A lire : l’histoire de Tarana, 12 ans, rescapée de l’attentat de Kaboul

Le symbole est fort : Tarana, rescapée du carnage de l’attentat de l’Achoura dans lequel elle a perdu son petit frère et d’autres membres de sa famille, veut devenir institutrice, la profession interdite par les taliban qui, en Afghanistan comme au Pakistan, entendent interdire l’éducation aux filles. La photo de cette fillette , hurlant juste après l’attentat, avait fait le tour du monde. Le Parisien lui a donné la parole ainsi qu’à sa famille, interviewée et photographiée par des journalistes de l’AFP. Le poids de la tradition pèse beaucoup et on notera la forte imprégnation religieuse musulmane chiite de cette famille qui vénère la fête de l’Achoura – au demeurant difficilement supportable à voir, avec du sang partout.Ils semblent aussi se satisfaire de la condamnation de l’attentat par les taliban – qu’ils avaient dû fuire de 1992 à 2002. L’un d’eux, qui a perdu sa soeur dans l’attentat, affirme “Les vrais musulmans ne feraient jamais ça, que ce soit des sunnites ou des chiites”…V.W. [http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/attentat-antichiite-a-kaboul-la-fillette-en-vert-s-appelle-tarana-12-12-2011-1764719.php->http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/attentat-antichiite-a-kaboul-la-fillette-en-vert-s-appelle-tarana-12-12-2011-1764719.php]

Paris 11 septembre 2011 : la conclusion d’Huguette Chomski Magnis au rassemblement en hommage aux victimes du terrorisme

[Pour un compte-rendu de toute la manifestation, voir “Notre 11 septembre à Paris, du Luxembourg au Panthéon” : [http://www.mpctasso.org/spip.php?article901->http://www.mpctasso.org/spip.php?article901]]-Nous avons entendu tout à l’heure un bel appel à remplacer dans nos coeurs la peur par l’amour. Nous avons entendu une critique de la guerre et celle-ci est recevable. Mais aujourd’hui nous sommes rassemblés pour parler d’une chose bien précise, le terrorisme. Et nous voulons rendre hommage aux victimes du terrorisme.-L’image que j’ai gardée du 11 septembre ce n’est pas celle des tours, c’est celle des gens qui agitaient des serviettes aux fenêtres des tours pour appeler à l’aide. Et bien, ils nous appellent toujours au secours aujourd’hui. Ce ne sont pas les mêmes gens, ils ne sont pas dans des tours, ils sont dans des discothèques ou des autobus, des restaurants ou des écoles, des queues de distribution alimentaire ou de demandeurs d’emploi, des lieux de culte ou des hôpitaux. C’est de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants que nous voulons parler.-Alors, oui, il y a la peur. Mais s’agit-il d’une psychose ou d’une réalité que l’on ne peut nier ? Au 2° trimestre 2011, de mars à juin, 1980 civils ont été tués dans le monde par des actes terroristes, essentiellement islamistes. En 2010 il y a eu plus de 10 000 victimes civiles du terrorisme. En Afghanistan, plus de 1000, hommes, femmes et enfants.-Notre propos, ce n’est pas la guerre au terrorismeNotre propos c’est comment endiguer cette vague qui déferle sur le monde.Mais encore faudra-t-il que la société civile et ses leaders résistent au terrorisme.Qu’elle s’indigne du terrorisme ! Qu’elle crie ces trois mots :NON AU TERRORISME !C’est ce que nous commençons à faire symboliquement.-Notre message n’est pas destiné aux terroristes. Il est destiné à ceux qui, d’une façon ou d’une autre, soutiennent le terrorisme.A ceux qui disent : oui bien sûr les attentats ce n’est pas bien MAIS …Non ! Pas de MAIS ! Cela suffit !A ceux qui disent : parfois, dans certains cas, égorger un bébé cela peut-être un acte de RÉSISTANCE.Non ! JAMAIS ! C’est monstrueux, c’est une insulte à la Résistance !A ceux qui disent : négocier avec les organisations terroristes, ou certaines d’entre elles, leur garantir l’impunité, va favoriser la PAIX.Non ! Cela entraînera de plus en plus de violences. La paix passe par l’arrêt du terrorisme. Et puisque l’ONU a des difficultés à définir le terrorisme, il va falloir l’aider !Nous, on n’ a pas de problème. C’est simple de condamner tous les attentats et prises d’otages qui visent des civils Mais à l’ONU, ceux qui justifient le terrorisme dans certains cas paralysent tout depuis des lustres.S’il y a un espoir, c’est que certains de ceux qui faisaient la loi pour empêcher la condamnation universelle du terrorisme, Kadhafi et Assad, ont quelques difficultés avec leurs peuples en dépit d’une répression féroce ! Nous sommes d’opinions, de sensibilités diverses et variées, nous avons des priorités différentes. Mais forts de cette diversité, nous disons nous sommes ENSEMBLE POU DIRE NON AU TERRORISME.Nous formons une chaîne. Nous forgeons une chaîne et avec Fodé Sylla comme premier maillon, elle n’est pas près de casser !

A lire : “Je ne connais pas d’islamisme modéré”, interview de Jeannette Bougrab

Le Parisien publie une interview de Jeannette Bougrab, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse, dans laquelle elle exprime une position claire et nette, prenant le contre-pied de celles qui, au sein du gouvernement comme de l’opposition, prônent le compromis avec des islamistes prétendument modérés. Une position courageuse et absolument vitale pour permettre aux forces démocratiques de résister à la lame de fond islamiste au Maghreb comme au Proche et Moyen-Orient. Puisse-t-elle trouver un écho auprès de tous les républicains, tous les démocrates, femmes et hommes de toutes sensibilités ! Victoria Wilson[http://www.leparisien.fr/politique/jeannette-bougrab-je-ne-connais-pas-d-islamisme-modere-02-12-2011-1749609.php->http://www.leparisien.fr/politique/jeannette-bougrab-je-ne-connais-pas-d-islamisme-modere-02-12-2011-1749609.php]

Appel du Collectif Contre le Terrorisme aux participants à la Conférence de Bonn sur l’avenir de l’Afghanistan

Le Collectif Contre le Terrorisme (CCT), Collectif français d’associations et ONG rassemblées contre le terrorisme, exprime son soutien aux femmes afghanes dans leur refus d’être sacrifiées sur l’autel d’un «processus de paix » conclu avec des taliban et des terroristes.Au lieu de parier sur un accord avec des taliban prétendument « modérés », nous voulons que les droits des femmes soient défendus sans concession, à commencer par leur pleine participation à la conférence de Bonn où doit se décider l’avenir de l’Afghanistan – conformément à la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU, qui prévoit une participation des femmes aux discussions de résolution des conflits et à la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination contre les femmes. Nous sommes solidaires du combat des femmes afghanes pour reconquérir les droits confisqués sous le régime des taliban, défendre et compléter leurs droits inscrits dans la constitution. Nous estimons que :- Tout règlement politique doit explicitement garantir le droit des femmes à l’éducation, à la santé, à l’égalité citoyenne, à la sécurité et à la maîtrise de leurs propres vies.- Aucune paix n’est possible tant que la violence terroriste frappe les populations civiles, et tout particulièrement femmes et enfants, cibles des attentats « suicides ». – Les filles comme les garçons ont droit à une véritable instruction, dans le respect de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Aussi nous condamnons fermement les menaces et attaques contre les jeunes élèves afghanes et leurs enseignantes ainsi que la destruction de leurs écoles. Paris, le 1 er décembre 2011Cet appel du Collectif Contre le Terrorisme est soutenu par le Comité Laïcité République{{Associations partenaires du Collectif Contre le Terrorisme}}AISC Solidarité copte – AMLZ – APIV- ARAPREM – Collectif Israël Vérité – Comité Soudan – HEVEL – Institut assyro chaldéen syriaque- LDIF- LICRA – MPCT – Paroles de Femmes – PEREC- Primo Info – – Rassemblement pour la Démocratie au Liban – Regards de Femmes – SASSOUN – SOS Racisme – UEJF – Urgences Afrique Fodé Sylla est le Parrain du Collectif Contre le Terrorisme Coordination du Collectif Contre le Terrorisme : Huguette Chomski Magnis, Secrétaire Générale du MPCT[mpctasso@aol.com->mpctasso@aol.com]

Le « ras-le-bol » de la Femme Afghane : MANIFESTE adressé aux femmes leaders d’Afghanistan et du monde et aux décideurs nationaux et internationaux

{{Avant la Conférence de Bonn du 5 décembre 2011, le Mouvement des Femmes Afghanes fait entendre sa voix à l’initiative de NEGAR.}}Dans cet appel lancé depuis Kaboul le 14 Novembre 2011, au cours d’une conférence, les femmes activistes afghanes exposent leurs craintes et leurs demandes. Extraits : {“Nous devons nous rappeler que l’extrême violation des droits humains et la suppression pure et simple de tous les droits des femmes afghanes avaient lieu en Afghanistan sous le régime des Taliban.Après la période des Taliban et la conférence de Bonn du 5 décembre 2001, nous sommes aujourd’hui à l’aube de la conférence de Bonn du 5 décembre 2011.{{Durant ces dix années, nous, les femmes afghanes, non seulement nous avons regagné nos droits déchus, mais de plus nous les avons fait évoluer et progresser.Dans les domaines comme l’éducation, l’égalité des droits des femmes et des hommes dans la constitution de l’Afghanistan, la participation des femmes dans les domaines politiques, sociaux, économiques et dans d’autres secteurs…, nous avons eu des avancées considérables.Malgré tout cela, il nous reste beaucoup de problèmes de tout ordre devant nous dont nous devons nous occuper et que nous devons régler.Malheureusement, la conférence du 26 janvier 2010, qui s’est tenue à Londres avec des dépenses excessives, a déclenché les négociations dites de la paix, et a obtenu l’accord de 70 pays, et par ce biais a donné une semi – reconnaissance au mouvement des Taliban. Pourtant avec tant de dépenses et de tentatives de la part de l’état, non seulement ces efforts n’ont pas donné de résultat positif pour le peuple afghan, mais au contraire ont causé plus d’instabilité et d’insécurité, ont entraîné la mort de nombreux civils et militaires afghans et étrangers, et l’assassinat en chaîne des leaders politiques de l’Afghanistan.Nous voulons insister sur le fait que ces organisations terroristes ne sont pas afghanes, mais sont des milices et des profiteurs qui sont financés et commandités par les ennemis de la paix en Afghanistan.Dans d’autres termes, sous prétexte de paix et de réconciliation, une politique étrange est en cours, qui veut encore une fois instaurer et imposer la période obscurantiste des Taliban en Afghanistan…}}Nos demandes sont les suivantes :Nous voulons la paix, la justice, la sécurité et le développement économique pour notre pays, mais déclarons que :-1. La Constitution Afghane, la Déclaration des Droits de l’Homme, et toutes les obligations internationales de l’Afghanistan par lesquelles les droits politiques, économiques et sociaux des femmes afghanes sont garantis, ne doivent pas être marchandées.-2. Aucun pays, y compris l’état afghan, n’a le droit d’introduire des criminels et les ennemis des Droits de l’Homme, du processus démocratique et des Droits de la Femme, dans le système politique actuel de l’Afghanistan…-3. Nous demandons à la communauté internationale de ne pas permettre que l’Afghanistan retourne encore une fois dans les années obscurantistes d’avant 2001.-4. Nous soutenons la Déclaration des Droits Fondamentaux de la Femme Afghane …-5. Nous avons besoin de la poursuite de la collaboration politique, économique et sociale de la Communauté Internationale en faveur des femmes afghanes.”}V.W.{{ Pour lire le texte complet et la liste de signataires :}}[http://www.negar-afghanwomen.org/index.php?option=com_content&task=view&id=71&Itemid=2->http://www.negar-afghanwomen.org/index.php?option=com_content&task=view&id=71&Itemid=2]

Colombie : Edgar Duarte, aux mains des FARC depuis 13 ans, abattu avec trois autres otages

Après l’annonce de “l’exécution” de 4 otages par les FARC, l’identité des victimes a été communiquée. L’une d’entre elle nous touche tout particulièrement : Il s’agit Edgar Duarte dont la femme, Suzy Abitbol, et la fille, Viviana Duarte, Franco-colombiennes, membres de l’Association française des Victimes du Terrorisme, se sont fait connaître en se battant inlassablement pour sa libération. En septembre dernier leur témoignage poignant avait ému les participants au 7° Congrès International des Victimes du Terrorisme.Edgar Duarte Valero, capitaine de police, avait été enlevé le 14 octobre 1998. Viviana avait alors deux ans. C’est aujourd’hui une adolescente de 15 ans qui aura remué ciel et terre pour pouvoir connaître son père. Partie participer à une marche pour la libération des otages des FARC, elle se trouvait en Colombie au moment de l’annonce de la mort de son père. On imagine son chagrin et son désarroi. Il semblerait que l’imminence d’une opération destinée à les libérer (on s’en souvient, Ingrid Betancourt avait été libérée par une intervention militaire) ait précipité la mise à mort des 4 otages, après de longues années de souffrances. A Viviana Duarte et à sa mère Suzy Abibol, partie la rejoindre, adressons toute notre sympathie.Huguette Chomski Magnis

Justice : Communiqué de Maître Courbis, avocat de Nicole Guiraud

Dans un communiqué publié le 14 novembre, Maître Pierre Courbis expose le dossier du procès engagé par Nicole Guiraud contre France 3, la société BFC Productions et Faouzia Fekiri, réalisatrice du documentaire “Les porteuses de feu” diffusé le 26 janvier 2008. Parce que les victimes des dites porteuses de feu/ poseuses de bombes, n’y étaient pas même évoquées, Nicole Guiraud, grièvement blessée à l’âge de 10 ans dans l’attentat du Milk Bar d’Alger, commis par Zohra Drif, personnage central du documentaire, avait porté plainte pour préjudice moral sur la base des articles 16 du Code Civil et 3 de la Convention européenne des Droits de I’Homme.L’article 16 du Code Civil retient : « La loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit Ie respect de l’être humain dès Ie commencement de la vie ». En première instance, le 30 septembre 2009, Ie Tribunal de Grande Instance de Paris avait requalifié l’action engagée en apologie du terrorisme et déclaré nulle l’assignation, la procédure pour apologie d’actes terroristes, délit pénal réprimé par la loi du 29 juillet 1881, ne pouvant être engagée que par Ie représentant du Parquet. Dans son arrêt du 7 octobre 2011, la Cour d’Appel de Paris a confirmé ce jugement, estimant que la négation des victimes n’est que Ie corollaire de l’apologie d’actes terroristes et que Nicole Guiraud n’est, personnellement ni nommée, ni désignée, ni montrée dans le documentaire. Très affectée, Nicole Guiraud s’efforce de réagir. Avec une œuvre d’art au terrible nom de “Survivre,” elle démontre de la plus belle manière que ses agresseurs n’ont pas réussi à tuer en elle la personne. De façon individuelle, en transfigurant sa douleur, elle lutte contre le terrroisme qui l’a blessée dans son âme comme dans son corps, aspirant à la reconnaissance de ceux qui croient qu’un monde commun de respect est possible. Nous faisons avec elle le choix de l’humanisme. C’est celui de la solidarité avec une victime, avec toute victime du terrorisme, quelle que soit la cause au nom de laquelle elle a été délibérément frappée. Huguette Chomski Magnis

Tunisie : Diffuser “Persepolis”n’est pas un délit, solidarité avec Nabil Karaoui !

Nabil Karaoui dit ressentir{ “une immense tristesse, parce que les gens qui ont voulu détruire la chaîne sont libres et que moi je suis ici parce que j’ai diffusé un film”.} Le procès du Directeur de la chaîne Nessma qui avait diffusé” Perspépolis” s’est ouvert ce jeudi 17 novembre pour être aussitôt reporté au 23 janvier.C’est bien le monde et la justice à l’envers : les islamistes qui ont attaqué le 9 octobre le siège de la chaîne Nessma et la maison de Nabil Karaoui ne sont pas poursuivis et c’est, lui, la victime, qui l’est ! On comprend son amertume devant cette iniquité. Que font les responsables des chaînes et médias français pour lui témoigner leur solidarité ? Le report du procès doit être mis à profit pour lancer une campagne en sa faveur. C’est important pour Nabil Karaoui, pour la défense de la liberté d’expression en Tunisie, pour que ce pays si proche ne s’enfonce pas dans la nuit islamiste. Huguette Chomski Magnis

Communiqué du MPCT : Libération des trois otages français du Yemen

Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme, membre de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, se réjouit de la libération et du retour en France des trois otages français enlevés voici 5 mois au Yemen.Ces deux jeunes femmes et ce jeune homme, membres de l’ONG {Triangle} {Génération Humanitaire}, avaient été enlevés en mai 2011 par une organisation présentée comme une branche d’al-Qaïda.On ne peut que se réjouir de la joie des familles qui retrouvent des proches et comprendre l’immense détresse de tous les parents d’otages détenus dans le monde, en particulier ceux des cinq Français toujours otages. La justice, l’attachement à la liberté, à la démocratie, aux valeurs universelles, commandent d’exiger la libération inconditionnelle, sans contrepartie, de chaque otage.Il importe de ne pas confondre des {prisonniers}, coupables de crimes ou d’implication directe ou indirecte dans des actes terroristes contre des civils, jugés et condamnés à la suite d’un procès équitable, avec des {otages}, privés de liberté non pour ce qu’ils ont fait mais pour ce qu’ils représentent.Alors que chaque citoyen français partout dans le monde semble être devenu un “otage potentiel”, il importe de réaffirmer avec force comme principes intangibles la condamnation de toute prise d’otage et le refus de l’impunité d’auteurs, commanditaires et complices d’actes terroristes visant des civils.

Ouverture du procès Carlos : dedans et dehors les discours se ressemblent

{{Lundi 7 novembre au Palais de Justice de Paris }} Question gestion du temps, j’aurais pu mieux faire : deux heures d’attente et une demi-heure dans la salle d’audience. {{Dehors}} Dans la queue, le Comité de soutien à Carlos, hébergé au Théâtre de Dieudonné, est très présent. Il avait appelé à manifester devant le Palais de Justice dès 8 heures pour défendre “le commandant Carlos, héroïque combattant de la cause palestinienne” enlevé au Soudan, ce qui indigne le comité, très à cheval sur la légalité. Un homme harangue ses voisins pour prôner en vrac le Coran, le Djihad -la guerre commune contre les pervers” explique-t-il -, le soutien à Bachar El Assad ignoblement accusé de crimes totalement IMAGINAIRES et la destruction d’Israël qui affame les enfants de Gaza ( au point que “leurs parents n’ont pas même un grain de riz à leur mettre dans la bouche”). Le corollaire de sa logorrhée est l’habituelle tirade sur les actes de résistance que d’ignobles collaborateurs qualifient de terrorisme. Il affirme que Carlos revendique les attentats pour lesquels il est jugé. Il se trompe là aussi : Carlos a opté pour l’astucieuse négation des attentats de 1982 et 1983. Le public ne rentre qu’au compte-goutte, au fur et à mesure que des places se libèrent. Ça tombe bien Dieudonné s’en va : je rentre enfin, il est 11 h 45. {{Dedans}} Carlos a la parole. Derrière la vitre en plexiglas il cause il cause, s’exprimant en français.Début prometteur : il éprouve {“beaucoup de compassion pour les victimes d’attentats, des gens qui n’ont commis aucun crime, des innocents”.} Carlos, un repenti ?Il poursuit sur la déportation des Juifs pour arriver au vif du sujet : les survivants ont été “exploités par l’état raciste sioniste d’Israël”. Applaudissements : son comité de soutien est très présent dans la salle aussi. Le Président demande le calme. Carlos continue en dénonçant l’irrecevabilité des associations qui se sont constituées parties civiles : la FENVAC et le Collectif des Familles du DC10 d’UTA, tout comme était illégitime à ses yeux la présence de SOS Attentats à son procès de 1997.{“Les militants sionistes présents dans la salle polluent le procès”} assène-t-il. Il semble viser particulièrement l’avocat Francis Szpiner en parlant de “charognards sionistes”. Son avocate-épouse et son avocat non-époux plaideront l’irrecevabilité des deux associations.L’un des avocats dénonce “l’associationite, maladie grave de ce procès”. Ils leur reprochent, d’une part de n’avoir pas subi de préjudice dans les attentats jugés, d’autre part, d’avoir été créées après les faits, respectivement en 1997 et 2003.Suspension de séance. Fin de ma demi-heure au procès Carlos.{{ La suite est connue}}la Cour d’Assises spécialement composée a tranché en faveur des arguments de la défense en déclarant irrecevable la constitution de partie civile d’une association, la Fenvac (Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs). Elle reçoit cependant celle de l’association des familles du DC10 d’UTA.Voilà Carlos et ses amis débarrassés de la sans doute présumée sioniste pour cause de judaïté Françoise Rudetzki. Ils ont dû apprendre de Dieudonné tout l’avantage qu’il y a à susbstituer le mot “sioniste” à celui de “juif”.Très digne, Françoise Rudetzki, victime directe du terrorisme et figure emblématique du combat pour la défense des victimes, quitte donc la tribune des parties civiles. Elle assistera désormais au procès dans le public.Carlos qui a reçu le soutien résolu d’Hugo Chavez (on a les gloires nationales qu’on peut) déclare encore :{ ” Les victimes d’attentats sont des innocents qui se trouvaient là au mauvais moment. Mais, au paradis, ils ne souffrent plus. Et, parfois, ces victimes sont instrumentalisées par des États racistes comme Israël pour justifier de nouveaux crimes”.} Nouveau franc succès auprès de son comité de soutien. Tout ceci se passe au Palais de Justice de Paris.Question : S’agit-il des derniers soubresauts folkloriques autour d’un has been du terrorisme ? Ou de secousses annonciatrices d’un nouvel Ordre Nouveau ?Huguette Chomski Magnis