Afghanistan, un an de honte absolue

Le 15 août 2021, les talibans prenaient le pouvoir à Kaboul, plongeant les Afghanes dans l’horreur islamiste la plus obscurantiste, contraignant à l’exil artistes, journalistes et sportives.

On chercherait en vain trace de cette date terrible dans les archives de l’Assemblée Générale de l’ONU.
Et pour cause : cette assemblée, avec ses commissions et comités, se trouve, comme la plupart des organes onusiens, sous la coupe d’une majorité de dictatures, parfois suivies par des démocraties apeurées. Les 115 pays du groupe des “non-alignés” s’alignent en fait sur les 57 pays de l’organisation de la coopération islamique dont la plupart sont aussi membres du premier. Le résultat est une majorité automatique de 125 états sur 193.
Le Pakistan, parrain des talibans, y est en terrain ami.

Quant au Conseil de sécurité (5 membres permanents ayant droit de véto et 10 membres non permanents) il fit preuve d’une extrême prudence dans sa résolution du 30 août (adoptée, avec abstention de la Russie et de la Chine, après les attentats meurtriers de l’aéroport de Kaboul), se gardant de condamner le coup de force taliban mais exigeant que l’Afghanistan ne soit pas utilisé pour entraîner des terroristes.

Au fil des mois, les atteintes aux droits humains n’ont fait que s’intensifier :

interdiction d’étudier faite aux jeunes filles, imposition du port du voile islamique, effacement des femmes de l’espace public. Elles sont accompagnées d’arrestations, d’enlèvements, d’assassinats, avec persécution des minorités, en particulier les Hazaras. L’ampleur de la crise humanitaire a conduit des familles à vendre leurs petites filles et à les marier à des hommes en âge d’être leurs pères.

Le 23 juin 2022, le Conseil de sécurité a consacré une séance à la situation en Afghanistan.

Si des membres du Conseil, dont la France, ont tenu à défendre des droits humains, et ceux des femmes en particulier, c’est la promotion de la stabilité et des accommodements avec les “autorités de facto” qui a prévalu.

Deux représentantes afghanes de la société civile ont témoigné avec force pour dénoncer les crimes commis: la journaliste Yalda Hakim et la militante des droits des femmes Yalda Royan.

Celle-ci n’a pas caché son amertume :

« Vous nous avez ignorées, et aujourd’hui nous devons payer le prix fort des négligences de la communauté internationale, y compris celles des personnes assises à cette table. »

C’est bien de cette société civile que vient le plus d’espoir !

A l’instar des Iraniennes qui résistent au régime des mollahs, en dépit d’une répression féroce, depuis plus de 40 ans, les Afghanes font preuve d’un immense courage et d’une formidable ingéniosité.

C’est un foisonnement extraordinaire.

Elles résistent dans la rue en manifestant sans hijab ou en taguant les murs, à la maison en organisant des écoles clandestines pour filles et aussi sur les réseaux sociaux.

Elles postent des vidéos à visage découvert pour porter la voix des Afghanes.

Le hashtag #BanTaliban a été partagé plus de 70 000 fois.

Les exilées relaient le combat.

De nombreuses manifestations artistiques et citoyennes auront lieu autour du 15 août.

Elles se poursuivront tout le mois d’août et en septembre.

Avec ses partenaires, le MPCT est totalement solidaire de cette mobilisation

Par l’appel de la coordination européenne de soutien aux femmes afghanes publié dans La Libre Belgique :

https://www.lalibre.be/debats/opinions/2022/08/15/la-situation-des-femmes-afghanes-est-gravissime-et-leurs-voix-sont-ignorees-CQ6FTZPYVJBW5H5JH62RMESLKM/


Par la pétition

https://www.change.org/p/non-a-la-burqa-no-to-the-burqa-nein-zur-burka

Par l’exposition des oeuvres de cinq artistes talentueuses et engagées
“Ce que les Afghanes ont à nous dire” qui va à nouveau sillonner la France.



Oublier les Afghanes serait se soumettre et se perdre.

Pas question !

HCM