Tribune : Le Conseil de l’ONU contre les droits humains

Le 25 février s’est ouvert à Genève la 40ème session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Son objet théorique est de “promouvoir et protéger les droits humains autour du globe”. En pratique c’est autre chose.

L’Iran à l’honneur

Le panel inaugural était tout un symbole : à la droite de Michelle Bachelet, Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, trônait la Vice Présidente de la République Islamique d’Iran, revêtue de son tchador. Elle commença son allocution par la formule ” Au nom d’Allah, le très clément, le très miséricordieux …”

Honorer le régime iranien était un encouragement de fait à sa politique de répression féroce. Quelques jours plus tard, on apprenait la condamnation de la courageuse avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, défenseure des femmes qui rejettent le port imposé du voile islamique, à une peine d’une extrême lourdeur – ce qui n’empêcha pas une autre instance onusienne, la Commission sur le Statut des Femmes, de nommer  l’Iran comme juge chargé d’examiner les plaintes des femmes contre les violations de leurs droits !

Les dictatures en paix, Israël au pilori

Pour le  Conseil des droits de l’homme, et pour l’ONU en règle générale, charbonnier est maître chez soi et on évite de demander des comptes aux dictatures.

Comme l’Iran, la  Turquie, le Qatar, le Yemen et la Russie ont pu affirmer tranquillement à Genève leur amour des droits de l’homme.

Aucun rapport n’est présenté à cette session sur la situation des droits humains en Turquie, au Pakistan, au Qatar ou au Venezuela.

En revanche 7 rapports sont consacrés à Israël. L’attention portée par le CDH à Israël est si singulière qu’une journée spéciale lui est rituellement consacrée, tous les autres rapports se contentant du cadre du débat général. Cette année c’est le 18 mars, quatre jours avant la clôture de la session.

Depuis 2006 Israël a fait l’objet de plus de condamnations que tous les autres pays réunis.  Traduction : les violations des droits humains les plus graves et les plus massives commises dans le monde sont ignorées ou minorées.

Les rapports  sur  la riposte israélienne aux “marches du retour”  sont entachés de parti pris, partant du postulat qu’Israël a visé des civils manifestant pacifiquement.

Le caractère agressif et violent de ces manifestations est gommé, leur planification par le Hamas et d’autres organisations terroristes de Gaza est occulté, la gravité des tentatives d’infiltration et d’invasion du territoire israélien n’est pas relevée, les attaques menées contre les populations civiles israéliennes par les tirs de roquettes et les incendies sont à peine mentionnées.

Sont délibérément ignorés l’utilisation cynique de la population civile de Gaza, enfants compris, comme boucliers humains et l’embrigadement massif de ces enfants, auxquels la haine des Juifs et le culte du “martyre” sont inculqués.

Bref, il n’y a aucun effort d’objectivité. De fait, ce déluge de rapports à charge constitue un appendice aux attaques planifiées par le Hamas et un encouragement à les poursuivre. C’est la cerise onusienne sur le gâteau de la propagande d’organisations terroristes.

Très choquant ? Oui, mais pas étonnant.

 Le CDH et le terrorisme

La défense des victimes du terrorisme, la condamnation de leurs agresseurs ne sont pas des priorités au CDH. Aucun rapporteur spécial n’a été nommé   pour enquêter sur le respect des droits humains de ces victimes. Le grand souci du CDH est “la promotion et la protection des droits humains dans le contexte de la lutte anti – terroriste.”

Ce souci est a priori légitime, les dictatures accusant volontiers de terrorisme d’authentiques défenseurs des droits humains.

En pratique , la France faisait partie des pays examinés cette année par la rapporteure spéciale, Madame Ni Aolain.

Celle-ci n’a pas épargné ses critiques.

Elle voit dans le délit d’apologie du terrorisme un danger pour la liberté d’expression, en particulier concernant les mineurs, et demande que soit établie une claire distinction entre d’une part la pensée, l’idéologie ” radicale” et d’autre part la “radicalisation” violente.

Elle critique l’association de l’Islam au terrorisme, s’oppose à la stigmatisation d’une communauté, déplore que l’emphase ait été mise sur la radicalisation islamique, s’inquiète de la fermeture de mosquées et de la criminalisation des prières de rue, appelle la France à protéger la liberté religieuse individuelle et collective. Elle s’alarme des incidents anti musulmans qui ont suivi les attentats.

Enfin elle invite la France à se préoccuper du sort de ses nationaux partis combattre à l’étranger et des risques qu’ils encourent dans des zones de non droit, pressant les autorités de rapatrier d’urgence leurs enfants et de mettre en place un programme de réhabilitation et de réintégration.

Certaines de ses préoccupation sont légitimes mais la rapporteure spéciale ne partage ni ne comprend la volonté de résistance qui émerge dans une France balisée par les crimes de Merah, Charlie Hebdo, le Bataclan et Condé sur Sarthe !

Ses critiques ont hélas été confortées par  l’intervention de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme française qui s’éleva contre ” la stigmatisation d’une certaine minorité religieuse” déplorant le recours excessif à la notion de laïcité !

L’accusation de stigmatisation d’une religion est purement imaginaire, sauf à dénoncer le fait qu’après des années de déni, les autorités françaises aient  enfin désigné la nature islamiste du terrorisme qui a meurtri la population de notre pays !

Le cadre du CDH est décidément malsain.

Dès 2008, alertée par Jean-Claude Buhrer, Malka Marcovich (1), Bernice Dubois, Fodé Sylla et quelques autres, la LICRA dénonçait le CDH dans un texte collectif signé par  Elisabeth Badinter et Elie Wiesel, lui reprochant d’être devenu ” une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs.”

Le rappeler est un minimum. Le dénoncer est un devoir.

Huguette Chomski Magnis,

Secrétaire générale du MPCT

(1) “Les Nations désUnies, comment l’ONU enterre les droits de l’homme” préface d’Elisabeth de Fontenay, 2008, éditions Jacob Duvernet.

 

 

 

Communiqué du MPCT : Carnage anti musulman en Nouvelle Zélande

Le MPCT condamne les effroyables massacres commis dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, salue la mémoire des victimes et assure le peuple néo zélandais de sa solidarité.

Comme  les islamistes, le terroriste anti musulman a filmé ses crimes.

Rien ne justifie de cibler des civils, que ce soit dans la rue, à un concert, dans un lieu de culte ou un restaurant.

Les attentats contre les fidèles musulmans de Christchurch sont aussi ignobles que ceux du Bataclan et tous ceux qui ont  visé depuis des années les fidèles d’églises ou de synagogues, un peu partout dans le monde.


Résistance, condamnation universelle du terrorisme !                                                
                                                                                                           
                                                                                                                                                                Paris, le 15 mars 2019

Arracher la libération de Nasrin Sotoudeh

 

Nasrin, avocate iranienne et militante connue des droits humains, a été incarcérée le 13 juin 2018 pour avoir défendu les jeunes femmes qui bravent le régime islamique en rejetant le port du voile.
En novembre le Conseil National des Barreaux a lancé une pétition en sa faveur :

 

https://www.change.org/p/cnb-lib%C3%A9rez-l-avocate-iranienne-nasrin-sotoudeh?recruiter=923894649&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition&utm_term=share_petition

On a appris sa condamnation à une peine d’une extrême lourdeur (selon les informations, entre 5 ans et 38 ans de prison !) comme si le régime iranien voulait faire un exemple retentissant.

Honte à Michelle Bachelet, Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, qui a ouvert , quelques jours plus tôt, la 40 ème session du mal nommé “Conseil des Droits de l’Homme” flanquée de la Vice-présidente de la République Islamique d’Iran !

La France a exprimé sa préoccupation.

L’Union européenne a dénoncé la condamnation de Nasrin, par la voix de Federica Mogherini.

Solidarité bienvenue mais tardive de la cheffe de la diplomatie européenne  : l’an dernier, en pleine révolte des Iraniennes contre le port du voile, elle s’était sentie obligée d’en arborer un lors de sa visite à Téhéran.

Il faut que la riposte internationale claque plus fort que les 148 coups de fouet parait-il promis à celle dont le courage est un exemple pour le monde.

Riposte de toutes les femmes,  solidaires de la formidable résistance des Iraniennes.

Riposte de tous les démocrates qui ne peuvent se rendre complices, par le silence,  du régime islamique de Téhéran.

Libérez Nasrin Sotoudeh !

Huguette Chomski Magnis

 

8 mars : défendre l’universalité des droits des femmes

Le MPCT soutient la tribune “Pour un 8 mars féministe universaliste!”  publiée dans Libération

Article de Liberation

Il s’agit bien de défendre l’universalité des droits humains face aux assauts des relativistes qui, au nom du “droit à la différence”, prônent la différence des droits.  

Complices ici des offensives contre les libertés démocratiques, la laïcité et les droits des femmes, ces courants qui ne sont ni “nouveaux” ni “féministes”, trahissent les femmes d’Iran, d’Afghanistan  ou d’Arabie Saoudite qui luttent avec courage contre l’obligation du port du voile imposé par l’islam politique.

Nous combattons ce relativisme  tout comme celui qui peut qualifier de “résistance” des actes de terrorisme, selon “le contexte”, selon l’identité des victimes visées et celle des auteurs.  

La condamnation du terrorisme ne peut-être qu’universelle. Nous sommes solidaires de toutes les victimes du terrorisme dans le monde et en particulier des femmes, victimes civiles par excellence.

Nous voulons penser à toutes les victimes oubliées, comme les otages de Boko Haram, femmes, jeunes filles, enfants.

Nous refusons d’oublier les 112 lycéennes enlevées à  Chibok.

Elles auraient dû terminer leurs études, devenir médecins,  ingénieures ou enseignantes.

” Bring back our girls” disait-on. “NOW,” maintenant.

C’était il y a 5 ans. Et c’est aujourd’hui 8 mars 2019.

Tribune : Condé sur Sarthe

Incroyable…deviendrais je soumis, abattu, résigné, au point de même pas me mettre en colère ?!

Cette dramatique nouvelle, si prévisible, et malheureusement pas une première: « 2 gardiens de prison poignardés par un radicalisé emprisonné pour meurtre » !

Et la litanie de propos lénifiants … une ministre censée nous protéger « choquée »…le minimum requis cheffe. Mais à ce niveau de (i)responsabilités, cela relève du divan du psy, pas de la main ferme de la Justice !

Après notre Castafior national et son barnum du style « français avant djihadistes »….y a de quoi, docteur, être inquiet pour notre santé à tous.

Et puis, chez nos découvreurs du fil à couper le beurre et autre eau tiède, les mêmes questions dont le péquin moyen connaît déjà les réponses «  comment et par qui ce couteau, en céramique, est-il entré dans la prison ? » (car non détectable camarade !)…Nota bene, la « plus sécurisée de France » ! Mazette…heureusement, sinon il y faisait rentrer un bazooka ?

Ben chef, tout rentre dans les prisons, même celles où sont détenus les plus dangereux de nos ennemis de l’intérieur. Téléphones, drogue et même couteaux…bientôt un fusil d’assaut ?

Et puis, comme d’hab… « on va faire une commission d’enquête … qui rendra ses conclusions »…ah bon ? Nous voilà rassurés (sic).

Est-ce bien  payé cette nième commission de moulin à palabres pour dresser les mêmes constats, les mêmes failles, les mêmes trous dans la raquette que l’on ne comble toujours pas ! Si tel est le cas, pas plus c… qu’un autre, je veux bien en être.

Certes, ces failles, sacrément balèzes par ailleurs, le sont par manque de moyens, en partie, mais surtout, au pays des Droits de l’Homme (en fait ceux d’être assassinés n’importe où par ceux qui ne respectent aucun droit, eux, aux autres, mécréants notamment, de vivre) par manque de volonté politique farouche d’éradication.

Finalement dans un vieux pays comme le nôtre, sécularisé (quoique), déchristianisé (pour presque sûr) la charité chrétienne a laissé aux cœurs de nos dirigeants de sacrées profondes traces…

Mais pour sûr, face à la pression de l’extrême majorité des Français attendant des solutions radicales pour annihiler nos ennemis, celle-ci viendra.

Surtout quand on sait de la bouche d’experts, la sortie dans les prochains mois de dangereux individus aux mêmes profils actuellement emprisonnés, et la venue en France de nombreux djihadistes ayant fait leurs gammes macabres en Syrie et en Irak, revenants et autres « rapatriés » aux frais de la princesse bien nunuche.

Aux fous ! Ne serait-ce pas en quelque sorte notre mise en danger de mort violente programmée ? Pas du fatalisme. On sortira ensuite violons et trompettes, kleenex et bouquets de fleurs, hymne à l’amour et autres cantiques ne retenant en rien le bras de nos égorgeurs…

N’est pas Churchill qui veut. Et les chargés de communication pour langage châtié ne suffiront pas à calmer la colère des Français qui monte, monte, monte…

Alors, bien évidemment, « on nous prend encore pour des billes », et finalement, en colère, je suis.

Et je rends hommage à nos gardiens de prison et à nos forces de l’ordre, toujours en première ligne pour nous protéger à leurs risques et périls. Merci.

Eric Wagner

 

Photo : Des gardiens bloquent l’entrée de la prison de Condé-sur-Sarthe, près d’Alençon, le 6 mars 2019. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

SOUDAN : après 10 ans d’impunité, la chute pour Bechir ?

Le 4 mars 2009, le dictateur islamiste du Soudan était inculpé par la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour.

Depuis,  rien ne s’est passé. Activement soutenu par les uns, toléré par la communauté internationale, il a pu poursuivre ses crimes contre les populations du Darfour et les étendre à d’autres régions, les Monts Nouba et le Nil Bleu.

Mais la donne est changée par l’extraordinaire  soulèvement populaire qui persiste depuis des mois en dépit d’une répression féroce.

La solidarité est notre devoir, pour mettre un terme à l’insupportable impunité de Bechir.

Le régime oppresseur, génocidaire,  soutien du terrorisme international, de Khartoum n’a que trop duré !

Cécile …

 “Tout va bien, hâte de vous revoir, j’ai acheté plein de cadeaux. “ (1)

: un simple SMS reçu le 21/02/2009 par Madame Catherine Vannier, habitante de Levallois-Perret, de la part de sa fille Cécile, 17 ans, alors en voyage scolaire en Egypte.

 Comment aurait-t-elle pu imaginer que c’était là son tout dernier message ? Qu’elle et son mari ne reverraient plus jamais leur fille unique, fauchée le lendemain 22 février dans l’attentat qui a visé le souk touristique du Caire ?

 10 ans déjà, 10 ans d’un long chemin de douleur, de devoir continuer à vivre en sachant que plus personne ne les  appellera « Papa » « Maman », et surtout de demander justice, de connaître la vérité quant à l’identité des terroristes et de leurs commanditaires. Un dossier encore non bouclé à ce jour…s’il le sera un jour.

 Durant toute cette période, la mémoire de Cécile Vannier ne fut nullement oubliée,

comme en témoigne cet élan de solidarité de la part des camarades de classe de Cécile, eux aussi blessés dans leur chair et dans leur âme, de leurs parents, du lycée : autant de bonnes volontés qui chaque année se retrouvent au Parc de la Planchette pour se souvenir de cette jeune fille, autour du buste-mémorial érigé à son effigie.

 Ce 22 février 2019, nous MPCT avons été présents lors de cette cérémonie-souvenir ainsi que du gala qui s’en est suivi à la Salle Ravel de Levallois-Perret :

projections de films-souvenirs de la famille Vannier, danses et chants divers, exposé sur le thème de la résilience, évocation de la mémoire de Camille, une amie de Cécile si fortement marquée par sa mort qu’elle a fini par mettre fin à ses jours en 2018.

 10 ans déjà … et depuis cette date terrible, combien d’autres sont venus ensanglanter notre calendrier

en nous frappant ici même en France, depuis mars 2012 (école juive Toulouse, militaires de Montauban), jusqu’à décembre 2018 (marché de Noël de Strasbourg) en passant par Charlie Hebdo et la promenade des Anglais de Nice.

 D’ailleurs à quelques pas du mémorial de Cécile Vannier, une autre plaque « Christopher NEUET-SHALTER-BODINEAU, victime des attentats terroristes du Bataclan. Ne jamais oublier ».

 Nous n’oublierons pas …

et nous n’excuserons ni ne pardonnerons pas davantage.

Thomas Dresler

(1)   https://www.nouvelobs.com/societe/20160219.OBS4978/ma-fille-unique-cecile-17-ans-tuee-dans-l-attentat-du-caire.html

Contextualiser les actions du MPCT

Rapport moral de la Présidente du MPCT Béatrice Szwec, présenté à l’Assemblée Générale du 6 février 2019

• 2018 : le contexte dans lequel MPCT mène ses actions d’alerte de la société et de solidarité avec toutes les victimes du terrorisme a sensiblement évolué depuis sa création il y a 16 ans .

A quelques semaines d’un vote crucial pour l’avenir de la Communauté Européenne, et bien sûr le nôtre, je veux rappeler que depuis dix ans , pas moins de 12 pays de l’UE ont été touchés par des attentats terroristes qui ont entraîné la mort de plus de 400 civils , hommes, femmes et enfants.

Notons surtout que depuis la fin des années 1990, ont été mis en place des outils indispensables pour mieux coordonner l’action des partenaires dans leur lutte contre l’insécurité, le terrorisme islamique et maintenant l’immigration de masse, légale ou pas .

Pour rappel il s’agit de:

Europol, qui fait le lien entre polices nationales Depuis peu cet organisme a également en charge la lutte contre la propagande terroriste en ligne
Eurojust, qui accompagne les enquêtes judiciaires,
Frontex, qui surveille les frontières extérieures de Schengen et de l’UE
la base de données du Système d’information Schengen.

Contre la passoire que constitue le trafic aérien, les Européens ont décidé depuis 2016, de mieux partager les données des passagers En complément un nouveau système d’enregistrement aux frontières devrait voir le jour sous peu. Les autres chantiers en cours visent essentiellement à renforcer la cybersécurité et à enrayer le financement du terrorisme.

Sur le terrain, les enquêtes conjointes avancent comme le montrent les interpellations, les arrestations et les procès contre les suspects de complicité lors des grands attentats (Bataclan, Hyper casher, Bruxelles, Nice, Londres, Manchester, Barcelone, Strasbourg etc..)

La situation géopolitique et militaire au Moyen Orient, où la France est engagée s’est également modifiée. Les longues guerres meurtrières d’Irak et de Syrie se terminent. Les influences étrangères, aux intérêts très divergents, continuent de s’incruster et de guerroyer par partenaires locaux interposés.

Pensons au Hezbollah, au Hamas et aux jeux plus ou moins opaques des puissances : principalement Russie, Etats Unis , Europe, Iran, Turquie .

Daesh si puissant, si barbare, si attirant pour une jeunesse égarée n’est plus qu’un Califat sans terre où les jeunes Européens “radicalisés” qui ne sont ni morts au combat ni dans des assassinats ciblés ont dû se rendre aux vainqueurs.

La grande coalition anti terroriste, n’est plus guère représentée sur le terrain que par les combattants kurdes qui ont été lâchés de manière éhontée par leurs alliés occidentaux . Pour clore le tout, le retrait unilatéral, et sans concertation du dernier corps Etats-Unien de 2000 militaires a créé de graves déséquilibres, obligeant, par exemple la France à devoir rapatrier ses traitres nationaux pour les juger ici, ce qui n’était nullement prévu .

Le nouveau contexte du travail d’alerte du MPCT c’est cela : les premiers terroristes jugés et incarcérés en France , sont en train de sortir de prison sans que les citoyens ne sachent dans quel état de dangerosité ils se trouvent.

Dans le même temps il faut se préparer au retour de près de 200 djihadistes hommes, femmes ( et enfants, nous dit-t-on) arrêtés là bas, qui devaient y être jugés et y purger leur peine.

A noter que la majorité des Français est contre ce retour.

Pour montrer sa compréhension des appréhensions de la nation, le Ministre de l’intérieur Christophe Castagner vient de déclarer que « ces exilés volontaires sont français avant d’être djihadistes ! »

C’est cela le déni de réalité et l’absence de compassion réelle pour les victimes , leurs souffrances et leur mémoire.

L’état de la justice en France, très « idéologisée » et sans véritable contrôle, l’état du système pénitentiaire, le manque notoire de structures d’isolement pour limiter le prosélytisme, la contagion de la “radicalité”, l’organisation de cellules , dormantes ou pas, en attendant une libération qui , fatalement, adviendra un jour ne sont certes pas des données très rassurantes.

Face à ces changements d’échelle, comment le MPCT pourra-t-il réagir ?

Probablement par la lutte, pied à pied, contre le déni des réalités, contre l’indifférence , contre le politiquement correct et contre l’inversion des valeurs.

La mémoire, la fidélité aux victimes et à leurs familles sont le devoir humaniste et de tout progressiste qui se respecte. Ils doivent nécessairement passer avant tout opportunisme politique.

Pour clore mon propos, je voudrais rappeler ici que même petite et fatiguée, notre association MPCT a conscience que le combat engagé de longue date contre le déni de réalité, le refus, par l’ensemble des élites et des médias de notre pays d’appeler un chat un chat a quelque peu porté ses fruits.

Nous nous en félicitons.

Qu’était donc cet « enfumage » , qui consistait à se prétendre « en guerre « contre un ennemi que l’on n’osait ni regarder en face ni nommer ?

Notre travail de fourmis, à côté de celui de grosses associations avec des dirigeants bien médiatiques et médiatisés telles que les associations du combat laïc, celles qui luttent contre les racismes, les antisémitismes, les populismes, les fascismes, l’homophobie, les violences faites aux femmes et autres discriminations, font que maintenant le Ministère de l’Intérieur ose annoncer les vérités en chiffres, à savoir qu’en 2018 , et en hausse significative par rapport à 2017, 0,1 % de la population française – les Juifs- ont été victimes de 84% des agressions et voies de fait comptabilisés au niveau national.

Du Président qui affirmait publiquement vouloir faire de la lutte contre l’antisémitisme la grande cause nationale, je ne dirai rien.

Je terminerai par un salut fraternel à tous nos amis ici présents, à celles et ceux qui ne sont pas là mais que nous considérons tous et toutes comme des exemples d’audace, de courage et de rayonnement.

• Je pense à Zineb el Rhazoui, Philippe Val, Boualem Sansal et à tant d’autres intellectuels, je pense aux jeunes femmes iraniennes qui osent se dévoiler en public devant des caméras. IIs et elles nous montrent la grandeur de la prise de risque au bénéfice de la liberté, de toutes les libertés fondamentales et pour toute l’humanité .

Eux qui se voulaient libres de dire et d’écrire sans frein, ils sont sous le coup de l’irrationnel ; les fatwas, les menaces de mort pour eux, pour elles et leurs familles. Le prix à payer c’est la sécurité 24H sur 24. Elle est étouffante mais malheureusement indispensable.

Faisant mien le résumé éclairé par Huguette des acquis et des faiblesses du MPCT seize ans après sa création, j’y ajouterai une question un peu gênante : tenter de remonter, rajeunir et re dynamiser une association valeureuse , riche d’idées et d’éthique mais en retard de plusieurs guerres au plan de la communication , des média, réseaux et banques de données numériques, est ce bien raisonnable ?

Moi-même je n’ai rejoint l’association qu’il y a deux ou trois ans (je ne sais plus, quand on aime on ne compte pas), J’étais pleine de projets de développement mais peut être pas très consciente des mutations rapides du monde, sous la poigne de fer du numérique . Et patatras, la traitrise de l’âge m’a fait un croche pied. Je viens de passer de très nombreux mois à me rouler dans des douleurs indicibles.

On se doute que ce ne sont pas des conditions idéales pour inventer un futur à une association devenue un peu désuète. L’idéal, selon moi, serait de lui trouver un partenaire plus inscrit dans la modernité, un genre de tuteur. Il faut savoir qu’il y aura forcément un prix a payer en terme d’indépendance des idées et des actions.

En attendant , si ma santé se tient tranquille, je reste a la disposition du MPCT , au moins pour assurer sa survie et celle de ses instances.

Béatrice Szwec

Paris, le 6 février 2019

 

Contre l’antisémitisme, soutien du MPCT aux différentes ripostes

Face à l’offensive de l’antisémitisme le sursaut républicain est urgent.

Le MPCT soutient naturellement les manifestations organisées :

1 – L’association Hagora appelle à une cérémonie dimanche 17 février à 18 h devant le 229 bd de Voltaire en hommage à Ilan Halimi dont la mémoire vient d’être profanée, en y associant la jeune victime israélienne Ori Ansbacher, violée et assassinée le 7 février 2019 par un terroriste palestinien.

 

 

Le lien doit être fait car la tolérance envers le terrorisme anti juif ailleurs a facilité les passages à l’acte contre les Juifs ici. Elle a aussi favorisé l’essor du terrorisme ciblant les civils en général, en France et dans le monde.

La grande trouvaille de Dieudonné a été de substituer le terme “sioniste” au terme “juif”. Cette perversion a envahi l’espace public et doit être dénoncée.

2-  Partis politiques et organisations appellent à un contre l’antisémitisme mardi 19 février à 19 h Place de la République.

S’il faut s’en féliciter, on aimerait une condamnation explicitement universelle de l’antisémitisme et du racisme, qui n’ignore pas les manifestations “d’antisionisme”.

3 – Le communiqué de Viv(r)e la République mérite d’être partagé car il met le doigt sur des aspects trop esquivés :

https://vivrelarepublique.fr/2019/02/appel-a-lunion-contre-lantisemitisme-communique-de-presse-de-vivre-la-republique/

“Tous unis contre le terrorisme” : 10 ans après l’attentat du Caire

22 février “Tous unis contre le terrorisme” : 10 ans après l’attentat du Caire, marche, hommage et gala de solidarité à Levallois

 

Le 22 février 2009 les lycéens de Levallois en séjour scolaire étaient la cible d’un attentat au Caire.

La jeune Cécile Vannier, âgée de 17 ans, fut tuée. Certains de ses camarades furent blessés. Pour tous et toutes le traumatisme fut terrible. Année après année, la famille de Cécile Vannier, ses camarades rescapés et leurs parents, les animateurs aussi, ont rendu hommage à Cécile et réclamé justice, alors même que le terrorisme islamiste meurtrissait la France en frappant massivement sur notre sol.

La constance de leur engagement, résistance, résilience et refus de l’oubli, s’exprime dans les manifestations prévues par le Collectif de l’attentat du Caire pour marquer les 10 ans :

  • A 17 h Marche de la Mairie de Levallois au Parc de la Planchette, lieu de mémoire.
  • A 17 h 45 Cérémonie d’hommage et de recueillement.
  • A 20 h gala de solidarité pour les victimes du terrorisme “Pour la Vie, tous unis contre le terrorisme”.

Le MPCT s’y associe.

Plus d’informations, billetterie sur le site de l’Association française des Victimes du Terrorisme :

Gala de solidarité pour les victimes du terrorisme

Photo de Cécile Vannier : Le Parisien