d’enfants ? Les nazis et leurs collaborateurs nommaient les résistants terroristes.Ahmadinejad, Bachar El Assad et Kadhafi, trois grands pourvoyeurs de terrorisme et parrains d’organisations terroristes traitent eux aussi de terroristes leurs opposants qu’ils mitraillent, bombardent et exécutent. A nous de savoir séparer la paille des mots du grain des choses ! A nous de refuser d’opposer les victimes entre elles. Victimes de génocide et victimes d’actes terroristes ont également droit à la reconnaissance et à la justice. -Aujourd’hui, la justice internationale peut poursuivre des dirigeants et individus accusés de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Les faire comparaître est une autre affaire comme on le voit avec El Beshir, le toujours Président du Soudan. Mais les crimes de terrorisme sont, eux, exclus du champ de compétence de la Cour Pénale Internationale. Ceci garantit aux commanditaires d’attentats, “suicides” ou autres, une impunité dont Monsieur Gresh semble fort bien s’accommoder. Faudrait-il pour lui complaire bâillonner les victimes du terrorisme ou les trier selon leur nationalité et la justesse réelle ou supposée de la cause au nom de laquelle elles ont été frappées ? Faut-il le laisser bouter hors de l’humanité celles qui n’ont pas à ses yeux la bonne nationalité ou la bonne histoire, quelle que soit l’horreur du crime subi ? Ne faut-il pas au contraire balayer ces obstacles idéologiques et tout faire pour débarrasser le monde d’un insidieux soutien moral au terrorisme, en réaffirmant que les valeurs universelles s’imposent à tous ? Un combat qui ne peut ni ne doit reposer sur les seules épaules des victimes du terrorisme mais qui concerne toute la société civile, tout entière cible potentielle. Cela suppose d’accepter d’entendre sans censure la parole spécifique des victimes du terrorisme mais aussi de ne pas les isoler. (1)[ http://blog.mondediplo.net/2011-07-16-Un-congres-imposture-sur-le-terrorisme->http://blog.mondediplo.net/2011-07-16-Un-congres-imposture-sur-le-terrorisme] Huguette Chomski Magnis Secrétaire Générale du MPCTCoordinatrice du Collectif Contre le Terrorisme
Auteur/autrice : MPCT
Norvège : la foi dans “le terrorisme comme moyen d’éveiller les masses”
On en sait plus sur Anders Behring Breivik, arrêté après les attentats d’Oslo et Utoeya dont il revendique la responsabilité.On sait qu’il se réclame d’une idéologie raciste d’extrême droite et qu’il prône “l’usage du terrorisme comme un moyen d’éveiller les masses”. Les attentats qu’il a perpétrés, seul ou avec des complices, sont des crirmes contre l’humanité d’inspiration directement fasciste. Il s’agit de terroriser pour soumettre. A la manière des terroristes islamistes, il avait préparé une vidéo à la gloire de son crime.En visant le gouvernement travailliste du Premier Ministre Jens Stoltenberg et un rassemblement de la jeunesse du Parti Travailliste, c’est à la démocratie et l’humanisme qu’il s’est attaqué, au nom d’une lutte contre le marxisme, l’Islam et le multiculturalisme.Pour les Norvégiens, sous le choc, l’heure est au chagrin des familles endeuillées, au recueillement et au sauvetage des blessés.Huguette Chomski Magnis
Communiqué du MPCT : Condamnation des attentats de Norvège
-Les attentats qui ont frappé la Norvège ce vendredi 22 juillet sont les plus sanglants qui aient été commis en Europe depuis ceux de Madrid. Nos premières pensées sont pour la douleur des familles des victimes tuées et pour les blessés. Nous leur exprimons toute notre solidarité, ainsi qu’aux autorités et à la population norvégiennes sous le choc. L’attentat à la bombe d’Oslo et la monstrueuse fusillade d’Utoeya contre les tout jeunes gens rassemblés par le parti travailliste sont assurément liés. L’enquête devra dire si le tireur arrêté a pu commettre seul un carnage d’une telle ampleur ou s’il avait des complices et des commanditaires. Elle devra déterminer s’il a agi pour des raisons idéologiques ou s’il a commis, à une plus grande échelle, un acte similaire à la tuerie de Nanterre ou aux nombreuses fusillades déjà commises par des individus isolés, principalement aux États-Unis. Une chose est sûre : il était mu, comme tous les auteurs d’attentats, par la haine et la volonté de tuer lâchement le plus grand nombre possible de civils. Un massacre terroriste commis en Europe nous frappe naturellement d’avantage. Pour autant nous n’oublions pas les nombreux Français victimes cette année du terrorisme hors d’Europe. Nous n’oublions pas la longue liste des attentats, essentiellement islamistes, commis dans le monde. -Selon nos estimations, des attentats, “suicides” ou autres, ont tué dans le monde 517 civils en avril, 616 civils en mai et 732 civils en juin, tous délibérément visés.Pour cette même période, ils ont blessé 1257, 1351 et 1346 civils. Les bilans des morts sont presque toujours revus à hausse car certains blessés, très grièvement atteints, ne survivent pas.D’autres voient leurs vies et celles de leurs familles basculer à jamais. -Nous sommes solidaires de toutes ces victimes, quelles que soient leurs nationalités. Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme réaffirme que la mansuétude envers les auteurs et commanditaires – qualifiés de “résistants ” par certains – d’actes terroristes, est criminelle.L’acceptation tacite de leur impunité, la légitimation d’organisations terroristes, pratiquant et revendiquant ces crimes de masse, empêchent d’y résister. Elles ne peuvent que susciter des vocations nouvelles et favoriser une émulation mortifère. Le terrorisme est un des fléaux majeurs qui menacent l’humanité aujourd’hui.Il appelle une mobilisation de la société civile. Être capables d’exprimer la réprobation, la condamnation, universelles et inconditionnelles, des attentats qui visent des civils, quels qu’en soient les auteurs et quelles que soient les “causes” qu’ils prétendent servir, telle est la première exigence de la résistance au terrorisme.
Dans le cadre de la 4° Journée Internationale Contre le Terrorisme : Concert et Marche à Paris le 11 septembre 2011
-{{CONCERTen hommage à toutes les victimes du terrorisme}} {{Avec le soutien de la Ville de Paris}}DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2011 de 10 h à 12 h{{Kiosque du Jardin du Luxembourg Paris 6°}} {{Fresque de Jerôme Mesnager réalisée en musique}} {{Marlène Samoun * Witness Gospel * Hushh * Uchronie * Patrick Zinck * Jean-Chistophe DéhanAvec les artistes Diagne Chanel, Anna Macina et Eric Pierrot}} Régie-Son : OPROZ EVENTS-{{MARCHE ET RASSEMBLEMENT « Non au terrorisme ! »}}RUE SOUFFLOT EN DIRECTION DU PANTHEON12 h 30 – 13 h 30 {{Participation de}}{{Fodé Sylla, Parrain du Collectif Contre le Terrorisme – Malka Marcovich, consultante internationale en droits humains – Fazal Ur Rehman Afridi, journaliste pakistanais – Richard Rossin, Président du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme}} {{Associations membres du Collectif Contre le Terrorisme}}{{AISC Association Internationale Solidarité copte – AMLZ Solidarité avec les victimes du terrorisme palestinien à la mémoire de Myriam Lehman Zaoui, membre de l’Association française des Victimes du Terrorisme – APIV Assocition Pour l’Information et la Vérité – ARAPREM Association de Rapatriés d’Algérie (Harkis et Pieds noirs) pour la réconciliation des mémoires – Collectif Israël Vérité – Comité Soudan – HEVEL – Institut assyro chaldéen syriaque – LDIF Ligue du Droit International des Femmes – LICRA Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme – MPCT Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme – Paroles de Femmes – PEREC Pour une Ecole Républicaine Et Citoyenne – Primo Info – Psychanalyse et Idéologie – Rassemblement pour la Démocratie au Liban – Regards de Femmes – SASSOUN – SOS Racisme – UEJF Union des Etudiants Juifs de France – Urgences Afrique Avec le soutien de AAWE, American Wives of Europeans, French Heritage Society, Mona Bismarck Foundation, Democrats Abroad, Republicans Abroad, France Syrie Démocratie, Objectif Kiné, CLEF, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, Confédération des Juifs de France et amis d’Israë, AfVT.org, Association française des Victimes du Terrorisme, American Club of Paris, AFEM, Association des Femmes de l’Europe Méridionale, Loges Déborah Sam Hoffenberg et Hatikva du Bnai Brith, Agir Ensemble, Comité Laïcité République, Forum femmes Méditerranée, CRIF, Europe Israël, ULIF … }}
11 juillet Journée internationale contre la lapidation
{{On n’en parle plus mais Sakineh est toujours en prison et elle reste toujours menacée de lapidation.}}{{ { “La lapidation est un crime hideux contre l’humanité. Des centaines de femmes et d’hommes ont été tués, ou attendent de l’être, dans d’horribles conditions. En tant qu’ONG françaises, nous apportons notre appui au Comité International Contre la lapidation (International Committee against Stoning) sur ce sujet urgent et nous soutenons leur proposition de décréter « journée internationale contre la lapidation » le 11 juillet, qui marque l’anniversaire de la lapidation en 2001 de Maryam Ayoubi, une iranienne mère de trois enfants… Mettre un terme à la lapidation doit être une priorité pour les Nations Unies.”} }} Dans une lettre au Secrétaire Général de l’ONU, Annie Sugier, pour la Ligue du Droit International des Femmes, Michèle Vianès pour Regards de Femmes et Huguette Chomski Magnis pour le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme, dénoncent le fait que la lapidation fasse partie des châtiments prévus dans les législations d’un certain nombre de pays, se référant à la Charia, en contradiction avec les textes des Conventions des Nations Unies qu’ils ont pourtant signées : la République Islamique d’Iran, l’Arabie Saoudite, le Soudan, le Pakistan, le Yémen, les Emirats Arabes Unis et certains états du Nigeria et de Somalie. Ces pays doivent être exclus de l’ONU jusqu’à ce qu’ils l’abolissent !
Livres : “Je ne pardonne pas aux assassins de mon frère” par Asma Guenifi
Asma Guenifi, vient de publier “Je ne pardonne pas aux assassins de mon frère” (1), dédié à la mémoire d’Hichem, son frère assassiné par le FIS (Front Islamique du Refus) en 1994.Elle évoque son adolescence rongée par la terreur islamiste qui s’acharnait tout spécialement sur les filles et les femmes, jusqu’à l’assassinat de son propre frère et l’exil en France.Par son témoignage, Asma Guenifi soulève deux questions fondamentales : celle de la justice bafouée pour les victimes du terrorisme et celle de la justification idéologique du terrorisme islamiste. Elle dit son refus de l’impunité des terroristes islamistes, scellée en Algérie par deux lois d’amnistie.Elle évoque aussi le soutien apporté par des pseudo progressistes aux islamistes algériens qu’ils victimisent et dont ils justifient et nient tour à tour les crimes. Victimisation, justification, déni et défense de l’impunité : tous ces ingrédients du soutien au terrorisme sont présents aujourd’hui comme ils l’étaient au moment des massacres en Algérie.Il est des leçons qu’on a du mal à tirer. On lira l’interview d’Asma Guenifi réalisée par Hakim Arabdiou pour ReSPUBLICA, « Il m’a fallu 17 ans pour je puisse dire cette douleur ».HCM(1) Aux éditions Riveneuve, à Paris.(2) [http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/asma-guenifi-il-ma-fallu-17-ans-pour-je-puisse-dire-cette-douleur->http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/asma-guenifi-il-ma-fallu-17-ans-pour-je-puisse-dire-cette-douleur]
TSL : Ô surprise, Nasrallah défend les suspects
Que le Chef du Hezbollah défende les quatre hommes inculpés par le Tribunal Spécial pour le Liban (TSL) pour l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri (1), est tout sauf une surprise. N’avait-il pas aimablement prévenu en novembre dernier : “{Ceux qui pensent que nous allons permettre l’arrestation d’un seul de nos djihadistes se trompent. Nous couperons la main qui se tendra vers un seul d’entre eux}”? {{Nasrallah est indigné, très indigné.}}Il présente les quatre accusés, Moustapha Badreddine, Salim Ayyash, Assad Sabra et Hussein Anaissi , comme des “frères” avec une “histoire honorable”.Frères sans doute et c’est bien là le problème. Le principal suspect, Moustapha Badreddine, 50 ans, est le cousin et beau-frère d’Imad Moughniyé, cadre du Hezbollah, assassiné à Damas en 2008, qu’il aurait remplacé depuis. Le refus de placer le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes a constitué une faute majeure des diplomaties française, européenne et onusienne, faute lourde de conséquences pour le Liban et au plan international pour le développement du terrorisme.{{La question se pose pour les Libanais et pour le monde :}} le puissant arsenal militaire de Hezbollah et la puissance dissuasive de son chantage terroriste vont-ils continuer à lui assurer l’impunité ? {{S’il existe un espoir de voir la justice triompher, c’est de Syrie qu’il vient :}} Bachar al-Assad, protecteur du Hezbollah, n’est pas parvenu à mater la révolte populaire syrienne qui résiste depuis plus de trois mois à sa répression sanglante. HCM(1) L’attentat contre le convoi du Premier Ministre Rafic Hariri avait fait 25 morts et une centaine de blessés le 14 février 2005 à Beyrouth.
Document : Le terrorisme et la perte du sens commun
{{Exposé d’Hélène L’Heuillet à la Conférence “Aux sources du terrorisme” organisée à Paris par le MPCT le 12 mai 2011}} Hélène L’Heuillet est Maître de conférence en philosophie à l’université de Paris-Sorbonne, psychanalyste et lauréate du Prix Gabriel Tarde de l’association française de criminologie. Elle a publié “Aux sources du terrorisme, De la petite guerre aux attentats -suicides”.{{Le terrorisme et la perte du sens commun}}Nous sommes à ce point habitués à entendre chaque jour qu’un attentat-suicide, le plus récemment au Maroc, a causé la mort que la portée et la signification de ces faits ne nous pose plus question : nous n’y voyons pas la marque d’actes de guerre. La mort d’Oussama Ben Laden a rappelé un moment les enjeux politiques du terrorisme comme forme contemporaine de la guerre, mais il n’est pas sûr qu’un tel événement réveille durablement le sens politique. Je voudrais rechercher avec vous les causes d’un engourdissement du politique dans lequel nous sommes parfois tous pris à notre insu. Pour cela, je voudrais examiner les hypothèses suivantes : le terrorisme brouille les notions politiques des sociétés réglées par des lois car il fait vaciller la différence de la guerre et du crime, de la victoire et de l’échec, de la parole et du silence, et sidère par le recours à l’attentat-suicide. Il me paraît nécessaire de décrire cette subversion des catégories politiques classiques par le terrorisme si l’on veut tenter ne se pas se laisser absorber dans cette confusion. Cette confusion comporte en effet pour conséquence une forme insidieuse de justification, grâce à laquelle le terrorisme effectue le pari de mobiliser les opinions.{{Le terrorisme brouille les catégories politiques de la guerre et du crime}}Le terrorisme ne fait pas seulement violence aux hommes qui meurent sous ses attaques, mais si ses cibles sont aussi les survivants, c’est qu’il s’attaque aux notions politiques et morales qui structurent les sociétés réglées par le droit. Le terrorisme est à la fois guerre et crime, sans pouvoir se résorber dans aucune de ces deux formes de violence connues et traversées par le droit. Le terrorisme détruit les catégories politiques car il semble que l’on puisse soutenir deux thèses contradictoires à son propos : « il n’est pas de l’ordre de la guerre, mais du crime », « il n’est pas de l’ordre du crime mais de la guerre ». Pour dépasser cette antinomie, il faut tenter de saisir de quelle mutation de la guerre le terrorisme participe. C’est de cette manière qu’il sera permis non seulement de dénoncer la rhétorique justificatrice du terrorisme mais également de comprendre comment celle-ci peut être opératoire.Il semble tout d’abord une forme de guerre en rupture avec les formes traditionnelles de la guerre. S’il semble spontanément impossible de ranger le terrorisme dans la catégorie de la guerre, c’est que la violence de la guerre est une violence normée, codifiée, encadrée, localisée. La guerre, par ces divers aspects, relève du droit. En ignorant les uniformes et les champs de bataille, la limite entre civils et combattants, la déclaration des buts de guerre, et même la propagande, le terrorisme semble la plus extrême dérégulation de la guerre. Il n’est donc pas étonnant que l’analyse politique de la guerre, quand elle prend pour objet le terrorisme, se convertisse en condamnation morale. La guerre traditionnelle ne transgresse l’impératif de ne pas tuer que pour préserver la vie, au moins celle des générations futures. Dans le terrorisme, la mort n’est plus un simple risque, une éventualité qu’il faut chercher à éviter, mais un instrument de la terreur, de l’horreur et de l’effroi. Chercher à se préserver de la mort, pour un combattant, c’est déjà ne pas céder à la violence débridée de la guerre. Le recours actuel à l’attentat-suicide transgresse cette limite qui conduit à reconnaître dans la mort le maître universel. La mort devient l’objet d’une vocation, d’une candidature. Elle est comme maîtrisée. Pour les terroristes islamistes d’aujourd’hui, l’amour de la vie relève d’une idolâtrie occidentale. L’élément politique qui constitue la spécificité de ce type de violence qu’est la guerre s’efface dans le terrorisme pour laisser place au crime. Mais chacun sait pourtant qu’on ne peut réduire le terrorisme un crime de droit commun. Sa signification excède en effet celle du crime, notamment parce que, que nous l’approuvions ou non, à l’instar des faits d’armes classiques, il fait lien social — ce qui n’est pas le cas du crime. On ne peut faire fi du fait que les terroristes se définissent comme des combattants. Et c’est le politique que l’on rencontre pour tenter de caractériser l’acte terroriste. En effet, la disparition, dans le terrorisme actuel, de toute zone d’immunité, la contestation de toute notion de victime innocente dans les grands attentats qui attaquent des trains, des magasins, ou des tours consacrées à l’activité professionnelle, conduisent à considérer qu’on a affaire à une tyrannie, ou au totalitarisme qui sont des types de politiques proprement belliqueuses. Ce qui justifie un tel rapprochement est en effet l’usage de crainte. Celle-ci constitue le ressort de la tyrannie depuis la philosophie politique classique. Dans les guerres conventionnelles, il y a de la peur, mais cette peur est une conséquence de la guerre ; c’est la raison pour laquelle le courage apparaît traditionnellement comme la vertu du guerrier. Dans ces guerres inter-étatiques, les civils ont peur pour les leurs plus que pour eux-mêmes. Si la guerre cesse, la peur disparaît. De même, quand on exerce certaines fonctions politiques ou économiques, on peut se savoir menacé par des mouvements terroristes révolutionnaires, mais si on cesse d’exercer ces fonctions, la menace aussi cesse, et la peur avec elle. Le terrorisme actuel invente une menace durable, parce que la peur n’est plus seulement un effet mais une cause. Dès lors, rien, par définition ne doit pouvoir l’arrêter. Comme dans la tyrannie et le totalitarisme, il s’agit bien d’agir sur les êtres par la peur. Avant même le corps devenu bombe du terroriste, l’arme de celui-ci est le psychisme individuel. Les survivants sont les vraies cibles, terrorisées dans l’attente anxieuse de ce qui ne peut leur arriver que par hasard et au moment où elles s’y attendront le moins. Néanmoins, on ne peut résorber entièrement le terrorisme dans la politique. Il est certes totalitaire et tyrannique d’élargir la zone de vulnérabilité en politisant des cibles qui n’ont pas à l’être. Mais cela vaut pour toutes les formes de terrorisme, d’Action directe qui tenait un chef d’entreprise pour un agent politique de l’impérialisme, à Al-Qaïda qui considère tous les occidentaux pour des américains. Les attentats-suicides ont la spécificité de conférer à des actes terroristes la dimension d’actes de guerre. Au Moyen-Orient, ils pèsent sur les négociations de paix ; quant au 11 septembre, il a rivalisé avec les opérations les plus meurtrières qu’aient connues les guerres, et la mort de Ben Laden témoigne bien qu’on avait affaire à un ennemi en guerre et non à un simple criminel de droit commun.Qu’il emprunte au crime et à la tyrannie ne signifie donc pas que le terrorisme n’est pas une forme de guerre, mais qu’il est un type de guerre qui ne respecte pas les lois de la guerre. Selon sa définition juridique, la guerre doit passer par la médiation d’un État. Mais la transgression des lois de la guerre et l’abandon de la médiation étatique, volontaire dans le terrorisme, ne signifie pas qu’il n’y a pas pour autant guerre. Dès lors que quelqu’un pose un autre comme son ennemi, il y a guerre. Le terrorisme mise sur la confusion des genres, et l’abandon du but traditionnel de la guerre.{{L’échec et la victoire}}Pour mobiliser l’opinion, le terrorisme tente en effet de s’appuyer sur la rupture avec le but clausewitzien qui avait toujours été celui de la guerre, la victoire. Le terrorisme relève de la stratégie de l’échec. C’est ce nihilisme de structure qui brouille toute approche en termes de droit, comme si le consentement délibéré des terroristes à leur perte témoignait en soi de la justice de la cause. Le terrorisme actuel emprunte au terrorisme des guerres de libération nationale, mais transpose l’échec de l’ordre de la tactique à celui de la stratégie. Le terrorisme actuel, dans sa pointe la plus avancée qu’est Al-Qaïda, n’a pas de finalité nationale. Transnational dans son recrutement, le mouvement fondé par Ben Laden et les organisations qui se réclament de son exemple, toujours vivantes après la mort de celui-ci, n’usent de la rhétorique nationale que de manière instrumentale et circonstanciée. Le but en lui-même n’est pas nationaliste. La stratégie de l’échec n’en est que plus radicale. Si les véritables cibles des terroristes sont les survivants, il n’est plus nécessaire de gagner pour gagner. Jouer le tout pour le tout, jouer son va-tout, c’est n’avoir rien à perdre, et miser sur le rien, qui, pris ainsi, est toujours gagnant. On ne peut dire que les terroristes du 11 septembre aient perdu en ratant la Maison blanche — ou le Capitole. Ils ne cessent de répéter qu’on ne perd rien pour attendre, et ils ont gagné de faire régner l’attente anxieuse qui est un élément nécessaire de la terreur. Plus qu’un quelconque gain, militaire, ce qui est visé, c’est la déstabilisation des sociétés attaquées. En ne cherchant pas la victoire par le moyen traditionnel de l’écrasement des forces armées de l’ennemi, le terrorisme réussit à se faire passer pour une arme comme une autre, l’arme de faibles, qui n’auraient les moyens que de payer du prix de leur vie la guerre qu’ils mènent. Mais la notion même d’arme des faibles constitue déjà une excuse au terrorisme, qui accrédite qu’on puisse faire en politique l’économie de la négociation et de la parole. Le terrorisme fascine comme les guerres ont toujours fasciné. Mais cette fascination n’a plus à voir avec la gloire ou le prestige — qui relève de la symbolisation de la force — laquelle n’est plus nécessaire, de moins en moins dans les actes terroristes : c’est la fascination pour le rien qui fascine dans le terrorisme, fascination qui éveille la tentation nihiliste de la destruction, et la pulsion de mort. Dans la guerre classique, la pulsion de mort est médiée par l’État et ses commandements, par les négociations qui en constituent l’horizon.Le recours à l’attentat-suicide dans le terrorisme actuel engage une finalité qui n’est ni celle de la guerre ni celle du partisan, mais qui est à rigoureusement parler nihiliste car il excède même la dimension du chantage en mettant la mort en jeu. Le terrorisme actuel est encore au-delà de la guerre d’anéantissement révolutionnaire. C’est une guerre sans fin, puisque ce qui a été engagé est sans espoir de retour. Un tel terrorisme n’est plus limité par un but. Son programme peut rester flou, ce qui atteste de la manière nihiliste d’envisager la politique : quand il y a but mais pas programme, chacun peut s’autoriser au pire et ne pas se satisfaire d’une limite dans l’atteinte de ce but qui, en l’absence de programme, demeure indéterminé. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’argument du désespoir, présent dans tout recours au terrorisme. L’usage du désespoir sert à ruiner à l’avance toute négociation, tout échange de parole, tout programme pour le lendemain. {{La parole et le silence}}S’il en est ainsi, c’est en raison de la tentative de congédier le langage. Les anarchistes sont les premiers à théoriser la propagande par les actes, ou par le fait, qui constitue le fondement —devenu implicite — de toute doctrine terroriste. Le message de la terreur n’est efficace qu’à se passer de mots. Il porte en faisant l’économie des médiations, en tout premier lieu de celles du langage. Faire l’économie des médiations du langage conduit aussi changer la nature de l’action, qui, à se passer de médiations, devient « directe » : toute action terroriste est « action directe » qui refuse les voies indirectes de la politique ou de la guerre classique. C’est à la source nihiliste que les premiers anarchistes terroristes vont chercher le ressort de l’action directe, et si cela persiste, c’est pour une raison de logique. Pour en venir ainsi à l’action directe, il ne faut pas s’en tenir à une critique de la politique habituelle. Et pour cela, il faut que soit changées la nature et la fonction de la négation : il faut que celle-ci devienne une négation totale, absolue, qui abrase les différences et réalise l’économie des détours, des objections, des démonstrations. Bref, c’est la dimension symbolique de la négation, pourtant traditionnelle et commune, et indispensable au fonctionnement du langage, qui est récusée. C’est en raison de ce fonctionnement de la négation que les grandes catégories politiques qui structurent notre pensée apparaissent comme brouillées. Le terrorisme ne peut bien entendu pas se passer complètement du langage. Mais, en dépendant de la presse écrite pour assurer la connaissance de ses actes, le terrorisme du XIXè siècle, le terrorisme de l’assassinat politique, était encore obligé d’en passer par de véritables médiations langagières, ce qui le bridait dans ses actes, et lui imposait une limite à ne pas dépasser — par exemple épargner les enfants qui accompagnent le grand duc Serge comme il est relaté dans Les Justes de Camus conformément à la réalité historique. Aujourd’hui, il en va tout autrement, et c’est par le spectacle et la répercussion sur Internet que le terrorisme exerce la propagande par les actes. Il est au plus près de ce projet de se passer du langage et donc d’avoir à rendre compte de ses actes. Le terrorisme contemporain requiert l’élément du spectacle devenu encore plus direct sur Internet qu’à la télévision. Le terrorisme n’est pas seulement une guerre érigée en spectacle — car on a pu dire que cela n’est pas faux de la guerre conventionnelle non plus — mais c’est une forme de guerre qui permet l’individualisation de la terreur. Grâce au direct, chacun peut faire chez soi l’expérience de la terreur. Et ce n’est pas rien dans la diffusion de l’enthousiasme terroriste. {{La sidération pour l’attentat-suicide}}C’est pour cela que la mort, désymbolisée et renvoyée au réel, négation suprême, peut faire l’objet d’une vocation qui aspire le terroriste. Quand la négation n’impose plus sa marque sur les choses humaines, mais est voulue pour elle-même, comme mort, jouissant d’une valeur supérieure à la vie, tout ce qui est de l’ordre du « direct » en lui-même fait l’objet d’un goût spécifique. La guerre classique maintient le rapport à l’Autre : il faut encore un autre, ouvrant sur la dimension de l’altérité, pour recevoir le coup mortel. Quand il ne vient plus que de soi, et que c’est un corps explosé qui sert tuer, ou des victimes qui servent à tuer d’autres victimes (comme dans le cas des avions jetés sur le World Trade Center), la dimension de l’Autre s’éclipse faisant émerger ce que le psychanalyste Jean-Pierre Lebrun nomme « la perversion ordinaire ». L’usage de la mort volontaire comme arme de mort et de terreur vise à imputer à l’Autre la responsabilité de sa propre mort, produisant ainsi une justification insidieuse du terrorisme.Les premiers attentats-suicide du type de ceux que nous connaissons ont été perpétrés par le Hezbollah en 1983. Mais auparavant, L’attentat de Lod en 1972 avait été conçu comme un attentat suicide par Fusako Shigenobu, la « reine rouge », chef de l’armée rouge japonaise. Certes, il était encore possible d’échapper à la mort (un terroriste, trop rapidement arrêté, a survécu) parce que le suicide était encore scindé du meurtre, mais les terroristes avaient mission de se suicider et de détruire les moyens de les identifier juste après l’attaque. En faisant coïncider suicide et meurtre, les bombes humaines témoignent d’un engagement dans destruction, qui attend tout de la catastrophe, tout du rien. Il n’est pas étonnant qu’un discours religieux d’immortalité habille l’acte. C’est en effet de structure. Le spectacle de la mort de l’autre produit l’illusion de l’immortalité. Contre tout argument du désespoir, l’attentat-suicide est une technologie terrorisante. Il réalise une économie de moyens propre à décupler la terreur. Le suicide est une arme de destruction massive, car quand on se fait soi-même arme, ou qu’on fait de ses victimes des armes, tout est possible. En tant que guerre psychologique, le terrorisme de l’attentat-suicide a affiné les moyens de provoquer la terreur au moyen de la mort volontaire. Les Kamikazes japonais avaient inventé l’explosion en plein vol avec leur avion, mais les « kamikazes » d’aujourd’hui, les bombes humaines, mêlent la terreur et à horreur et à la révulsion en usant comme arme psychologique du mépris de l’intégrité du cadavre humain. Le combat n’est plus un corps à corps, puisque le corps lui-même n’est plus. {{Conclusion :}} Si c’est le terrorisme islamiste qui a inventé l’attentat-suicide, rien n’indique qu’il lui est indissolublement attaché. Les tigres tamouls, dont l’idéologie était laïque l’ont pratiqué. Il témoigne d’une transgression de la limite qu’impose en principe la peur de la guerre. Déjà Clausewitz considérait que le peuple en armes rendait possible la montée aux extrêmes. C’est toujours un élément de la rhétorique terroriste que de prétendre incarner les peuples, parler en leur nom et leur faire croire qu’ils n’ont pas d’autre choix, dans un conflit, que d’exprimer toute leur violence. Remarquable à ce titre est, dans la doctrine d’Al-Qaida, la notion de Jihad populaire. Dans l’islam traditionnel, le Jihad n’est pas populaire. Les docteurs de la loi, les oulemas, doivent l’autoriser et ils l’encadrent. Décréter le Jihad populaire, c’est dire que chaque individu peut prendre la décision du Jihad. Ainsi celui-ci prétend-il mobiliser les masses et user de l’énergie populaire. Reste à savoir dans quelle mesure c’est une réussite. Sans préjuger de l’avenir, on a pu remarquer que les mouvements révolutionnaires de l’hiver dernier n’étaient pas nihilistes, et la chute de Ben Laden est peut être un effet du démenti que les opinions arabes ont offert au pari terroriste. Néanmoins, le terrorisme, comme structure, ne disparaît pas avec un échec, puisque c’est sur l’échec même qu’il prend appui.Hélène L’Heuillet
Otages : une première réaction
Réjouissons- nous de la libération des 2 journalistes français et de leurs accompagnateurs en Afghanistan ! Et déplorons l’impuissance du monde, de tous les dirigeants, de toutes les Nations Unies et désunies ainsi que de la Croix Rouge, dite internationale, pour libérer des griffes d’un mouvement terroriste, le Hamas, un franco-israelien kidnappé en territoire israélien et otage, au mépris de toutes les règles et conventions internationales , depuis 5 ans, dans l’obscurité et dans des conditions inhumaines. QUELLE LÂCHETÉ à ne pas oublier, aujourd’hui et demain !QUEL MANQUE DE DIGNITÉ dans la demande d’échange d’un Homme: Guilad Shalit, contre plus de 1000 Hommes palestiniens, prisonniers condamnés dont certains ont du sang sur les mains.Essayons de rêver : le petit facteur de Neuilly va chercher, à bord d’une flottille (financée en partie par des comités d’entreprises, en tout plus de 600.000 € ) à Gaza une lettre de Guilad Shalit qu’il va courageusement remettre en Israël aux parents, dignes, de Guilad. Puis la flottille remontera vers la Syrie pour apporter l’aide humanitaire, tant attendue aprés des jours de massacres de civils, de prisonniers et des milliers de déplacés….Hélas, la réalité est tout autre, dans un monde de mensonges où le bourreau devient victime. NON AU TERRORISME !Alexandre Sebban, Délégué Général du MPCT
Communiqué du MPCT : Cinq ans de séquestration de Gilad Shalit !
{{Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme, membre de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, s’associe pleinement au rassemblement organisé par de nombreuses organisations juives le dimanche 26 juin à 17 h sur le Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris, en soutien à Gilad Shalit.}} Gilad Shalit est franco-israélien.Gilad Shalit n’est pas prisonnier, il est otage du Hamas.Il n’est pas détenu, il est séquestré.Le combat pour la libération d’un otage juif ne concerne pas que les organisations juives.Le Maire de Paris vient de rappeler : {« Depuis cinq ans, Gilad Shalit n’a pas reçu la visite de la Croix Rouge, il lui a été interdit de rencontrer un avocat, il n’a pu donner aucune nouvelle, à personne. Il est hors du monde et hors du droit. Nous ne sommes pas là dans la politique. Nous ne sommes pas même dans la guerre. Nous sommes dans la brutalité lâche. Et rien ne permet de justifier cette brutalité ni cette lâcheté. La vraie réponse, la seule qui soit digne, humaine, acceptable, celle que nous exigeons, et pour tout de suite, c’est la libération inconditionnelle de Gilad Shalit. »} {{ -Libération immédiate et inconditionnelle de Gilad Shalit !}}{{-Libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages !}} Telle doit être l’exigence commune de toutes les organisations se réclamant des droits humains.

