Algérie, histoires à ne pas dire. Un grand documentaire de Jean-Pierre Lledo

Ce film est un chef d’oeuvre: la beauté des images, toutes les sensations qu’expriment les personnages et qui sont étayées par la musique, par le travail sur la lumière, par les paysages, se communiquent au spectateur. La sensualité et la beauté qui se dégageaient de ces récits de vie, rend d’autant plus incompréhensible cette scission de certains auteurs de massacres ou de témoins consentants: d’un côté un partage de culture, une identité riche et multiple, une humanité , un humour très attachants; de l’autre la froide obéissance à des messages extérieurs, idéologiques pour lesquels ils reniaient tout ce que la vie aurait dû leur imprimer au coeur, au corps, à l’esprit. Le façon dont a été traitée le rapport à l’autre m’a semblé très fine aussi; ce mélange de langues: un mot en arabe, un en français, un en espagnol; ces gens là avaient recréé sans le savoir une sorte d’espéranto. La nostalgie exprimait surtout cette mixité de vie qui leur manquait, qui produisait à la fois une ouverture d’horizon et des liens humains générateurs de joie, de “bonheur” même, le mot est répété.Les visages si semblables : “on me prend pour une Française”, “j’ai l’air espagnol et l’Espagnol a l’air arabe”, ressemblances physiques évoquées avec plaisir par les témoins arabes. Pourtant on ne pouvait qu’être troublé par l’antisémitisme qui était affiché:” l’odeur des Juifs”; “la juiverie”, “ce Juif qui ne valait pas la balle pour le tuer”… ou par la capacité à considérer brutalement comme des étrangers, les voisins non musulmans Comme le glissement vers le meurtre de ceux qui sont comme nous, que nous aimons et qui nous aiment paraît facile, comme la détestation vient ravager rapidement des années de vie commune et de partage d’affection! On avait d’autant plus de mal à le comprendre dans le film qu’on était séduit par le charme des personnages. Tout d’un coup, l’idéologie de la haine faisait d’eux des somnanbules capables d’une cruauté et d’une inhumanité qui restait coupée de toute affectivité, parfois même dans le souvenir. Ce film est à ne pas manquer, à la fois pour ses grande qualités artistiques mais aussi pour la subtilité de la présentation de ces récits insoutenables parfois de brutalité et de simplicité mêlées. Une belle approche de cette guerre vécue à la fois comme libératrice et destructrice, matrice d’aliénations à venir et de la complexité humaine en général. Lise Haddad.

Cinéma : “Algérie, histoires à ne pas dire” un film à voir et à débattre lundi 17 mars 2008

“Algérie, histoires à ne pas dire” {{Lundi 17 mars 2008 – 20 h 30 Débat à l’issue de la séance avec le metteur en scène Jean-Pierre Lledo et Huguette Chomski Magnis Présidente du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme}} PARIS – Reflet Médicis3, rue Champollion75005 ParisAmis de la région parisienne, venez nombreux. Lire la présentation du film en rubrique “brèves”

Attentat de Jérusalem : Communiqué du Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme

{{Le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme, membre de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme, fidèle à ses engagements de solidarité avec toutes les victimes du terrorisme, sera présent, pour rendre hommage aux jeunes victimes israéliennes de l’attentat de la Yeshiva de Jérusalem, à la manifestation appelée à Paris, Place de la République le mardi 11 mars à 18 h 30 par de nombreuses organisations juives.}} Nous le déclarons avec force : condamner et combattre le terrorisme n’est ni l’affaire des seules victimes ni celle des seules communautés frappées. Le combat contre le terrorisme, au premier rang duquel se trouve le terrorisme islamiste, pourvoyeur de peur et de suspicion, ennemi du vivre ensemble, des droits humains, de la liberté d’expression et de la paix, est aujourd’hui une priorité pour l’humanité toute entière. Il est temps que la condamnation universelle et inconditionnelle des attentats visant des civils s’affirme ! Il est temps que la société civile se dresse contre le terrorisme, où qu’il fapppe, indépendamment de toute autre prise de position. Tel est le combat que le Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme a engagé avec ses partenaires, algériens, britanniques, espagnols, israéliens, italiens et d’Irlande du Nord, dans la construction de l’Alliance Internationale Contre le Terrorisme. Ce combat, nous demandons à tous les démocrates, par-delà les différences de sensibilité et d’analyse, de le faire leur.

11 mars 2008 : 4 ans après les attentats de Madrid

{{Manifestations organisées dans toute l’Espagne}} à l’initiative notamment de nos partenaires de l’AVT (Asociacion Victimas del Terrorismo) {{Journée européenne de la mémoire des victimes du terrorisme}} organisée par le Réseau européen des victimes du terrorisme, avec le soutien de la Commission européenne, qui invite les citoyens européens à participer à la {{construction du premier Hommage virtuel à la mémoire des victimes.}} Nos partenaires de l’AVT (Espagne), AIVITER (Italie), OMAGH (Irlande du Nord) sont membres de ce réseau tout comme SOS Attentats et les Familles du DC 10 en colère. {{ Le domaine suivant est crée pour l’occasion et sera accessible seulement pendant 24 h. A visiter entre 0h et 24 h !www.journeedelamemoire.net}}Pour plus d’informations : Site du Réseau européen des victimes du terrorisme. http://www.europeanvictims.net

Terrorisme/Résistance notions brouillées , Bruxelles 12 mars .

Le mercredi 12 mars 2008 à 19h30 83 avenue Albert, 1190 Bruxelles (entrée Rue Rodenbach 4) Le CID Centre d’Information et de Documentation Vous propose de rencontrer Gérard Rabinovitch chercheur CNRS Terrorisme/Résistance notions brouillées. Hommage à Albert Camus. La doxa journalistique chaque jour témoigne de sa difficulté (ou parfois mauvaise volonté) à distinguer entre “terrorisme” et “résistance”. Si les pouvoirs d’État n’hésitent pas à toujours disqualifier des actions de résistance comme “terroristes”, les médias habillent trop souvent des actions purement terroristes, du bel habit de “résistance”.Le conflit du Moyen-Orient a enkysté cette indistinction et confusion lexicale, durablement. Mais l’affaire n’est pas nouvelle.Gérard Rabinovitch proposera des critères éthico-philosophiques permettant de fonder une distinction entre “terrorisme” et résistance. Ce sera pour lui aussi une façon de rendre hommage à Albert Camus – dont on commémore cette année sa réception du prix Nobel) – qui le premier tenta de poser dans son oeuvre l’impératif moral de les différencier. Prix des places : 12 EUR – Membres 6 EUR – Etudiant 8 EUR

Pour Ingrid Betancourt et toutes les autres

{{Un appel publié par Le Monde}}Point de vueIngrid et toutes les autresLE MONDE | 07.03.08 Le visage émacié d’Ingrid Betancourt qui se substitue à l’image de l’Ingrid d’avant marquera cette Journée internationale des femmes car nous mesurons que ce n’est plus seulement sa libération qu’il faut arracher mais sa vie qu’il faut sauver. Visage symbole de la souffrance des femmes persécutées du monde, un monde où l’espérance survit peut-être grâce aux Ingrid du monde. Car Ingrid Betancourt n’est pas la seule femme à être attaquée pour son engagement et menacée dans sa vie. Nous voulons les protéger toutes, célèbres ou anonymes, de notre solidarité. Nous n’avons que les mots pour le faire, mais ces mots, leur souffrance et leur courage face au terrorisme exigent que nous les disions.Il y a Ayaan Hirsi Ali, la brillante, la célèbre, celle qui n’est pas otage enchaînée mais femme libre à la langue déliée, menacée de mort pour délit de libre-pensée. Mais aussi Taslima Nasreen, l’écrivaine bangladaise, condamnée à mort par une fatwa, comme Salman Rushdie. Taslima Nasreen, cette femme courageuse qui a si longtemps lutté, doit aujourd’hui se terrer, elle aussi victime de la lettre de cachet des temps nouveaux.Qu’avez-vous fait, imprudentes, impudentes, immodestes ? Vous avez courroucé les islamistes ! Et vous encombrez, vous dérangez… Depuis sa fragile cachette indienne, Taslima Nasreen nous a crié : “Je ne suis plus qu’une voix désincarnée.” Nous sommes très inquiètes. Taslima, il ne faut pas qu’ils te brisent !Et puis il y a celle dont le nom, ignoré des médias, n’est connu que des discrètes et pugnaces combattantes du droit des femmes : Sigma Huda, rapporteure spéciale de l’ONU sur la traite des personnes, elle aussi du Bangladesh. Un pays qui ne peut décidément pas tolérer ses citoyennes d’exception. Sigma Huda, emprisonnée dans des conditions inhumaines, après un procès sans observateur international, et que sa santé précaire expose à la mort si sa détention ne cesse pas.En ce 60e anniversaire de la Déclaration universelle, est-ce trop demander à la diplomatie française représentée au tristement célèbre Conseil des droits de l’homme que d’exiger sa libération et sa sécurité ?Et puis il y a les toutes les autres, les sans-grade, inconnues que le hasard a fait naître là où la Déclaration universelle des droits humains n’a, paraît-il, rien à faire, en Iran ou ailleurs. Nous apprenons l’existence de certaines d’entre elles au hasard des nouvelles glanées çà et là. Une recherche plus attentive, un rapport, un communiqué publiés par une ONG plus informée et plus réactive.TOUTES DES SORCIÈRES !Ainsi Fawza Falih la Saoudienne, dont Human Rights Watch nous a annoncé qu’elle est condamnée à mort et doit être exécutée pour sorcellerie. Oui, au XXIe siècle, on peut encore exécuter pour sorcellerie en Arabie saoudite ! La preuve, Human Rights Watch nous a aussi appris que, le 2 novembre 2007, l’Egyptien Mustafa Ibrahim, pharmacien de son état, avait été exécuté à Riyad après avoir été déclaré coupable de sorcellerie.Est-ce utopique de penser que tout doit être fait pour empêcher la mise à mort de la “sorcière” Fawza ? Alors, nous revendiquons cette utopie, plus réelle que les bassesses de la Realpolitik. Nous sommes toutes des sorcières !Et enfin il y a le combat quotidien de celles qui ne risquent pas leur vie à chaque pas mais doivent affronter les préjugés, la malhonnêteté intellectuelle, la calomnie lorsque, avec cette idée saugrenue que l’humanité doit progresser et non régresser, elles entendent défendre laïcité, égalité des droits et mixité si chèrement acquises. Comme elles, nous ne voulons pas que le droit à la différence soit prétexte à la différence des droits. Comme elles, nous voulons défendre pied à pied les valeurs universelles. Tous les jours. Même le 8 mars. ———————————————————–Marie-Christine Aubin, membre du bureau du Mouvement pour l’abolition de la prostitution et de la pornographie et de toutes formes de violences sexuelles et discriminations sexistes (MAPP) ;- Diagne Chanel, présidente du Comité Soudan ;- Huguette Chomski Magnis, présidente du Mouvement pour la paix et contre le terrorisme, Alliance internationale contre le terrorisme (MPCT) ;- Monique Halpern, présidente de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF) ;- Malka Marcovich, membre du bureau international de la Coalition contre la traite des femmes (CATW) ;- Florence Montreynaud, Encore féministes ! ;- Sophie Ribot-Astier, administratrice et membre du bureau de Défense des enfants international (DEI) France ;- Sabine Salmon, présidente de Femmes solidaires ;- Josiane Sberro, vice-présidente de Primo Europe;- Annie Sugier, présidente de la Ligue Internationale du Droit des FemmesArticle paru dans l’édition du 08.03.08http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/03/07/ingrid-et-toutes-les-autres_1020018_3232.html

Actualités : Attaque meurtrière contre des civils à Bagdad

{{Bagdad , jeudi 6 mars, dans la soirée}} Toujours le même scénario : les terroristes choisissent l’endroit le plus fréquenté , celui qui permettra d’assassiner le maximum de personnes .Toujours la même mystification de nos grands medias : on insiste sur la “guerre de civilisation” , sur la “résistance à l’occupation américaine” . Mais que viennent faire ces justifications quand on commet un attentat en plein centre ville , sur une artère commerçante , à l’endroit où des centaines de badauds ont repris ces dernières semaines l’habitude de déambuler chaque soir à la faveur de ce qu’ils considèrent comme une amélioration de la sécurité ?Comme toujours , le bilan est lourd , très lourd : au moins 68 personnes assassinées et plus d’une centaine de blessés . Parmi les victimes , nombreux sont les femmes et enfants . Les criminels ne distinguent pas .Mais ce crime passe bien inaperçu . Parce qu’on ne sait pas dans quelle case de pensée intégrer ce lâche assassinat ?N’y aurait-il pas une forme de racisme à considérer comme négligeable les crimes commis contre les civils irakiens ? Où sont les journalistes pour nous décrire le bouleversement de toutes ces familles endeuillées ? Peur de voir la réalité en face ? Alors , pour ne pas voir cette réalité , on cherchera des “explications” particulières à chaque crime … Mais , n’est-pas ainsi les justifier ?Dire les choses par leur nom , dire par exemple que l’idéologie islamiste est un fléau mondial qui nous menace tous , n’est-ce pas la meilleure des solidarités avec les civils irakiens cruellement endeuillés ? .{{Roland Douglas – mpctasso.org}}

Massacre dans une école et conscience des nations

{{ENGLISH VERSION : SEE BELOW}}Entrer dans une école déguisé, tuer de jeunes Juifs sans défense qui étudient leur religion: voilà exactement ce qu’on peut appeler un meurtre antisémite, un acte qu’on aurait pu voir exécuté par des auteurs de pogroms ou par les Nazis pendant la seconde guerre mondiale. La nationalité israélienne de l’assassin étayant la nature antisémite de son meurtre. Qu’une population manifeste bruyamment sa joie après un tel assassinat, la joie d’avoir versé le sang, d’avoir tué et blessé délibérément des adolescents désarmés avec la plus grande lâcheté, vient appuyer le caractère inqualifiable de cet acte. Parler à ce sujet de riposte, de résistance, de désespoir et même comprendre un massacre de ce type relève de la complicité avec une politique de terreur. Considérer que les Palestiniens ne peuvent se défendre que comme cela, c’est soit les mépriser profondément et leur attribuer un caractère plus “sauvage” et plus “inhumain” que les autres, soit faire preuve d’antisémitisme et de racisme, en estimant que si les victimes sont juives, israéliennes de surcroît, elles ne sont pas tout à fait innocentes, donc pas tout à fait victimes. Il est grand temps de retrouver des critères pour évaluer les comportements des uns et des autres. Mourir dans un tremblement de terre, mourir au combat les armes à la main, mourir dans un bombardement et mourir, tué sciemment quand on fait son marché, ses études, une promenade et qu’on est démuni, ne revient pas au même, malgré le fait que dans tous les cas on est mort .Il est temps de mesurer sa responsabilité lorsqu’on parle du conflit israélo-palestinien, il est temps d’arrêter d’atténuer le caractère atroce des crimes quand ils s’exercent contre les Israéliens et d’attribuer systématiquement une intention meurtrière délibérée aux Israéliens lorsque leurs ripostes par malheur tuent des civils.Le conseil de sécurité de l’ONU n’a pu se mettre d’accord sur un texte condamnant l’assassinat prémédité de jeunes adolescents désarmés qui étaient à l’école. Si l’ONU ne brillait déjà pas par son efficacité, c’est désormais sa légitimité qui est en cause: quelles valeurs, quels droits défendent les membres d’une institution internationale s’ils ne condamnent pas cet acte là? {{Lise Haddad – mpctasso.org}} ___________________________________________________________{{VERSION ANGLAISE}} {{Massacre in the Yeshivah and the conscience of nations.}} To enter a school under a disguise and to slaughter defenseless Jewish youths: this is qualifies precisely as anti-Semitic murder, the sort of things one would have expected from the perpetrators of pogroms, or from the Nazis during World War Two. The fact that the killer held Israeli citizenship further attests to the anti-Semitic nature of the killing. A population loudly demonstrating its joy after the killings – the joy of having spilled blood, having deliberately, and with the most contemptible cowardice, murdered and mangled unarmed youngsters – only heightens the revolting character of this deed. In this circumstance, to make claims of counterattack, of resistance, of hopelessness, and to even understand this type of massacre amounts to complicity with a policy of terror. To consider that it is the only way the Palestinians can defend themselves shows either profound contempt for them and a belief that they are more “barbaric” and “subhuman” than others, or else, it is a proof of anti-Semitism and racism, a belief that if the victims are Jewish, and Israeli on top of it, they cannot be completely innocent, and therefore not real victims. It is high time to redefine criteria to assess different concepts. To die in an earthquak or weapon in hand while fighting in combat or from a bomb, and to die premeditately murdered while one is shopping, attending school, taking a stroll – and unarmed- is not the same, even though in all these cases dead is dead. non, ici je voulais marquer une différence entre victimes collatérales et victimes d’attentats délibérés, c’est très important It is time to measure our responsibility when we talk of the Israel-Palestinian conflict; it is time to stop minimizing the horrific nature of these crimes when the victims are Israeli, and to systematically accuse the Israelis of deliberate murder when their responses unintentionally kill civilians.The UN Security Council could not agree on a text condemning the premeditated murder of young unarmed adolescents attending school. While the UN did not shine by its effectiveness, it is now its legitimacy that must be questionned : what values, what rights do the members of an international institution uphold if they cannot condamn this deed ? Lise Haddad

Tribune : Une tragédie et notre responsabilité

Quelques réflexions en réponse au message reçu d’une de nos correspondantes, femme engagée et d’une grande honnêteté intellectuelle :{“Israël-Palestine, c’est bien dur… Enfant amputé d’un côté, et attaques constantes, bébé tué dans son sommeil, et bombardements, de l’autre. Comment se positionner contre la terreur qui atteint tous les civils, où qu’ils soient, pour faire un travail de fond contre ce qui crée le terrorisme. On a l’impression de reculer dès qu’on avance… Les uns ne soutiennent qu’un peuple, les autres qu’un autre (partis, sympathies, liens divers) et tout le monde se fait la guerre à travers eux.”}Situation très grave en effet, avec des morts palestiniens par dizaines nous dit-on.Mahmoud Abbas parle d’holocauste et Khaled Meshal de son repaire syrien enfonce le clou : le vrai holocauste, le voilà, l’autre n’est qu’un prétexte très exagéré. Air connu et toujours aussi insupportable !Sur la réalité des faits, l’expérience nous a enseignés qu’il faut prendre du recul par rapport aux informations déversées. On se souvient du faux “génocide” de Jénine.Aux médias de faire effort d’objectivité dans la présentation des informations. Ainsi quand on lit dans un quotidien de référence, d’une part :{“Au moins trente-deux Palestiniens, dont des civils, ont été tués par l’armée israélienne et plus de soixante-dix blessés, samedi 1er mars, dans la bande de Gaza, a-t-on appris de sources médicales et auprès du Hamas”.}et d’autre part :{“Côté israélien, trois civils dont deux enfants ont été blessés samedi matin dans la ville d’Ashkélon, dans le sud d’Israël, par l’explosion de roquettes palestiniennes tirées à partir de la bande de Gaza,selon des sources policières”.}On peut se demander pourquoi la terminologie n’est pas normalisée. Car les implications diffèrent en fonction de la formulation choisie : présupposé de véracité dans un cas, neutralité prudente dans l’autre.Ceci étant, il est hélas très vraisemblable qu’il y ait encore beaucoup de civils, des femmes et des enfants, parmi les victimes palestiniennes des bombardements israéliens. C’est absolument tragique. Avoir conscience que c’est d’ailleurs là un des objectifs recherchés par le Hamas ne le rend pas moins horrible. Le Hamas n’a cure des morts palestiniens, sinon il n’enverrait pas des gens se faire exploser ! Arafat, notre icône, avait fait le même calcul cynique d’une “com” gagnée à coup de morts.Mais il faut surtout poser la question : quelle alternative y a-t-il à ces bombardements israéliens ?Une seule sans doute. Que l’opinion mondiale dise clairement aux Palestiniens et à leurs dirigeants :-cessez les attaques contre les civils israéliens (tirs de roquettes et tentatives d’attentats “suicides”).-libérez le soldat franco-israélien Guilad Shalit otage kidnappé sur son territoire national.Et qu’elle dise à l’Iran de cesser d’introduire dans la bande de Gaza des armes (dernières en date, les roquettes Grad à plus longue portée) qui n’apportent que le malheur à sa population.Si cela ne se produit pas, si le seul message de condamnation s’adresse à Israël, les choses iront de mal en pis entre l’armée israélienne et les groupes armés palestiniens agissant au milieu d’une population civile très dense.L’opinion mondiale (c’est-à-dire en définitive chacun de nous) aura-t-elle le courage de tenir un langage de vérité et d’équité, de contrer le soutien au terrorisme apporté par un John Dugard, Rapporteur très officiel au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU (2) et par les bureaucrates qui sévissent dans bien des ONG ? Bien rares en effet sont celles qui,à l’instar de Human Rights Watch s’efforcent d’avoir une approche non manichéenne.Là est la véritable question.C’est aux vrais amis qu’il revient de donner des conseils francs. Cela vaut pour les partisans de la création d’un état palestinien comme pour ceux de l’indépendance de toute l’Irlande,de l’autonomie du Pays Basque ou de toute autre cause.Il faut savoir dire à ses amis : “Non, pas ça, pas le terrorisme !”L’absence de la voix d’une conscience universelle, d’un Camus de notre temps, nous inquiète.Il nous faut relever le défi, nous arc-bouter sur la défense des valeurs universelles, refuser la discrimination des victimes, l’indignation sélective, le relativisme.Toute approche qui se satisfait du terrorisme contre des civils est à rejeter avec force.Huguette Chomski Magnis(1) Le Monde 1° mars 2008(2) John Dugard, “Rapporteur spécial sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967″ :”Le bon sens commande d’opérer une distinction entre des a ctes de terrorisme insensé tels que ceux commis par Al Qaida, et les actes commis au cours d’une guerre de libération nationale contre le colonialisme, l’apartheid ou l’occupation militire dont ils sont une conséquence douloureuse mais inévitable…. Israël doit mettre fin à l’occupation et à la violation des droits humains et du droit humanitaire international qu’elle engendre au lieu d’invoquer la justification du terrorisme pour faire diversion, comme prétexte pour ne pas s’attaquer aux racines de la violence palestinienne, l’occupation”.(7° Session du Conseil des Droits de l’Homme, ONU, 21 janvier 2008)

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Quelques réflexions en réponse au message reçu d’une de nos correspondantes, femme engagée et d’une grande honnêteté intellectuelle :”Israël-Palestine, c’est bien dur…Enfant amputé d’un côté, et attaques constantes, bébé tué dans son sommeil, et bombardements, de l’autre.Comment se positionner contre la terreur qui atteint tous les civils, oùqu’ils soient, pour faire un travail de fond contre ce qui crée le terrorisme.On a l’impression de reculer dès qu’on avance…Les uns ne soutiennent qu’un peuple, les autres qu’un autre (partis, sympathies, liens divers) et tout le monde se fait la guerre à travers eux.” Situation très grave en effet, avec des morts palestiniens par dizaines nous dit-on. Mahmoud Abbas parle d’holocauste et Khaled Meshal de son repaire syrien enfonce le clou : le vrai holocauste, le voilà, l’autre n’est qu’un prétexte très exagéré. Air connu et toujours aussi insupportable ! Sur la réalité des faits, l’expérience nous a enseignés qu’il faut prendre du recul par rapport aux informations déversées. On se souvient du faux “génocide” de Jénine.Aux médias de faire effort d’objectivité dans la présentation des informations.Ainsi quand on lit dans un quotidien de référence,d’une part : “Au moins trente-deux Palestiniens, dont des civils, ont été tués par l’armée israélienne et plus de soixante-dix blessés, samedi 1er mars, dans la bande de Gaza, {a-t-on appris de sources médicales et auprès du Hamas”.et d’autre part :”Côté israélien, trois civils dont deux enfants ont été blessés samedi matin dans la ville d’Ashkélon, dans le sud d’Israël, par l’explosion de roquettes palestiniennes tirées à partir de la bande de Gaza,{selon des sources policières”. On peut se demander pourquoi la terminologie n’est pas normalisée. Car les implications diffèrent en fonction de la formulation choisie : présupposé de véracité dans un cas, neutralité prudente dans l’autre.Ceci étant, il est hélas très vraisemblable qu’il y ait encore beaucoup de civils, des femmes et des enfants, parmi les victimes palestiniennes des bombardements israéliens. C’est absolument tragique. Avoir conscience que c’est d’ailleurs là un des objectifs recherchés par le Hamas ne le rend pas moins horrible. Le Hamas n’a cure des morts palestiniens, sinon il n’enverrait pas des gens se faire exploser ! Arafat, notre icône, avait fait le même calcul cynique d’une “com” gagnée à coup de morts. Mais il faut surtout poser la question : quelle alternative y a-t-il à ces bombardements israéliens ? Une seule sans doute. Que l’opinion mondiale dise clairement aux Palestiniens et à leurs dirigeants : -cessez les attaques contre les civils israéliens (tirs de roquettes et tentatives d’attentats “suicides”).-libérez le soldat franco-israélien Guilad Shalit otage kidnappé sur son territoire national. Et qu’elle dise à l’Iran de cesser d’introduire dans la bande de Gaza des armes (dernières en date, les roquettes Grad à plus longue portée) qui n’apportent que le malheur à sa population. Si cela ne se produit pas, si le seul message de condamnation s’adresse à Israël, les choses iront de mal en pis entre l’armée israélienne et les groupes armés palestiniens agissant au milieu d’une population civile très dense. L’opinion mondiale (c’est-à-dire en définitive chacun de nous) aura-t-elle le courage de tenir un langage de vérité et d’équité, de contrer le soutien au terrorisme apporté par un John Dugard, Rapporteur très officiel au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU (2) et par les bureaucrates qui sévissent dans bien des ONG ? Bien rares en effet sont celles qui,à l’instar de Human Rights Watch s’efforcent d’avoir une aproche non manichéenne.Là est la véritable question. C’est aux vrais amis qu’il revient de donner des conseils francs. Cela vaut pour les partisans de la création d’un état palestinien comme pour ceux de l’indépendance de toute l’Irlande,de l’autonomie du Pays Basque ou de toute autre cause. Il faut savoir dire à ses amis : “Non, pas ça, pas le terrorisme !”L’absence de la voix d’une conscience universelle, d’un Camus de notre temps, nous inquiète.Il nous faut relever le défi, nous arc-bouter sur la défense des valeurs universelles, refuser la discrimination des victimes, l’indignation sélective, le relativisme.Toute approche qui se satisfait du terrorisme contre des civils est à rejeter avec force. {{Huguette Chomski Magnis-mpctasso.org}}({1) Le Monde 1° mars 2008(2) John Dugard, “Rapporteur spécial sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967″ :”Le bon sens commande d’opérer une distinction entre des a ctes de terrorisme insensé tels que ceux commis par Al Qaida, et les actes commis au cours d’une guerre de libération nationale contre le colonialisme, l’apartheid ou l’occupation militire dont ils sont une conséquence douloureuse mais inévitable….Israël doit mettre fin à l’occupation et à la violation des droits humains et du droit humanitaire international qu’elle engendre au lieu d’invoquer la justification du terrorisme pour faire diversion, comme prétexte pour ne pas s’attaquer aux racines de la violence palestinienne, l’occupation”. (7° Session du Conseil des Droits de l’Homme, ONU, 21 janvier 2008)}