Mémoire de Samuel Paty : les réponses au communiqué adressé aux candidats à la Mairie de Paris

Après un nouvel acte de vandalisme commis au Square Samuel Paty en plein procès en appel des accompagnateurs de l’assassin de Samuel Paty, 15 associations avaient publié un communiqué dénonçant cette insupportable offense.
Il demandait l’installation de caméras de surveillance et s’adressait aux candidats à la Mairie de Paris, le problème dépassant le cadre du 5ème arrondissement.

Ce communiqué a été envoyé aux 6 principaux candidats à la Mairie de Paris.

Nous publions les trois réponses reçues.

Pierre-Ves Bournazel

“Je vous remercie pour votre interpellation et pour le partage de votre communiqué.

Ces dégradations sont intolérables. Elles sont une insulte à la mémoire de Samuel Paty et au combat qu’il menait, le combat que nous continuerons à porter, inlassablement et collectivement, pour nos valeurs démocratiques et républicaines.

Vous pouvez compter sur mon engagement à faire installer un dispositif de vidéoprotection dans le square, ainsi qu’à assurer une présence effective et réactive de la police municipale, avec davantage de rondes. Ce lieu de mémoire doit être protégé. Chaque candidat ou candidate se réclamant de l’arc républicain devrait pouvoir s’y engager, quelle que soit l’issue de cette élection.

La haine ne nous fera jamais reculer et, le 16 octobre 2026, nous rendrons à nouveau hommage à Samuel Paty, avec force et unité.

Vous pouvez compter sur moi. Avec tout mon soutien.

Bien respectueusement et chaleureusement,

Pierre-Yves Bournazel”


Equipe de campagne de Rachida Dati

“Il est une nouvelle fois honteux et abject de voir cette plaque d’hommage une fois de plus en effet vandalisée.
Votre message a été transmis à la candidate et sa réponse a été claire et unanime : non seulement des dispositifs de caméras seront installés dans ce square mais aussi, la présence policière des l’élection municipale passée sera renforcée par la mairie, de jour comme de nuit et permettra de ne plus jamais faire prospérer ces incivilités non gérées par la mairie de Paris.
En vous remerciant de votre message,
Bien cordialement,

Victor, membre de l’équipe de campagne de Rachida Dati.”

Equipe de campagne d’Emmanuel Grégoire


“Nous vous remercions pour votre sollicitation. Avec l’assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste le 16 octobre 2020, c’est toute la République qui fut frappée en son cœur : l’école. Samuel Paty était un de ces “hussards noirs” de la République qui chaque jour défendait et transmettait avec courage, rigueur et bienveillance les valeurs de la République à ses élèves.

Dès le Conseil de Paris de novembre 2020, avec Anne Hidalgo et la majorité municipale nous avons tenu à voter une dénomination en hommage à Samuel Paty afin que Paris fasse vivre sa mémoire et la défense de la liberté d’expression dans l’espace public de notre ville. Le lieu choisi fut le square en face de la Sorbonne, pour saluer le travail pédagogique de Samuel Paty, et son engagement inlassable pour la transmission du savoir aux jeunes générations.

Les actes répétés de vandalisme contre la mémoire de Samuel Paty sont inacceptables. Dès son entrée en fonction, Emmanuel Grégoire s’engage à prendre en lien avec la Préfecture de Police, toutes les mesures nécessaires pour protéger la mémoire de Samuel Paty et prévenir toute dégradation de la plaque, y compris le cas échéant l’installation de caméras de vidéoprotection.

L’équipe d’Emmanuel Grégoire”

Retenons bien les engagements pris.

Le contexte est important : allant à l’encontre des réquisitions, le verdict très clément du procès en appel, qui a été émaillé de graves provocations de la défense des accusés, a donné à la famille de Samuel Paty le douloureux sentiment d’un nouvel abandon.

La mémoire de Samuel Paty doit d’autant plus être défendue avec force.

Huguette Chomski Magnis

Secrétaire générale du MPCT
Coordinatrice du Collectif Contre le Terrorisme

11mars 2026 : Journée d’hommage aux victimes du terrorisme

Aujourd’hui 11 mars, c’est la journée européenne et nationale d’hommage aux victimes du terrorisme, date choisie en référence à l’attentat contre les gares de Madrid perpétré il y a 22 ans jour pour jour. Il fit 191 morts.

Nous pensons bien sûr à toutes les victimes sur le sol français où les attentats islamistes n’ont cessé de s’accumuler depuis les années 2010. A commencer par Imad Ibn Ziaten, première des 7 victimes du djihadiste Merah qui alla jusqu’à abattre à bout portant de tout jeunes enfants dans leur école parce qu’ils étaient juifs.

Nous pensons à Jessica Schneider et Jean-Baptiste Salvaing, policiers assassinés dans leur domicile, devant leur enfant, en juin 2016, un mois avant l’attentat sur la promenade des Anglais de Nice le 14 juillet qui fit 86 morts dont plusieurs enfants.

Nous pensons à Arnaud Beltrame, commandant de gendarmerie que le sens du devoir a poussé à prendre la place d’une otage lors de l’attaque djihadiste à Trèbes il y a presque 8 ans. L’attentat fit 4 morts.

Nous pensons à Samuel Paty dont la soeur Mickaëlle s’indigne de la clémence du verdict en appel au procès des accompagnateurs de l’assassin islamiste de son frère.

Nous pensons à toutes les victimes passées, en redoutant hélas que d’autres les rejoignent, car comment croire que le terrorisme disparaitra bientôt lorsqu’on voit les faibles réponses juridiques et surtout a complaisance de plusieurs organisations et de certains membres du personnel politique

Ce matin à Fontenay-sous-Bois, le MPCT était présent à la brève cérémonie d’hommage aux victimes du terrorisme organisée par la Mairie.

Lorsque nos représentantes avaient été reçues par le Maire de la ville début juin, parmi la liste de nos revendications, il y avait celle de faire sortir cet hommage de la clandestinité.
En effet, l’an dernier, il avait été expédié en 5 minutes, pas une de plus.

Alors que dans cette ville, deux personnes ont été victimes des attentats islamistes de 2015 :
François-Michel Saada, Fontenaysien assassiné le 9 janvier à l’Hypercacher parce qu’il était juif
Lola Salines, jeune sportive membre d’une équipe fontenaysienne, assassinée le 13 novembre au Bataclan parce qu’elle aimait la musique.

Notre critique a porté puisque cette année la Journée Nationale d’hommage aux victimes du terrorisme était bien annoncée dans l’agenda municipal.

Nos amies étaient présentes, avec un bouquet porteur de notre message, déposé devant la petite plaque dédiée aux victimes du terrorisme.

Pour rendre hommage à toutes les victimes du terrorisme en France et dans le monde : la condamnation du terrorisme est universelle ou elle n’est pas.
Pour rappeler en particulier la mémoire de François-Michel Saada et Lola Salines.

(Edith Pollatsek, Présidente du MPCT Val de Marne, Huguette Chomski Magnis, Secrétaire générale du MPCT)

A propos d’Arnaud Beltrame – auquel le Conseil Municipal de Fontenay-sous-Bois avait voté de dédier un lieu, ce qui n’a jamais été fait – il faut d’autant plus saluer aujourd’hui sa mémoire que des manifestants ont osé l’offenser il y a quelques jours.
Des poursuites sont engagées contre eux.

On se souvient du merveilleux concert organisé le 11 mars 2025 par l’Ensemble Arietta en hommage aux victimes du terrorisme.

Cette année, leur concert aura lieu le 29 mars et coïncidera avec la parution du nouveau numéro de la revue ArtetFacts.

Communiqué commun : Vive les footballeuses iraniennes !

LIGUE DU DROIT INTERNATIONAL DES FEMMES / COMITE LAÏCITÉ RÉPUBLIQUE/ LES CITADELLES/ LIBRES MARIANNES/ MOUVEMENT POUR LA PAIX ET CONTRE LE TERRORISME /REGARDS DE FEMMES/ TRIBUNE AZAD IRAN LIBRE POUR LA DÉMOCRATIE


Le 2 mars, lors d’un match de la Coupe féminine d’Asie, en Australie, les joueuses de l’équipe nationale iranienne sont restées silencieuses pendant que retentissait l’hymne national.

Par ce geste héroïque elles ont marqué leur protestation contre un régime qui n’en finit pas de s’attaquer à son propre peuple.

Le public australien ne s’y est pas trompé. Alors que l’équipe disputait son dernier match durant le week-end, une foule scandait “changement de régime pour l’Iran”, “laissez-les partir” et “sauvez nos filles”. Dans leur car, elles ont fait le signe « nous sommes en danger ».

Les joueuses ont obtenu des autorités australiennes le droit d’asile, mais elles savent que leurs familles sont aussi menacées qu’elles rentrent ou non.

Quelle que soit leur décision, elles auront écrit une nouvelle page de l’histoire du long combat des Iraniennes contre un régime qui s’est construit sur la haine des femmes c’est-à-dire, finalement sur la haine de l’humanité.

Pour les associations signataires,

Annie Sugier, LDIF

Communiqué commun : Mémoire de Samuel Paty


Au Square Samuel Paty, la plaque qui lui rend hommage a été vandalisée une fois de plus.

La Mairie a fait diligence pour la réparer.

Il reste que cet acte est intolérable, alors que se déroule le procès en appel des personnes à l’origine du lynchage ayant mené à l’assassinat de Samuel Paty, procès émaillé de provocations et d’incidents autour de la défense des accusés.

Le ou les vandales ont en particulier voulu effacer le mot “terroriste” sur la plaque comme si l’assassin n’était pas un terroriste mais peut-être un justicier !

L’enjeu dépasse le cadre de l’arrondissement.

En pleine campagne des municipales, nous interpellons les candidats à la Mairie de Paris afin qu’ils dénoncent cette nouvelle offense à la mémoire de l’admirable enseignant qu’était Samuel Paty.

Nous réclamons l’installation de caméras de surveillance dans le Square.

La haine est tenace mais nous ne céderons pas.

En défense des victimes du terrorisme, des libertés, des droits humains et de la laïcité, nous rendrons à nouveau hommage à Samuel Paty le 16 octobre 2026 dans ce square qui nous est cher, où le mal est nommé et le terrorisme islamiste désigné comme tel.

Nous espérons que cet hommage sera encore plus beau, encore plus unitaire que les précédents.

Paris, le 26 février 2026

Premières associations signataires

Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme
Ligue du Droit International des Femmes
FemAid
Vigilance Collèges Lycées
Libres MarianneS
Comité Laïcité République
Vigilance Travail Social
EGALE
Centre Simon Wiesenthal
LICRA
LICRA Paris
Café Laïque Paris Bruxelles
Défense des serviteurs de la République
Regards de Femmes
Réseau Féministe “Ruptures”*

Contact Collectif Contre le Terrorisme : mpctasso@aol.com 0666264223

[Photo MPCT]

Le double langage du CIO ; communiqué commun initié par la LDIF

LIGUE DU DROIT INTERNATIONAL DES FEMMES/ LIBRES MARIANNES/ MOUVEMENT POUR LA PAIX ET CONTRE LE TERRORISME/ REGARDS DE FEMMES

COMMUNIQUE
Le double langage du CIO !

Le Comité olympique (CIO) a annoncé, la disqualification de Vladyslav Heraskevych, porte-drapeau de l’Ukraine, engagé sur l’épreuve du skeleton, en raison de son refus de renoncer à porter un casque honorant plusieurs de ses compatriotes athlètes tués depuis 2022, sur le front ou dans des bombardements de la Russie.

Cette décision a été prise par le CIO en s’appuyant sur :la règle 50.2 qui stipule qu’« aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique ».

C’est oublier que dès 1996, aux JO d’Atlanta, le CIO a accepté les conditions posées par le CNO iranien à l’envoi d’une femme : qu’elle soit voilée de la tête aux pieds, autrement dit qu’elle affiche aux yeux du monde entier un signe politico-religieux ostentatoire imposé par un système fondé sur l’apartheid sexuel. Cette première femme voilée sera la tireuse, Lida Fariman, unique femme de la délégation iranienne et porte drapeau, tout un symbole !
Depuis, à chaque JO, les voiles islamiques vont se multiplier ,le mauvais exemple venant d’en haut. Seule, la France résistera et sera accusée de discrimination par Amnesty International, Human Rights Watch , mais aussi par la Rapporteure Spéciale des Nations unies, Reem Al Salem.
Pour couronner le tout, aux Jeux de Paris 2024, le président du CIO, Thomas Bach n’a pas sourcillé en remettant la médaille d’or du marathon féminin à l’athlète néerlandaise d’origine éthiopienne , Sifan Hassan, portant fièrement un hijab, comme par défi, alors qu’elle avait fait toute sa course tête nue.

Faut-il en conclure que ne pas respecter la règle quand il s’agit des femmes est sans importance ? Ou alors que d’un point de vue géopolitique l’Ukraine est moins importante que les théocraties islamistes ?

Dérives de l’ONU : D’une pétition à l’autre, poursuivons la mobilisation citoyenne !

Une petite victoire : un tapis rouge de sang ne sera pas déroulé le 23 février pour le sinistre des affaires étrangères du régime islamique de Téhéran !

Cela semble impossible mais, en plein massacre, Araghchi devait bien intervenir ce jour-là au “Conseil des Droits de l’Homme” de l’ONU.

Il a finalement été retiré de la liste des orateurs.

Merci à l’ONG UN Watch pour son alerte et son action : la pétition dénonçant ce scandale avait recueilli plus de 150 000 signatures.

Pas le temps de se reposer : il faut signer et partager la pétition suivante lancée par UN Watch pour exiger la démission de Francesca Albanese, fausse experte, fausse indépendante mais vraie antisémite et vraie partisane du terrorisme.

https://actionnetwork.org/petitions/expel-francesca-albanese?source=twitter&itt van zzz

Soutien à l’engagement de Jean-Noël Barrot de porter cette exigence au nom de la France le 23 février !

Pétition : ONU désinvitez le MAE de la République Islamique d’Iran

En plein massacre, le Ministre des Affaires Etrangères de la République Islamique d’Iran invité à parler au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU le 23 février !

La provocation est intolérable, c’est un feu vert au Cime contre l’humanité.

Déjà le représentant de ce régime criminel vient d’être nommé Vice-président de la Commission onusienne pour le développement social, un profil idéal pour promouvoir la démocratie, la tolérance et l’égalité femmes/hommes.

Signons la pétition lancée par l’ONG UN Watch avec une message clair et urgent : désinvitez le MAE du régime iranien !

https://actionnetwork.org/petitions/disinvite-iran-regime-fm-araghchi-from-un-human-rights-council?source=direct_link&

Une déclaration de résistance : le rapport moral de Béatrice Szwec, Présidente du MPCT

Le rapport moral présenté à notre Assemblée Générale réunie à Paris le 4 février par Beatrice Szwec, Présidente du MPCT
résume parfaitement notre engagement.
Nous le reproduisons intégralement.

Chères amies, chers amis, chers membres du MPCT,

L’année 2025 n’a pas été une année ordinaire. Elle a été une année de vérités et de douloureuses prises de conscience
– Vérités sur la nature du terrorisme qui nous frappe encore.
Vérités sur la fausseté, la lâcheté de nombre de positionnements et de discours politiques
Vérités sur l’isolement croissant de celles et ceux qui refusent de se taire.

Dans ce contexte et malgré le vieillissement inévitable de ses ressources humaines,le MPCT a tenu bon
Oui, nous avons organisé moins d’événements que par le passé et nous l’assumons pleinement.

Au MPCT nous avons nous fait un choix moral et politique clair : mettre nos faibles moyens là où ils comptent vraiment, auprès des victimes du terrorisme. Près du tiers de nos dépenses de l’année y a été consacré.

À l’heure où beaucoup prétendent parler au nom des victimes, nous avons choisi d’agir pour elles, de concentrer nos forces sur l’essentiel :
– la résistance à l’islamisme
– la solidarité inconditionnelle avec les victimes du 7 octobre.

Dans un climat d’inversion morale, où les victimes deviennent les coupables, où l’on tente d’exclure de boycotter tout ce qui est israélien, où l’on banalise, relativise, justifie parfois les pires horreurs, le MPCT a tenu bon.

La soirée de soutien au kibboutz Nir Oz a été un acte politique fort pour dire que :
– la compassion ne saurait être à géométrie variable.
– le terrorisme n’est jamais une résistance.
– l’antisémitisme contemporain, déguisé en antisionisme, doit être combattu où qu’il se trouve.

Tout au long de l’année, nous avons aussi été présents là où beaucoup ne l’étaient pas ou ne l’étaient plus.
Présents pour les otages du Hamas, quand leur sort s’est effacé des écrans.
Présents dans les manifestations de soutien à la révolution iranienne, dont l’issue concerne le monde entier.
Présents aux côtés de Boualem Sansal, de Cécile Kohler, de Jacques Paris, abandonnés par des diplomaties trop prudentes ou trop cyniques.

Comme tous les ans, nous avons été fidèles aux commémorations des attentats. Pas par ritualisme,mais parce que la mémoire est un combat politique contre l’oubli, contre le révisionnisme et contre la banalisation de la barbarie.

Notre travail de plaidoyer, de veille médiatique, de contre-désinformation a été constant, La guerre est aussi culturelle, et laisser mentir, c’est déjà céder.

Nous l’affirmons clairement : l’art, la culture, l’école et les associations ne sauraient rester neutres. Elles ont le choix entre le camp de la liberté ou celui de la soumission.

Aussi , l’arrivée de nouveaux membres , des personnes engagées, parfois frappées directement par le terrorisme, qui ont choisi de nous rejoindre, nous oblige et nous renforce.

Après presque 23 ans d’existence, le MPCT reste fidèle à sa ligne :
– nommer l’ennemi,
-soutenir les victimes sans hiérarchie,
– refuser le silence,
– refuser la compromission.

Ce rapport moral n’est pas seulement un bilan.
C’est une déclaration de résistance.

Tribune : Né entre les camps, je refuse les murs de haine

Publié le 31 janvier 2026 sur son blog par Faraj Alexandre Rifai

Nous remercions l’auteur de nous autoriser à reproduire ce beau texte, celui d’un honnête homme de notre temps, humaniste et courageux.

https://1001histoires.fr/ne-entre-les-camps-je-refuse-les-murs-de-la-haine/

Je ne suis pas Juif.
Et pourtant, je défends les Juifs.
Et je défends Israël, sans détour.

Je ne suis pas Druze.
Je ne suis pas Kurde.
Je ne suis pas Yézidi.
Je ne suis pas Chrétien.
Et pourtant, leur combat est aussi le mien.

Je suis né en Syrie, d’un père arabe et sunnite.
De ladite « majorité » musulmane et sunnite.
D’une mère alaouite.
Dans un univers communiste, traversé de certitudes, de silences et de tabous.
Au milieu d’un islamisme grandissant.

Je n’ai jamais vraiment épousé les croyances ni les idéologies de mes familles.
Très tôt, j’ai senti qu’elles ne répondaient pas à mes questions et à mes doutes.
Qu’elles n’expliquaient pas la violence qu’elles semblaient justifier, expliquer voire parfois encourager.
Qu’elles l’excusaient.

J’ai grandi dans un pays où la religion devenait un instrument.
Pour haïr et détruire.
Pas pour élever, apaiser ou rassembler.
Pour haïr et détruire.
Pas pour éclairer les consciences ni protéger les âmes.
Un outil pour classer les êtres.
Pour hiérarchiser les vies.
Pour décider qui mérite le respect, et qui peut être méprisé.

Enfant, adolescent, on me voyait comme sunnite à cause de mon nom.
Personne ne savait que j’étais aussi alaouite.
Personne ne savait que, déjà, j’écoutais en silence.

J’ai entendu la haine contre les alaouites.
Contre les Druzes.
Contre les Kurdes.
Contre les Chrétiens.
Contre les Juifs.

Dans ce monde-là, celui qui n’était pas musulman sunnite, version islamisée, était
Hérétique.
Déviant.
Mécréant.
Impur.

On l’appelait kafer (Kouffar)
On le plaçait en dehors de noter humanité.
Il représentait le diable.
Il blasphémait notre prophète et notre dieu.

Alors,
On justifiait son exclusion.
Parfois sa disparition.
Toujours son humiliation.

Ils étaient “sales”, “maudits”, “impurs”, par défaut.
Parce qu’ils n’étaient pas sunnites.
Coupables d’exister autrement.
Parce qu’ils n’étaient pas “dans la ligne”.

Cette injustice-là m’a façonné.
Elle m’a révolté.
Elle m’a éveillé.
Pour au final, m’a sauvé de cette haine.

Ce sont ces blessures silencieuses, les miennes et surtout celles des autres, qui ont nourri mon cheminement.
Celles qui m’ont poussé à écrire, à témoigner, à raconter.
Dans Un Syrien en Israël.
Dans Grandir ailleurs.
Et ailleurs encore.

C’est pour elles que, aujourd’hui, je défends
les Alaouites,
les Druzes,
les Kurdes,
les Chrétiens,
les Yézidis,
les Juifs.
Et les autres.

Tous les Syriens.

Par fidélité.
Fidélité à l’enfant que j’étais.
À celui qui voyait l’injustice sans savoir encore la nommer.
Au doute qui grandissait en moi.

Oui, ça aurait été tellement plus simple.
Plus simple de rester dans le confort de la majorité.
De reprendre le discours dominant.
De cautionner aujourd’hui un régime islamiste soutenu par une partie de la “communauté internationale”.
D’être anti-israélien par réflexe.
De justifier les violences contre les minorités au nom de “l’unité” et du “patriotisme”.
De relayer la version officielle, applaudie par les arabisants de salon.

J’aurais pu.

Beaucoup l’ont fait.

Moi, non.

J’ai choisi de regarder la haine dans les yeux.
Même quand elle venait des miens.
Même quand elle venait de mon camp.
Même si elle semble avoir la reconnaissance du monde entier.

J’ai choisi de la dire.
De l’exposer.
De la combattre.

Ce choix a un prix.

On m’a traité de traître.
On m’a marginalisé.
On m’a caricaturé.
On a moqué mon handicap.

On m’a accusé de jouer un rôle.
D’être un “comédien”.

Ceux-là mêmes qui parlent d’un pays qu’ils ne connaissent pas.
D’un peuple qu’ils n’ont jamais écouté.
D’une haine qu’ils sont incapables de déchiffrer.
Tellement ils sont déconnectés, aveuglés par une vision fantasmée d’un Orient lointain.
De conflits qu’ils observent à distance.

Je parle de ces Arabisants de salon.
Je parle de ces groupies qui ne supportent la critique d’une décision politique d’un Président.
Je parle de ces soutiens aux islamistes qui maltraitent tout ce qui n’est pas dans leurs dogmes.
Je parle de ces soutiens aux islamistes qui justifient la mort et la haine, au nom de de l’humanisme.

Moi, je n’ai jamais voulu être du bon côté des applaudissements.
J’ai toujours voulu être du côté de la vérité.
Même quand elle dérange.
Même quand elle isole.

Moi, je n’ai cherché l’approbation de personne.
J’ai cherché à rester du côté de ceux qu’on voulait faire taire.
De ceux qu’on voulait effacer.
De ceux qu’on voulait salir.

Parce que se taire face à l’injustice.
Ce n’est pas de la neutralité.
C’est déjà une forme de complicité.

Et je n’ai jamais su renoncer.

Communiqué commun : Scandale à Neauphle-le-Chaâteau !

LIGUE DU DROIT INTERNATIONAL DES FEMMES
Association créée par Simone de Beauvoir
COMITE LAICITE REPUBLIQUE
LES CITADELLES
LIBRES MARIANNES
MOUVEMENT POUR LA PAIX ET CONTRE LE TERRORISME
NOROUZ
REGARDS DE FEMMES
TRIBUNE AZAD IRAN LIBRE POUR LA DEMOCRATIE

Paris, le 6 février 2026


Via les réseaux sociaux, nous apprenons que des cérémonies en hommage à la Révolution islamique d’Iran, ont eu lieu à Neauphle-le-Château, sur le terrain qu’avait occupé la maison de Khomeiny alors qu’il séjournait en France, cérémonies qui vont atteindre leur paroxysme le 11 février marquant l’anniversaire du retour de Khomeiny à Téhéran.

Nous avons cru à une fausse nouvelle !

Qui en France, alors que le caractère criminel d’un régime fondé sur l’apartheid sexuel, un régime qui n’hésite pas, pour se survivre, à tirer sur son propre peuple, pourrait avoir l’idée de commémorer le souvenir de ce désastre national et géopolitique ?

Nous avons été d’autant plus surprises, qu’en février 2021, nos associations, alertées par un reportage de la télévision sur l’existence de ce type de cérémonies, avaient mobilisé un collectif de personnalités et d’associations féministes et laïques, pour exiger l’arrêt de ces commémorations.

Ce que nous avions obtenu.

La maire de Neauphle-le-Château, jointe ce matin par téléphone, nous a indiqué n’avoir donné aucune autorisation, et même avoir fait connaitre son opposition au renouvellement de telles cérémonies et sa solidarité avec le peuple iranien.

Nous en appelons au ministre de l’Intérieur, au président de l’association des maires de France, à la présidente de région, aux réseaux de solidarité avec les Iraniennes et les Iraniens, pour que ce nouveau scandale cesse.