Chronique du 3 juillet 2019

Trois  événements  intéressants avaient lieu ce mercredi : à l’Assemblée Nationale, l’ouverture du débat sur la Loi Avia, au Tribunal de Grande Instance de Paris, la comparution d’un internaute pour menaces de mort contre Zineb El Rhazoui, enfin à Bobigny l’ouverture d’un colloque sur les “Mécaniques de l’extrémisme violent.”

 I / La loi, présentée par Laetitia Avia, de lutte contre la haine sur internet

 

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.7917049_5d1ca4b5b638e.1ere-seance–lutter-contre-la-haine-sur-internet-3-juillet-2019

 

– Le terme islamophobe a heureusement disparu du texte, on l’espère définitivement, remplacé par anti-musulmans.

Cependant ainsi que nous l’avons fait remarquer à nos élus, cette mention fait apparaître par contraste l’absence de référence aux très fréquentes attaques anti chrétiennes, aux pressions sur les athées et “apostats”, aux agressions ciblant des groupes ethniques comme par exemple les Asiatiques ou les Roms.

 

– L’objectif de responsabiliser les plateformes est louable.

 Il reste fort à faire en ce domaine !

 Deux exemples montrent l’ampleur du problème :

Apple  refuse de supprimer l’application Euro Fatwa émanation du Conseil Européen de la Fatwa, dirigé par Qaradawi, prédicateur interdit de séjour en France, qui légitime le terrorisme.

Twitter héberge le compte des “Brigades des Martyrs Al Qassam”, branche militaire du Hamas classée organisation terroriste par l’Union Européenne.

 

 II /  Le procès intenté par la courageuse Zineb El Rhazoui, menacée de mort depuis des années

 Pour la première fois, le lâche anonymat, fustigé à juste titre par Madame Avia, avait été levé, permettant d’identifier et de poursuivre des auteurs de menaces !

Huit mois de prison avec sursis ont été requis contre l’étudiant qui avait exprimé  son envie de “mettre 46 boulets” dans le crâne de Zineb El Rhazoui  –  formule pas à prendre au sens littéral “a-t-il précisé. Il avait été irrité d’entendre la superbe Zineb déclarer après l’attentat de Strasbourg que l’Islam devait se soumettre à la critique et aux lois de la République.

 Jugement attendu le 10 juillet.

 III /  Le colloque  “Mécaniques de l’extrémisme violent”  

Le programme annonçait en ouverture les discours du Président du Conseil  Départemental de Seine Saint Denis, de la Préfète déléguée à l’égalité des chances, de la Procureure Générale du TPI de Bobigny et de la Secrétaire Générale du CIPDR, Comité Interministériel pour la Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation,  apportant ainsi une caution officielle à l’événement.

 

Deux enseignantes  Barbara  Lefebvre et Anne-Sophie  Nogaret avaient heureusement alerté dans une tribune (1) sur la  nature du colloque. Qu’elles en soient remerciées !

Elles nous ont permis d’intervenir auprès des différents  officiels pour interroger sur son contenu et son programme :  mot “djihadiste” mis entre guillemets,  absence de référence à l’islamisme, à l’Islam politique comme idéologie. 

 Certes le terrorisme islamiste n’est pas le seul danger, on l’a vu avec le terrible attentat anti-musulman de Christchurch, mais  à l’échelle du monde comme à celle de notre pays c’est bien le terrorisme islamiste qui est le plus  dévastateur.

 S’abstenir de le désigner participe à un déni qui profite aux manoeuvres islamistes.

 Le relativisme semblait guider les organisateurs de ce colloque.

 L’un au moins des directeurs du colloque, le Docteur Said Bouamama, s’est signalé dans le passé par une attitude  trouble sur la liberté d’expression et sur les deux attentats subis par Charlie Hebdo.

Il est aussi connu pour son hostilité aux lois de défense de la laïcité.

Pas plus que les auteures de la tribune, nous ne demandions l’interdiction du colloque mais il importait qu’il ne bénéficie pas d’une caution officielle.

La protestation a été entendue : aucun officiel n’était finalement présent à l’ouverture du colloque, évitant in extremis de créer un précédent fâcheux.

 Il est particulièrement appréciable que le  CIPDR, dont la mission est essentielle face au fléau du terrorisme et dont les actions sont nombreuses et diversifiées, se soit désengagé.

Pour nous c’est un bel encouragement à poursuivre veille, action et débat citoyen !

 Huguette Chomski Magnis

 Secrétaire générale du MPCT 

Coordinatrice du Collectif Contre le Terrorisme

 

(1) http://www.lefigaro.fr/vox/societe/en-seine-saint-denis-l-etat-cautionne-un-colloque-noyaute-par-des-indigenistes-20190702