{{Exposé d’Hélène L’Heuillet à la Conférence “Aux sources du terrorisme” organisée à Paris par le MPCT le 12 mai 2011}} Hélène L’Heuillet est Maître de conférence en philosophie à l’université de Paris-Sorbonne, psychanalyste et lauréate du Prix Gabriel Tarde de l’association française de criminologie. Elle a publié “Aux sources du terrorisme, De la petite guerre aux attentats -suicides”.{{Le terrorisme et la perte du sens commun}}Nous sommes à ce point habitués à entendre chaque jour qu’un attentat-suicide, le plus récemment au Maroc, a causé la mort que la portée et la signification de ces faits ne nous pose plus question : nous n’y voyons pas la marque d’actes de guerre. La mort d’Oussama Ben Laden a rappelé un moment les enjeux politiques du terrorisme comme forme contemporaine de la guerre, mais il n’est pas sûr qu’un tel événement réveille durablement le sens politique. Je voudrais rechercher avec vous les causes d’un engourdissement du politique dans lequel nous sommes parfois tous pris à notre insu. Pour cela, je voudrais examiner les hypothèses suivantes : le terrorisme brouille les notions politiques des sociétés réglées par des lois car il fait vaciller la différence de la guerre et du crime, de la victoire et de l’échec, de la parole et du silence, et sidère par le recours à l’attentat-suicide. Il me paraît nécessaire de décrire cette subversion des catégories politiques classiques par le terrorisme si l’on veut tenter ne se pas se laisser absorber dans cette confusion. Cette confusion comporte en effet pour conséquence une forme insidieuse de justification, grâce à laquelle le terrorisme effectue le pari de mobiliser les opinions.{{Le terrorisme brouille les catégories politiques de la guerre et du crime}}Le terrorisme ne fait pas seulement violence aux hommes qui meurent sous ses attaques, mais si ses cibles sont aussi les survivants, c’est qu’il s’attaque aux notions politiques et morales qui structurent les sociétés réglées par le droit. Le terrorisme est à la fois guerre et crime, sans pouvoir se résorber dans aucune de ces deux formes de violence connues et traversées par le droit. Le terrorisme détruit les catégories politiques car il semble que l’on puisse soutenir deux thèses contradictoires à son propos : « il n’est pas de l’ordre de la guerre, mais du crime », « il n’est pas de l’ordre du crime mais de la guerre ». Pour dépasser cette antinomie, il faut tenter de saisir de quelle mutation de la guerre le terrorisme participe. C’est de cette manière qu’il sera permis non seulement de dénoncer la rhétorique justificatrice du terrorisme mais également de comprendre comment celle-ci peut être opératoire.Il semble tout d’abord une forme de guerre en rupture avec les formes traditionnelles de la guerre. S’il semble spontanément impossible de ranger le terrorisme dans la catégorie de la guerre, c’est que la violence de la guerre est une violence normée, codifiée, encadrée, localisée. La guerre, par ces divers aspects, relève du droit. En ignorant les uniformes et les champs de bataille, la limite entre civils et combattants, la déclaration des buts de guerre, et même la propagande, le terrorisme semble la plus extrême dérégulation de la guerre. Il n’est donc pas étonnant que l’analyse politique de la guerre, quand elle prend pour objet le terrorisme, se convertisse en condamnation morale. La guerre traditionnelle ne transgresse l’impératif de ne pas tuer que pour préserver la vie, au moins celle des générations futures. Dans le terrorisme, la mort n’est plus un simple risque, une éventualité qu’il faut chercher à éviter, mais un instrument de la terreur, de l’horreur et de l’effroi. Chercher à se préserver de la mort, pour un combattant, c’est déjà ne pas céder à la violence débridée de la guerre. Le recours actuel à l’attentat-suicide transgresse cette limite qui conduit à reconnaître dans la mort le maître universel. La mort devient l’objet d’une vocation, d’une candidature. Elle est comme maîtrisée. Pour les terroristes islamistes d’aujourd’hui, l’amour de la vie relève d’une idolâtrie occidentale. L’élément politique qui constitue la spécificité de ce type de violence qu’est la guerre s’efface dans le terrorisme pour laisser place au crime. Mais chacun sait pourtant qu’on ne peut réduire le terrorisme un crime de droit commun. Sa signification excède en effet celle du crime, notamment parce que, que nous l’approuvions ou non, à l’instar des faits d’armes classiques, il fait lien social — ce qui n’est pas le cas du crime. On ne peut faire fi du fait que les terroristes se définissent comme des combattants. Et c’est le politique que l’on rencontre pour tenter de caractériser l’acte terroriste. En effet, la disparition, dans le terrorisme actuel, de toute zone d’immunité, la contestation de toute notion de victime innocente dans les grands attentats qui attaquent des trains, des magasins, ou des tours consacrées à l’activité professionnelle, conduisent à considérer qu’on a affaire à une tyrannie, ou au totalitarisme qui sont des types de politiques proprement belliqueuses. Ce qui justifie un tel rapprochement est en effet l’usage de crainte. Celle-ci constitue le ressort de la tyrannie depuis la philosophie politique classique. Dans les guerres conventionnelles, il y a de la peur, mais cette peur est une conséquence de la guerre ; c’est la raison pour laquelle le courage apparaît traditionnellement comme la vertu du guerrier. Dans ces guerres inter-étatiques, les civils ont peur pour les leurs plus que pour eux-mêmes. Si la guerre cesse, la peur disparaît. De même, quand on exerce certaines fonctions politiques ou économiques, on peut se savoir menacé par des mouvements terroristes révolutionnaires, mais si on cesse d’exercer ces fonctions, la menace aussi cesse, et la peur avec elle. Le terrorisme actuel invente une menace durable, parce que la peur n’est plus seulement un effet mais une cause. Dès lors, rien, par définition ne doit pouvoir l’arrêter. Comme dans la tyrannie et le totalitarisme, il s’agit bien d’agir sur les êtres par la peur. Avant même le corps devenu bombe du terroriste, l’arme de celui-ci est le psychisme individuel. Les survivants sont les vraies cibles, terrorisées dans l’attente anxieuse de ce qui ne peut leur arriver que par hasard et au moment où elles s’y attendront le moins. Néanmoins, on ne peut résorber entièrement le terrorisme dans la politique. Il est certes totalitaire et tyrannique d’élargir la zone de vulnérabilité en politisant des cibles qui n’ont pas à l’être. Mais cela vaut pour toutes les formes de terrorisme, d’Action directe qui tenait un chef d’entreprise pour un agent politique de l’impérialisme, à Al-Qaïda qui considère tous les occidentaux pour des américains. Les attentats-suicides ont la spécificité de conférer à des actes terroristes la dimension d’actes de guerre. Au Moyen-Orient, ils pèsent sur les négociations de paix ; quant au 11 septembre, il a rivalisé avec les opérations les plus meurtrières qu’aient connues les guerres, et la mort de Ben Laden témoigne bien qu’on avait affaire à un ennemi en guerre et non à un simple criminel de droit commun.Qu’il emprunte au crime et à la tyrannie ne signifie donc pas que le terrorisme n’est pas une forme de guerre, mais qu’il est un type de guerre qui ne respecte pas les lois de la guerre. Selon sa définition juridique, la guerre doit passer par la médiation d’un État. Mais la transgression des lois de la guerre et l’abandon de la médiation étatique, volontaire dans le terrorisme, ne signifie pas qu’il n’y a pas pour autant guerre. Dès lors que quelqu’un pose un autre comme son ennemi, il y a guerre. Le terrorisme mise sur la confusion des genres, et l’abandon du but traditionnel de la guerre.{{L’échec et la victoire}}Pour mobiliser l’opinion, le terrorisme tente en effet de s’appuyer sur la rupture avec le but clausewitzien qui avait toujours été celui de la guerre, la victoire. Le terrorisme relève de la stratégie de l’échec. C’est ce nihilisme de structure qui brouille toute approche en termes de droit, comme si le consentement délibéré des terroristes à leur perte témoignait en soi de la justice de la cause. Le terrorisme actuel emprunte au terrorisme des guerres de libération nationale, mais transpose l’échec de l’ordre de la tactique à celui de la stratégie. Le terrorisme actuel, dans sa pointe la plus avancée qu’est Al-Qaïda, n’a pas de finalité nationale. Transnational dans son recrutement, le mouvement fondé par Ben Laden et les organisations qui se réclament de son exemple, toujours vivantes après la mort de celui-ci, n’usent de la rhétorique nationale que de manière instrumentale et circonstanciée. Le but en lui-même n’est pas nationaliste. La stratégie de l’échec n’en est que plus radicale. Si les véritables cibles des terroristes sont les survivants, il n’est plus nécessaire de gagner pour gagner. Jouer le tout pour le tout, jouer son va-tout, c’est n’avoir rien à perdre, et miser sur le rien, qui, pris ainsi, est toujours gagnant. On ne peut dire que les terroristes du 11 septembre aient perdu en ratant la Maison blanche — ou le Capitole. Ils ne cessent de répéter qu’on ne perd rien pour attendre, et ils ont gagné de faire régner l’attente anxieuse qui est un élément nécessaire de la terreur. Plus qu’un quelconque gain, militaire, ce qui est visé, c’est la déstabilisation des sociétés attaquées. En ne cherchant pas la victoire par le moyen traditionnel de l’écrasement des forces armées de l’ennemi, le terrorisme réussit à se faire passer pour une arme comme une autre, l’arme de faibles, qui n’auraient les moyens que de payer du prix de leur vie la guerre qu’ils mènent. Mais la notion même d’arme des faibles constitue déjà une excuse au terrorisme, qui accrédite qu’on puisse faire en politique l’économie de la négociation et de la parole. Le terrorisme fascine comme les guerres ont toujours fasciné. Mais cette fascination n’a plus à voir avec la gloire ou le prestige — qui relève de la symbolisation de la force — laquelle n’est plus nécessaire, de moins en moins dans les actes terroristes : c’est la fascination pour le rien qui fascine dans le terrorisme, fascination qui éveille la tentation nihiliste de la destruction, et la pulsion de mort. Dans la guerre classique, la pulsion de mort est médiée par l’État et ses commandements, par les négociations qui en constituent l’horizon.Le recours à l’attentat-suicide dans le terrorisme actuel engage une finalité qui n’est ni celle de la guerre ni celle du partisan, mais qui est à rigoureusement parler nihiliste car il excède même la dimension du chantage en mettant la mort en jeu. Le terrorisme actuel est encore au-delà de la guerre d’anéantissement révolutionnaire. C’est une guerre sans fin, puisque ce qui a été engagé est sans espoir de retour. Un tel terrorisme n’est plus limité par un but. Son programme peut rester flou, ce qui atteste de la manière nihiliste d’envisager la politique : quand il y a but mais pas programme, chacun peut s’autoriser au pire et ne pas se satisfaire d’une limite dans l’atteinte de ce but qui, en l’absence de programme, demeure indéterminé. C’est ainsi qu’il faut comprendre l’argument du désespoir, présent dans tout recours au terrorisme. L’usage du désespoir sert à ruiner à l’avance toute négociation, tout échange de parole, tout programme pour le lendemain. {{La parole et le silence}}S’il en est ainsi, c’est en raison de la tentative de congédier le langage. Les anarchistes sont les premiers à théoriser la propagande par les actes, ou par le fait, qui constitue le fondement —devenu implicite — de toute doctrine terroriste. Le message de la terreur n’est efficace qu’à se passer de mots. Il porte en faisant l’économie des médiations, en tout premier lieu de celles du langage. Faire l’économie des médiations du langage conduit aussi changer la nature de l’action, qui, à se passer de médiations, devient « directe » : toute action terroriste est « action directe » qui refuse les voies indirectes de la politique ou de la guerre classique. C’est à la source nihiliste que les premiers anarchistes terroristes vont chercher le ressort de l’action directe, et si cela persiste, c’est pour une raison de logique. Pour en venir ainsi à l’action directe, il ne faut pas s’en tenir à une critique de la politique habituelle. Et pour cela, il faut que soit changées la nature et la fonction de la négation : il faut que celle-ci devienne une négation totale, absolue, qui abrase les différences et réalise l’économie des détours, des objections, des démonstrations. Bref, c’est la dimension symbolique de la négation, pourtant traditionnelle et commune, et indispensable au fonctionnement du langage, qui est récusée. C’est en raison de ce fonctionnement de la négation que les grandes catégories politiques qui structurent notre pensée apparaissent comme brouillées. Le terrorisme ne peut bien entendu pas se passer complètement du langage. Mais, en dépendant de la presse écrite pour assurer la connaissance de ses actes, le terrorisme du XIXè siècle, le terrorisme de l’assassinat politique, était encore obligé d’en passer par de véritables médiations langagières, ce qui le bridait dans ses actes, et lui imposait une limite à ne pas dépasser — par exemple épargner les enfants qui accompagnent le grand duc Serge comme il est relaté dans Les Justes de Camus conformément à la réalité historique. Aujourd’hui, il en va tout autrement, et c’est par le spectacle et la répercussion sur Internet que le terrorisme exerce la propagande par les actes. Il est au plus près de ce projet de se passer du langage et donc d’avoir à rendre compte de ses actes. Le terrorisme contemporain requiert l’élément du spectacle devenu encore plus direct sur Internet qu’à la télévision. Le terrorisme n’est pas seulement une guerre érigée en spectacle — car on a pu dire que cela n’est pas faux de la guerre conventionnelle non plus — mais c’est une forme de guerre qui permet l’individualisation de la terreur. Grâce au direct, chacun peut faire chez soi l’expérience de la terreur. Et ce n’est pas rien dans la diffusion de l’enthousiasme terroriste. {{La sidération pour l’attentat-suicide}}C’est pour cela que la mort, désymbolisée et renvoyée au réel, négation suprême, peut faire l’objet d’une vocation qui aspire le terroriste. Quand la négation n’impose plus sa marque sur les choses humaines, mais est voulue pour elle-même, comme mort, jouissant d’une valeur supérieure à la vie, tout ce qui est de l’ordre du « direct » en lui-même fait l’objet d’un goût spécifique. La guerre classique maintient le rapport à l’Autre : il faut encore un autre, ouvrant sur la dimension de l’altérité, pour recevoir le coup mortel. Quand il ne vient plus que de soi, et que c’est un corps explosé qui sert tuer, ou des victimes qui servent à tuer d’autres victimes (comme dans le cas des avions jetés sur le World Trade Center), la dimension de l’Autre s’éclipse faisant émerger ce que le psychanalyste Jean-Pierre Lebrun nomme « la perversion ordinaire ». L’usage de la mort volontaire comme arme de mort et de terreur vise à imputer à l’Autre la responsabilité de sa propre mort, produisant ainsi une justification insidieuse du terrorisme.Les premiers attentats-suicide du type de ceux que nous connaissons ont été perpétrés par le Hezbollah en 1983. Mais auparavant, L’attentat de Lod en 1972 avait été conçu comme un attentat suicide par Fusako Shigenobu, la « reine rouge », chef de l’armée rouge japonaise. Certes, il était encore possible d’échapper à la mort (un terroriste, trop rapidement arrêté, a survécu) parce que le suicide était encore scindé du meurtre, mais les terroristes avaient mission de se suicider et de détruire les moyens de les identifier juste après l’attaque. En faisant coïncider suicide et meurtre, les bombes humaines témoignent d’un engagement dans destruction, qui attend tout de la catastrophe, tout du rien. Il n’est pas étonnant qu’un discours religieux d’immortalité habille l’acte. C’est en effet de structure. Le spectacle de la mort de l’autre produit l’illusion de l’immortalité. Contre tout argument du désespoir, l’attentat-suicide est une technologie terrorisante. Il réalise une économie de moyens propre à décupler la terreur. Le suicide est une arme de destruction massive, car quand on se fait soi-même arme, ou qu’on fait de ses victimes des armes, tout est possible. En tant que guerre psychologique, le terrorisme de l’attentat-suicide a affiné les moyens de provoquer la terreur au moyen de la mort volontaire. Les Kamikazes japonais avaient inventé l’explosion en plein vol avec leur avion, mais les « kamikazes » d’aujourd’hui, les bombes humaines, mêlent la terreur et à horreur et à la révulsion en usant comme arme psychologique du mépris de l’intégrité du cadavre humain. Le combat n’est plus un corps à corps, puisque le corps lui-même n’est plus. {{Conclusion :}} Si c’est le terrorisme islamiste qui a inventé l’attentat-suicide, rien n’indique qu’il lui est indissolublement attaché. Les tigres tamouls, dont l’idéologie était laïque l’ont pratiqué. Il témoigne d’une transgression de la limite qu’impose en principe la peur de la guerre. Déjà Clausewitz considérait que le peuple en armes rendait possible la montée aux extrêmes. C’est toujours un élément de la rhétorique terroriste que de prétendre incarner les peuples, parler en leur nom et leur faire croire qu’ils n’ont pas d’autre choix, dans un conflit, que d’exprimer toute leur violence. Remarquable à ce titre est, dans la doctrine d’Al-Qaida, la notion de Jihad populaire. Dans l’islam traditionnel, le Jihad n’est pas populaire. Les docteurs de la loi, les oulemas, doivent l’autoriser et ils l’encadrent. Décréter le Jihad populaire, c’est dire que chaque individu peut prendre la décision du Jihad. Ainsi celui-ci prétend-il mobiliser les masses et user de l’énergie populaire. Reste à savoir dans quelle mesure c’est une réussite. Sans préjuger de l’avenir, on a pu remarquer que les mouvements révolutionnaires de l’hiver dernier n’étaient pas nihilistes, et la chute de Ben Laden est peut être un effet du démenti que les opinions arabes ont offert au pari terroriste. Néanmoins, le terrorisme, comme structure, ne disparaît pas avec un échec, puisque c’est sur l’échec même qu’il prend appui.Hélène L’Heuillet
Auteur/autrice : MPCT
Otages : une première réaction
Réjouissons- nous de la libération des 2 journalistes français et de leurs accompagnateurs en Afghanistan ! Et déplorons l’impuissance du monde, de tous les dirigeants, de toutes les Nations Unies et désunies ainsi que de la Croix Rouge, dite internationale, pour libérer des griffes d’un mouvement terroriste, le Hamas, un franco-israelien kidnappé en territoire israélien et otage, au mépris de toutes les règles et conventions internationales , depuis 5 ans, dans l’obscurité et dans des conditions inhumaines. QUELLE LÂCHETÉ à ne pas oublier, aujourd’hui et demain !QUEL MANQUE DE DIGNITÉ dans la demande d’échange d’un Homme: Guilad Shalit, contre plus de 1000 Hommes palestiniens, prisonniers condamnés dont certains ont du sang sur les mains.Essayons de rêver : le petit facteur de Neuilly va chercher, à bord d’une flottille (financée en partie par des comités d’entreprises, en tout plus de 600.000 € ) à Gaza une lettre de Guilad Shalit qu’il va courageusement remettre en Israël aux parents, dignes, de Guilad. Puis la flottille remontera vers la Syrie pour apporter l’aide humanitaire, tant attendue aprés des jours de massacres de civils, de prisonniers et des milliers de déplacés….Hélas, la réalité est tout autre, dans un monde de mensonges où le bourreau devient victime. NON AU TERRORISME !Alexandre Sebban, Délégué Général du MPCT
Communiqué du MPCT : Cinq ans de séquestration de Gilad Shalit !
{{Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme, membre de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, s’associe pleinement au rassemblement organisé par de nombreuses organisations juives le dimanche 26 juin à 17 h sur le Parvis de l’Hôtel de Ville de Paris, en soutien à Gilad Shalit.}} Gilad Shalit est franco-israélien.Gilad Shalit n’est pas prisonnier, il est otage du Hamas.Il n’est pas détenu, il est séquestré.Le combat pour la libération d’un otage juif ne concerne pas que les organisations juives.Le Maire de Paris vient de rappeler : {« Depuis cinq ans, Gilad Shalit n’a pas reçu la visite de la Croix Rouge, il lui a été interdit de rencontrer un avocat, il n’a pu donner aucune nouvelle, à personne. Il est hors du monde et hors du droit. Nous ne sommes pas là dans la politique. Nous ne sommes pas même dans la guerre. Nous sommes dans la brutalité lâche. Et rien ne permet de justifier cette brutalité ni cette lâcheté. La vraie réponse, la seule qui soit digne, humaine, acceptable, celle que nous exigeons, et pour tout de suite, c’est la libération inconditionnelle de Gilad Shalit. »} {{ -Libération immédiate et inconditionnelle de Gilad Shalit !}}{{-Libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages !}} Telle doit être l’exigence commune de toutes les organisations se réclamant des droits humains.
“Ils m’ont dit d’appuyer sur le bouton lorsque je serai près de policiers” : Keinat, petite Pakistanaise de 9 ans
L’AFP rapporte l’arrestation de la petite fille, annoncée lundi 20 juin par la police pakistanaise.Selon la police, la fillette a raconté avoir été enlevée quelques jours plus tôt à Peshawar et emmenée dans le Bas Dir, proche de la frontière afghane. Quand cessera-t-on de parler de “kamikazes” à propos des êtres qui sont envoyés se faire exploser, même dès l’enfance on le voit, le plus souvent pour massacrer des civils ? Quand cessera-t-on de parler de “suicides” à propos de ces attentats alors qu’il ne s’agit nullement de suicides décidés par des personnes désespérées, comme il s’en produit hélas tant dans notre monde en souffrance ? Il est temps de qualifier ces actes pour ce qu’ils sont, des crimes contre l’humanité commis en sacrifiant la vie de gens aliénés ! Temps de condamner inconditionnellement leurs instigateurs comme criminels contre l’humanité !On en est loin, tragiquement loin.Pour preuve ce propos tenu en toute bonne foi sur les ondes de France inter (1) par un professeur de sociologie qui parle de {“suicide altruiste”} en mentionnant” les kamikazes qui se font exploser” ! V.W. (1) Emission “Souriez, vous êtes informés” du mardi 21 juin 2011
Disparition : Elena Bonner, figure majeure de la défense des droits humains
Elena Bonner est morte à 88 ans le 18 juin aux Etats-Unis. Après une jeunesse tragique marquée par les purges staliniennes (père fusillé, mère envoyée au goulag) et le combat contre les nazis au sein de l’armée rouge, c’est son engagement dans la dissidence en Union Soviétique aux côtés de son mari Andreï Sakharov qui a déterminé toute sa vie.Inlassable combattante de la liberté et des droits des minorités, elle connut répression, antisémitisme et exil avant d’être graciée, avec Sakharov, par Mikhaïl Gorbatchev et sa perestroïka. Elle poursuivit son combat pour les libertés et les droits humains en Russie.Membre de la Commission pour les droits de l’Homme du président Boris Eltsine, elle quitta ses fonctions pour protester contre la guerre en Tchétchénie. Elle condamnait résolument le terrorisme et nous avait fait l’honneur de signer le premier Manifeste “Ensemble Contre le Terreur” qui fut adressé à l’ONU. On lira ci-dessous le message qu’elle avait adressé au Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme en 2004. Huguette Chomski Magnis
Document : Message d’ELENA BONNER à la conférence du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme du 13 mai 2004
{{[La mort d’Elena Bonner nous conduit à publier l’intégralité de ce message rédigé deux mois après les attentats de Madrid. Sans nécessairement partager toutes les positions alors exprimées par Elena Bonner, nous rendons hommage à une grande combattante de la liberté en lui offrant cette tribune libre posthume.Bien des choses ont changé depuis 2004. Cependant, beaucoup des errements idéologiques dénoncés par Elena Bonner empêchent toujours la condamnation universelle du terrorisme, entravant la défense des droits humains et le libre débat démocratique.]}}{Je salue votre conférence dont la nécessité s’impose depuis longtemps. Le crime ignoble perpétré en terre espagnole le confirme sans ambiguïté. Pourquoi? Je vais essayer d’exposer sous forme de thèses comment je vois l’Europe d’aujourd’hui. -La quasi-totalité de l’Europe, à un degré différent selon les pays, est en proie à la montée de l’antisémitisme. -Dans ce contexte, pointe une opinion selon laquelle Israël et les USA seraient des Etats terroristes. -Selon un sondage de l’UE, pour la majorité des Européens, Israël est la principale menace pour la paix. -On dénie à Israël le droit de se défendre et, qui plus est, celui d’exister. Le fait qu’Israël riposte à chaque acte terroriste est un sujet suscitant un agacement particulier chez les médias et, dans la foulée, dans l’opinion publique. -Les médias omettent de dire que le shahidisme qui a emporté des centaines de vies israéliennes, américaines et autres n’a pas été engendré par Israël. On veut ignorer que le shahidisme est une maladie infectieuse, qui se propage comme la peste dans le monde entier. -Les shahids sont les victimes silencieuses des dirigeants des organisations terroristes palestiniennes et de leurs soi-disant leaders “spirituels”. Ceux-ci envoient à la mort des centaines de jeunes gens, presque des enfants, qu’ils manipulent. Ils devraient être jugés pour cela. S’ils ne peuvent l’être, alors ils doivent être supprimés pour ces crimes relevant de la contrainte au suicide. Le caractère de masse de ces crimes dirigés essentiellement contre les civils les apparente aux crimes contre l’humanité. Tout cela est évident, mais des millions d’individus, tant en Europe qu’aux USA, semblent avoir perdu toute capacité à appréhender la réalité. D’où ce phénomène nouveau, étrange et effarant: le refus de résistance, le shahidisme spirituel suicidaire chez les Européens. L’Espagne en est une illustration éloquente. Bouleversée par les évènements du 11 mars, elle a décidé de retirer ses soldats d’Irak. Par cet acte, c’est comme si elle préparait psychologiquement l’Europe à la décision suicidaire de ne pas s’opposer au terrorisme. La perte de la perception du danger, l’espoir erroné de la communauté européenne et de ses leaders intellectuels et politiques que la situation pourra se régler sans que l’Europe soit touchée, voilà qui alimente la poussée de l’antisémitisme. C’est sur cette approche que se fonde le soutien inconditionnel apporté aux Palestiniens et à Arafat, malgré la terreur incessante pratiquée par le Hamas, le Fatah, les Martyrs d’Al-Aksa et d’autres. L’Europe semble avoir été contaminée par une maladie inhérente à la Russie: se prendre toujours le même râteau dans la figure. Elle a oublié les mots proférés par Chamberlain en 1938, à son retour de Munich après sa rencontre avec le Furher, dont il serait bon que se souviennent ceux qui les ont entendus et que devraient apprendre les trois générations qui ont suivi : “Je vous apporte la paix” . Ces mots sur la PAIX ont marqué le début de la seconde guerre mondiale. A présent, la troisième est en cours. Le 11 septembre 2001, un défi a été jeté aux USA et à l’Europe. Les USA et la coalition l’ont relevé, ils ont été contraints à la guerre. La destruction d’Al Qaeda et 1a liquidation du régime de Saddam sont devenues des conditions nécessaires pour préserver les peuples afghan et irakien, ainsi que la civilisation dans 1aquelle nous vivons, nous, européens et américains, et qui porte, de plein droit, le nom de civilisation européenne. Quelles que soient les erreurs commises pendant la guerre d’Irak et dont le nombre croît de façon critique depuis le début de cette année, la nécessité historique de ces guerres ne peut être mise en cause. Nous serons tous, des deux côtés de l’Atlantique, menacés d’un danger mortel, tant que l’Europe n’aura pas surmonté son négativisme vis à vis des USA et d’Israël. Une guerre est toujours terrifiante. Elle détruit de l’intérieur n’importe quelle armée, même celle qui mène une guerre juste. Une société démocratique est en droit d’exiger de ses dirigeants et de ses forces armées de tout mettre en œuvre pour épargner au maximum les civils sur les territoires où se déroulent les combats. D’exiger que les vaincus, les prisonniers et les blessés soient traités avec humanité et en conformité avec les conventions internationales. Toute violation de ces principes doit être condamnée et les coupables punis. C’est exactement à quoi s’emploient aujourd’hui les USA et la Grande Bretagne} {11 mai 2004 Elena Bonner}
Justice : le pourvoi en cassation de Rachid Ramda rejeté
{{La condamnation de l’islamiste algérien Rachid Ramda à la réclusion à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, est confirmée.}} Prononcée en 2007 en première instance par la Cour d’assises spécialement constituée, la peine avait été confirmée en appel en 2009. Rachid Ramda a été reconnu coupable de complicité dans trois attentats, dont celui du 25 juillet 1995 à la station Saint-Michel qui avait fait 8 morts et près de 150 blessés.Son avocat a demandé l’annulation de cette condamnation, arguant que le verdict n’avait pas été expliqué, en contravention avec les règles de la Convention européenne des droits de l’Homme. Argument rejeté par la Cour de cassation car avaient été “assurés l’information préalable sur les charges fondant la mise en accusation, le libre exercice des droits de la défense ainsi que le caractère public et contradictoire des débats préalables”.Arrêté à Londres en 1995, Ramda n’avait été extradé par la Grande-Bretagne qu’en 2005. Il a toujours nié être le financier de ces attentats dont les deux principaux auteurs, Boualem Bensaïd et Smain Aït Belkacem, ont été condamnés à perpétuité en 2002.V.W.
Attentat 2009 du Caire : Arrestation du suspect n°1
Le principal suspect dans l’attentat à la bombe du 22 février 2009 a été arrêté.L’attentat perpétré au bazar de Khan al Khalili, lieu très touristique, avait tué la jeune lycéenne Cécile Vannier qui faisait partie d’un groupe de lycéens de Levallois en voyage en Egypte. 25 personnes dont 17 Français avaient été blessés.Khaled Mahmoud Mostafa, un Egyptien de 39 ans qui se rendait régulièrement et illégalement dans la bande de Gaza, aurait été capturé il y a environ une semaine à son domicile de Beni Suef, dans une région située au sud de la capitale. Les enquêteurs égyptiens avaient indiqué que les débris de la bombe cairote ressemblaient à ceux des explosifs utilisés contre une église copte d’Alexandrie le 31 décembre 2010, faisant 23 morts. V.W.
Actualité : Cesare Battisti est libre
Cesare Battisti est sorti de la prison brésilienne où il était incarcéré depuis 2007. La Cour suprême du Brésil a en effet jugé, au terme d’un débat houleux, que l’Italie ne pouvait contester la décision souveraine de l’ex-président Lula de ne pas extrader Battisti, réclamé par l’Italie après avoir été condamné en 1993 par contumace à la réclusion à perpétuité pour meurtres et complicité de meurtres revendiqués à la fin des années 70 par le groupe “Prolétaires armés pour le communisme”. L’association italienne de victimes du terrorisme AIVITER, partenaire de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, est solidaire des familles d’Andrea Campagna, Lino Sabbadin, Antonio Santoro et Pierluigi Torregiani, victimes du groupe en 1978 et 1979. AIVITER s’est indigné du refus du Président Lula d’extrader Battisti, soulignant que celui-ci n’avait pas été condamné par une cour militaire dans une dictature ou dans un stade comme au Chili mais par le tribunal d’un état démocratique. Lire la réaction à la libération de Cesare Battisti du Président d’AIVITER, Dante Notaristefano :[http://www.20minutes.fr/article/738717/liberation-battisti-une-gifle-toute-italie-estime-dante-notaristefano->http://www.20minutes.fr/article/738717/liberation-battisti-une-gifle-toute-italie-estime-dante-notaristefano] HCM
Des salaires versés à des terroristes : une lettre à Monsieur Barroso
[ ENGLISH VERSION BELOW]{{“Professsion : terroriste”, pas d’accord ! Dans une lettre datée du 6 juin 2011, la porte-parole de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, le président du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme, le dirigeant de l’association de victimes du terrorisme d’Irlande du Nord, Omagh Support and Self Help Group et le représentant du groupe allemand NzT, Nein zum Terrorismus, écrivent ensemble au Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Motif : leur émotion suscitée par l’information sur des salaires versés par l’Autorité Palestinienne à des prisonniers détenus en Israël pour des actes terroristes.}} L’Union Européenne étant un des deux principaux contributeurs au budget de l’Autorité Palestinienne, elle se doit de faire la lumière sur cette affaire et de refuser que des fonds destinés à aider la population palestinienne ne soient utilisés pour verser des salaires à des terrroristes qui ont délibérément attaqué des civils. {{Extraits de la lettre signée par Huguette Chomski Magnis, le Dr Richard Rossin, Michel Gallagher et Reiner Scheicher : }} {“… Il ne s’agit pas d’un geste humanitaire mais bien d’une légitimation et d’une promotion du terrorisme puisque ce salaire n’est pas versé aux détenus palestiniens emprisonnés pour des vols de voitures. Le terrorisme, massacre de civils est ainsi érigé en profession honorable méritant salaire. Nous souhaitons naturellement que tous les prisonniers bénéficient de procès équitables et, s’ils sont condamnés, que leurs conditions de détention soient humaines. Mais cette mesure, qui indigne les familles des victimes de ces terroristes, nous choque. Elle nous inquiète aussi car l’incitation au terrorisme favorise sa recrudescence…L’Union Européenne contribue pour plus de 150 millions d’euros au budget de l’Autorité Palestinienne. Nous n’acceptons pas que cet argent, qui doit aider la population palestinienne, soit détourné pour verser des salaires à des terroristes.{{Le terrorisme est un des fléaux de notre temps. Durant le seul mois de mai, selon nos calculs, les actes terroristes ont tué 614 civils dans le monde et en ont blessé 1351.Quelles que soient sa nationalité et la cause qu’il prétend servir, celui qui vise délibérément des civils est assimilable à un criminel contre l’humanité. Monsieur le Président, la condamnation du terrorisme perd tout son sens si elle tolère sa justification”.} La réponse de Monsieur Barroso est attendue avec la plus grande impatience._________________________________________________________________{{“Profession : terrorist”, not in our names !}}{{A letter to Mr BarrosoIn a letter dated June 6 2011, the spokesperson of International Alliance Against Terrorism, the president of Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme, the chairman of Northern Ireland terror victims organization Omagh Support and Self Help Group and the representative of German group NzT, Nein zum Terrorismus, write jointly to the President of European Commission, José Manuel Barroso.The reason for their letter : emotion raised at hearing about salaries being paid by Palestinian Authority to prisoners detained in Israel for terrorist crimes.}} European Union being one of the two major contributors to Palestinian Authority buget, it must enlighten its citizens on this question and refuse that funds meant to help the Palestinian people be used to pay wages to terrorists who deliberately targeted civlians..Excerpts of the letter signed by Huguette Chomski Magnis, Dr Richard Rossin, Michel Gallagher and Reiner Scheicher :{“… It is clearly not a humanitarian gesture but a promotion of terrorism, since Palestinians detained for car stealing are excluded from this benefit.Terrorism, the targeted murder of civilians, is thus treated as a honorable profession deserving fair wages.We naturally wish all prisoners to be judged in fair trials and, if condemned, to get humane detention conditions.But we are shocked by this measure which revolts the families of the victims of these terrorists.We are worried too as this kind of incitement may bring about fresh outbreak of terror…… European Union contributes for over 150 million euros to funding Palestinian Authority.We do not want this money, which should help the Palestinian people, to be misappropriated and used to pay wages to terrorists.Terrorism is one of the scourges of our time. During May, according to our data, terror acts killed 614 civilians throughout the world and injured 1351.Whatever his nationality and the cause he champions, a terrorist may be called a criminal against humanity for targeting civilians.Sir, the condemnation of terrorism is meaningless if it tolerates its justification.”}Mr Barroso’s answer is much expected.

